‹ Épistres en versChapitre 88 sur 177 · Voy. p. ;;?>. m. r et · texte numérisé non relu

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Ou le cours de la Seine, ou ces riches costeaux D'où comme d'un théâtre on contemple ses eaux, Soit qu'enfin je m'arreste à ton Isle enchantée Qui par tous nos Romans devroit estre chantée

45 Ravi de tant d'objets dont je suis amoureux, Plus que tous les Mortels je te repute heureux, Et plus heureuse encor la mère trop aimable, Qui te sauva ces biens d'un prix inestimable r. Mais, si tu vas songer aux biens de tes ayeux

50 Qui vivoient sur la terre ainsi que petits Dieux, Et si d'ambition ton ame travaillée Est dans ce beau séjour par le sang réveillée, Je t'en reputeray moins heureux de moitié, Je ne t'envieray plus : tu me feras pitié.

5S Garde que ce bourreau des âmes généreuses [103]

Ne t'oste un seul moment des heures précieuses Que tu mets à l'estude, & que tu vas passer Aux lieux où ton esprit cherche à se délasser. Bourdin, l'âge s'en va comme ces fleurs ecloses;

60 Nous avons le destin des oeillets & des roses : Nous mourons en naissant, & n'avons pas loisir De connoistre les biens où tend nostre désir. Contemple donc, connoy, cherche, resve, estudie, Voy le Monde & la Cour comme une Comédie :

65 Tu nous pleindras, enfin, comme de vrais badins, Tu croiras qu'il n'est rien qui vaille tes jardins, Que tu vas au solide, & qu'en ta solitude Consiste le vrav bien acquis par ton estude.

i, Avant d'ctre envoyé à Raguse. le père du marquis de Villcnnes k dissipa la plus grande partie de ses biens » (Cab. des titres: Deniers bleus 123 : 3036, f" 4 v").

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