SAINTE-CROIX-EN-CITÉ
NOTICE HISTORIQUE
L’église paroissiale de Sainle-Croix-en-Cité paraît avoir été, dans le principe, vers le ixe siècle, un modeste oratoire cpn dépendait de l’abbaye de Saint- Eloi et qui servait peut-être de chapelle à l’infirmerie des religieuses. Cet édifice, qui avait sans doute été ruiné, comme plusieurs autres églises de la Cité, par
(1) D’après ie plan de Turgot. — Dans le Martyrologe de Sainte-Croix, document fort instructif, rédige' en 1688 par^Jacques Grouard, doyen des marguilliers [de la paroisse, on trouve une vue cavalière, grossièrement dessinée, mais très curieuse, de l’e'glise et des maisons voisines, qui paraît dater du xvi° siècle. (Arch. nat., LL. 709, fol. 1, 102 et 1 35.)
(2) Lebeuf suppose que ce titre vient rrde quelque fragment du bois de la vraie Croix , que S. Eloy qui a travaillé à tant de lombeaux de saints aura obtenu et dont il aura enrichi l’un des oratoires renfermés dans l'eucIos ou ceinture de son monastère. r (T. II, p. 5o5.)
les fréquentes incursions des Normands, dut être rebâti, après l’année 871, lorsque le monastère de Saint-Eloi eut été donné par le roi Charles le Chauve à l’évêque de Paris. On suppose qu’il fut reconstruit sur un autre emplacement que celui qu’il occupait tout d’abord et hors du territoire appelé la Ceinture de Saint-Eloi.
Au cours du xue siècle, lorsque la dévotion de saint Hildevert, évêque de Meaux, eut été introduite à Paris, cet oratoire lui fut dédié, par suite probablement de sa destination primitive, et les gens atteints d’épilepsie y vinrent implorer leur guérison h). Mais, comme les cris de ces malades incommodaient les habitants du voisinage, pour débarrasser la Cité de ces pèlerinages trop bruyants, 011 se décida à ériger une chapelle spéciale en l’honneur de saint Hildevert dans l’église de Saint-Laurent (2b
L’oratoire reprit alors son vocable primitif de Sainte-Croix et, plus tard, à une époque qu’aucun document 11e permet de fixer avec précision, mais selon toute vraisemblance dans le courant du xme siècle, il devint une des paroisses de la Cité (3b
(1) Jaillot prétend que «l'infirmerie fut changée en un hôpital pour ceux qui étaient attaqués du mal caduc ou epilepsie et de la phrenesie*. (T. I, art. 1, p. /19.) Mais cet érudit oublie que si, comme il l’admettait lui-même, l’oratoire avait été rebâti sur un autre emplacement, l’infirmerie ne devait plus se trouver dans son voisinage immédiat. Ilne pouvait donc pas y avoir d’hôpital pour recevoir les malades, mais une simple chapelle de pèlerinage.
(2) «Là on retiroit les malades plirenetiques pour obtenir guarison par l’intercession de ce glorieux saint. Mais d’autant que par leurs cris et clameurs ils importunoient les voisins (qui pour la plus part estoient gens de justice), on fit tant qu’on les transporta en l’eglise Sainct Laurens, où de présent ils ont en la nef une chapelle et quelques chambres auprès pour retirer les malades et en ce lieu faire leur neufveine. * (Du Breul , p. 80.)
(3) Jacques Grouard constate dans son Martyrologe qu’il n’avait pu trouver à ce sujet aucune indication précise, par suite de la disparition des plus vieilles archives paroissiales.
«Une grande partie des anciens papiers ont esté perdus, écrivait-il , par le peu de soing à les conserver, et pris à mauvais dessin , comme il se peut voir dans quelques vieux comptes et martirologes dans lesquels l’on a enlevé des pièces entières, et dans la suite des comptes rendus dont il y en a grand nombre de perdus . De tout le temps
passé jusques en l’an 1 61 2 , je n’en ay peu trouver que jusque au nombre de seize dont il y eu a fort peu d’entiers. « (Arcb. nat. , LL. 702, fol. 107.)
Du Breul observe que frie temps est incertain quand l’eglise a esté erigée en paroisse*; mais il ajoute qu’elle l’était rrqualre vingts trois ans avant la dédicacé, qui n’est que de l’an 1 5 1 1 , comme il se prouve par la grande tombe qui est au cœur, à costé du grand autel, où est porté par escript que Nicolas Du Pont et Jacqueline sa femme, paroissiens de ceste eglise, gisent soubs ladicte tombe, dattée de l’an 1628, le jeudy 17 juillet.* (P. 80.)
