‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 2)Chapitre 102 sur 421 · FRANÇOIS DE LA PEYRONIE · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE LA PEYRONIE

Sur le côté droit de la nef, contre le second pilier, presque vis-à-vis du banc des chirurgiens, on voyait le petit monument funéraire que l’Académie de chirurgie avait fait élever en mémoire de son fondateur, François de La Peyronie, dont le cœur était déposé dans l’église.

Ce monument, œuvre du sculpteur Vinacbe, se composait d’un piédestal en forme de gaine, partie en marbre vert campan et partie en marbre rouge du Languedoc, qui soutenait une urne accompagnée de guirlandes de cyprès et d’attributs des Sciences et de la Chirurgie en bronze. Un médaillon de marbre avec le buste de La Peyronie était, fixé au sommet du piédestal, devant l’urne qu’il cachait à demi. A droite du médaillon, un petit génie sculpté en bronze, debout sur le piédestal, tenait un miroir d’une main et montrait de l’autre un globe fleurdelisé, posé à ses pieds. Cet ensemble reposait sur un soubassement de marbre décoré d’un cartouche aux armes de La Peyronie, timbré de la couronne comtale.

(1) La Monnoye notait que le copiste avait oublié ici un mot, ce qui rendait le vers faux. {Menagiana , t. IV, p. 280.)

Sur une table de marbre fixée au dé du piédestal, on lisait cette inscription :

1107. — Pus manibus Francisco de La Peyronie, primarii Galliarum chi-

RURGI ReGIQUE A MEDICIS CONSULTATIONIBUS , CUJUS CORPUS IN REGI A VERSALIA- RUM PAROCHIA JACET, COR VERO IN ISTA REQUIESCIT. SePTUAGESIMUM AGENS ÆTATIS ANNUM OBIIT, VII KALENDAS MAII M DCC XLVII.

Armes. D’azur à la bande d’or chargée de trois poires au naturel de gueules posées les tiges en haut, dans le sens de la bande.

Millin, Saint-Corne, p. 6.

Monument funéraire de François de La Peyronie1".

De l’autre côté du pilier, vis-à-vis l’oratoire de Saint-Corne, on lisait sur une plaque de cuivre cette autre inscription, surmontée d’un cartouche aux armes des chirurgiens sculpté en bronze ® :

1108. — HOC GRATI ANIMI SUMMÆ VENERATIONIS PERENNE MONUMENTUM, CELE-

(l) Réduction d’une estampe de Millin. (Sainl- Côme, pl. I, fig. 2; Duchemin del. , Blanchard sculp. )

Il existe aux Archives nationales un dessin à la plume lavé d’aquarelle , qui présente une esquisse assez imparfaitement exécutée du monument funé¬

raire de La Peyronie, ainsi que du banc des marguilliers, et de la travée de la nef qui l’encadrait. (S. 3320.)

(s) Les armes du Collège des chirurgiens étaient : D’azur à trois vases cl’or, à la fleur de lis en abîme soutenue par une couronne d’étoiles, le tout d’or.

BERRIMO ARTIS MAGISTRO, PROVJDO ACADEMIÆ MODERATORI, EXTRUENDUM CURAVIT PARISIENSE CHIRURGORUM COLLEGIUM , ANNO M DCC XLIX.

Mi'lin, Saint-Corne , p. 7.

HUMBERT + MARTIAL PIARRON DE CHAMOUSSET.

Vis-à-vis la grille du sanctuaire, au premier pilier de la nef, du côté gauche, était fixée une table de marbre blanc avec un encadrement de marbre noir, surmonté d’un écusson timbré de la couronne comtale avec deux levrettes pour supports, et soutenu par un cul-de-lampe orné d’une tête de mort aux ailes de chauve-souris.

Sur cette table était gravée l’inscription suivante :

1109. — D. O. M. — A PERPETUITE, MESSIRE HUMBERT PlARRON DE CHAMOUS- SET, CONSEILLER DU Roi, MAITRE ORDINAIRE EN SA CHAMBRE DES COMPTES A PARIS, A FONDÉ DES MESSES POUR LE REPOS DE SON AME ET DE CELLE DE SON EPOUSE (1) DONT LE CORPS REPOSE DANS CE TOMBEAU, AU CHŒUR DE CETTE EGLISE, ET POUR CELLE DE FEU MESSIRE MARTIAL PlARRON DE CHAMOUSSET, SEIGNEUR DE DlANS, VlLLE- THIERY ET AUTRES LIEUX, LEUR FILS, CONSEILLER AU PARLEMENT DE PARIS, POUR TOUTE SA FAMILLE ET SES DESCENDANS, PAR CONTRACT PASSÉ . , LE II SEPTEMBRE

m dcc xxxi (2). - Priez Dieu pour eux a la chapelle de Saint Come et Saint Damien (3) * (S).

