JEAN DE MONCEAUX
Son épitaphe était gravée sur une table de marbre blanc avec encadrement incrusté de marbre rouge, flanqué sur les côtés de deux consoles ornées de têtes
eux nommée du S. Sepulchre en Ierusalem. L’autel de laquelle fut quelque temps au maistre autel du chœur de ladite eglise, et de là, pour n’incommoder les religieux en la célébration de leurs heures canoniales et du divin service, il fut transporté en l’aile droite de la nef de ladite eglise, où il est encore de présent.
rrCet autel fut dressé contre un pilier de pierre soutenant deux arcades, lesquelles lesdits confrères firent murer de pierre et lambrisser au dessus , depuis le rez de chaussée jusques au lambris, à la réservation d’une petite porte ronde pour aller droit aux chapelles d’alentour du chœur, laquelle y estoit demeurée jusques en l’an 1606 qu’elle fut bouchée en rebastissant la chapelle du sieur d’Elbene estant au dessus de celle de Ierusalem.
«■ Contre ce pillier estoit dressée une grande image de pierre de taille de sainct Bernardin, tenant en sa main droicte un soleil rayonnant, ayant aumitan le nom de Iesus, dessouz ladite image et jusques à la pierre et table dudit autel , ayant trois ou quatre pieds de hauteur, lesdits confrères avoient fait peindre en or et azur, à la mosaïque, une Cene de nostre Seigneur, laquelle tenoit depuis un des bouts de ladite chapelle jusques à l’autre, comme on en voyoit encore les restes en l’an 1 6o3 , que ledit mur esclatté par le feu fut repris et refait tout de neuf, depuis le rez de chaussée jusques en haut, par Claude Gourgueron , maistre masson, selon le marché fait avec luv par Jean Bonjan, voyager, et Rolland Le Duc, bourgeois de Paris, lors maistres et gouverneurs de ladite confrairie , et des deniers d’icelle. Le reste de la muraille, depuis le dessus de ladite Cene jusques au lambris , estoit peint de rouge, avec des noms de Iesus et des croix de Ierusalem d’or de ducat.
rrCesle chapelle estoit anciennement plus longue qu’elle n’est à présent, et la closture n’estoit qu’un balustre de pierre de trois ou quatre pieds de haut seulement et venoit jusques au second pillier de la nef, remarqué par des croix de Ierusalem estant au haut d’icelluy pillier, contre lequel estoit la chaire du prédicateur, lequel pour y venir passoil
par dedans les chapelles d’Elbene et de Ierusalem , lesquelles par ce moyen esloient engagées audit passage, y ayant des portes réservées pour ceste occasion, et bouchées, ladite chaire ayant esté dressée au second pillier de l’aile gauche de la nef de l’église. La vitre de ladite chapelle estoit sans histoires et images, faite comme celle que l’on voit ès chapelles de derrière le chœur, faites à demy lozanges, peintes, damassées de noir par dessus, aux bordures de lleurs de lys et de chasteaux d’or sur du rouge qui monstrent qu’elles y avoient esté mises du temps de saint Lonys et de madame Blanche de Castille, sa mere.
ff Sur chacun des deux pilliers de ladite chapelle de Ierusalem jusques dans le gros mur estaient dressées des herses ou perches de bois, façonnées, comme le colîre de ladite chapelle, de croix de Ierusalem et de palmes dorées, sur lesquelles deux herses estoient posez des chandeliers de cuivre et, par ordre, dans iceux les cierges des princes et seigneurs de France , qui lors ne desdaignoient de se mettre en ceste devote confrairie de laquelle les Boys estaient les premiers. Après lesquels cierges estoient rangez par ordre ceux desdits chevaliers voyagers et confrères, qu'ils entretenoient soigneusement .
«En l’an 1 434 , les maistres et gouverneurs de ladite confrairie, par l’advis des voyagers et confrères, establirent quelques statuts et reglemens, lesquels ils présentèrent au pape Eugene, IVe du nom, et iceluy les confirma l’année suivante 1 4 3 5 , qui estoit de son pontificat la quatriesme. Ces statuts avoient été dressez par la licence de messire Jaques Du Chastellier, evesque 96e de Paris, et par l’advis des R. P. gardien et religieux dudit
convent des Cordeliers . Depuis ce temps là ,
ladite confrairie a subsisté jusques à maintenant audit convent et monastère, fondée seulement sur la dévotion du peuple et les droits spécifiez ausdits statuts . Ladite confrairie n’a jamais eu au¬
cune rente ny fondation que depuis l’an i55o. Le premier fondateur en icelle fut un nommé Jean Le Gros, marchand et bourgeois de Paris .
GRAND COUVENT DES CORDELIERS
de chérubins, surmonté d’un cartouche entouré de palmes, portant un écusson timbré du collier de l’Ordre de Saint-Michel, et décoré dans le bas d’une tête d’ange ailée accompagnée de volutes et de modillons :
1303. — D. O. M. || Cy devant gist messire Jean de Moncheaulx, || en son vivant gouverneur d’Artois pour le || duc de Bourgongne, lequel apres la MORT || DU CONTE DE CHAROLLOIS VINT AU SERVICE || DU ROY LOUIS UNZE, QUI AVECQUE PLUSIEURS || BIENFAICTS ET HONNEURS LE FIT CHEVALLIER || DE SON ORDRE.
Il estoit seigneur de Moncheaulx, |] Blacourt, Belloy, Houdan, Hannoilles, Sainct Sanson, Yillacouelay || ET Martincourt; ensuite, apres avoir || FAICT plusieurs grans services au Roy, || fit par devocion les pellerinages de || Ihe-
RUSALEM ET SAINCT JACQUES EN GALICE, || ET IL MOURUT LE VIII JOUR D’OCTOBRE, ||
l’an mvç v. || Priez Dieu pour luy. Amen(1).
Armes. Échiqueté d’or et de gueules.
Tombeaux de Gaignières (Original Mss.), fol. 28 (reproduction figurée); — Mss. B1, p. 268 ;
G3, p. hki.