LL. 1899, p. 1 h ; — Dom Marrier, op.cit.,\>. 32g
(3) rr . . . Ecclesiam quoque Sancti Dionysii de Carcere, que tempore patris mei ad manus regias redacta fuerat, quam ipse ex consensu, voluntate et petitione domine Adelaidis, regine, matris mee,
PRIEURÉ DE SAINT-DENI S-DE- LA- CH ART RE
Le pape Innocent II, par sa bulle du 23 mars 1 i43, confirma aux religieux de Saint-Martin la propriété de l’église de Saint-Denis h).
En l’an 1 1 1 5, Louis VI avait faitabandon à l’abbé de Saint-Denis de ses droits sur le cloître ^ ; en î i/iû, Louis le Jeune exempta de toutes coutumes trois chambres de l’enclos^, et Philippe le Hardi, par une déclaration de Tannée 1270, permit aux religieux d’installer dans les locaux dépendant de l’église un boubher et divers artisans travaillant en franchise. Ces privilèges furent confirmés à plusieurs reprises par Charles VI. Mais, au mois de mai i/toi, ce prince, sur les plaintes de ses officiers, racheta, pour une somme de i,5oo livres, le droit de sauvegarde des débiteurs et des malfaiteurs qui entravait fréquemment l’action de la justice (4T
sue eliam in regem sublimato assentiente et domno Henrieo, fratre raeo, ejusdem ecclesie abbate, in posterum jure perpetuo concessit possidendam cum omnibus ad eandem ecclesiam pertinentibus , scilicet molendino uno Mibraii , furno etiam uno eidem ecclesie proximo, villa de Fontanis, cum ecclesia et décima, terra et pratis in loco qui dicitur Roundel, et cum domo et curia Mathei de Maula, pro qua pater meus concessit predicto Matheo terrain pagani Bigot de Cassellis, et cum universis appenditiis, eo duntaxat modo quo prefate
ecclesie cterici tenuerant . Actum Parisius,
anno Incarnati Yerbi si c xxxvn”, regni nostri v.°» (Arcb. nat. , LL., 1899, p. 16; — Dom Marrier, op. cit., p. 26.)
(1) Dom Marrier, op. cit., p. 170.
{i) tfln nomine sancte et individue Trinitatis, ego Ludovicus, Dei gratia Francorum Rex, notum facimus tam presentibus quam futuris quod claustrum ecclesie Sancti Dionysii de Carcere, mûri veteris ambitu contentum, ab uno latere vie superiori que ducit ad majorera Beate Marie ecclesiam conterminum , ab altero vero latere vie que ducit ad Sequanam contiguum , banc libertatem et immunitatem habere volumus ut nullus prepositus nec aliquis officialium nostrorum ab eis qui in quo claustro manent seu mansuri sunt, aliquam consuetudinem exigere vel ipsos in aliquo vexare présumât, nec si in particulari fore facto extra claustrum iidem fuerint deprehensi , quidquid est Juris in eo spatii quod inter dictuin claustrum et Sequanam situm est habebamus, canonicis ejusdem ecclesie concessimus. Quod ne cujusquam usurpationis lemeritate infirmari valeat, litterarum memorie commendari et nominis nostri caractère et sigillo signari et corroborari fecimus. Actum Parisius, anno Incarnati Yerbi mcxv0 et regni nostri vu0.
. Data per manum Hil. Stephani, cancel-
larii.K (Arcb. nat., L. 911.)
(3) ce In nomine sancte et individue Trinitatis, ego Ludovicus , Dei gracia Francorum Rex et dux Aquitanorum, cpioties ea que temporalia sunt usibus Deo famulantium et sustensioni conferimus , per boc procul dubio divinam nos propiliationem promoveri conüdimus. Notum itaque tam futui'is quam et presentibus esse volumus quod rogant venerabiles monacbi Hugonis de Gressiaco, familiaris nostri , conferendi nos omnes c[ue ab officialibus nostris exigebantur de tribus cameris furni ecclesie Sancti Dionysii de Carcere , que intra mœnia urbis parisiensis sita est, penilus indultas esse volumus ila ut futuris temporibus nemo unquam officia— lium nostrorum ab iis qui in prefatis camerimansuri sunt aliquid omnino exigere présumant. Quod ut ratum firmumque in perpeluum permaneat, scriplo commendari, sigilli nostri scripto caractère corroborari precipimus. Actum publiée Parisius, anno ab Incarnatione Domini mcxliv",
regni vero nostri vin0 . Data per manum Car-
clurci, cancellarii.» (Arch. nat. , LL. 1899, p. 1 54. )
(4) Dans le préambule des lettres patentes, le roi rappelle que rf plusieurs malfaisans qui souventes fois ont commis plusieurs crimes, débets et maléfices , lesquels se sont retraicts et réfugiez esdicts louages , par quoy aulcunes prises , executions ne contraintes n’ont peu ne pourront estre faictes h plein et sans empeschemens sur lesdicts delinquans 11e leurs biens, au très grand préjudice, griefs et dommages de tout le peuple et de la chose publicque et en retardement du bien de justice^.
Après quoi il précise les deux privilèges qu’il entend racheter :
«En recompensation et lieu de ladicte franchise et immunité que lesdicts religieux se disent avoir
Après sa réunion à l’abbaye de Saint-Martin-des-Cbamps, Saint-Denis-de-la- Chartre devint un prieuré de l’Ordre de Gluny, dont le titulaire était nommé par l'abbé de Saint-Martin et tenu à diverses obligations envers l’abbaye, notamment celle de loger et d’entretenir quatre religieux qu’on lui envoyait comme inansionaires pour desservir l’église h).
Vers la fin du xmc siècle, le prieur, afin de se libérer de cette charge, abandonna à l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs les trois terres de Limoges, de Fourches et de Fontaines (2b Mais, en dépit de cette cession, les abbés de Saint- Marlin persistaient à exiger l’entretien de leurs religieux, ce qui suscita de perpétuelles contestations. Gomme le prieur réclamait les domaines qu’il avait cédés pour être exonéré de cette charge, l’abbaye l’en exempta formellement par une transaction du ier octobre 1/168^, qu’elle négligea d’ailleurs d’observer. A la
esdictes maisons et louages d’icelle eghse, c’est à sçavoir que quand aulcuns absens, obligez envers aulcuns créanciers, viennent à mourir en lesdicts prieuré, terres et maisons avec leurs biens, nos officiers ne les pouvoient ne debvoient molester, execuler, justitier, prendre, ne contraindre en aulcune maniéré et payer leurs créanciers, ne aussy larrons, meurtriers ne aultres malfaicteurs quelconques quand ils s’y retraient, de l’accord et consentement desdicts religieux, et aussy de l’assentiment de noslre amé et féal conseiller, maistre Foulques de Blandes, prieur de l’eglise et monastère de S‘ Martin des Champs de Paris, et de tout le convent d’iceluy lieu auquel ladicte Chartre et prieuré est sujette, avons donné et octroyé et par ces présentes donnons et octroyons, pour une fois,
mil et cinq cens livres tournois comptans .
Données à Paris, au mois de mav, l’an de grâce
1/101 et le 21e de nostre régné . » (Arch.
nat., LL. 1399, p. 162.)
(l) Ces obligations sont formulées dans un carlulaire de Saint-Martin -des- Champs, appelé le rr Registre Bertrand », du nom de son auteur, Bertrand de Pibrac, prieur de l’abbaye en i34o :
rrOnera Prioralus de Carcere : Primo dictus Priora tus sol vit pro décima octo libras parisiensium , et sunt ibi prior et quatuor alii socii, qui socii recipiunt in Sancto Martino vestiarium et ipse prior etiain unum caput staminie, unam foira turam capucii et unam ulnam blanclieti.
ftllem expendunlnr communiter ibidem per annum pro prediclis priore et sociis aceorum famulis et servitoribus circa très modios cum dimidio bladi et sex dolia vini.
rrllern pro generali et pitancia circa xxvi libras,
et pro lignis, sale, oleo et aliis necessariis circa octo libras . n (Arch. nat., LL. 1 355. )
( L inventaire des titres du Prieuré signale raine lettre en latin , à laquelle appert y avoir eu deux scels, en date de l’an 1272, au mois de febvrier, par laquelle les religieulx, prieur et convent S‘ Martin des Champs recognoissenl le prieur et les religieulx dudit Prieuré S1 Denis qui sont et seront par cy-après demeurans audit Prieuré, du nombre des religieuLx dudit Prieuré S‘ Martin n. ( Ibid S. io55,fol. 127.)
D’autre part, un arrêt du Conseil du 2 mars 1660 vise des lettres patentes de Philippe le Bel de l’année 1281, rr portant que les religieux de Saint Martin des Champs estoient seigneurs de la terre de Limoge». ( Ibid LL. 1899, p. 112.) On doit inférer de là que la cession des trois domaines avait été faite par le prieur de Saint-Denis antérieurement à cette époque.
(3) tfUniversis présentes litteras inspecturis prior et conventus Sancti Martini de Campis prope Parisius, salutem in Domino. Nolum facimus quod cum prior Sancti Dionysii de Carcere paravit se ad movendam litem contra nos pro eo quod dicebat a novo contra jus et æquitatem predecessores nostri annexavissent monasterio noslro villam de Lemovicis et villam de Furcis et alias possessiones de domanio dicti prioratus Sancti Dionysii de Carcere, prout ipsi ex mullis litteris apparebat, quas possessiones poscebat sibi reddi ad sustentanda onera dicti sui prioralus, nos respondimus ad hoc quod pro liujus modi annexatione dictus prioralus de Carcere fuit, prout est in perpetuum, liberalus onere mansionariorum qui de monasterio nostro ad ilium mitti solebanl ante dirham annexationem ;
PRIEURE DE SAINT-DENIS-DE-LA-CIIARTRE
suite d’un procès intenté par le prieur, un nouve laccord intervint, et, le 17 mars 1 ôgô, l’abbaye prit à sa charge l’entretien des religieux et l’acquit des fondations, et même les réparations des murs et des quais, si les ressources du Prieuré étaient insuffisantes, le prieur n’étant obligé que de réparer l’église et les maisons adjacentes. Au mois de janvier 1 4 g 6 , elle reconnut que le prieur n’était plus tenu de recevoir aucun moine W, mais elle persista à lui en envoyer. Le 10 avril 1 5 5 5 , une sentence du prévôt de Paris lui reconnut le droit de ne recevoir aucun religieux mansionaire et de faire desservir l’église par tel prêtre séculier que bon lui semblerait ® ; et, le 22 mai 1607, un arrêt du Parlement le déchargea de pourvoir à l’entretien des moines de Saint-Martin résidant au Prieuré.