Armes. Dr gueules à trois pals d argent chargés chacun d’un losange de sable; au chef cousu d’azur, chargé de trois basants d’or.

Millin, Saint-Corne, p. 5.

(1) Jeanne Moniquet f le 9.0 octobre 1794.

( Bibl. nat. , Cabinet des ti (res , Dossiers bleus , 5 9 1 . )

{2) Millin a imprime ici la date erronée du

1 1 septembre 1751.

(S) Le procès-verbal de l’assemblée des marguilliers, du 3 septembre 1781, constate que «M. de Chamousset a déclaré qu’il avoit intention depuis longtemps de fonder dans cette egiise une messe basse à perpétuité, tous les jours de l’année, pour le repos de son ame après sa mort, de celle de la dame son épousé, qui est inhumée dans le chœur de cette egiise, dans lequel lieu et place il a aussy choisy sa sépulture en aiant fait l’acquisition et payé les droits pour luy; ladite fondation est aussy pour le repos de lame de deffunt Martial Piarron de Chamousset, seigneur de Dian,

Viliethiery et autres lieux, conseiller du Roy en sa Cour de Parlement, leur fils, et pour ses descendants, de laquelle fondation il demande qu’il soit fait mention sur une epitaphe qu’il fera faire à ses frais, qu'il ail la liberté de faire poser ladite epitaphe contre le mur de la sacristie, à l’endroit le plus apparent qu’il choisira et les siens, sans que ladite epitaphe puisse etre changée ny déplacée sous quelque cause ou pretexle que ce soit; pourquoi il auroit proposé auxdits sieurs desservant, marguilliers anciens et notables de leur abandonner un fond de douze mille livres, produisant au moins

trois cent livres de rente . La compagnie a

accepté la fondation dans la forme et de la maniéré qu’elle est cy dessus expliquée et rapportée. » ( Arch. nat., LL. 696, fol. 57-58.)

CHARLES FAYE D’ESPEISSES.

Contre le second pilier de la nef était appliqué le monument funéraire de Charles Faye d’Espeisses. 11 se composait d’un médaillon ovale de marbre blanc, bordé d’une moulure de marbre noir avec têtes d’anges et agrafes, enchâssé dans un encadrement rectangulaire dont les deux côtés se terminaient par des volutes ornées de guirlandes de feuilles de chêne. La corniche supérieure était surmontée d’un petit fronton brisé portant un cartouche armorié, sommé d’un casque; la corniche inférieure reposait sur un cul-de-lampe terminé par une pomme de pin et décoré d’un autre cartouche avec écusson en losange entouré d’une cordelière. L’encadrement était en marbre noir, les armoiries et les détails de sculpture en marbre blanc.

Monument funéraire de Charles Faye d’Espeisses 11

Sur le médaillon était gravée cette épitaphe :

1110. — Pus manibus Caroli Faii Spessæi, paternis Jacobi avitisque Bar-

THOLOMEI VIRTUTUM LAUDIBUS SIMILLIMI, QUI NON MINUS PRÆCLA RiSSIM I INGENII

(,) Réduction d'une estampe de Millin. (Saint-Corne , pl. II, fig. 2; Ducliemin de!., Lemercier sculp.

in.

ÉPI TA P n I E R DU VIEUX PARIS.

DOTIBUS QUAM ANTIQUO NATALIUM SPLENDORE NOBILIS, PRIMUM IN SENATU DOC- TRINA ET INTEGRITATE, DEINDE IN AULA COMITATE ET INDUSTRIA, MOX APUD EXTE- ROS SOLERTIA ET ANIMI ROBORE, POSTREMO IN AUGUSTIORE CONSISTORIO CIVILI PRU- DENTIA ET INTEMERATA FIDE CLARU1T. Qu ADRAGESIMUM ET NONUM ÆTATIS ANNUM AGENS, EO CONSTANTIS ANIMI STATU QUO VITAM DUXER AT, INTER GRAVISSIMOS DO- LORES, MORTEM SPREVIT ET EXCEPIT, CHRISTO ÆTERNUM VICTURUS, INGENTI DOCTO- RUM ET BONORUM LUCTU, III NONAS MAII, ANNO SALUTIS M DC XXXVIII. — CAROLA Furcia, CONJUX, LIBERIQUE mœrentes hoc monumentum posuere.

Armes. Faye : D’argent à la bande d’azur chargée de trois têtes de licorne d’or.

Fou RC y : D’azur à l’aigle d’or au vol abaissé; au chef d’argent chargé de trois tourteaux de gueules.

Mss. A2, p. 2G6; — F1, p. 1 65 ; — Blanchard, Les Présidons au mortier, p. 3a5.

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