Mais Grouard a signalé un document antérieur de près d’un siècle à cette date :
rrUn titre de l’année i353, écrit-il, porte qu’un nommé Jean Gifiard donna au curé de Sainte Croix et à ses successeurs curez dix livres parisis de rente à prendre sur une maison seize en ceste ville de Paris , en la charge de dire toutes les sepmaines une messe et Vigilles; lequel demanda au rov Jean l’admortissement d’icelle, ce qu’il luy octroya pour avoir part aux prières qui se font dans ladite eglise, ce qui luy fut d’abondant agréé par le roy Charles, fils dudict roy Jean.* (Arch. nat., LL. 702, fol. 1 1 1 v°.)
Jaillot estime que la création de la paroisse remonte beaucoup plus haut et qu’il faut en reporter la date à l’épiscopat d’Etienne, cr pendant les neuf années qu’il gai’da le prieuré de S. Eloi, c’est à dire depuis 11 25, jusqu’en 11 34*. Il se fonde,
EGLISE PAROISSIALE DE SAINTE-CROIX-EN-CITE
Au cours du xvc siècle, les inarguilliers de Sainte-Croix achetèrent divers immeubles contigus à l’église pour la reconstruire et l’agrandir W. Un nouveau
pour justifier son opinion, sur une bulle d’innocent II, du 20 février 1 1 36 , qui parle de l’église de Sainte-Croix, en observant que la qualification d’église rr signifie ordinairement une paroisse *. (T. 1, art. i, p. 48.)
Mais on peut objecter que des lettres de Maurice de Sully, du mois de septembre 1195, portent cette autre mention : trCapellam Sancte Crucis ad ecclesiam Sancti Eligii pertinentem». (Félibien, t. III, p. 28.) Or, il est peu vraisemblable que l’évêque de Paris eût désigné sous le simple titre de chapelle une église paroissiale. On trouve dans le Cartulaire de Notre-Dame de Paris un acte du 29 mars i33o, qui mentionne le curé de celte église : ffPetrus, Sancte Crucis, curatus». (T. III, p. 256.) C’est, à notre connaissance, le plus ancien document qui constate d’une façon indiscutable l’existence de la paroisse , dont l’origine ne nous paraît pas antérieure au xni siècle.
w Grouard a analysé dans son Martyrologe trois documents qui se rapportent à ces acquisitions, ff Hugues G uiilemaux, vendeur de vins et bourgeois de Paris, afferme que de son conquest par luy faict de Guillaume de Compans, chanoine, bourgeois de Paris, par lettre ou brevet donné le lundy 22' jour de ce mois 1439, à ses dits moiens luy compettent et appartient une masure, cour, jardin et maison à pignon sur rue , joignant à une allée appartenante à l’eglise et paroisse Sainte Croix, en la Cité de Paris, assise en la rue Vieille Drapperie, tenant d’une part à une autre allée joignant à la maison dudit Hugues et aboutissant sur rue à icelle Vieille Drapperie . , laquelle masure sus dé¬
clarée , iceluy Hugues de son bon gré a confessé avoir vendu, ceddé, transporté et délaissé dès
maintenant à toujours . à l’œuvre et fabricque
d’icelle eglise de Sainte Croix assise en ladicle Cité, pour par elle fabricque et les avans cause d’icelle au temps advenir de ce jouir, et ceste vente faicle pour le prix et somme de seize escus d’or bons et de pois, du coing du Roy nostre sire à présent courant, que ledict vendeur en confessa et confesse
avoir eus et receus . Faict et passé le mardy
2e jour de mars i45o .
ff Agnès, veufve de feu Pierre Le Feron, vivant monoyeur du S. Empire, tant en son nom que comme tutrice de ses enfans, et Jean Le Feron, fils
dudict Le Feron et d’elle, aussi monoyeur du S. Empire, ont vendu à l’œuvre et fabricque de l’eglise Saincte Croix en la Cité de Paris, une masure contenant trois tboises trois pieds un cart de long, à prendre parmi son millieu, et trois tboises trois pieds de large, laquelle masure à une enclave par où la proceesion de l’eglise Saincte Croix passe et aussy une autre enclave qui est à l’autre bout de ladicte masure, du costé de la rue Gervais Laurent, laquelle enclave contient unze pieds de long et unze pieds un cart de large, tenant d’une part à une place appartenante à ladicte eglise Saincte Croix, qui jadis fut à Hugues Guilmeau , d’autre part par derrière à la rue Gervais Laurent à une maison que l’on dict appartenir à Eustache Fermet, procureur au Chastellet, et d’autre part aboutissant d’un bout à une court appartenante à ladicte veufve et d’autre bout à
Mc Robert Cordel, procureur en Parlement .
