‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 2)Chapitre 275 sur 421 · COUVENT · texte numérisé non relu

COUVENT

DES FILLES DE LA CROIX

NOTICE HISTORIQUE

Le 5 octobre 1626, la comtesse de Saint-Paul, Anne de Caumont, femme de François d’Orléans-Longueville, avait obtenu du pape Urbain VIII un bref qui lui permettait de fonder dans les faubourgs de Paris un monastère de Filles de l’Ordre de Saint-Thomas ^ . Avec le consentement des archevêques de Paris et de

(1) D'après le plan de Turgot.

(î) Jaillot prétend que les mémoires que les religieuses lui ont fourni relativement aux origines du couvent mie font aucune mention de séjour

au faubourg S1 Marcel». (T. III, art. xv, p. 67.)

Cependant le témoignage de Du Breui et Malingre, deux historiens qui avaient pu voiries débuts de l’établissement, est formel sur ce point.

Toulouse, elle fit venir, à la fin de l’année 1626, la mère Marguerite de Jésusû) et cinq autres religieuses du couvent de Sainte-Catherine-de-Sienne de Toulouse, pour former la nouvelle maison. Le 6 mars 1627, la petite communauté fut installée dans un immeuble de la rue Neuve-Sainte-Geneviève, près de la rue des Postes, que la comtesse de Saint-Paul avait acheté en vue de la fondation projetée, et, après y être restée six ans, elle se transporta dans une maison de la rue d’Orléans, au Marais.

Peu après, la mère Marguerite de Jésus résolut de fonder à Paris un second couvent de l’Ordre de Saint-Dominique, et l’archevêque de Paris, par son mandement du j 2 décembre 1 6 3 6 , lui permit de quitter la maison du Marais et de se loger avec quelques religieuses chez Mme de Castille, rue Plâtrière, sur la paroisse Saint-Eustache, eu attendant quelle eût trouvé un local convenable pour établir le monastère et bâtir une chapelle.

Ce fut Mme de Combalet qui, pour fournir à ces religieuses les premières ressources et faciliter leur entreprise, les dota de 3o,ooo livres tournois, par un contrat du 16 janvier 1 6 3 y . Le roi, par ses lettres patentes du même mois, enregistrées au Parlement le 6 septembre 1 638, et à la Chambre des Comptes, sur lettres de surannation, le 26 avril t6û6, autorisa la fondation du nouveau couvent, qui avait été aussi approuvée, le 23 janvier 1637, par un bref de l’archevêque de Paris (2h Le nouveau monastère devait porter le titre de la Sainte-Croix.

Le premier écrivait , en effet , à peu près à l’époque où les religieuses vinrent se fixer à Paris :

ff L’an 1626, très liaule et puissante dame Anne de Caumont, espouse de feu M. te comte de Sainct Paul, sçachant le grand fruict que faisoient à Thoulouse tes religieuses de saincte Catherine de Sienne, qui militent sous la réglé de Sainct Dominique, en fit venir six à Paris, désirant les y establir et en estre fondatrice. Ces religieuses se logèrent du commencement au fauxbourg Sainct Marcel lez Paris, vers la rue des Postes, où elles s’establirent et prirent avec elles quelques filles de Paris et d’ailleurs, désireuses d’entrer en ceste saincte religion , establie sous le tiltre de religieuses de Sainct Thomas d’Aquin et de l’Ordre de Sainct Dominique, et ayons demeuré six ans en ce fauxbourg, fan 1 633 , elles achepterent quelques maisons aux Marais du Temple, où elles sont maintenant establies et ont une petite chapelle où se fait le service divin qui est fort fréquentée. n (P. 669.)

Malingre notait de même, en 16/10, dans le Supplément des Antiquités de Du Breul :

(T La congrégation des Filles religieuses, dites de Sainct Thomas, s’establit premièrement en une

maison du fauxbourg Sainct Marcel, près la rue des Postes; mais pour estre trop esloignées et en lieu non fréquenté, elles acheptèrent, l’an 1 634 , une grande maison en la rue d’Orléans, au Marels du Temple, où elles sont maintenant establies. n (P. 5-2.)

(1) La mère Ma rguerite de Jésus, de son nom Marguerite Senaux, née le 21 novembre i58g, avait épousé, à l’âge de quinze ans, Raymond de Garibai, conseiller au Parlement de Toulouse. De ce mariage étaient nés plusieurs enfants qui moururent tous avant d’avoir reçu le baptême. Ces malheurs répétés inspirèrent aux deux époux l'idée de se séparer d’un consentement mutuel pour se consacrer à Dieu. Le mari se fit Chartreux et mourut, après douze ans de claustration, prieur de la Chartreuse de Villefranche-de-Rouergue; la femme prit fliabit de Saint-Dominique dans le couvent de Sainle-Catheriue-de-Sienne, à Toulouse.

