ÉPITAPHE D'UN VIGNERON
Ci-gît un tel dont la vigne a porté ce fruit. Liée à des réseaux, les pieds dans la tranchée Qjj'une charrue avait tout doucement creusée Pour qu'y courût la vie heureuse des perdrix.
Ah I Ce n'est plus de pieds de vigne qu'il s'agit,
Ni de sillons où les lourdes grappes serrées
S'offrent aux pépiements d'oiselles altérées,
Ni de tuteurs de fer où le cep se roidit.
Si le vin jeune dans les cuves qui bouillonne
Fait le bruit d'un lointain orage de l'automne.
Qu'est-ce d'un sang neuf qui fermente, d'un sang bleu.
D'un sang qui découla d'une grappe éclatée
Qyi aux fils barbelés encore est accrochée :
De ce cœur à jamais mûri d'un coup de feu ?