L’affluence du peuple qui se pressait. dans l’oratoire amena le prieur à constituer un office de sacristain, qu’il conférait, moyennant certaines redevances, à l’un des religieux du Prieuré^; mais l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs jugea
quam liberationem etimmunitatera recipiendi mansionarios etiam nuac confirmamus et ea tam dicliim priorem de Carcere nunc existentem , quam suecessores suos uti et gaudere volumus in perpetuum. In cujus rei testimonium sigilla nostra presentibus litteris duximus apponenda. Datum anno Domini i468°, prima octobris.» (Arch. nat. , LL. 1399, p. 173.)
(1) rrUniversis présentes Iitteras inspecturis prior Sancti Martini de Gampis, Parisius, totusque ejusdein loci conventus saiutem in Domino. Noverint universi quod monachus qui mitti solebat sicut mansionarius in prioratum Sancti Dionysii de Carcere, Parisius, est jam de numéro monachorum dicti nostri prioratus et conventus Sancti Martini de Gampis et habebit in perpetuum in dicto nostro prioratu Sancti Martini victum et vestiarium , sicut alii monacbi ejusdem conventus, taliter quod dictus prior Sancti Dionysii de Carcere non amplius tenetur in futurum recipere ullum monachum in suo prioratu propter causas quæ ex multis litteris apparent per nos et predecessores nostros ordinatis. In cujus rei testimonium presentibus litteris sigilla nostra duximus apponenda. Datum anno Domini 1498°, mense januario.» (Arcli. nat., LL. 1399, p. i74.)
(2) Le i4 novembre i564, le prieur de Saint- Martin e'crivait encore au prieur de Saint-Denis, en lui adressant l’un de ses religieux :
ff . Vous le traicterez en charité, comme
l’un de vos freres et luy administrerez ou ferez administrer victum et vestiium, ou bien si vous ne vous en voulez charger parceque vous estes nouvellement pourveu dudict Prieuré S1 Denys , vous
lui baillei’ez quarante livres tournois et les oblations dudict Prieuré pour sondict vivre et vestiaire, suivant que l’avons ainsy arresté et que l’avons trouvé raisonnable, et parceque avons entendu que vous avez baillé à ferme lesdictes oblations, vous lui baillerez au lieu d’icelles et jusques à la fin du bail desdictes oblations quarante livres
tournois pour icelles . * ( Arch. nat. , LL. 1 3gg,
(3) La charte de collation de l’office de sacristain, du 3o juillet 1 3 59 , est ainsi libellée :
ffMoy, frère Jean de Ravanel, prieur de S' Denys de la Chartre, à la priere et requeste de mon très reverend pere en Dieu Monsr de S1 Martin , ay commis et baillé à faire mon office de secrelanerie
à dom Roger Dupuis, tant qu’il me plaira . «
(Arch. nat. , LL. 1399 , p. 409. )
Ce même document constate en détail les obligations inhérentes à l’office de sacristain :
rfLe secretain doit faire partie des réparations de l’eglise et le prieur le surplus de tout le soutènement et édification d’icelle eglise. . . Le secretain à cause de sondict office est tenu administrer partout où il faudra , en la chambre du prieur et autres, lieux de la chandelle, espice aux oignons, verjust, vin aigre , le coureage des potaiges quels que y soient et des purées au jour que on ne manche chair, huile pour frire en Advantz et en la Quaresme, et pour ardoir jour et nuict continuellement en trois lampes , au moustier l’une , l’autre au cueur, et l’autre en la grotte, dicte prison Sainct Denis, devant l’autel Nostre Dame, les aubes, amis, chappes, chazubles, de fil et d’aguille, les cloches toutes de cordes et de baudrier, et les clavel, et d’oindre lesdictes
bon cle s’approprier cette collation; toutefois, sur les réclamations du prieur, l’abbé de Saint-Martin, Jean Du Pin, tenant compte de la modicité de ses ressources, prescrivit, le 01 mars 1 3 6 3 , la réunion de la sacristie au Prieuré W.
cloches seullement; faire garnir et appareiller les verrieres, soustenir de petites et menues réparations et les eschielles soustenir en point de petites et menues reffections et garder tous les vestements,
parements, ornemens, . joyaulx, calices,
vaisseaulx et tous autres utensilles du moustier et députez pour le service divin , sans nul aliéner ne mettre à son proflit ny en autrui; et l’or en masse et en monoie et l’argent en gros et en masse qui viendra ou sera offert au moustier ou en la Prieuré, est aux prieurs qui ont esté et qui seront, et si en messes nouvelles ou autrement aucunes nappes ou aucuns draps linges sont offerts en ladicte Prieuré , ils seront au prieur; et d’avoir et tenir une clef du tronc ou de la boette, là où l’argent sera offert.» (Arch. nat. , S. io55, fol. io5.)
(1) ttUniversis présentes litteras inspecturis, Johannes humilis prior S. Martini de Campis, Parisius, Ordinis cluniacensis, totusque ejusdem loci conventus salulem in Christo Jesu, Domino nostro. Querelam charissimi fratris nostri, prioris domus nostræ Sancti Dionysii deCarcere , recepimus continentem quod bona et redditus sui priorotus sunt propter guerras , quæ per magnum tempus viguerunt in regno Franciæ et adhuc (quod est dolendum) vigere non cessant, adeo diminuta quod ex ipsis ipse et sui socii vivere et sua onera supporlare non possit nisi per nos sihi provideretur, nobis humiliter supplicando ut sibi de remedio provideremus gratioso. Nos piis ejus supplicationibus inclinati, volentes nichilominus super hoc mature procedere, fecimus diligenter de valore et statu dicti prioralus et oneribus sibi incumbentibus inquiri, et quia nobis constitit alias per relationem illorum quibus hæc commisimus, quibus plenam fidem adbibuimus et adhuc tenore presentium adhibemus, quod dictus prioratus solum habet sex viginti libras in omni sua recepta, computatis et inclusis locagiis et censivis suarum domorum Parisius existentium, quæ domus in suo valore plus possunt diminui quam crescere, babeatque quatuor monachos presbyteros pro servitio divino faciendo , unum famidum cum pedissequo vel saltem duos famulos ad minus ac magnam quantitatem domorum valde ruinosarum sustinere procuratorique et consilio suo, jurisdictione dicti prioratus sustinenda,
providere et in duobus generalibus nobis, conventui et familiæ nostræ annis singulis in summa seu valore sexdecim librarum parisiensium satisfacere, sitque in octo libris parisiensium pro décima dicti prioratus oneratus et quod recepta et oneribus præmissis consideratis non potest bono modo vivere et onera sibi incumbentia sustinere, propter quæ eidem priori et prioralui totis paternis visceribus compatientes et condolentes et providere volentes et maxime ne divinum servitinm ibidem nostris temporibus obmittatur seu diminuatur, sed ut ipsum et religio ibidem ut hactenus magis vigeat et observetur, prout est necessarium, propter multitudinem popidi illic affluentis, cum ipse prioratus sit in medio civitatis parisiensis situatus; attendentes etiam et considérantes eidem priori fore necessarium et satis utile et sufficere de præsenti, pro prædictis suis oneribus supportandis habere et sibi applicari emolumenta et obventiones quæ percipere consueverunt sacristæ dicti prioratus, hoc nomen et officium intitulatum indebite sibi usurpantes, cum in veritate mmquam ibidem fuerit laie officium intitulatum , nec per nos statutum seu ordinatum, sed solum toleratum temporaliter de munificentia et permissione prioris dicti loci sub cerlis oneribus et servitiis quibus, tanquam ingrati, abusi sunt prout alias plenius declaravimus informatione et inquesta super hoc factis, et adhuc tenore presentium declaramus ; bine est quod nos babito super bæc ddigenti tractatu et consilio, nolentes quod de cetero taie officium sit ibidem, habeaturque seu nominetur, sed potius volentes ipsum penitus tollere de facto, sicut de facto processit et ex causa, bona, jura, obventiones et emolumenta quæcumque quæ sacristæ dicti loci percipere consueverunt dicto priori et prioratui de Carcere, ad quem alias de jure pertinere dignoscuntur, reddimus et restituimus per præsentes et de gratia speciali, si necessarium sit, attentis præmissis necessitatibus dicti prioratus et suis oneribus, tenore presentium unirnus et assignamus. In cujus rei testimonium et ad majorem firmilatem sigilla nostra præsentibus litteris duximus apponenda. Datum anno Domini mccclxii0, ultima die inensis Mardi.» (Arch. nat., LL. 1099, p. 29; — Dom Marrier, op. cil., p. 332.)
PRIEURÉ DE SAINT-DENIS-DE-LA-CHARTRE
Mais cette mesure ne devint définitive W que lorsqu’elle eut reçu l’approbation de l’abbé de Cluny Jacques d’Amboise, le 2^t avril 1878. Le pape Clément VII la confirma par sa bulle du 3i décembre 1 3 8 8 .
Ce fut sans doute vers cette époque que le prieur installa dans son église une paroisse dite de Saint-Leu-Saint-Gilles (3É qui célébrait ses offices dans la nef, à l’autel de la chapelle de Sainte-Barbe W, et la cure de cette paroisse était à la collation du prieur, qui portait lui-même le titre de curé primitif. Mais, au cours du xvic siècle, de fréquents différends se produisirent entre le prieur, le curé et les marguilliers. Le 9 mars une transaction intervint pour fixer les
(1) Au mois de novembre 187a, le prieur de Saint-Martin, Bernard d’Aigrefeuille, avait désigné un de ses religieux pour occuper cette charge; mais le prieur de Saint-Denis refusa de l’installer :
tf . . . Frater Hugo, prior Sancti Dyonisii, respondit quod in dicto suo prioratu nullum erat officium sacristiæ a prioratu separatum aut divisum; imo omnia emolumenta et oblaliones quæ ad suam ecclesiam pertinebant quoquomodo sua erant et ad eum pertinebant, etc. » (Arch. nat. , LL. 1.899, p. 3 a4.)