•2) fr Denis Le Blanc, prebstre, licenlié ès loix, chanoine et archidiacre de Brie en l’eglise de Paris, et Louis de Guyard, aussy prebstre, docteur en théologie et chanoine en laditte eglise, vicaires generaulx tant au spirituel qu’au temporel d’illus-

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Le 2 5 janvier, la maréchale d’Effiat assura à la communauté, au nom de sa fille Charlotte Ruzé d’Effiat, qui avait quitté la maison du Marais pour suivre la mère Marguerite de Jésus W, une somme de 5o,ooo livres tournois destinée à

trissime et reverendissime Pere en Dieu messire Jean François de Gondy, par la grâce de Dieu et du Sainct Siégé apostolicque archevesque de Paris , conseiller du Roy en ses Conseils, commandeur de ses Ordres et grand maistre de la Chappelle de Sa Majesté, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront salut. Sçavoir faisons que veu la requeste à nous présentée par nos cheres et bien aymées fdles en Jésus Christ sœurs Margueritte de Jésus, Isabelle de la Visitation, Margueritte de Sainct Jean, Charlotte de Saincte Catherine, Catherine de Jésus Maria, Françoise de la Présentation, Margueritte de la Vierge et Françoise de Saincte Cecille, religieuses professes de l’Ordre de S‘ Dominique, cy devant demeurantes au convent de Sainct Thomas dudict Oixlre, sciz à Paris, aux Maretz du Temple, et à présent logées rue Plastriere, en la maison de Madame de Castille , parroisse Sainct Eustache , contenant que nous leur ayons donné nagueres permission de sortir dudict convent de Sainct Thomas pour aller demeurer en la maison où elles sont de présent, à l’effet de l’establissement du second monastère dudict Ordre, à la charge et entre autres choses que dans quinze jours elles feroient apparoir d'un conlract de fondation pour ledict establissement , ce quelles auroient exécuté, ainsy quelles faisoient apparoir par le contract cy apprès attaché à ladilte requeste, requeroient qu’il nous pleust aggreer ledict contract de fondation et en ce faisant leur octroyer et faire expedier toutes lettres necessaires pour l’establissement d’un second convent de religieuses dudict Ordre Sainct Dominique en ceste ville de Paris; nos lettres de permission ou ohedience pour sortir dudict convent de Sainct Thomas accordées auxditles religieuses, en datte du 12e jour de décembre dernier; contract de fondation passé par devant Bellehache et Charles, notaires au Chastellet de Paris, le vendredy 16e jour des presens mois et an, entre haulte et puissante dame Marie de Vignerod, veufve de feu messire Anthoine de Roure, vivant chevalier seigneur de Comballet d’une part, et lesdittes religieuses d’autre, par lequel laditte dame de Comballet leur auroit donné et payé en argent comptant la somme de trente mil livres tournois pour servir de fondation d’un second monastère dudict Ordre, à la charge qu’elle

en sera fondatrice et y jouira des honneurs, grans privilèges et autres concessions desquelles ont accoustumé jouir les fondatrices, et outre que laditte somme de trente mil livres sera employée par lesdittes religieuses à l’achapt d’une maison ou place seize en cette ville de Paris qui sera trouvée propre et convenable par lesdicls seigneur archevesque ou ses vicaires generaux pour y bastir un second monastère dudict Ordre , sellon et ainsy qu’il est plus au long contenu audict contract; conclusions du promoteur, et tout considéré , nous vicaires generaulx susdicts, desirans contribuer aux pieux desseings de laditte dame de Comballet et desdittes religieuses et pour la plus grande gloire de Dieu avons, de l’authorité dudict seigneur archevesque, approuvé, confirmé et omologué, approuvons, confirmons et omologuons par ces présentes ledict contract de fondation aux charges et conditions cy mentionnées, et, ce faisant, receu lesdittes religieuses à faire corps et communaullé pour l’establissement d’un second monastère dudict Ordre, soubz le tiltre de Saincte Croix, dans la ville ou faulxbourg de Paris , soubz l’aulhorité , juridiction, visitation et correction dudict seigneur archevesque ou de ses successeurs, au lieu et place qui seront par luy et nous, ses vicaires generaulx, trouvez propres et convenables pour y bastir et construire

ledict monastère . ; et, en attendant qu’elles

ayent achepté laditte place, demeureront lesdittes religieuses et autres qui seront cy après par elles receues en la maison de laditte dame de Castille, sans en pouvoir sortir sinon avecques la permission et congé par escript dudict seigneur archevesque

et de nous . Donné à Paris, au Conseil de

mondict seigneur l’archevesque, le vendredy 2 3e jour de janvier, l’an de grâce 1637. n (Arch. nat. , S. 4687.)

(I) trLa reconnoissance perpétuera toujours dans ce monastère le souvenir de mademoiselle Ruzé d’Effiat, fille du maréchal de France, qui donna tout son bien à cette maison et s’y fit religieuse en 1637. Ce fut cette généreuse libéralité qui mit les filles de la Croix en état d’acheter le terrain quelles occupent et qui a fait donner, à juste titre, à mademoiselle d’Effiat, la qualité de fondatrice de ce couvent. v (Jaillot, t. V, art. xv, p. 68.)

la construction du couvent, dont sa fille était par suite reconnue fondatrice W. La maréchale avait déjà payé par avance une partie du mobilier nécessaire à Linstal-

