‹ EpitaphesChapitre 1 sur 20 · Epitaphes · texte numérisé non relu

Epitaphes

T^ vient de perdre le meilleur peut-être de son âme. Cette harmonie limpide tendre, cette ingénuité d'accent, cette

lagie candide, radieuse ou nostalgique, ne

'. retrouveront que dans l'œuvre survivante

i ce disparu.

Né à Tournay (Hautes-Pyrénées) en 1868, rancis Jammes avait une immédiate ascenince antillaise, car son père avait vu le jour Pointe-à-Pitre, dans la Guadeloupe, igine qui se marque avec un éclat de uleurs dans plusieurs de ses poèmes, f Mercure de France, en 1897, publia ce :ueil essentiel : De V angélus de Vauhe

cV angélus du soir. Ce fut

le levée de fraîcheur, une

i-esse de parfums simples,

L air de champs et de mon-

t^ne. Ce lyrisme spontané

bivait la règle ou se jouait

dlle sans se déterminer

a;olument dans le symbo-

line, alors en pleine gloire.

C'.tait le bruissement musi-

c; de la brise et de la

5«irce. L'œuvre restait dans

'^nature. De ce poète qui

îimait la joie d'un renouai u sensible Gide pouvait

écrire : « Jamais une plus complète absence de recherche extérieure n'avait permis encore recherche d'union plus intime des mots avec l'émotion, des sensations entre ellesmêmes. On ne lit pas Francis Jammes, on le respire, on le hume, il entre en vous par les sens... Emotions, volonté, pensée, tout, en Jammes, n'est que poésie et parfum. » Rappelons, dans l'œuvre poétique : le Deuil des primevères, le Triomphe de la vie. Clairière dans le ciel, le "Poète et V oiseau. Les Géorgiqties chrétiennes sont un acte de foi comme le Kosaire au soleil. N'omettons pas ces nouvelles où passe la féerie : Claire d^Hellébeuse, Almaïde d'Etremont, le Koman du lièvre. Pomme d''anis.

Francis Jammes évita Paris. Constamment il réalisa son expression lyrique sur le sol natal, dans l'atmosphère, sous la magie d'un ciel.

Malade gravement depuis plusieurs mois, Francis Jammes perdit connaissance le jour de la Toussaint, alors que sa fille cadette prenait le voile au couvent des Sœurs blanches, à Lyon.

Page 1