('2) L’abbé de Cluny reconnaissait formellement en cette matière les droits du prieur de Saint-Denis :
ff . Nos, de predictis plenissime informati,
eorum declarationem et ordinationem laudamus, approbamus et ratificamus et de novo confirmamus ac declaramus ipsam sacristiam et emolumenta ipsius pertinuisse et pertinei'e debere ad dictum prioratum de Carcei'e et ad priores qui fuerunt vel fuerint pro tempore, non obstante quod aliquoties per usurpationem vel alias ibi fuerit sacrista, inhibentes priori moderno et suis successoribus et quibuscumque nostris subditis ne de cetero dictam sacristiam conférant seu tradant in beneficium, nec de ea seu ejus emolumentis aliter disponant nisi et prout de aliis juribus incorporatis dicto prioratui eis licitum est de jure et obser-
vantia religionis . » (Arch. nat., LL. 1899,
(3) D’après l’abbé Lebeuf, il y avait dans l’église de Saint-Denis-de-la-Chartre «une petite paroisse, qui se trouve dans les pouillés du xni'et xiv' siècle, sous le titre de S. Dionysii de Careere et qui y est marquée être à la nomination du prieur de Saint Martin des Champs; on ne sçait point en quel temps elle avoit commencé». (T. I, p. 339.)
Dans un acte du 2/1 juillet i354, il est parlé d’un curé de Saint-Denis : et . domus quæ
quondam fuit curati Sancti Dionysii de Carcere». (Arcb. nat. , S. 1Æ2 5.)
La paroisse de Saint-Denis dut se confondre avec celle de Saint-Leu-Saint-Gilles, dans les dernières années du xive siècle, après la suppression de l’office de sacristain. 11 est probable que celleci avait eu tout d’abord son siège dans l’église de Saint-Barthélemy, puisque , dans un accord du 29 marsi33o, entre les curés de Paris et les frères du Saint-Sépulcre , on voit figurer parmi les signataires : trPetrus, Sancti Barlholomæi et Sancti Egidii et Lupi curatus». (Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris, t. III, p. 2 56.)
(4) Il ressort d’une déposition faite devant l’official par le prieurde Saint-Denis, le 25 février 1 586 , que tr l’eglise dudict Prieuré appartient entièrement audict prieur, et que en icelle, par permission seulement , est desservie la parroisse Sainct Gilles Sainct Leu, non en toute la nef de ladicte eglise, mais en une chappelle qui doit etre enfermée d’ung cancel, et ce par un vicaire perpétuel, soubs le-
dict prieur, curé primitif d’icelle parroisse . ».
(Arcb. nat. , S. io55, fol. iiov0.)
Mais, le 26 août 1578, le prieur avait donné «permission aux marguilliers d’oster la closture ancienne qui estoit à l’entour de la chappelle Ste Barbe desservie en ladicte eglise». (Ibid., fol. 109.)
(5) Cette transaction constate notamment que :
« . Ledit prieur a permis auxdits marguilliers
par permission et souffrance précaire faire construire et mettre une œuvre en icelle eglise où lieu où lesdits marguilliers ont accoustumé à chascun jour de Pasques et veille de ladite feste mettre une table servant d’œuvre , qui ne passe point le niveau et allignemenl de la petite œuvre qui est attachée aux barreaux de ladite chappelle S1 Leu S‘ Gilles, vers le milieu de la nef dudit Prieuré, du coslé de
prérogatives et redevances auxquelles le prieur avait droit de prétendre, et elle fut confirmée, le 11 mars W, par une sentence du Châtelet. Le îa mars 1 565, les marguilliers reconnurent formellement l’autorité du prieur; néanmoins, le il décembre 1577, réclamèrent l’annulation de la transaction
devers la rue, à la charge que iceluy prieur prendra la moitié des deniers qui seront baillez et offerts à ladite œuvre, sans en ce comprendre lesdites veilles et jours de Pasques et aussy les testes S‘ Leu S‘ Gilles, ne semblablement les légats et bienfaits qui seront leguez et délaissez à ladite fabrique par testament ou autrement, laquelle œuvre ne sera parée ne tenue que les jours de dimanche et testes commandées, excepté, comme dit est, les veille et jour de Pasques et S' Leu et
S‘ Gilles . ; pareillement à la charge que les-
dils marguilliers auront sur ladite œuvre un registre ou papier auquel ils seront tenus escrire les personnes qui se voudront mettre à la confrairie Mr Saint Denys et enseigner auxdites personnes la chartre dudit Saint Denys, quand on leur demandera et seront requis de ce faire, moyennant que iceux marguilliers pour leur peine prendront la moitié des deniers qui proviendront de ladite confrairie Saint Denys, dont sera fait un baston accouslumé à ladite confrairie, crié ainsy que les autres de cette ville de Paris, auquel jour Saint Denys ledit prieur pourra, si bon luy semble, paier ou faire paier ladite œuvre et prendre les deniers qui seront baillez à icelle, excepté ceux de ladite confrairie qui seront receus par iceux marguilliers à icelle œuvre, desquels sera baillé moitié audit prieur, comme dit est; oultre a esté accordé par lesdits marguilliers audit prieur que quand il y aura quelque corps inhumé en icelle eglise, lesdits marguilliers seront tenus fournir de paille à ladite paroisse et le feront mettre sur le lieu où le corps aura esté inhumé, avec tel luminaire que les exécuteurs, parents et amis voudront ordonner, sans en demander aulcune chose aux exécuteurs ou heritiers des deffuncls par lesdits marguilliers, siuon leur volonté, et ne prendront lesdits marguilliers aulcunes chandelles, cierges ou autre cire en ladite œuvre et eglise , ains les prendra ledit prieur; à laquelle œuvre iceluy prieur ou son commis ou l’un d’eux se pourront mettre et asseoir, quand bon leur semblera, sans aulcun contredit, et en ce faisant luy sera baillé au jour de dimanche et autres festes qu’il y aura pain benist sa part dudit pain benist comme au curé ou vicaire
perpétuel de ladite parroisse; avec ce ont lesdits marguilliers accordé audit prieur que aux bonnes festes de l’an il pourra faire jouer des orgues de ladite parroisse en payant sa portion de l’organiste et contribuant à sa dévotion aux frais qu’il conviendra faire pour babiller ou accoustrer lesdites orgues, en tant que besoing sera, et oultre à la charge que là où quelques personnes apporteront quelques linges à iceüe œuvre pour donner à Saint Denys, comme des gens malades ou aultrement, sera et appartiendra audit prieur pour le tout; et ne pourront iceux marguilliers mettre prédicateurs en ladite eglise pour prescher, sinon par le congé dudit prieur, et, en son refus, iceux marguilliers en pourront mettre à la charge que ledit prédicateur presebera au lieu accoustumé de prescher en prenant la bénédiction dudit prieur ou de son commis, au cœur dudit Prieuré, aussy seront tenus lesdits marguilliers de faire dire les messes d’icelle parroisse ou chapelle S1 Leu S1 Gilles, depuis le jour SlRemy, chef d’octobre, jusques au jour de Pasques, précisément à neuf heures, et depuis ledit jour de Pasques jusques audit jour S‘ Remy à huit heures, car ainsy a esté convenu et accordé entre les parties . « (Arcb. nat., LL. 1 3 9 9 , p. 199.)
(1) rr A tous ceux qui ces présentes lettres verront Jean d’Estouleville, chevalier seigneur de Villebon, La Gastine, etc., conseiller du Roy, nostre sire, et
garde de la Prevosté de Paris, salut . Nous
avons dit et disons que ledit demandeur sera maintenu et gardé et le maintenons et gardons en possession et saisine de soy dire, porter et nommer curé primitif de ladite chapelle S' Leu S' Gilles en ladite eglise S' Denys de la Chartre, et proprietaire et possesseur à cause de sondit Prieuré de l’eglise d’ iceluy tant eu fonds, murailles, tect, que autres appartenances, ensemble de toutes les autres maisons et édifices près et joignant ladite eglise estant des appartenances d'icelle, en possession et saisine d’avoir, prendre et percevoir les droits, proffits et émoluments des sépultures des corps humains qui sont enterrez en ladite eglise Sainct Denys de la Chartre, en quelque endroict que ce soit, tant en ladite chapelle parrochialle de S‘ Leu S' Gilles que autres endroits de ladite eglise et
PRIEURÉ DE SAINT-DENIS-DE-LA-CHARTRE
de i5Û2, comme ayant été faite sans le consentement des paroissiens. Un nouvel accord eut lieu, le 3 avril 1678, entre le prieur et le curé, pour régler leurs droits réciproques ; toutefois l’entente ne fut pas de longue durée. Les marguilliers finirent même par se porter à des voies de fait contre le prieur; le 9 décembre i58û, ils dépouillèrent la chapelle de Sainte-Barbe de ses ornements, au moment de la messe, pour l’empêcher d’officier. Des poursuites furent dirigées contre eux , et une sentence du lieutenant criminel , en date du 2 6 j uin 1 5 8 5 , confirmée sur appel en Parlement, le 19 juillet 1 5 8 6 , les condamna à payer six écus d’or, qui devaient être affectés aux réparations de l’église, leur défendit de troubler le service religieux, sous peine d’amende et de prison, et leur enjoignit de 11e plus oublier à l’avenir le respect qu’ils devaient au prieur. Le 1 1 août 1612, un autre arrêt du Parlement maintint le prieur dans son titre de curé primitif de la paroisse et dans son droit d’assister à l’élection des marguilliers et à la reddition de leurs comptes, et de percevoir la part des offrandes dans les conditions stipulées par la transaction de i5ûi; il obligeait en outre le curé à se conformer, pour la célébration du service paroissial, au règlement donné par le grand vicaire, le tû décembre i58û. Les 3i mai et 16 juillet 161 3, deux sentences des Requêtes du Palais enjoignirent aux marguilliers de rendre compte des revenus paroissiaux pour les années 1611 et 1612, et, le 18 janvier 1G1Û, un arrêt du Parlement condamna le curé à restituer au prieur les sommes qu’il avait indûment perçues depuis le 1 1 août 1612. Sur l’appel des marguilliers et du curé, le Parlement, par un autre arrêt du 27 août 1616, leur imposa l’exécution de l’arrêt de 1612 et de la transaction de îhûi, ainsi que la restitution des sommes qu’ils s’étaient appropriées à tort, leur défendit de rien faire dans l’église sans l’autorisation du prieur, précisa leurs obligations à son égard , en sa qualité de chef et supérieur de la paroisse, et régla la question du partage des offrandes et l’emploi des deniers paroissiaux W. Mais cet arrêt fut encore impuissant à rétablir la bonne harmonie entre les parties, et l’autorité diocésaine dut se décider à intervenir pour mettre un terme à des querelles incessamment renouvelées.