Passé par devant Pierre Eliart et Jean Sadoux, noltaires, datte du 20e jour de janvier 1 453.
n Sentence d’ordre de la maison où pend pour enseigne l’Image S. Eustache, avec trois masures joignantes et autres dépendances, seize rue de la Lanterne et tout au devant du Paon blanc, tenant ladicte maison de l’Image S. Eustache d’une part à une maison appartenante à M” Jean Vallin qui faict le coing de la rue Gervais Laurent et d’autre part ausdites masures; lesquelles masures tiennent d’une part à ladicte maison de l’Image S. Eustache et d’autre part à une maison en laquelle est à presant demeurant Jacques Roger et que l’on dict luy appartenir, faisant le coing de la rue Saincte Croix, et aboutissant lesdictes masures par derrière au cymetierde Saincte Croix; entre ledict cymetier et ladicte maison dudict Jacques Roger est une allée par où l’on va desdictes masures à ladicte rue Saincte Croix, laquelle allée est des appartenances d’icelle masure et de ladicle maison de l’Image S. Eustache, aboutissant à certains louages que l’on dict appartenir aux Quinze Viugls de Paris; la sentence d’adjudication datée du 12e décembre 1467.» (Arcli. nat. , LL. 702, fol. 1 13 v°-i i4 v°.)
Le Martyrologe de Grouard constate que , le 6 septembre 1 5 1 1 , il fut procédé à la visite et au toisé delà maçonnerie du chevet. (Ibid., fol. 121.)
chœur fut commencé en i 5oi et achevé en 1 5 1 1 ; ce fut alors que l’on procéda à la dédicace de l’église d), sans attendre la reconstruction de la nef, qui fut seulement entreprise en 1 5 3 6 et terminée en i5Û2
L’édifice, régulièrement orienté, formait un rectangle de modestes proportions, avec un pan coupé à l’extrémité nord-est. Il s’élevait à l’angle des rues Sainte-Croix et de la Vieille-Draperie, et il était limité à l’ouest et au nord par une étroite ruelle qui, jusqu’à la fin du \vic siècle, servait pour le passage des processions U). Le chœur et la nef divisaient l’église en deux parties à peu près
(1) ffEu l’un 1 5 1 1 , elle avoit esté dediée; de quoy faict foy le tableau entaillé dans la muraille de ladicte eglise, à coslé gauche, contenant ce qui s’ensuit :
tt L'an i5i i, le premier dimanche du mois de
SEPTEMBRE, REVEREND PERE EN DlEU MONSEIGNEUR l’evesque de Margerience, PAR VERTU DU POUVOIR A LU Y DONNÉ, PAR MESSIEURS LES VICAIRES DE REVE¬ REND pere en Dieu monseigneur l’evesque de Paris,
DEDIA CESTE EGLISE, EN LAQUELLE IL CONSACRA TROIS AUTELS, C’EST A SÇAVOIR LE GRAND AUTEL EN L'HONNEUR ET REVERENCE DE LA SAINCTE ET PRECIEUSE CROIX EN LAQUELLE NoSTRE SEIGNEUR JeSUS ClIRIST FUT CRU¬ CIFIÉ POUR NOSTRE REDEMPTION, DE NoSTRE DaME DE
Pitié et de monseigneur S. Hildevert; celuy de
DEVERS LA RUE QUE l’on APPELLE LA VlEILLE DrAPE- RIE EN L’HONNEUR DE S. JeAN BAPTISTE, S. JACQUES Le Majeur et S. Nicolas , et celuy de l’autre COSTÉ EN l’honneur DE NoSTRE DaME, S" AnNE ET S. Sebastien; presens a ce maistre Pierre Raynf..