(l) «Par devant les notaires gardenottes du Roy nostre sire en son Chastellet de Paris, soubssignez, furent presens en leurs personnes haulte et puissante dame Marie de Fourcy, vefve de feu hault et puissant seigneur Mre Anthoine Ruzé, vivant chevallier des Ordres du Roy, conseiller en ses Conseils d’Estat et privé, mareschal de France, gouverneur et lieutenant general pour Sa Majesté en ses hault et has pays d’Auvergne, grand maistre de l’artillerie et surintendant des finances de France, lieutenant general pour Sadicte Majesté en ses armées d’Allemagne, marquis d’Effiat, Longjumeau et Chailly, baron de Massv, Cinq Mars, du Mesnil, Rillé et aultres lieux, demeurante en son hostel à Paris, Vieille rue du Temple, parroisse Sainct Gervais, tant en son nom que comme tutrice de damoiselle Charlotte Ruzé d’Effiat, fille mineure dudict deffunct et d’elle, d’une part, et les reverendes meres supperieure et religieuses de l’Ordre reformé de Sainct Dominique, dict du convent des Filles de la Croix, estans de présent par la permission de Mgr l’archevesque de Paris en la maison de la dame de Castille, en attendant aultre lieu propre pour l’establissement d’un monastère, ladicte permission en datte du 1 2 e jour de décembre dernier, qui sera insérée en fin des présentes, comparantes par sœurs Marguerite de Jésus, Elizabeth de la Visitation, Marguerite de Sainct Jean, Charlotte de Saincte Catherine, Catherine de Jésus, Marie Françoise de la Présentation , Marguerite de la Vierge et Françoise de Saincte Cecille, toutes religieuses professes dtidict Ordre, faisans et representans quant à présent la plus grande et sayne partie des religieuses dudict convent, deuement congregées et assemblées capitullairement au son de la cloche, de l’ordonnance de ladicte dame supperieure, au parloir d’icelluy, lieu accoustumé pour traicter de leurs affaires, d’aultre part, disans les parties qu’ayant passé contract entre elles, dès le 20' juing 1 63 5 , par lequel après plusieurs instantes supplications de ladicte damoiselle Charlotte Ruzé d’Effiat, fille de ladicte dame mareschale, d’avoir agréable et consentir l’effet de sa dévotion et la voccation à laquelle Dieu l’avoit appellée, inclinant à sa priere et requeste, apres s’estre retirée vers madame la comtesse de Sainct Paul et les reverendes meres et religieuses du convent establi au Marais et Vieille

rue du Temple, auxquelles ladicte dame auroit faict entendre la dévotion de ladicte damoiselle Charlotte Ruzé d’Effiat sa fille, qui auroient tesmoigné avoir très agréable qu’icelle damoiselle Charlotte Ruzé fust religieuse audict convent et entrast rnesme en part de la fondation dudict convent, ladicte dame mareschalle d’Effiat auroit promis bailler et payer, au jour de la profession de ladicte damoiselle, la somme de cinquante mil livres tournois avecq un présent et tous les frais necessaires tant pour la veslure que profession de ladicte damoiselle sa fille, en et sur les biens et droicts appartenans à ladicte damoiselle comme heriliere en partie dudict defïunct seigneur mareschal d’Effiat, son pere, et dont elle avoit esté saisie par son deceds, pour estre icelle somme de cinquante mil livres employée à la construction et baslimcnt de de l’eglise dudict monastère, selon qu’il est plus à plain contenu par ledict contract; depuis lequel seroit advenue la sortie de ladicte damoiselle Charlotte Ruzé dudict monastère Sainct Thomas, sciz èsdicts Marais du Temple, pour aller demeurer et faire sa profession en aultre maison, toutesfois du mesure Ordre, et par aultre contract du 11e janvier, présent mois, sur la priere de ladicte damoiselle Charlotte Ruzé, et de ladicte dame mareschalle d’Effiat, sa mere et tutrice, de la descharger de l’obligation portée par ledict premier contract dudict 20e juin 1 635 , comme aussy faict la mesure priere à ladicte dame comtesse de Sainct Paul, fondatrice, qui avoit quelque sorte d’interest que ce qui avoit esté destiné pour estre employé au basliment dudict monastère du Marais y demeuras!, et ne fust point diverty ailleurs, inclinans à laquelle priere lesdictes reverendes meres supperieure et religieuses dudict convent de Sainct Thomas desdicls Marais et ladicte dame comtesse de Sainct Paul ayans communicqué à leur conseil et recogneu que par ledict premier contract il avoit esté stipullé que si ladicte damoiselle Charlotte Ruzé ne faisoit sa profession solempnelle, en cas de mort ou aultrement, que ladicte dame mareschalle ne payerait lesdicts cinquante mil livres, ains en demeurerait deschargée. ensemble dudict présent d’eglise, auroient par ledict contract dudict jour, 11' du présent mois, deschargé ladicte dame mareschalle d’Effiat de ladicte obligation en laquelle elle estoit entrée par le-

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lation provisoire des religieuses et pris à sa charge le loyer de la maison qu’elles occupaient.

L’année suivante, la communauté, qui se trouvait à l’étroit dans l’immeuble de la rue Plâtrière, se transporta dans un logis plus commode, rue Matignon, près des galeries du Louvre, mais avec l’intention de chercher ailleurs une résidence définitive.