Par ses ordonnances des 8 et iû mars 1617, l’évêque de Paris enjoignit au prieur de charger du service quatre prêtres qui seraient approuvés par lui, sinon il les nommerait lui-même, ce qu’il fit d’ailleurs dès le 17 mars. Le prieur en appela au Parlement comme d’abus; il fut mis hors de cour par un arrêt du 1 1 jan-
prieuré, en possession et saisine qu’il n’est loisible auxdits deffendeurs ne autres desmolir, fossover, bastir ne ediffier aucune chose en ladite eglise Sainct Denys de la Chartre, fonds d’icelle, murailles , ne autres endroits sans le congé et permission dudit demandeur ou ses commis, et mesmement de faire ou faire faire aucune ouverture de
terre ou fosse eu ladite eglise et chapelle pour y enterrer aulcun corps de personne sans son congé, permission et licence de payer les droits et debvoirs pour cedeubs. . . Fait le samedi, 11 mars 1 54 1 . n (Arch. nat. , LL. 1099, p. 206.)
(l) Le texte de cet arrêt a été publié par dom Marrier. ( Op. ch., p. 456-462.)
IPIUMEIUE NATIONALE.
vier 1618 qui renvoya les parties devant l'évêque, et, le 1 i juillet 1618 suivant, un décret du coadjuteur, M. de Gondih), prononça le transfert de la paroisse Saint-Leu-Saint-Gilles dans 1 église de Saint-Symphorien, avec le consentement des chanoines <pii la desservaient. La paroisse, qui prenait dès lors le titre de Saint-Symphorien, était dispensée de toute redevance à l’égard du prieur de Saint- Denis, mais l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs était investie du droit de présentation à la cure, dont le titulaire devait être nommé par l’évêque de Paris. Le Parlement, après avoir ordonné une enquête par un arrêt du 3o octobre 1618, homologua le décret du coadjuteur, le 26 février 1 G 1 9 (2L Mais la translation de la paroisse avait eu lieu dès le 18 novembre 1618.
Par suite de cette mesure, il ne restait plus au prieuré de Saint-Denis qu’un seul religieux pour desservir l’église; aussi un arrêt du Conseil, du 5 septembre 1623, prescrivit-il le rétablissement de la conventu alité; d’autres moines de Saint-Martin y furent aussitôt envoyés, et, le iG décembre suivant, le grand vicaire de l’abbé de Cluny, après avoir visité le prieuré, édicta un règlement pour le service religieux. Mais, le 5 février 162 ô, le frère Girard Recoquille, prieur commendataire, résigna ses fonctions en faveur de Charles de Berland, aumônier du Roi et ancien agent général du clergé de France, en se réservant une pension annuelle de ôoo livres et après avoir transigé avec les moines, pour les faire rentrer dans leur abbaye. Le 26 juillet, Berland prit possession de tous les locaux, qui se trouvaient alors à demi ruinés. De 1626 à 1628, il y fit d’importantes réparations; il transforma l’ancien cloître en logements pour des artisans, afin de tirer parti du privilège des franchises, et il installa
(1) Le préambule du décret rappelle les longues querelles qui justifiaient celte mesure :
rr Pour les grands différends et dissensions qui de temps immémorial auroient esté entre les prieurs de S1 Denys de la Cliartre à Paris d’une part, et les curez ou vicaires perpétuels et parroissiens de la chapelle parrochialle de S1 Gilles S1 Leu , fondée en la nef de 1 église dudict Prieuré d’autre part , à cause desquels se seroient ensuivis de grands procez tant en la cour ecclesiastique qu’en celle de Parlement, sur lesquels, combien qu’il ait esté donné plusieurs sentences et arrests portant reglement entre lesdictes parties, toutesfois jusques à présent nous n’aurions encore peu veoir une paix et repos eslably entre elles, au contraire nous voyons tous les jours renaistre nouvelles occasions de discordes, au grand préjudice de l’honneur de Dieu, service de son egiise et édification et estât de conscience desdictes parties , sans esperance d’aucune fin, tant qu’elles feraient leurs fonctions en-
semblement en ladicte egiise; à ces causes nous aurions par plusieurs et diverses fois esté suppliez et requis de vive voix séparément par chacune d’icelles et fiuallement par requeste de MreEdme Girardon, curé, et la pluspart des parroissiens de ladicte parroisse, du mois d’octobre de l’année 1616, pour mettre fin aux scandalles qui continuellement naissoient, de transférer ladicte parroisse en l’eglise S1 Symphorien , voisine dudict Prieuré et grandement commode auxdicts curé et habitants, et laquelle à cause de la vieillesse est en grande ruine et ne peut estre restablie et reparée par les chanoines d’icelle, à cause de leur pauvreté et peu de revenu des prebendes d'icelle , outre qu’il 11e s’\ faict plus aucun ou peu de service divin sinon qu'à la dévotion de quelques confrairies et autres personnes charitables, quelques jours de la semaine. n ( Arcli. uat. , LL. 1 3qg , p. 5g; — Dom Marrier, op. cil., p. 463.)
(2) Cf. Félibien, t. V, p. 576.
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même des étaux de boucherie dans des échoppes adossées aux murs de l’église. Sur la plainte du curé et des marguilliers de Saint-Symphorien, que ce voisinage incommodait, le grand vicaire de l’abbé de Cluny, dom Claude de Bruillart, procéda à la visite du Prieuré, le i5 juin 1629W, et son procès-verbal eut pour conséquence de provoquer un nouvel arrêt du Conseil du 1 h juillet suivant, ordonnant de rétablir la conventualité.
Le 27 mars i63o, un arrêt du Grand Conseil compléta cette décision en obligeant le prieur à recevoir deux religieux prêtres et un frère lai, envoyés par l’abbé de Cluny, et à leur donner un logement convenable. Pour se dispenser
Les constatations du procès-verbal prouvent que les plaintes des voisins notaient nullement exagérées, ainsi que l’on peut en juger par les détails suivants : te . . .Ledit jour, et au mesme instant, au sortir de ladite eglise, estans montez auhault de l’escalier par lequel on descend en icelle, avons rencontré Mre Edme Girardon, prestre curé de l’eglise paroissialle Sainct Symphorien, cy devant desservie en l’eglise dudit Sainct Denis de la Chartre, assisté de grand nombre de sesdits paroissiens et voisins dudit Prieuré qui , tant par la bouche dudit sieur Girardon que par la leur propre , nous ont fait grandes plaintes des scandales qui arrivent tous lesdits jours pour lesdites choses cy après mentionnées et par eux à nous déduites et particulièrement par la bouche dudit Girardon qui nous a dit que dans ledit Prieuré, qui est un lieu destiné pour des religieux, non seulement le prieur nommé, Mre Charle de Berland , y loge quantité de gens mariez catholiques , mais de plus non seulement des hommes de la Religion prétendue reformée, mais encore des Luthériens protestans, chose honteuse et auparavant luy du tout inouie, mesme qu’un apothicaire, qui est de la prétendue religion , tient sa boutique au bas dudit escalier et tout attenant la grande porte de ladite eglise dudit Prieuré.
ffDe plus s’est plaint que devant la porte de l’eglise paroissialle dudit Sainct Symphorien, vis à vis de la chaire du prédicateur et du maistre autel, et attenant l’egiise dudit Sainct Denis , il a mis un rôtisseur avec deux bouchers, n’y ayant de distance entre lesdites boutiques de rôtisseur et bouchers et la porte de ladite eglise Saint Symphorien que environ six ou sept pieds, au moyen desquelles boutiques se fait si grand bruit, que par un amas de toutte sorte de personnes jurant et blasphémant à si haulte voix qu’à peine peut on discerner le chant de l’eglise d’avec le bruit qui s’v fait, s’estant sou. ventefois entendu des jurements et exsecrations pen¬
dant l’elevation du S‘ Sacrement et estant toujours le prestre célébrant à l’autel troublé par lesdits continuels scandales qui s’v commettent, comme aussy le prédicateur qui a lesdites boutiques droit en veue. S’est encore plaint que outre lesdites boutiques de rôtisseur et bouchers, lesdits bouchers font leur tuerie sur la voulte où est l’autel et chappelle de ladite Saincte Chartre, au moyen de quoy les esgouts soit du sang, soit des plu y es et des eaux du lavement des bestes, ensemble toutles autres immondices tombent sur ledit autel, ruinans la voulte de ladite chappelle, et par lesdits paroissiens et voisins . . . , qui nous ont fait les mesmes plaintes que ledit sieur curé, et y adjoustant nous ont dit qu’outre les scandales cy dessus qui sont si grands qu’ils sont interrompus en leurs dévotions et confessions, leur a esté rapporté que de ceux qui vendent ou acheptent auxdites boutiques , s’en est trouvé qui avec une insolence et scandale insupportable ont pissé parla grille qui seule donne jour à ladite chappelle et autel de ladite Chartre, et que, tout le long du caresme, ledit rôtisseur appreste et vend
de la viande à toutte sorte de personnes .
rrNous avons fait faire ouverture du lieu au dessus de ladite voulte, dans lequel nous nous sommes transportez et avons trouvé un boucher nommé Jean Aubry qui y venoit de tuer six veaux sur ladite voulte , le sang y estant encores tout espanché et croupissant, n’y ayant esgoust, laquelle place de dessus la voulte de ladite Ste Chartre S‘ Denis ledit Jean Aubry nous a dit estre tenue à loyer du sieur prieur dudit S‘ Denis par les nommés Nicolas Boveault et Pierre Aubry, bouchers, qui ensuite de plusieurs autres cy devant tenans lesdits lieux, ont tousjours exercé l’estât de boucher, y ont tué et escorché touttes sortes de bestiaux sur ladite voulte , icelle place leur ayant esté louée à cet effet et ainsy
qu’ils nous ont dit . (Arch. nat. , LL. 1 399,
d’exécuter cet arrêt, Berland conclut, le 10 mai 1600, une transaction avec le prieur de Saint-Martin-des-Champs, qui consentit à garder dans son monastère les religieux qui seraient destinés à Saint-Denis-de-la-Chartre, moyennant le payement d’une pension annuelle de i5o livres. Cet accord fut ratifié par un arrêt du Parlement du 17 décembre 1 6 3 3 , et, durant plus de vingt-cinq ans, Berland put conserver paisiblement la jouissance pleine et entière des locaux du Prieuré.
