‹ Épistres en versChapitre 82 sur 177 · A MONSIEUR DE CHARLEVAL. T · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE CHARLEVAL. T

Car, tandis que tu guerirois,

Dedans mon cœur je nourrirois

Une vaine & folle espérance [97]

D'estre encore en ta souvenance.

Pardonne à mon juste courroux ;

Avec raison je suis jaloux ;

Je sçay tes amitiez nouvelles

Et connoy qu'elles sont plus belles ;

Ouy, ouy, Sarrazin ■ <Sc Mainard 2

En ton cœur ont meilleure part ;

Tu reçois de ces belles Ames

Des Sonnets & des Epigrames3 ;

Leurs pointes me percent le cœur,

Et tu te ris de ma langueur ;

Ouy, cœur ingrat, car tu peux croire

Que je sçay toute ton Histoire ;

Tu crois aussi certainement

Que j'en ay du ressentiment,

Et c'est chose encor plus certaine

Que tu ne t'en mets guère en peine.

Dez que tu guignes le Marez-*,

Tu laisses-là mes interests ;

Aussi-tost mon objet s'eslongne

Comme si j'allois en Polongne ;

i. Sur Sarasin en 1646, voy. p. 22, n. 2.

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