A MONSIEUR DE CHARLEVAL. I|I
De voir la belle Blosseville ■
Et la divine Franquetot-,
Si je ne suis de ton Ci>cot?
Nous n'aurons non plus de commerce
Que si je vivois dans la Perse ;
Tu me verras, à ton retour,
Faire le cruel à mon tour ;
Je te reduiray, par vengeance,
Dans le foyer du vieux d'Argencc .
A humer les beaux mots dorez
i. Je ne sais s'il s'agit de la fille ou de la femme de Nicolas Bouchart (a), vicomte de Blosseville (Cab. des titres: Cab. d'Ho^Ur 55 : 1420). Le père de celui-ci, Alexandre Bouchart, vicomte de Blosseville (?-i634), conseiller au parlement de Normandie, se maria le 14 février 1606 (Cab. des titres : Dossiers bleus 114: 2881, fos 5, 8 et 9 ve). Si donc Nicolas Bouchart, quoique étant le deuxième des enfants mâles, est né dès 1608, et s'il ne s'est pas marié plus tard qu'à 25 ans, il peut, en 1646, avoir une fille de 13 à 15 ans, qui serait la « belle Blosseville ■ de Bois-Robert. Mais si Nicolas Bouchart est né, par exemple, vers 1612, et s'il s'est marié vers 28 ans, il s'agit ici de sa femme, Marguerite Dutardin (b).
2. Peut-être une fille de Robert de Francquetot (f)(?-i6$i), seigneur de Coigny, premier président au parlement de Normandie, frère du grand-père du maréchal duc de Coigny, François de Francqcetot. (Ms du Fonds Duchesne: vol. 23 : p. 309. — Cab. des titres: Dossiers bleus 291 : 7381, fos 1 et 27).
3. Marc-Auréle de Giverville, seigneur d'Argences, doit avoir au moins 70 ans, ses parents s'étant mariés en 1565 (Cab. des titres: Cab. d'Ho^ier 164 : 4200, foS 2, 3, et 11). Par sa femme, Madeleine Becdeuèvre, il est beau-frère: i° de Pierre Becdelièvre, seigneur de Hocqueville, marquis de Quevilly, premier président en la cour des aides de Normandie et conseiller d'Etat; 2° de Catherine Becdelièvre, femme de Thomas de Francquetot, seigneur de Carquebut. cousin germain de Robert de Francquetot dont il vient d'être parlé dan-la note précédente (Cab. des titres : Carres d'Horjer 241 : i'c5 201-202 ; Cab. d'Ho\ier 150 : 3854, foî 2 et 3. — Ms. du Fonds Duchesne: voL 2-. p. 309).
(a) Et non pas Bouchard (voy. Cab. des titres : Pièces erig. 429 : 9763, >' 2 et 3).
(b) Orthographe hypothétique.
(c) Et non pas Franquetot (voy. Cab. des titres : Pièces orig. 1238: 27688, f°» 3 et suiv.).
Des**&des**«.
J'en souffriray, mais il n'importe ; [99]
Tu viendras en vain à ma porte :
Nostre cher amy Caradas 2
Te dira que je n'y suis pas ;
Mais, comme il verra qu'on t'honore,
Tout volage, & qu'on t'aime encore,
S'il me trouve un peu radouci
Je sçay qu'il prendra le souci
De renouer l'intelligence
Apres quelque mois de vengeance,
Car enfin, si cela duroit,
Chacun de nous en patiroit.
Mais, avant qu'il me puisse abatre,
Je me feray tenir à quatre,
Et te feray voir, cœur léger,
Si c'est moy qu'on doit négliger.
1. J'ignore quel peut être le premier des deux noms propres supprimés. Quant au second, d'après la rime, ce doit être Dorés, pluriel de Doré. Aux xvne et xviii" siècles, il existe en effet des Doré à Rouen et aux environs (voy. Arch. départ, de la Seine-Inférieure: C. 228, 653, 821, 1573, 1981, 2055, 2155, 2444, 2696), par exemple Edmond Doré qui, en 1669, est curé du Val-le-Roi (Id. : C. 2696). Peut-être, tenant compte de la note précédente, faut-il lire ce vers ainsi : Des Quevillys el des Dorés.
2. Je n'ai pu découvrir auquel des deux personnages suivants, qui sont frères, Bois-Robert fait ici allusion : i° Antoine IV Caradas, seigneur de Vieux-Rouen et du Héron, ancien conseiller au parlement de Rouen qui a résigné sa charge l'année précédente (le 2 4 janvier 1644) en faveur de son fils, François Caradas, seigneur du Héron, lequel aura plus tard pour fils ce marquis du Héron (Charles Caradas) qui, étant envoyé extraordinaire de France en Pologne, sera, en 1702, enlevé par quatre compagnies de dragons saxons (Galettes : 1702, p. 590); 20 Robert Caradas, seigneur de Rances, maître des comptes à Rouen. qui eut, d'une servante, une fille nommée Catherine Caradas, laquelle, « accusée de divers crimes », sera décapitée à Paris en mai 1681 (Cab. des titres : Cab. d'Hotfer 77 : 1991, fos 4 et 3).
C'est apparemment au même Caradas qu'est adressée répitre xxxvn.