En 1 G & 7 , le cardinal Mazarin voulut établir les Théatins à Saint-Denis-de-la- Chartre, mais le prieur ne se montra nullement disposé à seconder son dessein. En sa qualité d’abbé général de Cluny, Mazarin chargea aussitôt son grand vicaire de visiter le Prieuré, et celui-ci, par une ordonnance du i5 septembre 1667, prescrivit pour le rétablissement du service divin l’envoi de deux religieux et d’un frère, que le prieur serait tenu de loger et d’entretenir. Berland s’adressa au Grand Conseil pour être maintenu en possession du Prieuré; il réclama la cassation de l’ordonnance et en appela comme d’abus. Pour toute réponse, Mazarin fit prononcer, le 7 novembre 1657, l’arrêt du 27 mars i63o, qui était resté jusqu’alors sans effet et qui corroborait les décisions de son grand vicaire W. Le 19 novembre, Berland présenta une requête pour s’opposer à l’exécution de cet. arrêt; mais, le 18 février 1 6 5 8 , un autre arrêt du Conseil d’Etat, rendu sur les instances de Mazarin, évoqua les contestations relatives
(l) Le cardinal Mazarin écrivait dans un factum pour justifier sa conduite et montrer qu’il n’obéissait à aucun sentiment d’animosité personnelle :
rrLe seul inlerest que M‘ le cardinal Mazarini prend en ce procez, est de faire restablir l’ordre et la discipline reguliere dans le Prieuré de S. Denys de la Cbartre, dépendant de l’ordre de Cluny dont il est abbé et general. Le sieur de Berland, prieur commandataire du mesme Prieuré, l’empescbe et prétend qu’une possession contraire dans laquelle il se trouve doit prévaloir aux conditions de la fondation, aux constitutions de l’Ordre et aux arrests
contradictoires des compagnies souveraines .
ffSa Saincteté ayant fait expedier son bref du 1 ic février 1 687, portant pouvoir à M°r le Cardinal de procéder à la visite des monastère et maisons dépendants de l’Ordre de Cluny, ce bref a esté continué par lettres patentes de S. M. du 11e aoust de la mesme année et le tout enregistré au Grand Conseil; en conséquence de quoy Mgr le Cardinal voulant satisfaire aux intentions de Sa Saincteté a commis ses vicaires generaux pour faire lesdictes visites et vaquer à la reformation et au restablissement de la discipline reguliere dans les monastères
où elle se trouveroil relaschée. Et dans cette résolution, ayant esté informé parles plaintes publiques du mauvais estât dudict Prieuré de Saiuct Denys de la Cbartre, que le service divin ne s’y faisoit point, que les religieux en avoient esté expulsez pour y donner retraitte à diverses familles d’artisans et qu’il se commettoit des abus qui profanoient la saincteté du lieu, députa dom Claude Santeny, Fun desdicts vicaires generaux, pour en faire la visite; à laquelle ayant procédé, assisté de quatre religieux, il trouva toutes choses en si mauvais estât qu’il se peut dire que Feglise mesme n'en avoit plus que les anciennes apparences par le crucifix et les
autels dépouillez de tous ornemens .
rrLe zele de Mgr le Cardinal mérité d’autant plus d’estre secondé que Dieu a visiblement favorisé un si pieux dessein , et cette eglise dediée à l’apostre de la France, devenue un desert au milieu de Paris, est tellement fréquentée depuis que ces religieux y ont esté restablis et l’on y pratique chaque jour tant d’actions de pieté chreslienne et d une édification si exemplaire qu’il semble que d’un lieu de profanation l’on en ait fait miraculeusement un sanctuaire. * (Arch. nat. , S. 10&9.)
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à Saint-Denis-de-la-Chartre et, par provision ordonna, au prieur de recevoir deux religieux de l’ordre de Cluny et un frère lai, de leur donner un logis convenable, de leur payer de quartier en quartier et par avance une pension annuelle de 1,200 livres pour leur nourriture et entretien, et de leur fournir les livres et ornements nécessaires pour le service divin W. Dès le 22 février, le maître des requêtes Hotman, chargé de l’exécution de cet arrêt, installa les religieux dans une salle basse du Prieuré qui avait accès sur la grande cour^. Le 26 février, un autre arrêt du Conseil d’Etat condamna le prieur à payer à ces religieux 3oo livres pour leur ameublement et 3 00 livres pour le premier quartier de leur pension, et, le 7 mai, une sentence du Châtelet leur permit de saisir, à titre de garantie, les loyers du Prieuré. Le 2 5 juin, un arrêt du Conseil privé enjoignit au prieur de les mettre, à titre provisoire, en possession des lieux réguliers et aussi de faire rétablir l’ancien tabernacle sur le maître-autel de l’église ou de payer 3oo livres pour le rachat d’un nouveau. Berland, qui avait appelé en garantie le prieur et l’abbaye de Saint-Martin, porta l’affaire au Parlement, sous prétexte qu’il s’agissait en l’espèce d’un différend précédemment réglé par lui, et il avait obtenu, par défaut, des sentences conformes à ses prétentions. Mais
Le préambule de cet arrêt rappelait la situation déplorable dans laquelle le vicaire général de Cluny avait trouvé le Prieuré, lors de sa visite :
trLe cardinal Mazarin ayant receu les plaintes par personnes de pieté de l’estât auquel estoit l’eglise du Prieuré de Saint Denis de la Chartre , en la Cité de Paris, de son Ordre de Cluny, en laquelle il ne se faisoit aucun service de la part du prieur, que les lieux qui debvoient estre occupez par des religieux l'estoient par des laïques, hommes et femmes, que le scandai estoit grand et que Leurs Majestés en estoient informez , il auroit envoyé dom Santeny, docteur en théologie de la Faculté de Paris, son grand vicaire, pour visiter ledit Prieuré, voir et connoistre ce qui en estoit et entendre le prieur, lequel s’y estant transporté , le 1 5e septembre 1657 . le peuple qui se seroit trouvé pré¬
sent s’estoit escrié que ceste maison auroit besoin d’une grande reformation, qu’il y avait longtemps qu’on auroit deu l’y mettre et purger les lieux des abominations qui s’y commettoient , que l’eglise estoit comme une balle desertée et abandonnée , que la chapelle soubsterraine , qui est la prison de saint Denis, estoit profanée, le prieur ayant au dessus faict baslir un logement. . . , lequel ne faisoit faire aucun service à ladite eglise; et que celluy qui se celebroit estoit par la dévotion des confrères de douze confréries establies en ladite eglise; et ayant
ledit Santeny voulu entrer dans le cloistre, on en auroit fermé la porte, les assistans disans haultement que le prieur n’auroit garde de les laisser entrer, crainte que l’on ne veit les turpitudes et que c’estoit une grande honte des saletés et impiétés dans une maison de religion, au plus saint lieu et dans le milieu de Paris, dont ledit Santeny auroit dressé procès-verbal. . . » (Arch. nat. , LL. 1899, p. 121.)
(2) ffLe premier lieu où furent mis lesdicts religieux est la salle basse dessoubs le dortoir, qui est le refectoir, et ce jusques à ce qu’il leur a esté pourveu d’un logement convenable, parce que M" Charles de Berland, conseiller au Parlement de Paris, agent general du clergé de France et prieur commendataire , s’estoit emparé du dortoir et l’occupoit depuis un long temps, prétendant qu’il n’y devoit point avoir de religieux audict Prieuré. Mais parce que lesdictes eaux crurent beaucoup en ce temps et que , la riviere débordant , elles inondèrent tout l’apartement d’en bas, ledit sieur Hotman, commissaire, transfera le 27e dernier dudict mois de février lesdicts religieux au petit logis qui est au dessus la chartre du glorieux S‘ Denis, lieu auquel estoit autrefois la tour ou clocher de l’eglise , où ils demeurèrent avec beaucoup d’incommodité l’espace de quatre à cinq ans.* (Arch. nat., LL. idoo, fol. 1.)
un arrêt du Conseil du 7 février 1659, rendu à la requête de l’abbé de Vignerot, ordonna de surseoir à l’exécution de ces jugements, et deux autres arrêts des U mars et 21 avril évoquèrent l’instance au Grand Conseil et interdirent à Berland toute nouvelle procédure en Parlement, sous peine de 3, 000 livres d’amende. Enfin, le 2 mars 1660, un arrêt solennel du Conseil privé ordonna l’exécution définitive des arrêts des 18 et 26 février 1 6 5 8 et obligea le prieur à céder aux trois religieux les cloîtres et lieux réguliers et à acquitter le montant de leur pension, ce à quoi il devait être contraint, le cas échéant, par la saisie de son temporel, et il renvoya Berland, le prieur et les moines de Saint-Martin devant le Grand Conseil pour le règlement de leur différend. Par une requête au Conseil du i3 mai 1660, Berland demanda que l’abbé de Saint-Martin fût contraint de retirer les religieux introduits dans le Prieuré, en violation des transactions antérieures, de lui restituer ce qu’il avait déjà payé pour les pensions et le mobilier, et d’effectuer les réparations nécessaires, ou bien de rendre les trois terres qui lui avaient été cédées par ses prédécesseurs. Il prétendait en outre au remboursement des 92,000 livres employées par lui à la réfection de l’église, des maisons et des quais. L’abbaye de Saint-Martin, qui s’était inscrite en faux contre la transaction de 1 46 8 , répliqua par une requête du 12 août, en réclamant au prieur de Saint-Denis le payement d’une somme de 6 3,6 00 livres, à titre de dédommagement pour les vingt-huit années qu’il avait passées sans entretenir aucun religieux et en jouissant indûment des lieux réguliers. Le Grand Conseil donna gain de cause au prieur par un arrêt du 3o septembre 1660, portant que les moines de Saint-Martin seraient tenus de payer en son lieu et place la pension de 1,200 livres, de lui rembourser le montant des sommes qu’il avait payées, et de faire à leurs dépens les réparations nécessaires au Prieuré, ou de lui restituer les domaines qu’il réclamait.
