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Et qu'en ses mœurs voyant renaistrc Le cœur et l'esprit de mon Maistre, Je ne puis désormais avoir Ny bien ny plaisir qu'à le voir.
Mais, cher Amy, de quelle sorte M'as-tu veu languir à sa porte, Tantost d'un Suisse rebutté, Tantost d'un valet mal-traitté ?
J'entre en la basse court T à peine 2, Et, quand j'y suis, je m'y promené Toujours au Soleil exposé, [47 |
Ou, s'il pleut, toujours arrosé, Le guettant là mal à mon aise.
Enfin, je voy porter sa chaise ; On ouvre, & je voy qu'il descend Environné de plus de cent.
En vain au degré 3 je me coule :
Je suis emporté de la foule, 11 passe, & je me voy deceu, Car il ne m'a point apperceu.
Quand il me void, je te confesse Qu'il me sousrit & me caresse ; Je n'ay jamais rien demandé Qu'il ne m'ait soudain accordé ; Bref, il m'a toujours fait parestre Et l'œil & l'accueil de mon Maistre ; ; j'oubliois cette bonté.
■ Ciel je serois mal-traitté ;
st le lieu où sont les escuries, les remises Je -les petits domestiquas. » (Furetière 1690).
(Furetièrc 1690).
J'en garde la reconnoissance
Autant qu'il est en ma puissance,
Et toujours, malgré mon ennuy,
Je prie & fay des vœux pour luy.
75 Enfin il faut que je te die
Le sujet de ma maladie.
Quand je me promené au Soleil
Pour voir cet homme sans pareil, [48]
J'en voy qui, la teste haussée, 80 Passent où ma seule pensée,
Timide autant que mon aspect,
N'ose passer qu'avec respect.
Si, comme eux, avec impudence
J'eusse assiégé son Eminence, 8> Dy-moy, qui pouvoit m'empeschcr
De la voir & d'en approcher ?
Tu sçais que j'avois les pratiques
De ses principaux domestiques l ;
Je n'estois point nouveau venu, 90 J'estois aimé, j'estois connu,
On sçavoit ma faveur passée.
Mais on ignoroit ma pensée ;
Enfin, je ne la dy qu'à toy :
Si tu veux avoir soin de moy, 9ï Jules apprendra par ta bouche
A quel poinct la chose me touche.
Tu luy dir^s, rher Confident,
Que, pour n'estre pas impude-.
J'ay de cette maison sacrée 100 Perdu la favorable entrée ;