PRESTRE , VICAIRE DE CEANS, JeAX LANDRY, MARGUILLIER ,
maistre Henry Barbeau, advocat en la cour de Parlement, Jacques Manne, marchant geôlier et bourgeois de Paris, maistre Jean Gastelier et Bertrand Charrier, procureur en ladicte cour, maistre Laurens Valin, Macé Garrot, Guillaume Biciier et Charles Landry, tous parroissiens de
CEANS ET PLUSIEURS AUTRES NOTABLES PERSONNES, TANT DE l’eGLISE QUE DE LA SÉCULARITÉ. SlGN'É I JëAN DE BARGUES.
«■ Et ne pensez que depuis ceste dédicacé seulement elle ait commencé à estre appellée l’eglise de Saincte Croix, car elle estoit ainsi nommée dès l’an 1 1 36.51 (Du Breul, p. 8o.)
'2) Grouard a rectifié les indications erronées que Du Breul fournit à ce sujet: n- 11 dict que ladicte eglise estoit parachevée en l’estât qu elle est dès l’an 1 5 3 G ; c’est où il s’est tout à faict mespris, ainsy qu’il se verra cy après par la despense faicte
pour les bastimens tant du chevet que de la nef de ceste dicte eglise , d’autant que les fondemens de la nef ne furent commencez et la première pierre d’iceux mise que le i oe jour de décembre 1 5 36 et ensuite le dernier jour de febvrier 1 5 3 7 l’on fil marché à un charpentier pour faire la charpenterie d’icelle et la couvrir et fournir tout ce qui seroit necessaire pour sa perfection. Mais bien davantage, le 1 3e janvier 1 538 fut faict marché avec un maistre maçon pour faire la voûte de la croisée de ladicte
nef avecque le cul de lampe et son chappeau .
Comme de faict l’on a travaillé jusques au mois de septembre i5Ù2, bien que la massonnerie, charpenterie et menuiserie fussent parachevées dès l’an i53q; bref elle n'a esté parachevée qu’en l’année i5ùo et à sa perfection en l'année i542.* (Arch. nat. , LL. 702 , fol. 110 v°.)
(3) La propriété de celte ruelle crpar où l’ou faisoit les processions, tenant d’une part à ladicte eglise et d’autre costé à un hostel que l’on appeloit la Court aux Vieilles*, avait été contestée aux marguilliers par un voisin nommé Bobert Guyon; elle leur fut maintenue par une sentence des Requêtes du Palais, le 12 juin iù64.* (Arch. nat.. LL. 702, fol. 1 1 5.)
E11 l’année 1587, à la suite des nouvelles contestations avec Fiacre Ballon, les marguilliers, par un accord amiable, aliénèrent cette ruelle, moyennant le payement de deux cents éeus d’or :
rPar devant Olivier Lemoyne et Françoys Croiset, notlaires du Roy au Chastellet de Paris, soubsignez, furent presens venerable et discrelte personne maistre Françoys Chenet, prebslre, curé de l'eglise parrochialle Saincte Croix en la Cité de Paris, honnorables hommes Gabriel Pelé et Jehan Bernard, marchons bourgeois de Paris, à présent
marguilliers . etc., deuement cougregez et
assemblez en icelle eglise, pour l’effect qui ensuit d'une part , et lionnorable homme maistre Fiacre Ballon, procureur en la court de Parlement, en
ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINTE-CROIX-EN-CITÉ
égales. Le maître-autel, qui se trouvait primitivement au milieu du chœur, fut adossé au mur du chevet, en 1 6 3 1 , et, à la même époque, les deux petits autels
son nom et à cause de Catherine Deschamps, sa femme, fille de feu maistre Pierre Deschamps, en son vivant docteur regent en la Faculté de médecine en l’Université de Paris, et de Anne Guyon, à présent sa vefve, d’autre, disans lesdicts marguilliers , manans et habitans de ladicte parroisse dessus nommez , qu’ils ont droit et leur est loisible d’aller et venir par une allée contenant trois pieds et demy ou environ qui est le long du costé de ladicte eglise, joignant icelle, par laquelle allée ledict Ballon et sa femme font la principalle entrée de leur maison qui joinct à icelle egiise, assize en la ruelle de Saincte Croix, pour faire la procession de ladicte eglise aux festes annuelles solempnelles, jours de dimanche et autres jours que bon leur semble, duquel droit ils sont en bonne possession et saisyne, et que à ceste fin il y a en ladicte allée ung huis par lequel lesdicts marguilliers. manans et habitans de ladicte parroisse peuvent entrer de