Voy. p. 197, n
et 2, et p. 205,
De ces excellentes Epistres
Qui n'ont rien de bas que les titres,
15 Car ton stile est digne d'un Roy,
Et tu l'as prodigué pour moy ; Souffre, après tout, que je te die Qu'en Bourgongne et qu'en Normandie Sommeze ' & Corneille 2 ont trouvé
20 Ce stille fort et relevé,
Et ce seroit n'estre pas sage Que chercher meilleur tesmoignage.
Si tu veux y joindre le mien, Prens-le encore, il ne tient à rien ;
25 Je m'y connoy, je te l'advoue,
Et c'est par là que je te loue ; On dit (mais peut-estre qu'on ment) Que j'ay l'art d'escrire aisément, Que ma plume est des moins forcées
30 Lors qu'elle exprime mes pensées 3,
Ht que mon esprit pur & net Se sent un peu du Cabinet 4 ; t1 5^]
1. Claude Saumaise (1588-165 3), le célèbre érudit bourguignon, professe depuis 1631 à l'académie de Leyde. Il a 57 ans (Moréri). A la mort de son père, il vint en France, où il fit un séjour de trois ans : arrivé en décembre 1640 (Lettres de Gui Patin... : I, 178), il repartit en Hollande le 4 novembre 1643 (M- : h 342), malgré les efforts de Richelieu puis de Mazarin pour le retenir. Bois-Robert parle donc ici d'un souvenir qui date d'au moins deux ans ; à moins que les vers 18-20 ne veuillent simplement dire : Saumaise le Bourguignon et Corneille le Normand ont trouvé ce style... etc.
2. Pierre Corneille (1606-1684), à cette date, s'occupe de l'impression de La Suite du Menteur, qui va paraître le 30 septembre ; en même temps, vraisemblablement, il achève Hcraclius. Il a 39 ans.
3. Cf. la Préface de Mascaron (p. 29), les Ep. xxxv (v. 1-6). xxxvin (v. 17-20, 40-41), et xxxix (v. 90-98); et, dans les Epistres de 1659: Ep. dédie; Livre Ier, Ep. x, Ep. xn (v. 19 et suiv.) ; Livre III, Ep. vin (v. 10-18); Livre IV, Ep. ru (v. 44-46), Ep. ix.
4. « Cabinet signifie aussi un petit lieu retiré, dans les maisons
A MONSIEUR GIXESTE. 20 y
Mais comme, dans sa connoissancc, Il juge et void mieux qu'il ne pense, Trouve bon que sur son crédit J'ose appuyer ce que j'ay dit.
C'est assez parlé de ta prose ; Discourons en vers d'autre chose, Car je craindrois de te blesser Et je l'ay fait sans y penser.
Dy moy quels sont tes exercices, Tes passetans & tes délices Dans Paris, depuis que la Cour A quitté ce Divin séjour «.
Fay moy sçavoir ce qui se passe Dans le Palais & dans la place. 2 Puis-que ny le Palais Royal Ny l'Hostel du Grand Cardinal 5 Ne fournissent plus ces gazettes Et ces doux mets dont tu me traites, Fay si bien avec Renaudot 4 Qu'il t'ayde à payer ton escot ;
ordinaires, qui n'est souvent fermé que d'une cloison : c'est où l'on estudie, & où l'on serre ce qu'on a de plus précieux. » (Furetière 1690).
1. On verra plus loin (p. 206, n. 2) que cette épître est écrite en 1645 après le icr août. Cette année, le départ du roi et de la cour pour Fontainebleau eut lieu le 11 septembre (Galettes : 1645, P« 888). Ils y séjourneront jusqu'au 23 octobre (Id. : 992). La présente épître est donc écrite entre le 1$ septembre et le 26 octobre 164s ; mais elle date sûrement des quelques jours qui suivent le 15 septembre, car Bois-Robert ira ensuite à Fontainebleau (voy. Ep. xiv), puis rentrera à Paris avant le 7 octobre (voy. Ep. xxv) après avoir passé un ou deux jours à Rouen.