DE MONSIEUR CONRART
Si parfaites éc si plaisantes,
Amy, que n'en jais tu tous jour s,
Et que n'en permets-tu le cours
Partny tous ceux qui les désirent ?
Quoy ! crains-tu qu'elles n'en empirent ?
Elles en vaudront beaucoup mieux ;
Et je suis seur qu'en mille lieux
Plusieurs, en les voyant si belles,
Les voudront prendre pour modelles,
Bien qu'aucun ne puisse jamais
Les faire comme tu les faits ;
Les tiennes, comme originalles,
Xe trouveront point de rivalles
Capables de les surmonter,
Ni mesme de leur disputer
Xon seulement le droit d'aisnesse,
Mais celuy de délicatesse. [200]
Je le dis à la bonne foy, Et juge des autres par moy, Car mon pauvre esprit s'estropie Pour faire une foible copie De celle où, pour me regalkr, H t'a pieu de me cajoller.
Tu vois pourtant que, quelque peine Qu'à l'imiter ma plume prenne, Tous ses efforts sont superflus ; De sorte que, n'en pouvant plus, Elle met fin à son ouvrage Sans t' importuner davantage.
Extraie! du Privilège du Roy.
Par grâce & Privilège du Roy, donné à Paris le quatriesmejour de Juin 1646, Signé : Par le Roy en son Conseil, Conrard, Il est permis à M. de Boisrobert, Abbé de Chastillon sur Seine, imprimer ou faire imprimer, vendre & débiter plusieurs Epistres en Vers sur différends sujets, par luy composées, durant le temps de dix ans à compter du jour quelles seront achevées d'imprimer. Et défenses sont faites à tous Imprimeurs, Libraires, & autres, de contrefaire ledit Livre, ny en exposer en vente d'autres que de l'impression dudit Boisrobert, à peine de deux mil livres d'amende & de tous despens, dommages &. interests, ainsi qu'il est plus amplement porté par lesdites Lettres, qui sont, en vertu dudit Extraict, tenues pour bien & deuement signifiées, à ce qu'aucun n'en prétende cause d'ignorance.
Achevé d'imprimer le vingt-di-uniesme Juillet 1646. Les Exemplaires ont esté fournis à la Bibliothèque du Roy.
Et ledit sieur de Boisrobert a cédé son droict de Privilège à Cardin Besongne, Marchand Libraire, pour le premier Volume desdites Epistres.