Le 21 juin 1639, elle acheta à Denis Thierry, bourgeois de Paris, pour le prix de 34, 000 livres, une propriété sise à la Croix-Faubin, sur le chemin de Charonne, qui comprenait une maison à deux corps de logis, avec quelques bâtiments accessoires et leurs dépendances, et un vaste jardin W. Elle fit aussitôt

dict premier contract . , à la charge toutesfois

que lesdicts cinquante mil livres qui avoient este' promis par ledict premier contract ne pourroient estre employez à aultre usage que pour achapt d’une place pour y bastir un aultre monastère et eglise du mesme ordre reformé de Sainct Dominique, dict de Sainct Thomas, ou à l’edifïïcation d’icelluyjnsques à la concurrence de ladicte somme de cinquante mil livres; en conséquence desquels consentemens tant desdictes reverendes mere supperieure et religieuses que de ladicte dame contesse de Sainct Paul, et sans lesquels ladicte dame d’Effiat n’eust voullu traicter, icelle dame mareschalle d’Effiat, tant en sondict nom que comme tutrice de ladicte damoiselle sa fille . , a promis

et promet par ces présentes bailler et fournir audict convent Sainct Dominique, dict les Filles de la Croix, la somme de cinquante mil livres tournois, laquelle sera payée en rente sur le Clergé ou sur le sel , lequel employ sera faict dans ung an prochain du jour de la profession de ladicte Charlotte Ruzé, du consentement demondict seigneur l’archevesque de Paris, pendant lequel temps jusques audict employ faict sera ladicte dame d’Effiat tenue de payer l’interest de ladicte somme de cinquante mil livres au denier dix huict , sur lesquels interest et arrerages desdictes rentes seulement icelle dame mareschalle d’Effiat reprendra les sommes cy après, sçavoir mil livres par elle employez en achapt de meubles qui ont esté fournis par ladicte dame et receus parlesdictes religieuses, ensemble la somme qu’elle se trouvera avoir payée et qu’elle sera contrainctede payer pour les loversde la maisonoù elles sont demeurantes, en cas que lesdictes religieuses ne les payent; desquelles rentes cy dessus lesdictes religieuses ne pourront disposer, vendre ou engager sans le consentement de mondict seigneur l’arche-

vesque de Paris; et moyennant ce que dessus, a esté accordé que ladicte damoiselle Charlotte Ruzé d’Effiat sera fondatrice religieuse de ladicte eglise et monastère pour jouir à l’advenir de tous droicts, privilèges et prérogatives appartenans aux fondateurs et entre aultres droicts pourra ladicte damoiselle Charlotte Ruzé d’Effiat faire entrer audict monastère ladicte dame mareschalle d’Effiat, sa mere, qui y pourra coucher quand bon luy semblera, accompagnée d’une aultre personne; et si par obedience des supperieurs ou supperieures dudict convent ladicte damoiselle Charlotte Ruzé estoit ci après transmise en ung aultre monastère dudict Ordre de Sainct Dominique et maison de leur congrégation, lesdictes reverendes meres et religieuses dudict convent de la Croix ou leurs successeures audict monastère seront tenues de luy bailler au lieu où elle sera mil livres de pension annuelle seullement, le tout soubs le bon plaisir de mondict seigneur l’archevesque de Paris, car

ainsy a esté accordé entre lesdictes parties .

Faict et passé en ladicte maison de ladicte dame de Castille où lesdictes religieuses sont comme dict est logées, seize à Paris, rue delà Plastriere, parroisse Sainct Eustacbe, en la presence de très haulle et très puissante dame Marie Magdelaine de Vignerol, dame de Comballet, noble homme maislre Martin Roger, advocat en la cour de Parlement, conseil de ladicte dame mareschale d’Effiat, l’an 16.37, 25e jour de janvier . n (Arch. nat. , S. 4687.)

(1) ffPar devant Pierre Durand et Nicolas Rauldry, notaires gardenottes du Roy nostre sire en son Chastellet de Paris, soubssignez, furent presens honnorables personnes Robert Thierry, bourgeois de Paris, et Elizabeth de Versongne, sa femme, de luy autorisée pour faire et passer ce qui ensuit, demeurons à la Croix Faubin , parroisse

IMPIUMEIWE NATIONALE.

aménager l’immeuble, installer les lieux réguliers et bâtir une chapelle, conformément à l’autorisation que le roi avait donnée par ses lettres du h août

Sainct Paul , lesquels ont volontairement recogneu et confesse' , reeognoissent et par ces présentes confessent avoir vendu, baillé, ceddé , quitté, transporté et délaissé . aux dames supperieure et

