Gédéon Tallemant (?-i668) est maître des requêtes depuis
(a) Aujourd'hui appelée île saint Louis.
(/>) Pour la description détaillée de cette maison, voy. Sauvai, Hist; et rech. des antiq. de ta v. de Paris (III, 14).
(c) Aujourdhui appelés quai de Béthune et rue Pou^etier.
Car il n'est que trop véritable Qu'ils viendront tous deux à ta table
6) Et ces vrais Amis généreux,
Qui sont de petits Rois chez eux, Feroient trop rude pénitence Sans t'avoir fait aucune ofTence.
Voy que Gomberville r & Mainard -
70 Doivent encore y prendre part,
Et que, quand ces discrettes Ames Se tairoient dans leurs Epigrames, Flotte 3, à jeun & plein de frissons, Murmureroit dans ses chansons ;
7> Le bruit de ce desordre extresme
1640 (Cab. des titres : Dossiers bleus 623 : 16598, f° 5). Sa fortune, à laquelle Bois-Robert fait allusion plus loin, lui vient de son mariage avec Marie Puget, fille du riche partisan Pierre Puget, seigneur de Montauron (Tallemant : VI, 229) ; pour faire ce mariage, il abjura le protestantisme (Id. : 248). Il a « des tableaux, des cristaux, des joyaux, des tailles-douces, des livres, des chevaux, des oiseaux, des chiens, dos mignonnes, etc. ». Il joue, il fait grand chère, il est magnifiquement meublé. « Il achepta une maison cent mille livres pour la faire quasy toute rebastir,... tout au fond du Marais, sur le rempart. » ( Id. : 250). C'est le cousin germain de Gédéon Tallemant. seigneur des Réaux, l'auteur des Historiettes (Cab. des titres : Dossier* bleus 625 : 16598, f° 5).
1. Marin le Roy, seigneur de Gomberville (i6oo?-i674), fait partie de l'académie depuis la fondation de celle-ci. Il est surtout connu par ses romans {La Carithce, Polexandre, Cythcrêe). A l'époque qui nous occupe, il a 46 ans, et il y a quelques mois que, suivant l'expression de Tallemant, il s'est laissé « donner un coup de pié de crucifix • (VI, 74) : ayant eu l'occasion de faire connaissance avec les solitaires du Port-Royal-des-Champs, il a cessé d'écrire des romans et va bientôt embrasser une vie pénitente. Il vient de terminer La Doctrine des Mcturs tirée de la Philosophie des Stoiques..., qui va sortir de l'imprimerie le 14 mai 1646. Sa Préface sur les Vers de Monsieur Maynard, qui paraîtra le 15 juin suivant eu tête des Œuvres de son ami Mainard, sera sa dernière œuvre profane (Voy. : Kerviler, Marin Le Roy... — Tallemant : VI, 72).
j. Voy. p. 68, n. 2.
A MONSIEUR DE CAMPAGNO. 169
Pourroit passer en Angoulesme,
Et ton oncle *, en gloire éclatant.
Sans doute en seroit mescontent.
Mais Dieux ! où m'emporte mon zèle ?
II me fait tourner la cervelle ;
J'ay beu sans doute plus que tov.
Campagno, je m'en aperçoy,
Et je r'appelle ma mémoire [I23]
Accablée à force de boire.
Quoy ! je ne me souvenois pas
De ce grand & friand repas
Que tu nous fis l'autre semaine
Au mesme lieu qui fait ma peine ?
Rien n'y manquoit, en vérité.
C'est aujourd'huy la qualité
Des conviez qui me fait craindre ;
Mais je sçay que, sans te contraindre,
Et libéral & généreux,
Tu feras merveille pour eux ;
Ton cœur est plus grand que ta bourse.
Mais ton éternelle ressource
Me descouvre un fonds inconnu
Qui vaut mieux que ton revenu ;
Enfin, de quelque part qu'il vienne,
Je sçay que Tellier 2 ny Brienne 3