CHAPELLE DE SAINT-MICHEL OU DE L’ANNONCIATION
Cette chapelle, qui était affectée à la sépulture de la famille Aymeret, ne paraît pas avoir été dans le principe l’objet d’une concession spéciale^. Ce fut seulement au milieu du xvine siècle que le couvent en céda la jouissance à la famille
d’huy en un an; et pour l’execution des présentes et dépendances, ledit sieur abbé a nommé et esleu son domicile irrévocable et perpétuel en ceste dite Ville de Paris, au logis où il est demeurant, sus déclaré . Ces présentes faites et passées fu¬
rent audit Discretoire, l’an 161 4, le lundi après midi 91e jour de juillet, et ont lesdils sieur abbé, gardien et religieux signé la minulte des présentes avec les notaires soubssignez , demeurée vers Le Movne, l’un d’iceux. » (Arcb. nat., LL. 1 5 1 8 ,
(l) Les armes de ce blason étaient écartelées.
au 1 de La Place , au 2 de sable à trois chevrons brisés d’or, qui est de Viole , au 3 de Grieu et au 4 d’argent au sautoir de sable accompagné de quatre perdrix au naturel, qui est de Piaguier.
{2) Nous n’avons trouvé en fait de titres concernant cette famille que deux contrats, l’un, du 16 mai i63i, par lequel Madeleine Aymeret fond it deux messes basses par an, l’autre, du 2 mai i633, par lequel Jeanne Aymeret fondait aussi deux messes par semaine et un service, le 1 3 avril, dans la Chapelle de l’Annonciation. (Areli. nat., LL. i523, p. 189 et 198.)
Gougenot^. Le vocable de Saint-Michel, sous lequel elle avait été primitivement désignée, fut remplacé, dès le \vuc siècle, par celui de l’Annonciation.
:'! Dans l’ac!c ('e concession, on a indiqué par erreur la Chapelle du Saint-Esprit au lieu de celle de l’Annonciation :
tfPar devant les conseillers du Roy notaires à Paiis, soussignez, furent présents ms François Tourould, syndic du Grand Couvent des R. R. P. P. Cordeliers . , et R. P. Pierre Joseph Clere, doc¬
teur de Sorbonne, gardien dudict Grand Couvent, Pierre Trissement, aussy docteur de Sorbonne, ex gardien . , lesquels, pour satisfaire à la ré¬
quisition qui leur a été faite par Mme Gougenot et messieurs ses fils cy après nommés, ont par ces présentes cédé et délaissé dès maintenant et à toujours à dame Michelle Ferrouillat, veuve de Georges Gougenot, ecuyer, seigneur de Croissv sur Seine et de Lisle sur Arnou en Berry, conseiller et
secrétaire du Roy . etc., à messieurs ses trois
fils, sça\oir : Mr‘ Louis Gougenot, conseiller du Roy eu son Grand Conseil, honoraire associé de l’Académie rovalle de peinture et de sculpture; George Gougenot de Croissy, ecuyer, conseiller secrétaire du Roy, maison et couronne de France et de ses finances, greffier en chef de la Chambre des Comptes, et Antoine Pierre Gougenot des Mousseaux, ecuyer, seigneur de Lisle et Mallezais en Berry, conseiller secrétaire des Conseils et des commandements de S. A. monseigneur le prince de Condé, demeurans tous quatre rue de Condé, paroisse S. Sulpice, à ce présents et acceptants, et à tous leurs descendants masles et femelles, la jouissance de la chapelle du Saint Esprit, située dans l’eglise des R. R. P. P. Cordeliers, dans l’un des bas cotés du chœur, vers le maître autel, du coté de l’Evangile et faisant face à la grande sacristie, pour par ladille dame Gougenot, lesdits sieurs ses enfants et leurs descendants jouir seuls exclusivement à tous autres de laditte chapelle, y entendre le service divin et l’y faire celebrer, à compter de ce jour et à l’avenir, à perpétuité, avec liberté et faculté d’y faire tous et tels changements et ornements, et y placer tels inscriptions et mausolés qu'ils jugeront à propos, meme s’oblige ledit sieur abbé Gougenot d’y faire construire à ses frais dans l’espace de dix ans un autel de marbre et d’y faire poser dessus un tableau d’un bon maître, aussy à ses frais; reconnaissant lesdits syndics et R. R. P. P. Cordeliers que ladite dame
Gougenot a déjà fait fermer à ses frais laditte chapelle d’une grille de fer; comme aussy lesdits sj ndic et R. U. P. P. Cordeliers ceddent et transportent à laditte dame Gougenot, scs enfants et tous leurs descendants masles et femelles le droit de sépulture à l’exclusion de tous autres, dans le caveau de laditte chapelle où ledit deiïunt sieur Gougenot est inhumé, pour par laditte dame Gougenot, ses enfants et tous leurs descendants, jouir desdits droits de sépulture de laditte chapelle, s’y faire enterrer et inhumer à perpétuité.