religieuses du convent reformé de l’Ordre Sainct Dominique, soubz le tiltre de la Croix, estans par permission de monseigneur l’arcbevesque de Paris en une maison seize en ceste ville de Paris, rue de Matignon, attendant aultre lieu propre pour i’establissement de leur monastère, ce acceptantes pour tout ledict convent et leurs successeures en iceiuy, et en la presence et du consentement de mondict seigneur l’archevesque de Paris, une maison seize audict lieu de la Croix Faubin, consistante en deux coi’ps de logis sur le devant, porte cochere au milieu, l’un desdicts corps de logis accompagné d’une escurie et grange au bout d’icelle, court, puis et petits ediffices dansladicte court, un jardin tout le long du chemin conduisant à Charonne, jusques à la maison appartenant à M. d’IIerbault, et ung grand clos de murs derrière, joignant lesdictes maison et jardin, dans lequel clos y a quelques arbres fruictiers et treilles, tous lesdicts lieux comme ils se poursuivent, comportent etextendent de toutes parts et de fonds en comble, tenans iceulx d’une part à une ruelle appartenant auxdicts vendeurs, d’aultre à iceulx vendeurs et aux terres et cimetière de l’eglise Saincte Margueritte, et au mur séparant le bout dudict jardin et ladicte maison dudict sieur d’Herbault , sur lequel mur ne peult estre faict aulcun bastiment non plus que dans le quartier de terre qui est au bout et compris dans ledict jardin, par ledict Thierry acquis à cette condition dudict sieur d’Herbault, ainsy qu’il a esté convenu avecques luy, aboutissant d’un bout par derrière aux aultres terres desdicts vendeurs et d’aultre bout par devant sur ledict chemin de Charonne, le tout à iceulx Thierry et sa femme appartenant, tant du propre dudict Thierry que de leur conquest, ainsy quils ont dict, estans lesdictes maison et lieux en la censive de la Grande Chambrerie de France et chargez envers elle au sèur de huict deniers parisis de cens pour arpens, et encore chargez quatre arpens desdictes terres estans dans ledict enclos de derrière de huict vingts livres tournois et deux chappons de rente foncière admortie et non racheptable envers M. le President

de Bercy, pour toutes et sans aultres charges, debtes, hypotecques ne redebvances quelconques , francs et quittes des arrerages desdicts cens et rente de tout le temps passé jusques ce jourd’huy, pour lesdicts maison et lieux présentement vendus jouir par lesdictes dames religieuses et leursdictes successeures du premier jour d’aoust prochain venant et de là en avant, en faire ordonner et disposer comme de chose à elles appartenante au moyen des présentes , mesme y establir et y faire faire et ediffîer leur eglise et tels aultres bastimens pour leur logement que bon leur semblera; cest vente, bail à rente, cession et transport faicts tant à la charge dudict cens que desdicts huict vingts livres et deux chappons de rente que lesdictes dames supperieure et religieuses seront tenues et promettent, tant pour elles que pour tout leurdict convent et successeures , payer et continuer à l’advenir audict sieur de Bercy, ses hoirs et ayans cause, par chascun an, aux termes que deubs sont, en l’acquit et descharge desdicts Thierry et sa femme, en sorte qu’ils ne soient recherchez , poursuivis ne inquiettez , mesme les en faire entièrement descharger et leur en fournir une descharge vallable dans six ans prochains, et encore à condition que tous les meurs qui font séparation d’entre ladicte maison, clos et lieux dessus vendus et les aultres maisons terres et héritages desdicts Thierry et sa femme demeureront moitoyens entre eulx , et oultre moyennant la somme de trente quatre mil livres tournois; sur laquelle somme de trente quatre mil livres lesdicts Thierry et sa femme confessent avoir eu et receu de haulte et puissante dame Marie de Fourcy, vefve de feu monseigneur le mareschal d’Effiat, au nom et comme tutrice de messieurs ses enfans et à leur descharge, à ce présente et comparante, qui leur a baillé, payé, compté et délivré en la presence de mondict seigneur l’archevesque de Paris et de M. le Procureur general, aussy pour ce présent, et desdicts notaires soubssignez, en pistolles d’Espagne, pièces de vingt sols, testons et aultre monnoye, le tout bon, la somme de vingt cinq mil livres tournois, qui doibt estre employée par lesdictes dames religieuses en l’achapt d’une place propre pour leur establissemeut, ainsy qu’il est mentionné par trois divers arrests de la cour de Parlement des 6 septembre, 5 mars et 19 avril, le tout dernier,

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Ail

1 639 W. La première pierre des constructions fut posée par la princesse de Gondé, la duchesse d’ Aiguillon et la maréchale d’Effiat, et moins de deux ans après, le 16 janvier i64i^, les religieuses furent conduites à leur nouvelle résidence, par

qui seront transcripts en fin des présentes, laquelle somme de vingt cinq mil livres faict moiclié de la somme de cinquante mil livres que ladicte dame mareschale d’Effiat, audict nom, auroit promise auxdictes dames religieuses de la Croix en faveur de damoiselle Charlotte Ruzé d’Effiat, fille dudict deffunct seigneur son espoux et d’elle, à présent religieuse et professe audict monastère et convent et nommée Charlotte du Verbe Incarné, aussy à ce

présente . ; et sur laquelle somme de cinquante

mil livres ladicte dame mareschalle d’Effiat leur a jà payé la somme de quinze mil quatre cens soixante six livres, treize sols, quatre deniers, par quittance passée pardevant les notaires soubsignez, le i3' jour de ces presens mois et an ; de laquelle somme de vingt cinq mil livres tournois lesdicts Thierry et sa femme se sont tenus contents et en ont quicté et quictent ladicte dame mareschalle d’Effiat audict nom et tous autres ; et pour les neuf mil livres restans desdictes trente quatre mil livres, lesdictes dames supperieure et religieuses devant nommées, tant pour elles que pour tout leurdict convent, ont vendu, créé, constitué, assis et assigné . auxdicts Thierry et sa femme, ce ac-

