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A MONSIEUR DE LA CHAMBRE. I9I

De ce doux bien, que j'ay perdu

Parce qu'il ne m'estoit pas deu.

On me considèrent, peut estre,

Pour le seul respect de mon Maistre ' ; [142]

Car, si j'avois lors mérité

D'estre en domestique traité

Par ce grand homme que j'adore,

Je le meriterois encore :

Je vaux mieux que je ne valois,

Tu me l'as dit & tu le crois ;

Seguier, d'ailleurs, je le confesse,

Est incapable de foiblesse ;

Il est du mérite amoureux,

Il est ferme, il est généreux.

Qui donc a troublé mes délices ?

Qui m'a fait ces mauvais offices ?

Ah ! plus j'y pense, & plus je croy

Qu'on n'en doit accuser que moy :

Ma bonté m'a fait misérable ;

J'ay pressé cet homme adorable ;

Le desordre où je me suis mis

Pour l'interest de mes amis

A fait cet accident sinistre

Et rebuté ce grand Ministre.2

Ouy, par mon importunité

Je l'ay justement rebutté ;

Il sçait bien, ce cœur magnanime,

Que trop aimer est tout mon crime ;

Mais je suis devenu suspect

Dés que j'ay blessé le respect ; [!43]

:. Richelieu.

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