ladicte eglise en ladicte allée, et ung autre huis par lequel de ladicte allée ils peuvent entrer et sortir au presbytaire et court d’iceluy et aussy sortir et entrer en la grande rue de la Drapperie ; pour signe de laquelle servitude y a trois croix, assavoir, l’une qui est sur le portail de la maison desdicts Ballon et sa femme, estant sur ladicte ruelle Saincte Croix , l’autre sur le mur moictoyen d’entre ledict presbytaire Saincte Croix et ladicte allée, où est huis par lequel lesdits curé, marguilliers, manans et habitans entrent et sortent dudict presbytaire au dedans de ladicte allée estant entre ladicte eglise et icelle maison et court desdicts Ballon et sa femme, et la troisiesme sur l’entrée de la porte dudict presbytaire, du costé de ladicte rue de la Drapperie; or depuis peu de temps en ça ayans lesdicts Ballon et sa femme faict de nouvel construire et ediflier de neuf ieurdicte maison, joignant ladicte eglise, icelle allée entre deux, ils auraient iminué et changé l’antien portail de ladicte maison et en iceluv faict mettre et apposer contre le mur de ladicte eglise une jambe de pierre de taille qu’ils auroient faict cramponner de crampons, au lieu d’un poteau de bois qui anciennement y estoit; comme aussy ils avoient faict ostrr la croix qui estoit sur ledict portail et faict meclre le pavé qui est en ladicte allée plus près de ladicte egiise qu’il n’avoit accoustumé d’estre; pour raison
ni.
de quoy lesdicts curé, marguilliers et parroissiens auroient présenté requeste à monsieur le Prévost de Paris ou à son lieutenant, afin que lesdictes entreprises fussent ostées et les choses remises en leur premier estât; laquelle instance ledict Ballon avoit faict renvoyer par devant messieurs les gens tenans les Requestes du Palais à Paris, où lesdicts curé, marguilliers, manans et habitans auroient formé une plainte pour raison du refus que lesdicts Ballon et sa femme faisoient de leur bailler une clef de leur principalle porte et entrée de ladicte maison et allée afin de jouir et user dudict passaige, quand bon leur sembleroit, esquelles instances lesdictes parties auroient esté appoinctées
à escrire et informer de leurs faicts . ; et que
par lesdicts Ballon et sa femme avoit esté sousteuu que iceulx curé, marguidiers, manans et habitans esloient mal fondez en leurs demandes, fins
et conclusions . ; qu’il n’avoit oncques empes-
ché et n’empeschoit que lesdicts curé, marguilliers . manans et habitans de ladicte parroisse n’eussentleur passaige pour le faict de la procession seullement par ladicte allée; et au regard de la clef de la première porte de ladicte allée, pour raison de laquelle lesdicts curé, marguilliers, manans et habitans avoient formé leur complaincte, soustenoil ledict Ballon qu’ils y estoient aussy mal fondez parcequ’il ne se trouveroit que oncques lesdicts curé, marguilliers, manans et habitans de ladicte parroisse ayent eu la clef de ladicte première porte estant sur ladicte rue Saincte Croix ; bien estoit il d’accord que lesdicts curé et marguilliers avoient les clefs de la porte qui est au corps du gros mur de ladicte eglise, environ le milieu de ladicte allée, et de celle qui est au mur moicloyen faisant la séparation tant de ladicte allée que de la cour dudict presbytaire , lesquels huis ledict Ballon soustenoit luy estre loysible pouvoir fermer de son costé pour la seureté de sa maison . sur les¬
quels procès et différends pouvoienl lesdicles parties entrer en grande involution et procès; au moyen de quoy, après en avoir conféré par lesdicts curé, marguilliers, manans et habitans par plusieurs fois ensemble et à leur conseil et sur ce mûrement délibéré, voyans que ladicte allée commune d’entre eulx et ledict Ballon ne pouvoil porter aucun profile! ne commodité à ladicte eglise pareequ’ils ne
nti'imiriur, naj
INALF-.
latéraux, à droite celui de Saint-Jean, à gauche celui de Notre-Dame, furent transférés dans la nef, près de la clôture h). Dans la nef, un autre autel, dédié à saint Roch, était installé du côté droit.