La mort de l’abbé de Berland, survenue deux ans après, ne mit pas un terme à ces contestations. Les trois religieux mansionaires, peu satisfaits du modeste logis dans lequel on les avait installés, profitèrent de cette circonstance pour s’emparer de la maison prieurale et de sou jardin, sous prétexte que l’arrêt du 2 mars 1660 leur avait attribué le cloître et les lieux réguliers, le Conseil d’Etat ayant supposé qu’ils existaient réellement, alors qu’il n’y en avait plus aucun vestige, puisque l’on avait bâti sur leur emplacement les logements pour les artisans W. Les 9 novembre 1662 et 7 février 1 66 3 , des arrêts du Grand Conseil
11 Le 18 juin 1629 , au cours de sa visite, le vicaire général de l’abbé de Cluny prétendait rrqu’il y souloit avoir une forme de cloistre à quatre galeries en carré, dont à présent n’en reste qu’une, que ledict sieur prieur a reservée pour l’entrée de sa maison et joint les trois autres à la commodité
des locataires demeurant ès logis de l’enclos. . . « Le prieur lui avait répondu que a par plusieurs baux depuis plus de cent ans il est fait mention que tous lesdicts lieux sont loués à des artisans pour y travailler en droit de franchise que ledict Prieuré a dans ledict enclos, comme ayant tout droit de
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confirmèrent cette prise de possession W, en prescrivant l’exécution pleine et entière des arrêts de i63o et 16G0, et en autorisant les religieux, pour la sûreté des réparations, à saisir les effets de la succession Berland. D’autres arrêts des 27 janvier et 18 juin 1 6 6 3 décidèrent qu’ils devaient être payés de leur pension par les débiteurs du Prieuré, de préférence aux autres créanciers, et ce nonobstant toute opposition. Enfin un dernier arrêt du 3o juillet ordonna la visite des locaux pour évaluer le montant des réparations qui devraient incomber aux héritiers de l’ancien prieur.
Le nouveau prieur commendataire de Saint-Denis, l’abbé de Vignerod, avait tenté, sans succès d’ailleurs, de les expulser de la maison prieurale; mais comme, il ne tenait pas à l’habiter, il préféra, en fin de compte, régler le différend à l’amiable. Par une transaction du 3i décembre 1 6 6 A , il leur abandonna la maison avec sa cour et son jardin, ce qui égalait presque en étendue les logements occupés par les artisans: il leur céda en outre la place devant la porte de l’église et le quart du fruit des indemnités qui pourraient être attribuées au Prieuré. Par contre, les religieux, en considération de ces avantages et des dépenses qu’il avait faites pour les réparations, consentaient à ce que leur pension fût réduite à 600 livres, mais seulement tant qu’il resterait titulaire du Prieuré.
Le 11 juillet 1668, après que l’abbé Testu fut devenu prieur de Saint-Denis par suite de la résignation que l’abbé de Vignerod avait faite en sa faveur, les religieux se fondant sur cette clause réclamèrent le payement intégral de leur ancienne pension, et, le lendemain, un arrêt du Grand Conseil ordonna qu’il leur serait versé une somme de 600 livres, à titré de provision. Par une requête du 27 juin, l’abbé Testu invoqua la garantie de Sainf-Martin-des-Ghamps, et, le 8 avril 1671, il réclama l’exécution de l’arrêt du 3o septembre 1660. Un arrêt du Grand Conseil du 29 mars 1672 le condamna à payer les arrérages, du jour où il avait été investi du Prieuré, et à continuer de même par la suite, à
justice, liante, moyenne et basse, et droits de franchise par lettres patentes du roy Philippe , de Tau 1270, portant exprès que ledict prieur pourra tenir de toutes sortes d’artisans pour travailler en droit de franchise au dedans dudict enclos, sans estre subjects à la visite des maislres de la ville, ains du bailiy de la justice dudict Prieuré. . ., et en laquelle concession de franchise et demeure de locataires consiste le principal revenu dudict Prieuré et que cessant icelle franchise on ne pourroit trouver à louer lesdicts hastimens à cause de la situation desdicts lieux qui est basse et par conséquent que lesdicts lieux n’ont jamais esté destinez pour la demeure des religieux. » (Arch. nat. , LL. 1899, p. 609.)
(1) tf . . Berland estant mort, les religieux furent
restablis dans les lieux réguliers par M. de Bretteville, conseiller au Grand Conseil, commissaire à ce député par l’arrest rendu audict Grand Conseil le 9e jour de novembre 1662; lequel sieur commissaire, après avoir faict visitation de l’eglise, lieux réguliers et bastiment compris dans l’enclos du Prieuré. . . , mit le R. P. dom Placide Desprez, lors prieur claustral d’iceluv et procureur general de l’Ordre, en possession desdits lieux réguliers, avec deux autres religieux, sauf la reserve des trois costez du cloistre qui sont demeurez occupez par des locataires, bien que par ledit arrest, aussy bien que par celuy du Conseil privé en datte du 21' mars 1660, il fut expressément dit que les religieux seroient restablis dans les cloistres et lieux réguliers dudit Prieuré. » (Arch. nat., LL. 1 4oo,fol. 1.)
moins qu’il ne plût aux religieux d’exécuter la transaction de 166Ô; mais le prieur de ||aint- Martin -des- Champs était tenu de garantir l’abbé Testu des 1,200 livres assignées aux religieux, conformément aux prescriptions de l’arrêt du 3o septembre 1660. Le 3 juin, ceux-ci optèrent pour le payement des 1,200 livres; l’abbé Testu se déclara prêt à leur donner satisfaction, sous la restitution de la maison prieurale qu’ils s’obstinaient à garder. Les parties finirent par se mettre d’accord et décidèrent, le 28 janvier 1673, que la transaction de 166Û resterait en vigueur. L’abbé Testu s’engageait à payer aux religieux une redevance annuelle de 200 livres, en sus des 600 livres qu’elle leur avait concédées; mais il devait être indemnisé du payement de ces 800 livres par le prieur de Saint-Martin, et, en échange, il le déchargeait des réparations à faire aux murs et quais du prieuré.
Dans les dernières années du xvuc siècle, de nouvelles contestations surgirent, et, le 28 mars 1696, un arrêt rendu à la requête des religieux condamna l’abbé Testu à prendre à sa charge les réparations de la maison prieurale, à payer aux religieux i5o livres pour l’aumône de la porte et les frais de la sacristie et à les acquitter des taxes que la Chambre ecclésiastique leur avait imposées. Teslu se pourvut devant le Conseil privé pour obtenir la cassation de cet arrêt et la restitution de la maison prieurale, en se fondant sur la modicité du revenu qu’il retirait des locations et sur les dépenses qui lui incombaient du fait de la reconstruction de la majeure partie des bâtiments détruits par un récent incendie. Mais, au cours de cette instance, il consentit à ce que le Prieuré fût réuni au séminaire de Saint-François-de-Sales, qui venait de se fonder au faubourg Saint-Marceau. En conséquence, l’archevêque de Paris, par son décret du 18 avril 170Û, décida la suppression du titre du Prieuré et l’union de ses biens et revenus à la nouvelle communauté. Celte union fut approuvée par des lettres du roi en date du 26 mai 17 où, enregistrées au Parlement le i3 novembre 170b et vérifiées à la Chambre des Comptes le 28 mars 1708.
Les religieux de Saint-Denis-de-la-Chartre et de Saint-Martin-des-Champs protestèrent tout d’abord d’un commun accord contre cette union et en appelèrent au Parlement. Mais, avec la réflexion, ils jugèrent qu’il valait mieux s’arrêter à un accord amiable que de courir les chances d’un procès long et hasardeux; ils se désistèrent de leivr appel et conclurent, le 2 5 juin 1706, avec le séminaire de Saint-François-de-Sales, une transaction qui régla définitivement leur situation. Par cet acte, on leur laissait la jouissance de l’église et de tous les lieux qu’ils habitaient ainsi que des rentes provenant non du Prieuré, mais des fondations reçues par eux. On stipula que de la totalité des autres revenus, exception faite de quelques locations, mais en y comprenant les 800 livres payées par Saint-Martin-des-Champs, le quart leur serait attribué après le prélèvement des charges et impôts ; on leur allouait en outre une somme annuelle de
PRIEURÉ DE SAINT-DENIS-DE-LA-CHARTRE
h oo livres prise sur les autres trois quarts pour les réparations des bâtiments, les achats d’ornements et les frais du service religieux. L’administration du temporel était confiée à un bureau qui devait comprendre un délégué de l’archevêque et du prieur de Saint-Martin, l’économe du séminaire Saint-François, le prieur et le receveur de Saint-Denis.
Le 26 mai précédent, les religieux avaient réglé leurs différends avec l’abbé Testu par une autre transaction. Ils avaient consenti à se départir des condamnations obtenues contre lui par l’arrêt du 28 mars 1695, et l’abbé, de son côté, s’était engagé à leur payer une redevance annuelle de 600 livres. Dès lors, l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs continua à envoyer à Saint-Denis-de-la- Chartre cinq religieux, y compris le prieur, qui conservèrent la paisible possession de l’ancien Prieuré en desservant l’église, jusqu’au moment où la Révolution provoqua la suppression des Ordres monastiques.
