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ÉPITAPHE D'UN BOULANGER

Ci'gît un tel. Dans les tranchées, sillons sans grains, Pourtant il vit la Mort faucher parmi la poudre Et rapporter des corps de soldats pour les moudre Et pétrir pour le Ciel un héroïque pain.

Elle cuisait ce pain au feu des fours d'airain

Qui sont rivaux de ceux où s'allume la foudre ;

Puis elle le mettait dans des sacs qu'il faut coudre

Avant de les enfouir dans un pli de terrain.

Devant donc que tomber de haut pour la Patrie, Ce boulanger a vu des vies après des vies Venir s'accumuler dans un affreux pétrin.

Et comme il s'étonnait de ce qu'il pût se faire

Qye toute cette chair levât d'un tel levain :

Ce levain, lui dit Dieu, c'est l'amour entre frères.

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