pouvoient aller par icelle en procession quand il pleuvoit; que la procession de ladicte eglise estoit plus dessanie et bonnorable à faire par le lieu par lequel l’on a accoustumé la faire que non pas par ladicte allée et traverser ledict presbytaire, et aussy que lesdicts procès ne pouvoient engendrer qu’une inimitié entre tous lesdicts liabitans de ladicte parroisse, laquelle estoit composée de viugt sept ou vingt huict maisons seuliement, auroient iceux curé, marguilliers et parroissiens de ladicte eglise présenté requeste à monsieur l’evesque de Paris à ce qu’il leur feust permis allouer audict ballon le droict de propriété, passaige ou servitude qu’ils avoient en ladicte allée, ne pouvant icelle allée servir à autres personnes que audict
Ballon . ; laquelle requeste mondicL seigneur
evesque de Paris auroit renvoyée à monsieur maistre Arnoul Dumesniî, chanoyne et archidiacre en l'eglise de Paris, son grand vicaire, lequel se seroit transporté sur les lieux avec le promoteur dudict sieur evesque de Paris et d’office faict veoir lesdicts lieux par maistres maçons et informé sur la commodité et incommodité de ladicte aliénation, oy et examiné plusieurs notables personnes, sur quoy seroit intervenu sentence du premier jour de ce présent mois d’avril, contenant la permission
de 1 alienation de ladicte allée audict Ballon . ,
à la charge toutefois que ledict Ballon, ses hoirs et ayans cause ne pourront à l’advenir haulser lesdicls mur et portail ne faire bastir et construire aucun édifice au dessus d'iceluy qui puisse obscurcir la veue de ladicte eglise, ne pareillement fouller soubz ledict portail et allée afin de n’endommaiger les fondtmens d’icelle eglise, et sera le tuyau de plomb qui reçoit moiclié des eaux pluviales dudict presbytaire du costé de la cour dudict Ballon pris à son droict fil du costé dudict presbylaire, et sera faict un trou au mur moictoyen d’entre ledict presbytaire et ledict Ballon, estant sur ladicle allée, auquel trou sera une platine de fer percée à petits trous de la grosseur d’un poix pour passer beau pluvialle qui tombera de l’egoust de la moictié de la couverture dudict presbytaire estant du costé dudict Ballon, dedans ledict canal de plomb seuliement-, et moyennant lesdicts délaissement, cession et transport susdicls, ledict Ballon a baillé
et payé de ses deniers et mis ès mains desdicts Pelé et Besnard, marguilliers , du consentement desdicts curé et parroissieus, en presence desdicts notaires, la somme de deux cens escus d’or sol. en testons et quarts d’escus bons et de pois, le tout ayant de prpsent cours, dont ils se contentent et en ont quicté et quiclent ledict Ballon, ses hoirs et ayans cause, et laquelle somme lesdicts marguilliers seront tenus employer en seize escus deux tiers de renie pour et au proffict de ladicte œuvre et fabricque le plus lost que faire se pourra. . . . ., à la charge toutesfois que ledict Ballon, ses hoirs et ayans cause seront tenus toutesfois et quanles qu’il conviendra reparer ladicte eglise, soit de grosse ou menue massonnerie, pour refaire les verrieres d’icelle eslans sur la cour dudict Ballon, donnant veue et clarté à ladicte eglise, icelles verrieres nettoyer et laver, couvrir ou faire autres réparations et commodilez dans ladicte eglise, d’endurer les massons, couvreurs et autres gens passer et repasser en ladicte allée; de recevoir les eaues pluvialles tombans de ladicte couverture tout ainsy qu’il a accoustumé faire au preceddant le présent contract, sans qu’il puisse faire en ladicte allée aucun ediffice et bastiment, ne prétendre aucun droict en la muraille de ladicte eglise, ne apposer aucuns boys ou aullre chose contre icelle qui puisse cmpescher le jour desdictes vitres, car aultrement et sans les réservations des commoditez et aysances cy dessus exceptées, lesdicts manans et habitons n’eussent voullu accorder ces présentes; et affin qu’elles puissent estre cognues aux successeurs desdicts habitans cy dessus nommez, a esté accordé que la substance de cesdictes présentes sera engravée sur une pierre ou table d’erain qui sera mise et apposée en un endroict eminant de ladicte eglise pour y avoir recours, advenant que cette
présente transaction fut adhirée ou perdue .
Faict et passé double en ladicte eglise Saincte Croix, le dimanche 26e jour d’avril 1687, vssue de
la grand messe parrochialle d’icelle eglise . »
(Arch. nat. , S. 332 2.)
(l) Ces transformations furent autorisées par une sentence de l’archevêque de Paris, en date du 2/1 octobre 1 6 3 1 . (Arch. nat., LL. 702, fol. 3 9 v°.)