Le prieuré de Saint-Denis-de-la-Chartre comprenait un ensemble de bâtiments et de cours formant un vaste quadrilatère, qui avait pour limites, au nord, la Seine et l’extrémité du pont Notre-Dame, et sur les trois autres côtés, les rues de la Lanterne, du Haut-Moulin et de Glatignyù). Une entrée sur la rue de la Lanterne donnait accès par un étroit passage dans la cour dite cr du puits n; la principale entrée, sur la rue de Glatigny, vis-à-vis la rue Basse-des-Ursins, conduisait à la grande cour du prieuré. Au milieu du xvff siècle, le prieur commendataire, en vue de tirer un meilleur partie de l’enclos, avait projeté de le couper en deux par une rue; mais un arrêt du Parlement du 2 U mars 1 5 5 1 lui ayant interdit toute aliénatiou on destruction des lieux réguliers, il ne put être donné suite à ce dessein^. La maison prieurale, adossée au côté droit du chœur
(I) La Déclaration des biens du 20 janvier 1790 nous fournit les renseignements suivants sur la distribution et le rapport des bâtiments du Prieure':
ff Le revenu de S1 Denis de la Ckartre consiste en une maison située sur le bord de la riviere de Seine, au bas du Pont Notre Dame; ladite maison vulgairement appelée le Privilège S1 Denis est divisée en quatre parties ayant une cour au milieu ; la première partie est dite batiment neuf, elle renferme vingt six pièces tant chambres que boutiques; la seconde est appelée cour du Puits, elle renferme onze chambres ou boutiques; la troisième s’appelle petite cour, elle renferme vingt six chambres ou boutiques; la quatrième appelée grande montée contient huit chambres pour le logement des religieux et des domestiques; l’eglise, la sacristie, la salle à manger, une salle de déchargé, une remise , un bûcher ou ecurie , une grande cour ni.
et terrasse sur la riviere. La maison possédé aussi plusieurs batimens et échoppés dans le contour de l’eglise, au nombre de dix. Toutes les chambres, boutiques et echopes, tant à l’interieur qu’à Texterieur, sont affermées 12,982**, 16 d. «
D’après le même document, la totalité des revenus s’élevait à 29,961**, 3 s., 6 d., et celle des charges à 7,1 5o**, 5 s., i 0 d. La part des religieux de Saint-Denis était pour les revenus de 8,193**, 5 s., 10 d., et pour les charges de 1,620**. (Arch. nat., S. 1 o 46.)
(2) rrA la fin du règne de François 1er, le prieur de Saint-Denis de la Chartre imagina de faire percer à travers les masures, cours, jardins et dépendances du monastère, une rue de dix pieds de large, dont la maison des Quatre- Vents aurait formé le coin septentrional , et qui aurait été aboutir rue de Glatigny, à environ douze toises et demi
IMPRIMERIE NATIOX ALE.
de 1 église, se prolongeait jusqu’à la Seine et avait pour dépendances une terrasse et un jardin en bordure sur le quai. Après l’année 162/1, l’abbé Berland avait fait abattre le cloître et les lieux réguliers, et il avait édifié à leur place nombre de logements^), qui furent loués à des artisans travaillant en franchise, en vertu du privilège du prieuré. Les maîtrises de Paris, notamment celle des orfèvres, tentèrent à plusieurs reprises de le déposséder de cette immunité; mais elles furent déboutées de ces prétentions par divers arrêts du Parlement^. Louis XIII confirma le privilège par des lettres patentes du mois de mars 1 6 3 6 , et Louis XIV par des lettres du mois de juin 1667, suivies des lettres de surannation du 6 mai 1671, enregistrées au Parlement le 26 du même mois. Durant la première moitié du
xvne siècle, le Prieuré formait ainsi une
de la Seine. On divisa en conséquence le terrain disponible compris entre la future rue et la rivière, en six lots, dont le cinquième, à compter du pont Notre-Dame, fut accensé le 28 mars 1 5 4 4 ; le quatrième et le sixième, l’année suivante. Les baux «importaient l’obligation pour les preneurs de bâtir sur leurs parcelles et de faire paver la rue au droit de leurs propriétés. Mais, quoiqu'on 1 5 5 1 le Pape , sur l’avis des docteurs de Sorbonne qui approuvaient cette aliénation des biens du prieuré, eut donné l’autorisation de l’effectuer, la rue n'a jamais été faite et aucun auteur n’a su qu’elle avait été projetée. » (A. Berty, Les Trois îlots de la Cité, p. 39.)
(1) rr Noble messire Charle de Berland, conseiller et aumosnier du Roy, nous a dit qu’il a esté maintenu en possession dudit Prieuré de Saint Denis de la Chartre, par arrest de nos seigneurs du Grand Conseil, en execution duquel, sur le réquisitoire de M. le Procureur general audit Grand Conseil et de lui Berland, visitation a esté faitte de l’estât tant de l’eglise cludit Prieuré que des bastimens dependans d’iceluy, en la presence d’un conseiller dudit Grand Conseil à ce commis, et en execution dudit arrest inventaire a esté fait des ornemens de ladite eglise et estât d’icelle , ensemble des réparations qui estoient à faire tant en ladite eglise que bastimens et dépendances dudit Prieuré, lesquelles réparations se sont trouvées monter à la somme de quarante huit mil livres, desquelles ledit prieur a fait Dire le plus qu’il a peu et continue tous les jours, et outre qu’il luy a esté enjoint sur le réquisitoire dudit Procureur general de faire abattre une tour qui estoit en perd eminent , soubs laquelle est la chapelle de la Chartre, à la charge qu’d feroit bastir une maison en la place de ladite tour, utile audit
sorte de cité ouvrière occupée par une
Prieuré, et un dosme sur le comble de ladite eglise, lequel dosme il a fait faire, mais a l’egard de la maison ne l’a pu faire faire , au sujet que l’on apporteroit de l’incommodité à la chapelle de la Chartre qui est au dessous , ayant présenté sa requeste au Conseil pour y pourvoir, afïïn que ladite Chartre fust couverte, ce qu’ü eut fait sans que par ledit arrest lui estoit enjoint de bastir ladite maison et d’en certifier le Conseil, de sorte que luy prieur a souffert ladite visite avec trois descentes de Messieurs dudit Conseil, en la presence de mondit sieur le Procureur general audit Conseil, pour laquelle visite il luy a convenu faire plusieurs grands fraiz , mesme employer depuis ladite visitation plus de quarante mil livres de son patrimoine esdites réparations ... : il a fait restablir ledit Prieuré en son entier. . .* (Arcb. nat., LL. 1899, p. 597.)
(2) Au cours de l’année 1717, lorsqu’il fut question de supprimer les privilèges de ce genre. les religieux, menacés dans leurs intérêts, adressèrent une requête au Conseil pour justifier leur utilité :
trDans ces sortes de privilèges, observaient-ils, les pauvres ouvriers trouvent des ressources pour pouvoir se faire passer maîtres. On ne craint pas d’avancer que peut être plus de la moitié des maîtres ouvriers de Paris ne le seroient pas s’ils n’avoient eu la ressource des differents privilèges. . . Quelle sera actuellement la ressource du pauvre ouvrier qui arrive à Paris sans autre [chose] que ses bras; il sera nécessité d’être toujours compagnon et par conséquent subordonné; une telle idée n’est pas capable de le flatter; elle ne peut au contraire que le desesperer. La suppression des privilèges ne remplira donc pas les vues bienfaisantes du monarque ni ne sera profitable à l’avancement des arts et métiers . * (Arcb. nat., S. io46.)
PRIEURE DE SAINT-DENIS-DE-LA-CHARTRE
centaine d’artisans qui ne paraissaient guère se préoccuper d’observer le bon ordre et la décence que le caractère du Prieuré et le voisinage de l’église auraient du leur imposer b). Lorsque les religieux de Saint-Martin-des-Champs eurent été réinstallés au Prieuré, ils se préoccupèrent de remédier dans la mesure du possible à une aussi fâcheuse situation.
La proximité de la rivière exposait le Prieuré à de fréquentes inondations, qui, au cours du xvie et du xvne siècle, ruinèrent à plusieurs reprises la presque
(1) On a vu plus haut , par des extraits du procès-verbal de visite du 16 juin 1629 ce qu’était la situation du Prieuré à cette époque. Voici un autre document, postérieur de quarante années, qui n’est pas moins instructif et qui montre que les désordres s’étaient perpétués jusque dans la moitié du vvif siècle, c’est-à-dire aussi longtemps que Berland avait rempli les fonctions de prieur:
r Sur ce que le procureur fiscal dudit bailliage a remonstré qu’encores que par diverses ordonnances et reglemens defences ayent esté faites et réitérées à tous les locataires et frequentans lesdils lieux de jeter, porter et faire jeter et porter en iceux des eaues puantes et infectes ny aucunes immondices et particulièrement es passages et advenues desdits lieux ny sur les montées des maisons et logis dudit enclos et franchises , pisser ny faire leurs ordures esdits endroits, comme aussy de travailler ny faire travailler les dimanches et festes, hanter ny fréquenter les tavernes et cabaretz et à eux enjoint d’assister à la célébration du divin service, defences de jurer ny blasphémer le s. nom de Dieu ny commettre aucunes insolences, ains enjoint de vivre en gens de bien et d’honneur et de tenir lesdits lieux nets pour le respect et sainteté d’iceux , sur les peines portées par lesdites ordonnances et reglements, ce neantmoins et au préjudice de ce et par contravention les dessusdits ne laissent de commettre tel desordre au scandale du culte divin et du publicq et que lesdits particuliers ou aucuns d’eux jettent et font jetter incessamment des ordures , des eaues puantes et infectes sur les massons et autres ouvriers qui y travaillent dans ledit enclos et franchise à la confection et réfection de plusieurs bastiments et sur leurs matériaux, par ce moyen ils souffrent un notable tort, perte et dommage, qu’il nous pleust y remedier; sur quoy faisant droit, avons fait et faisons itératives inhibitions et defences à tous les locataires y demeurants dans ledit enclos et franchise et à tous autres de jetter ny faire jetter esdits lieux ny particulièrement es passages et ad¬
venues d’iceux ny dans les montées dudit enclos et franchise des eaues puantes et infectes ny aucunes ordures , ains de les porter et faire porter es lieux et endroits à ce destinez, pisser ny faire leurs escrements esdits lieux, defendre de travailler ny faire travailler les dimanches et festes et à eux enjoint d’assister au service divin , leur faisant pareillement defenses de hanter ni frequenler les tavernes ny cabarets , jurer ny blasphémer le saint nom de Dieu , à peine de vingt quatre livres parisis d’amende contre chascun des contrevenans, pour la première fois, et de punition corporelle et exemplaire en cas qu’ils récidivent , comme aussy faisons defences auxdits locataires et tous autres de jetter ny faire jetter aucunes eaues ny ordures sur les massons et autres ouvriers travaillant dans ledit enclos et franchise à la confection et réfection desdits baslimens, de se mesfaire ni mesdire sur pareilles peines , ordonnons en outre que la porte et entrée dudit Prieuré de S. Denis de la Chartre sera fermée précisément depuis le jour et feste de Pasques jusques à la S1 Remy à dix heures du soir et ouverte à quatre heures du matin , et depuis ledit jour et feste de S1 Remy jus ques audit jour et feste de Pasques elle sera fermée à neuf heures du soir et ouverte à cinq heures du matin , à ce que lesdits locataires ayent à se retirer esdites heures en leurs chambres, après lesquelles passées ladite porte et entrée leur sera refusée et procédé contre les contrevenants soubs les mesmes peines; et sera la présente ordonnance leüe et publiée auxdits locataires dans la cour commune dudit enclos et franchise et affichée esdits lieux et contre laditte porte et entrée, et la porte et entrée de l’eglise dudit Prieuré , et partout où besoin sera, par Claude Paris, sergent à verge duChastellet de Paris et sergent ordinaire dudit bailliage , et à luy enjoint de tenir la main à l’execution des présentes et de nous en certifier. Donné en jugement par nous Philippes Gendron , ancien procureur en Parlement , baillv dudit bailliage, le vendredy 18 jour de juin 1 666. tî (Arcli. nat. , LL. 1899, p. 586.)