ceptans pour eulx, leurs hoirs et ayans cause à l’advenir, quatre cent cinquante livres tournois de rente annuelle et perpétuelle, qui est à raison du denier vingt, à les avoir et prendre, lever, gaiger, recevoir et percepvoir, et que lesdictes dames supperieure et religieuses, èsdicts noms, ont promis et promettent par elles et leursdictes successeures , bailler et payer doresnavant, par chascun an, à tousjours auxdicts Thierry et sa femme, leursdicts hoirs et ayans cause en leur maison , audict lieu de la Croix Faubin, ou au porteur, aux quatre quartiers à Paris accoustumez esgallement, dont le premier d’iceux écherra le dernier jour de septembre prochain, et ainsy continue de là en avant, tant en et sur ladicte maison et lieux dessus vendus et déclarez, qui en sont et demeureront speciallement et par privilège spécial et primitif obligez et hipotecqués, comme generallement sur tous et chacuns les autres biens et revenus temporels, meubles et immeubles presens et advenir desdictes dames religieuses et de leurdict convent . Faict et passé

audict convent de la Croix, devant déclaré, en la

presence et de l’advis de noble homme M° Martin Roger, advocat au Parlement , et conseil de ladicte dame mareschalle d’Effiat, le 21e jour de juing, après midy, l’an i63g. . .» (Arch. nat. , S. 4687.)

(1) «Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, à nos amez et féaux conseillers, nos trésoriers generaux de France et grands voyers tenans le bureau à Paris. Les religieuses de l’Ordre refformé Sainct Dominique, soubs le tiltre de la Croix, nous ont faict remonstrer que leur ayant permis par nos lettres patentes du mois de janvier 1637 de construire un second monastère dudict Ordre dans nostre ville ou fauxbourg de Paris, en conséquence de la fondation faicte par nostre très chere et bien aimée cousine , Marie de Vignerot , duchesse d’Aiguillon, par contract du 16e janvier 1637, elles avoient acquis une maison bastie à trois estages en nostre fauxbourg Sainct Anthoine à Paris, près l’eglise Ste Marguerite, accompaigniée de ses offices et granges, jardin et clos, laquelle elles vouldroient faire mettre en estât de monastère et closture propre à leur usage et pour pouvoir faire convenablement le divin service, et de tant que les massons font quelque difficulté à y travailler, attendu les deffenses par nous faictes de bastirplus avant sans notre expresse permission, et qu’en ce faict ce n’est pas tant ung nouveau bastiment qu’un changement du vieux pour l’approprier à leur usage,, Nous, à ces causes, de nostre plaine puissance , leur avons permis et permettons par ces présentes, conformement à nos precedentes, de pouvoir bastir et construire les ediffices necessaires pour faire leurdict monastère et y pouvoir faire le divin service le plus decemment que faire se pourra, nonobstant les deffenses cy devant faictes, auxquelles pour ce regard nous avons desrogé et desrogons par ces présentes, car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, le 4e jour du mois d’aoust, l’an de grâce 1 689 , et de nostre régné le 29°. « (Arch. nat., S. 4687.)

Le 1 5 juin i64o, les trésoriers de France donnèrent aux religieuses la permission d’édifier les bâtiments nécessaires pour leur service. (Ibid.)

(2) « C’est cette époque de 1 6 4 1 , observait Jaillol , que nos historiens ont prise pour celle de leur établissement ... Si l’abbé Lebeuf a cru devoir adopter

leurs trois protectrices et plusieurs dames de la noblesse; ce fut l’évêque de Sarlat, Jean de Lingendes, qui prêcha le sermon de la cérémonie d’installation.

Au mois d’août 1GÛ2, le couvent obtint des lettres d’amortissement, enregistrées au Parlement le 17 juin 16ÛÛ, sur des lettres de surannation du 5 mars précédent. En iGA5, pour agrandir et régulariser l’enclos, la communauté acheta à Jérôme Le Féron, président aux Enquêtes, par contrat du 3i juillet, une maison avec ses dépendances, sise rue de Charonne, au bout du jardin, derrière l’église Sainte-Marguerite, moyennant une rente annuelle de 5oo livres, 1 1 sous et 1 denier G). La propriété fut de nouveau amortie par des lettres du mois de mars 1GÛ6, vérifiées le 9 juin suivant à la Chambre des comptes.

celle de 1 63g , c’est qu’il a pensé que ces religieuses habitoient déjà cette maison, quoique la première pierre n’ait été posée par madame la maréchale d’Effial et madame la duchesse d’ Aiguillon , que le 3 août de cette année 1639.H (T. III, art. xv, p. 67.)