n- Lesdits R. R. P. P. Cordeliers s’obligent en outre tant pour eux que pour leurs successeurs de faire dire à perpétuité dans laditte chapelle une messe liasse de Requiem pour le repos de famé dudit deiïunt sieur Gougenot, le 10 juin de chacune année, et à cet effet de fournir les pain, vin, luminaire, ornements et autres choses necessaires.
rrCes présents délaissements et concessions faits moyennant premièrement vingt livres de deniers d’entrée et à litre d’aumone, que laditte dame Gougenot a présentement payé audit titre auxdits relligieux entre les mains dudit sieur syndic, ainsy qu’ils le reconnoissent et en outre moyennant le
prix et somme de quinze cent soixante livres . »
(Arch. nat. , L. 9A2.)
Dans cette chapelle, l’abbé Gougenot avait fait élever un beau monument funéraire, dont Tbiéry nous a conservé la description :
rrCe mausolée, dû au ciseau du célébré Pigalle, consiste en un buste en bronze de ce magistrat; il a pour base un grand piédestal de marbre blanc sur lequel est gravée son épitaphe. Derrière le buste sont placés les attributs ecclésiastiques, tels qu’une crosse, une croix et des livres. On y voit aussi un médaillon de marbre blanc sur lequel sont tracés en relief les portraits des sieur et dame Gougenot, ses père et mère.» (T. II, p. 369.)
L’Inventaire de Mouchy constate que ce mausolée subsistait encore en 1790. Plus tard, bien que le nom de Pigalle dût suffire à le protéger, il ne fut pas conservé.
Le 8 frimaire, an 11 [28 novembre 1793], Lenoir recueillit seulement ou Dépôt des Petits-Augustins le buste en bronze de l’abbé Gougenot et les médaillons de son père et de sa mère. ( Alexandre Renoir, t. I, p. 21.) Il les a signalés
GRAND COUVENT DES CORDELIERS
OLIVIER D’AROUINVILLERS + ANDRÉE AYMERET.
Épitaphe gravée sur une lame de cuivre :
1224. — Cy gist noble et discrette personne Olivier d’Arquinvillier , en
SON VIVANT ESCLiYER, SEIGNEUR DUDICT LIEU ET D’AUVILLER ET SAINCT RlVAULT,
Haton et Lis en partie, au pays de Beauvoisis, et damoiselle Andrée Ayme-
RET, EN SON VIVANT FEMME DUDICT DE ArQUIN VILLIER ET DAME DE CHASTELIERS
en Poictou, lesquels trespasserent, c’est assavoir ladicte Aymeret LE IX JOUR
DE JUILLET M D XIX, ET LEDICT D’ARQUINVILLIER LE XXVII JOUR DE SEPTEMBRE M D IV (1).
Armes. Arquinviujehs : D’hermines papelonné de gueules.
— Aymeret : D’ urgent nu chevron de sable chargé de trois coquilles d’or.
Ms. 1) , p. 2^2.