totalité des immeubles. En 1 5 5 g , le prieur Hazon avait reconstruit le quai b); après l’année 1660, Berland lit restaurer une grande partie des bâtiments, et, en 17/1/1, il fallut procéder à une réfection générale du Prieuré^.
L’église de Saint-Denis-de-la-Cbartre s’élevait à l’une des extrémités de l’enclos, à l’angle des rues de la Lanterne et du Haut-Moulin. Elle était précédée d’un étroit parvis, fermé, du côté de la rue du Haut-Moulin, par une maison et occupé par quelques échoppes. Par suite de l’exhaussement graduel des rues voisines, cette place se trouvait tellement en contre-bas, que l’on y descendait par une vingtaine de marches, et le sol de l’église était resté au même niveau
Cette église, qui était régulièrement orientée, se composait de trois corps de bâtiments rectangulaires, de largeur inégale, par suite de la différence de date de leur construction; le premier formait le sanctuaire et le second le chœur; la nef occupait le troisième, plus long à lui seul que les deux autres réunis. Sauf quelques piliers du sanctuaire, qui dataient du xie ou du xue siècle, il ne subsistait aucun vestige de l’édifice primitif. En 1 6 6 5 , la reine mère avait fait restaurer l’église à ses frais. Le maître-autel, reconstruit d’après les dessins et sous la direction de son architecte, Gabriel Leduc, supportait un groupe monumental en stuc, sculpté par Michel Anguier, représentant Jésus-
(1) ft Muras cujus radicem allambit Sequana, undarum plus solito anno 1 5 9 9 infumescentium creberrima repercussione subversuset prostratus, tandem , anno 1602 , sumptibus non minimis excitatus et reedificatus fuit, ut ex lapide eidem infixo sic dignoscitur :
SEANT CLEMENT VIII ET REGNANT TRES CIIRESTIEN Henry IV, roy de France et de Navarre, ce mur
FUT BASTI SUR PATINS ET SOLIVES PAR FRERE ReNÉ
Hazon, natif d’Orléans, religieux profes du prieuré S. Martin des Champs et prieur de ce prieuré .S. Denis de la Ghartre.
(Dom Marrier, op. cit., p. 338.)
(2) Dans une requête présentée au Conseil, le 1 4 juin 1 G 5 8 , Berland observait que tria plus grande partie des maisons et quays dependans dudit Prieuré de Saint Denis de la Chartre ont esté ruinez par l’inondation des dernieres eanës arrivées en la présente année, en sorte qu’ils sont a présent inhabitables et qu’il ne reste en son entier et de logeable que la maison dont lesdits religieux de Saint Martin des Champs se sont emparez». (Arcli. nat. , S. 1 o48.)
Le procès-verbal de visite de Pierre Gilbert, conseiller au Parlement, constate que les répara¬
tions nécessitées par l’inondation de 1 658 devaient s’élèvera 55, 672^ (Arcli. nat., S. io4g.)
En 17 Ai, d’après le rapport de Louis-Denis Bourgeois, architecte expert, la reconstruction des bâtiments était évaluée à 42,284tt; en 174/1, après l’achèvement, la dépense totale s’éleva à 65,2 iott, 16 s., 4 d. [Ibid., S. io46.)
(3) rrL’eglise de Saint-Denis-de-la-Chartre est beaucoup plus basse que la rue, parce que le pavé a été plus élevé depuis sa construction. Le portail a plutôt l’air d’être l’entrée d’une grange que celle d’une eglise; il consiste en une porte en tiers point, soutenue sur les côtés par deux petites colonnes, et dans le milieu par un massif sur lequel est une Vierge tenant l'Enfant Jésus dans ses bras; audessous sont les armes de France et de Navarre qui ont été ajoutées dans un temps plus moderne.
rrSur celte porte est une grande vitre devant laquelle sont des statues vieilles et grossières qui représentent le martyre de saint Denis. On voit à gauche le saint que le bourreau va attacher à un poteau; à droite, le saint est représenté au moment
de la décollation . Au milieu est saint Denis
décollé, mais il n’a pas pour cela perdu la tête : il la tient dans ses mains.» (Millin, Saint-Dcms-dela-Chartre, p. 4.)
PRIEURÉ DE SAINT-DENIS-DE-LA-CH ARTRE.'
Christ donnant ia communion à saint Denis; ii était encadré par une grande niche dont la voûte formait une lanterne W. Sur les côtés du maître-autel étaient deux petits oratoires dédiés l’un à saint Eloi, l’autre à saint Roch. Deux rangs de vingt stalles et d’anciennes tapisseries représentant le martyre de saint Denis décoraient le chœur. Dans la nef, à droite et à gauche de la clôture du chœur, étaient installées deux chapelles, celle de Notre-Dame et de Saint-Laurent, et, au milieu, du côté droit, celle de Sainte-Barbe, qui avait été affectée jusqu’en 1618 au service de la paroisse Saint-Leu-Saint-Gilles
La crypte, dont l’entrée était fermée par une grille de fer se trouvait sous le chœur de l’église; elle était divisée en deux parties, la chapelle basse, avec les autels de Saint-Maurice et Saint-Michel, et la chapelle de la Chartre, dont l’autel était installé sur un puits W.
Le Prieuré, devenu propriété nationale sous la Révolution, fut vendu en deux lots, le 29 frimaire an vu (19 décembre 1798), et démoli en 1810. Les maisons qui avaient été édifiées sur l’emplacement de l’église et des autres bâtiments ont disparu à leur tour, il y a une trentaine d’années, lors de la construction du nouvel Hôtel-Dieu.
(1) Une estampe de Millin représente le maîtreautel de l’église. (Saint-Denis-de-la-Charlre , pl. 2.)
(2) ?rLe 3e juin 1727 . le R. P. don Jean
Hilaire Tripperet, procureur general de l’observance de Cluny et prieur dudit Prieuré de S' Denis, a exposé qu’il voyoit avec peine la nef de l’eglise dudit lieu malpropre et fort délabrée, tant au lambris qu’aux murailles et qu’il avoit formé le dessein d’y faire quelques réparations ou décorations . » (Arch. nat., LL. 1A00, fol. 37 v°.)
t3) rfSur le portail de la basse chappelle, qui est soubs le choeur d’icelle eglise, il y a une grande ovalle peinte, que tiennent deux anges, dans laquelle est escript en lettres d’or ce qui s’ensuit : *
IcY EST LA CHARTRE EN LAQUELLE SAINT DeNIS FUT MIS PRISONNIER , OU NOTRE SAUVEUR JeSUS LE VISITA ET LUY BAILLA SON PRECIEUX CORPS ET SANG; IL Y A GRANDS PARDONS POUR TOUTES PERSONNES QUI VISITERONT CE SAINT LIEU, SPECIALEMENT CHACUN LUNDY ET VENDREDY DE L’ANNÉE ET LES JOURS ET OCTAVES DE SAINT DeNIS
et Saint Mathias.
En l’an soixante et six de salut et de grâce
A Saint Denys prison fut cette olscure place.
(Du Breul, p. 87.)
w «On trouve à l’entrée de l’église basse une grosse porte de fer que les moines artificieux y ont placée pourlui mieux donner l’air d’uneprison; entré dans le souterrain même, on voit en face la chapelle sur laquelle on prétend que saint Denis a dit la messe. L’autel est placé sur un puits ; il est d’un travail grossier mais très moderne. Le groupe représente saint Denis prêchant la foi en France. Le petit cicerone qui fait voir la prison prétendue, montre à droite les chaînes qui ont servi à retenir le saint prisonnier; plus loin, une niche dans laquelle, dit-il , on lui metloit ses alimens; plus haut est une lucarne par où le jour pénétré; c’etoit par ce trou que les fidelles Parisiens entendoient la messe de saint Denis. A coté de l’autel est une petite grille par où on lui jetoit de dehors des crouttes
de pain . On disoit tous les ans la messe dans
cet autel, le jour de la fête de saint Denis . *
rr Près de la porte à gauche est une grosse pierre percée dans le milieu comme pour y mettre le cou d’un homme et ayant des trous pour y passer des cordes. On prétend que cette pierre a été un des instrumens des supplices qu’on a fait souffrir à saint Denis ..... Elle est encore accompagnée de
grosses chaines . r> (Millin, Saint-Denis-de-la-
Chartre, p. 6-8.)