(1) ff . . .Furent presens et comparurent personnellement messire Jherosme Le Feron, conseiller du Roy en ses Conseils d’Estat et privé, president aux Enquestes de sa cour de Parlement, demeurant à Paris, rue Barre du Bec, parroisse Sainct Jean en Greve, d'une part, et reverendes meres sœurs Marguerite de Jésus, prieure, Elizabeth de la Visitation, soubz prieure, et Marguerite de Sainct

Jean, etc . , toutes religieuses professes du

convent de l’Ordre reformé Sainct Dominique, dictes les Filles de la Croix, estably à la Croix Faubin lez Paris, faisans et représentons la plus grande et saine partie des religieuses dudict convent, deuement assemblées capitulairement au grand parloir d’iceluy, lieu accoustnçaé pour traicter de leurs affaires , d’autre part, lesquelles parties ont recogneu et confessé avoir faict entre elles, de bonne foy, les eschanges, permuttations , cessions, transports , promesses de garentie et choses qui ensuivent, c’est assavoir ledict sieur Le Feron avoir baillé, ceddé, quitté, transporté et dellaisséà tiltre d’eschange, du tout, dès maintenant à tousjours, et promet garentir de tous troubles et empeschemens generallement quelconques auxdictes dames religieuses, prieure et convent de la Croix, ce acceptantes pour elles et leurssuccesseuresà l’advenir en leurdict convent, une maison seize sur le chemin conduisant de Paris à Charonne, estant au bout du jardin dudict convent de la Croix, consistant en un corps de logis couvert de thuilles, deux petites cours devant, escurie et hangars dans icelles, et jardin derrière, le tout clos de murs, les lieux ainsy

qu’ils se poursuivent, comportent et exlendent de touttes parts et de fonds en comble tenant d’un costé audict chemin conduisant audict Charonne, d’autre costé aux terres de l’eglise Saincte Margueritte et faisant le coing d’iceluy, et d’autre bout par devant audict jardin dudict convent, audict sieur Le Feron appartenant, estant en la censive de la Grande Chambrerie de France, et chargée envers elle de tel cens que se peult debvoir, que lesdictes parties n’ont sceu dire ne déclarer, de ce enquises pour satisfaire à l’ordonnance, pour toutes et sans autres charges, debtes, ypotecques, ne redebvances quelconques, franc et quitte des arrerages dudict cens du passé jusqu’à huy, et pour en contreschange de ce lesdictes dames religieuses, prieure et convent de la Croix ont baillé, ceddé, quitté, transporté et délaissé . audict sieur Le Feron, ce

acceptant pour luy, ses hoirs et ayans cause à l'advenir, cinq cens livres, unze sols, un denier obolle de rente annuelle et perpétuelle, en deux parties, auxdictes dames religieuses appartenant, scavoir trois cens livres de i'ente donnez et transportez à icelles dames par liaulte et puissante dame Claude Margueritte de Gondy , veufve de feu hault et puissant seigneur messire Florimond d’Haluin, vivant chevalier, marquis de Maignelay , par contract passé

le 26' jour des presens mois et an . , et deux

cens cinq livres, unze sols, un denier obolle de rente, vendus et constituez auxdictes dames religieuses par messire François d’Argouges, seigneur de Tillevot, conseiller du Roy en ses Conseils, intendant des maison et finance de la Royne regente, et monsieur maislre François d’Argouges, son fils,

conseiller du Roy en son Grand conseil . Faict

et passé audict convent de la Croix, le 3i* et dernier jour de juillet, avant midv, i645.n (Arch. nat. , S. 4687.)

COUVENT DES FILLES DE LA CROIX

Les Filles de la Croix qui, lors de leur installation rue de Charonne, s’étaient bornées à restaurer la maison primitive, agrandirent le couvent, de 1668 à 167/1, en édifiant diverses constructions, et notamment un vaste corps de logis en façade sur le jardin. La dépense totale des nouveaux bâtiments s’éleva à plus de 55,ooo livres. En 1705, l’immeuble fut encore accru et restauré.

Par un bail emphythéotique du 10 juillet 1722, les religieuses cédèrent à Edme Naret un terrain d’angle sur les rues de Charonne et Saint-Bernard, pour une redevance annuelle de 3oo livres et à la charge de bâtir, d’après les plans et devis fournis par elles, une maison qui devait leur faire retour après un délai de cinquante ans. Mais en 1761, comme les loyers étaient restés impayés depuis quatre années, la maison dut être vendue par décret et fut adjugée au couvent, le 18 août, par sentence du Châtelet W.

Au xvme siècle, l’enclos des religieuses présentait le plan d’un trapèze irrégulier, limité au nord par la rue de Charonne, à l’est par le couvent de la Madeleine-de-Traisnel, à l’ouest par les dépendances de la paroisse Sainte-Marguerite, au midi par des propriétés particulières. Les constructions formaient un grand bâtiment quadrangulaire, avec une cour au milieu dont on avait fait le cloître; elles étaient bornées par la rue de Charonne, la cour d’entrée et les jardins La grande porte d’entrée, sur la rue de Charonne, donnait accès dans la première cour, où l’on trouvait à gauche la porte du monastère ouvrant sur un tour auquel faisaient suite le laboratoire de la pharmacie et la chapelle. Cette chapelle, régulièrement orientée, s’élevait en bordure sur la rue; elle avait au chevet une petite sacristie et à gauche le chœur des religieuses, et était pourvue de tribunes à l’entresol et au premier étage.

