‹ Épistres en versChapitre 109 sur 177 · EPISTRE XXVI · texte numérisé non relu

EPISTRE XXVI

[écrite au milieu de l'été de 1644 ou de celui de 1645 J '2

Du Pin. qui m'as canonisé Mais bien plustost ironisé Dedans ton bel Adieu de Forge >, Tu n'as pas menty par ta gorge Mais par ta main, en ce seul mot Où tu m'as traitté de dévot.

Je ne conteste point les autres ; [[ 38]

Je m'arreste aux faits qui sont nostres ; Je veux qu'à toutes ces beautez Ta Muse ait dit des veritez ;

1. Jean Dupin (?-vers 1676) est un Normand qui naguère écrivit des vers pour les ballets de cour. Des stances de lui paraîtront, eu mars 1648, en tête du Virgile travesty de Scarron. A une date que je ne puis préciser, mais qui est antérieure à 1654, il deviendra trésorier des menus plaisirs du roi. A partir de novembre 1656, il rédigera une gazette rimée, La Muse de la Cour, qui paraîtra pendant deux ans. Après s'être ruiné dans l'office de trésorier des menus plaisirs du roi, il l'échangera, le 3 avril 1657, contre celui d'aide des cérémonies; néanmoins, il conservera le titre de trésorier des menus plaisirs jusqu'à ce que tous ses comptes soient en règle.

Sur sa vie (complètement inconnue jusqu'à ce jour), ses intéressants projets (clôture et décoration du terre-plein du pont neuf, transformation du quartier du pré aux clercs, construction d'une halle sur la

Je ne suis revesche ny rude :

Celle que tu traittes de Prude, A mon esprit est Prude aussi ; Enfin ce n'est point mon soucy ; Mais je suis obligé de dire Que tu m'as fait une Satyre, Et que toutes fois je prétends La rendre Eloge avec le temps, Car tu ne m'as pas fait connestre Qui je suis, mais qui je dois estre.

butte saint Roch, etc.). ses poésies inédites (épitre à Foucquct, placet au roi), voy. Maurice Cauchie, Jean Diipin, émule et continuateur de Loret.

Bois-Robert lui adressera une seconde épitre, qui paraîtra en 1659 dans Les Epistres (Livre Ier, Ep. vin).

2. Cela résulte de la date de composition de L'Adieu de Forges.

3. L'Adieu de Forges à Mademoiselle de l'Orme forme une plaquette in-40 de 28 pages (a). On trouvera plus loin (p. 265), réimprimée pour la première fois, cette longue pièce de vers, qui donne de précieux renseignements sur la société fréquentant les eaux de Forges vers 1645. Sur Forges et la fontaine de jouvence, voy. p. 87, n. 3.

(a) Le seul exemplaire connu de cette plaquette, mentionné au catalogue de la vente Rochebilière en 1884, était depuis lors demeuré introuvable. Son existence au château de Chantilly m'a été révélée par M. Georges Vicaire, de Chantilly, à qui j'avais demandé de bien vouloir le rechercher.

A MONSIEUR

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