‹ Épistres en versChapitre 171 sur 177 · Je n'ai pu identifier ce personnage · texte numérisé non relu

Je n'ai pu identifier ce personnage

Et le croye^ corne un Oracle £4° S'il fait devant vous un miracle ; [25]

Mais je croy qu'il n'en fera pas ;

N'en faites donc point tant de cas.

Adieu, parfaite Présidente ;

Modère^ cette soif ardente 645 Qui brusle toutes vos humeurs

Et le vôtre & les autres cœurs

Sans autre plus promte allégeance

Que celle que fait l'espérance.

Espère^ pourtant de guérir ; 6>o Et nous, espérons de mourir

Si vous voulez esire cruelle

Tout autant que vous sere\ belle

Et qu'aure\ le teint d'un œillet.

Adieu, la Dame DU TILLE T '.

'65s Vous que l'on tient tant estimée

De Madame la Renom niée,

La belle Dame DE NOUVEAU2,

Dites quel accident nouveau

1. Elisabeth le Bailleul (?-?), mariée depuis un ou deux ans (15 septembre 1643) à Charles Girard (r-1666), seigneur du Thillay (a), président à la chambre des comptes. (Cab. des titres : Pièces orig. 1329 : 30086, f03 140 et 150). « Elle commença de bonne heure à faire bien de la despense, car, de trois mille louis d'or qu'il luy envoya [avant le mariage], il n'en trouva pas un sou le lendemain de ses nopees. » (Tallemant : Y, 401).

C'est l'aînée des filles du président le Bailleul (voy. p. 106, n. 3), ■et la sœur aînée, par conséquent, de la marquise de Saint-Germain- Beaupré à qui Bois-Robert adressera une épître au début de l'été de 1646 (voy. p. 215).

2. Catherine Girard (?-?), femme de Jérôme de Nouveau (161 5 ?- 1665), seigneur de Frémont, conseiller au grand conseil, puis grand maître des courriers et surintendant général des postes et relais de France (Cab. des titres : Dossiers bleus 498 : 12899, ? $)• (< ^œc ^e Nouveau est la plus grande folle de France en braverie. Pour un dueil de

(a) Et non pas Tillet, ni Tillay.

ï'ous fit si liste disparaistre

Quand vous ne faisiez que de naistre.

Oui, jaloux de nôtre bonheur,

Nous apporta cette douleur ?

Est-ce un effet de la fortune,

Oui, contraire de tres-imporliine

Aux plus agréables plaisirs-,

Nous a pu causer ces soupirs ?

Belle Daine, alors que j'y pense, j 26]

C'est quelque mauvaise influence

Qui fit ce malheur nompareiî ;

C'est cette Eclipse de Soleil

Dont on menaçait nôtre terre l ;

Voila le sujet de la guerre

Qui vous esloigue de ce lieu ;

C'est vous qui nous dites adieu,

Mais un adieu si plein de larmes

Que, lors que je pense aux alarmes

Dont vous étonnâtes les cœurs

Au teins de ces vives douleurs,

Je vois toute joye bannie

Des esprits de la Compagnie ;

Et tout plaisir le fut aussi

Des gens qui restèrent icy.

Et vous, qui vous forcer de boire, Qui revenez m ma mémoire

six sepmaines, on luy a veû six habits... Une vanité la plus impertinente qu'on ayt jamais veue : Mademoiselle, Mlle de Chevreuse et moy, disoit-elle, nous donnerons les violons tour à tour. » (Tallemant : VI, 29-30).

Une de ses belles-sœurs, Catherine de Nouveau (1616 ?-i689>, «st mariée à Charles de Bourdeilles, comte de Matha.

1. Suivant ce qu'entend Dupin par « menacer », il s'agit soit de l'éclipsé du Ier septembre 1644, visible seulement en orient, soit de celle du 21 août 1045, partiellement visible en France.

685 (Mais que dis-je « qui revenez » ?

Un siège si ferme y tenez

Que, sans avoir l'ame blessée,

Nul objet ne tient ma pensée

Tant corne fait vôtre amitié), 690 Vous buve% trop de la moitié ;

Cesser de vous estre cruelle,

Des beauté^ le parfait modelle ;

Vous pouvez exercer vos coups

Sur d'autres corps que dessus vous : [27]

695 Tant d'amans, qui sont misérables

Par vos efforts impitoyables,

Vous conjurent par tous les Dieux

De ne plus habiter ces lieux,

D'aller dedans une autre terre 700 Par vos armes faire la guerre :

Vous trouverez tant de sujets

Contre qui décocher vos traits ;

Espargnez donc vôtre personne,

Et soyez à vous-mesme bonne, 705 Et ne'buvei plus de ces eaux

Qui ne font qu'augmenter vos maux,

Car si vôtre toux continue,

MARIOX, vous estes perdue,

Et Vexcez de vos doux appas 710 Ne vous peut sauver du trépas.

Adieu donc, ax niable inhumaine ;

Vivez encor une centaine,

Une centaine de six mois ;

Adieu donc encor une fois.

Page 1