Dans les autres corps de logis, le rez-de-chaussée était occupé par la salle de la

(1) La communauté, à cette époque , manquait de ressources pour poursuivre son débiteur, ainsi qu’elle le constatait dans une requête adressée au cardinal de Luynes, le 26 janvier 1762, en vue d’obtenir un secours delà Commission des réguliers.

rrLes religieuses dominicaines de la rue de Charonne, fauxbourg S' Antoine, ont l’honneur de représenter à votre Eminence qu’un terrain et des maisons attenantes leur monastère ont été vendus à bail emphythéotique, qui expire dans douze ans; non seulement elles ne sont pas payées de leurs rentes, mais lesdittes maisons sont en saisie réelle par la mauvaise conduite des heritiers de l’acheteur ; trois mille livres payeraient une grande partie des frais de la saisie et il ferait rentrer lesdittes religieuses dans ce bien qui est considérablement augmenté depuis trente huit ans. Elles supplient

très humblement votre Eminence de leur accorder cette grâce qui les mettra en état de ne la plus importuner et la reconnoissance d’un tel bienfait ne s’effacera jamais de leur cœur. »(Arch. nat., G9. 65 1.)

«Ce monastère est bien situé, bien bâti et accompagné d’un jardin spacieux et très agréable. Le portail extérieur est assez correct, mais sans génie; il a été construit aux dépens de messire Jean Coiffier Ruzé d’EQdat , abbé de Saint-Sernin de Toulouse, de Trois-Fontaines, prieur de Saint- Eloy de Longjumeau, et frère de la fondatrice. Cet abbé mourut à Paris, la nuit du 18 au 19 d’octobre de l’an 1608, âgé de soixante-dix-huit ans, et sur son testament il laissa une somme à ce couvent pour être employée à la construction de ce portail. L’église est petite, mais jolie et très ornée.» (Piganiol, t. V, p. 109.)

AU

communauté, le chapitre et divers parloirs; deux étages servaient de dortoirs, et le troisième était affecté aux classes des pensionnaires. Dans le bâtiment qui bordait le jardin se trouvait le noviciat et au-dessus le dortoir des pensionnaires. Le prolongement de cette aile, au fond de la cour d’entrée, comprenait une orangerie, une étable, une boulangerie et un poulailler.

La communauté était composée d’ordinaire de vingt-cinq religieuses professes dont une prieure, une sous-prieure, une dépositaire , cinq maîtresses de pension, de quelques novices et d’une douzaine de sœurs converses. Elle avait à son service un sacristain, trois jardiniers et une servante de basse-cour, tous logés et nourris dans le couvent, et un vigneron à gages. Pour se dispenser d’entretenir un chapelain spécial, elle payait à la fabrique de Sainte-Marguerite une rétribution annuelle de 55o livres, affectée à deux prêtres chargés de célébrer dans la chapelle la messe quotidienne et les offices des dimanches et jours de fêtes. Les religieuses recevaient dans leur couvent des jeunes fdles dont elles faisaient l’éducation, et louaient des logements à quelques dames pensionnaires W.

Sous la Révolution, le couvent devenu propriété nationale fut évacué au commencement de l’année 1791. Les bâtiments qui n’avaient pas été aliénés furent rendus aux Dames de la Croix, le 17 mars 1817; mais comme ils avaient été loués par bail à l’inventeur Richard Lenoir, qui y avait installé des ateliers, la communauté ne put en reprendre possession qu’en

(1) D’après ta Déclaration des biens, du 3o mars 1790, te revenu du couvent s’élevait à 12,191^ 9 s., 8 d. et les charges à i6,956tt, 17 s., 10 d., tr l’excedent de la dépense sur la recette se trouvant dans le produit des pensionnaires en classe et en chambres, lorsque les appartements sont loués, n

Dans le procès-verbal de visite du 2 A septembre 1790, les commissaires de la Municipalité ont consigné les observations suivantes :

ff Nous nous sommes informés du nombre des jeunes pensionnaires de l’éducation desquelles la communauté est chargée, et ces dames nous ont déclaré en avoir actuellement vingt-trois, mais qu’elles ont de l’emplacement propre à en contenir jusqu'à trente.

rrNous étant pareillement informés du nombre de grandes pensionnaires vivant particulièrement et dans leurs meubles, il nous a été déclaré qu’il y en avoit neuf.

crNous ne pouvons nous dispenser de consigner ici le témoignage authentique que nous devons à

l’ordre, à la propreté et à la simplicité qui règne tant dans l’ameublement que dans la tenue de la cuisine, dépense, réfectoire, pharmacie, laboratoire, etc., ainsi qu’à l’économie avec laquelle est régie cette maison. Nous ne pouvons également que rendre le meilleur témoignage aux soins continuels qu’apportent lesdites dames religieuses à l’éducation des jeunes personnes qui leur sont confiées, tant pour ce qui regarde la religion, les mœurs, que pour tout ce qui a rapport à l’étude et aux talens, de sorte qu’il ne reste rien à désirer, pour ce qui peut contribuer à former le cœur et l’esprit, et nous sommes intimement persuadés que l’objet de leur institution qui a spécialement pour but l’instruction de la jeunesse est parfaitement rempli, tant par ce que nous avons été à portée de voir que par ce qui nous a été exposé, n (Arch. nat., S. 4687.)

(2) Depuis cette époque, la chapelle et le couvent ont été l’objet d’importantes réparations qui n’ont pu être terminées qu’en 1878, par suite de la modicité des ressources de la communauté.

Plan du couvent des Filles de la Croix (1).

ÉPITAPHES DE LA CHAPELLE

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