PIERRE DE NAVARRE * CATHERINE D’ALENÇON
Leur mausolée était placé du côté de l’épître, sous une arcade de la muraille, dans une disposition symétrique à celui d’Amé de Genève, auquel il faisait visà-vis ô).
Un large sarcophage de pierre, sans ornements, recouvert d’une épaisse table de marbre noir, portait les statues gisantes de ces deux personnages , sculptées en marbre blanc. Pierre de Navarre était revêtu de son armure, avec une casaque armoriée par-dessus; sa tête couronnée reposait sur un coussin; il avait les mains jointes sur la poitrine et deux lionceaux à ses pieds. Catherine d’Alençon, vêtue du costume des veuves et la tête recouverte de voiles, avait aussi les mains jointes et un petit chien à ses pieds <1 2).
(1) Pierre de Navarre t le 29 juillet i4i2, Catherine d’Alençon f le 2 5 juin 1 462 et inhume'e dans l’église de l’abbaye de Sainte-Geneviève.
(2) Vers 1792, ce mausolée fut porté au Dépôt des Petits-Augustins , ainsi que le constate le Journal de Lenoir :
cr A7. Des Chartreux. Une statue de femme en marbre blanc, représentant Catherine d’Alençon, morte en i4Ô2.
rr 5 1 • Du même lieu. Une statue couchée, en marbre blanc, représentant Pierre de Navarre, mort en 1 4 1 2 . Plus une tombe en marbre noir, »
Il fut classé plus tard au Musée des monuments français :
ffN0S 79 et 86. Les statues couchées, en marbre blanc, de grandeur naturelle, de Pierre de Navarre, comte de Mortagne, et de Catherine d’Alençon, sa veuve.
« Cette femme , après avoir fait ériger ce monument h son mari, où elle se fit représenter à côté de lui, en costume de veuve, épousa en secondes noces le comte palatin du Rhin, duc de Bavière; elle mourut quarante ans après son premier mari et fut enterrée en 1 4 6 2 à Sainte-Geneviève , où l’on voyait son épitaphe. C’est ce qui explique pourquoi elle est représentée si jeune sur ce tombeau, tandis qu’elle est morte très avancée en âge. » ( Musée des monumens français, t. II, p. 102.)
Contre le pied-droit de l’arcade, à la tête du mausolée, une statuette du patriarche Abraham recevait dans son sein lame des deux époux; elle était accom-
Mausolée de Pierre de Navarre et de Catherine d’Alençon d.
pagnée de quatre figurines de religieux. Au pied du mausolée, on voyait de même une statuette d’évêque mitré et crossé, tenant un livre ouvert dans sa main droite, avec deux figurines de Chartreux agenouillés à ses côtés.
(I) Réduction d’un dessin des Tombeaux de Gaignières (Oxford), i"vol. , fol. 22. — Un autre dessin du même recueil présente le mausolée vu de face et perpendiculaire au soubassement. (Fol. 2 3.)
Les deux statues ont été reproduites dans une estampe de Millin. ( Chartreuse de Paris, pl. V, fig. 3 et 4; Michel dir.) — Ces statues sont maintenant conservées au Musée du Louvre.
COUVENT DES CHARTREUX DE VAUVERT
Le tombeau ne portait aucune inscription funéraire (1).
Armes. Navarre : Ecartelé, au 1 et h de gueules à la chaîne d’or entre triple orle, en croix et en sautoir, qui est de Navarre; au 2 et 3 d’azur semé de jleurs de lis d’or, au bâton componé d’argent et de gueules, qui est d’EvREUX.
— Alençon : D’azur semé de jleurs de lis d’or, à la bordure cousue de gueules, chargée de huit besants d’argent.