‹ Épistres en versChapitre 170 sur 177 · Je n'ai pu identifier cette femme · texte numérisé non relu

Je n'ai pu identifier cette femme

286 l'adieu de forges

Dont le courage nous apprit

Qu'avec que force non commune

On peut rire de la Fortune 545 Et ne point songer aux hasars

Ou on encourt dans les chams de Mars,

Dame du COULDRÉ \ dont je prise

La grâce, l'air, éc la franchise,

Et les aimables qualité^ 5 5° Dont vous nous ave\ enchante^.

Vous qui, dans un amour extrême,

Me possède^ plus que moy-mesme,

Dame, certes, de grand renom

Dont je ne puis dire le nom 555 Qu'en commettant un ires grand crime,

Vous que j'honore, que f estime

Au poinct que vous seule sçavei

(Et les beauté^ que vous ave~x

Vous mettent dans cet avantage [22]

560 Que vous avei eu pour partage

Les grâces de Vante & du corps),

Adieu, mais sçache\ les efforts

Que cet adieu fait en mon a me ;

fe vous dis donc adieu, Madame 2.

565 Recevez ce petit adieu,

Dame BRAGELOGNE 3 & S. LEU 4 ;

1. Peut-être s'agit-il de Marie le Bailleul (?-?), femme de X... du Coudray, seigneur du Mesnil (Anselme : VIII, 809*). Elle est fille d'un cousin germain du président le Bailleul (vov. p. 106, n. 3) (Anselme : VIII, 812,812*, 809**).

2. Il s'agit sans doute de la maîtresse de Jean Dupin ; je n'ai pu l'identifier.

;. Marie le Gros (?-i699), femme de Jean de Bragelongne (a) Çr-}), conseiller au grand conseil, maître des requêtes, et intendant de

(a) Et non pas Bragelogve ni Bragelonne (voy. Cab. des titres : Pièces orig, 490 : 11 00 5).

Et, l'enfant qui ne parle guère

Deust-il ressembler à sa mère,

Le père serait bien content 57° Et de la mère & de l'enfant.

Adieu, MAION s la discret te ;

Mais plu tost adieu, la finette ;

Quand vous retournerez d'Anjou,

fe vous verray je sçay bien où.

57 > Je mérite bien qu'on me berne,

Aimable AMPHION le moderne,

Qui détache^ l'ame du cors

Par la douceur de vos accors,

BLAXROCHER *, si je vous oublie.

S 80 Cette charmante mélodie,

Dont vous m'avez tant animé

Et tant & tant de fois charmé,

Sensiblement icy m'engage

De vous dire quel avantage 85 Vous vous acquerrez en tout lieu.

Adieu donc, BLAXROCHER, adieu. [23]

Je sens que mon esprit se pique

la généralité d'Orléans. Elle vit séparée d'avec son mari, et fait la prude (Talîemant : VI, 531. — Moreri).

4. Le sens de ces trois mots m'échappe, ainsi que celui des quatre vers suivants. S'agit-il d'un M. de Saint-Leu qui serait l'amant de Mme de Bragelongne ?

5. Je ne sais quelle est cette femme. D'ailleurs il est probable qu'il faut lire MARION, car il me parait improbable que MAION soit trisyllabique.

6. On s.;it peu de chose sur ce Blancrocher, « admirable joueur de luth », fils d'une folle nommée Mathur'ne qui « gaigna du bien » en portant des billets doux (Talîemant : I, 206).

Le grand compositeur Louis Couperin écrira à sa mémoire une magnifique pièce de clavecin intitulée Tomheau de Mr. de Blancrocher, qui se trouve en manuscrit à la bibliothèque nationale de Paris CRès. Vm? 673 : F 49).

288 l'adieu de forges

Déparier de vous, ANGELIQUE ' ;

Mais le faudroit-il en ce lieu ?

590 Ouy, puis qu'il faut vous dire adieu.

Adieu, RICHARD hors de soy-mesmc,

RICHARD DE COMBREVAUT > que j'ayme ;

Icy vous sere^ allégué,

Car vous estes epulogué.

$95 RICHARD que j'ayme & que j'estime,

Oui serei quelque jour Minime,

Mais sera dans le monument,

Et j'en a}- du ressentiment,

Votre humeur est récréative ; 600 Dites-luy donc qu'elle m'escrive

Une lettre de qualité ;

Vous en ave^ tant delicté.

Adieu pour toute une semaine ;

Enyvrei-vous à la Fontaine, 6o^ Et dites adieu de ma part

A ces Moines gras corne lard,

A toutes les Daines Moiuesses,

Tout autant aux Sœurs qu'aux Abesses,

Aux Capucins, aux Mendians,

i. Angélique Paulet(i>92 ?-i65i) fut la dernière maîtresse de Henri IV : il allait en rendez-vous la trouver à l'hôtel de Zamet, rue saint Antoine, le jour qu'il fut assassiné (Cab. des titres : Dossiers bleus 513 : 13320, f° 2). Elle « avoit beaucoup de vivacité, estoit jolie, avoit le teint admirable, la taille fine, dansoit bien, jouoit du luth, et chantoit mieux que personne de son temps... L'ardeur avec laquelle elle aimoit, son courage, sa fierté, ses yeux vifs et ses cheveux trop dorez, luy firent donner le surnom de Lyon ne. » (Tallemant : III, 11-15). Elle eut beaucoup d'aventures amoureuses. « Ses amours sont écrites dans le roman du grand Cyrus, sous le nom d'Elvse. » (Cab. des titres : Dossiers bleus 513 : 13320, f° 2).

Elle est maintenant âgée d'environ 53 ans.

2. Je n'ai pu identifier ce personnage, ni découvrir les allusions contenues dans les passages imprimés en caractères romains.

Aux Augustins, aux Pc ni te us, Aux dix Vertus, aux Bernardines, Enfin à toutes les Béguines Qui sont dehors de leur Couvent [24]

Et que vous voye\ très-souvent, Pas plus souvent à la Fontaine Que tous les jours de la semaine.

RICHARD, n'appelle^ aubereaux Les Nobles qui prennent des eaux, Car il pourrait mal vous en prendre ; De cecy je vous veux reprendre ; Il faudrait estre grand Docteur Pour pouvoir changer vôtre humeur :

Pour entreprendre telle affaire, Il faudroit un second mistere Corne quand, avec ses trésors, Le Ciel rendit sain vôtre corps, Laissant vôtre esprit en arrière.

N'importe, vous deve\ prière A ce Saint qui, du haut des deux, Guérit vôtre corps & vos yeux :

Visitei, RICHARD, ces bons Pères Qui preschent le sac & les boires, Les jeusnes, les austérité^ ; Voyei les Pères PICOTEZ \ Quoy que maux ils ne souffrent mie Dans leur nouvelle Compagnie ; ■;\, pour dépiter DAGON 2, L'EPIXE, dit Père GIGON 2,

1. PICOTE, ée. adj. Marqué de petite vérole. » (Furetiére 1690). Je ne sais quels pères l'auteur désigne ainsi.

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