ÉGLISE COLLÉGIALE
DE
SAINT-DENIS-lDU-PAS.
NOTICE HISTORIQUE
Certains historiens du xvne et du xvme siècle prétendaient que l’église de Saint- Denis-du-Pas avait été le premier oratoire bâti à Paris par les chrétiens sur le lieu même où l’apôtre des Gaules avait souffert le martyre et reçu la sépulture (1 2h Mais ils n’ont pu invoquer à l’appui de cette hypothèse aucun témoignage
(1) D’après le plan de Hoyau et Truschet.
(2) Du Breul accrédita cette tradition qui fut amplifiée après lui par Sauvai :
rrCeste eglise, écrivait-il, a esté fondée par les premiers Chrestiens en l’honneur de laVierge Marie , de sainct Denvs et sainct Estienne et est la pre¬
mière eglise cathédrale bastie à Paris, telle que le permettait le temps. . . C’a esté en ce lieu que le glorieux sainct Denys, vieillard venerable, a esté mis sur le gril et a souffert plusieurs autres tourmens mentionnez en sa vie ... ; de laquelle eglise le grand autel a esté elevé justement sur le mesme
positif, et I origine ne l'église est l estée absolument incertaine. C’est seulement vers la fin du ixe siècle cjue les documents permettent de constater son existence (0, et il semble que déjà vers cette époque, en raison du voisinage de la cathédrale, ce modeste oratoire était peu fréquenté par les fidèles. D’après la tradition, au commencement du xne siècle, les offices mêmes n’y étaient plus célébrés avec régularité parce qu’il n’y avait pas de prêtres pour le desservir.
Vers l’année 11/18, Simon de Poissy légua une somme de trente livres qui devait être employée à l’achat d’une rente pour constituer la dotation d’un prêtre attaché au service de cette église^. Son frère, Osmond, donna lui aussi, en 1 ifi/i. une
somme de quarante livres avec la même la nomination des deux chanoines (3). Ei
lieu où sainct Denis a este' rosli sur le gril, comme il est figuré derrière ledict autel.» (P. 6-2.)
«■On ovoit accoutumé autrefois, observait Sauvai, de bâtir des églises au lieu où les martyrs etoient enterrés. ' L’extremilé de ITsle qui regarde l’Orient estoit pour lors vuide , sans maisons et sans habitans et quasi comme hors delà ville, qui n’occupoit pas entièrement toute l’Isle. Saint Denys souffrit le martyre en cet endroit où les fideles lui erigerent un sepulcbre en forme de tour, d’ ou vient
que Grégoire de Tours l’appelle turritum . Ce
tombeau en forme de tour n’a jamais été vu qu’en
ce lieu qui est en la partie orientale d-e l’Isle .
Cette eglise de Saint Denys qui est tout proche de l’eglise de Notre Dame, du côté de l'Orient, est d’une structure la plus ancienne de toutes les églises et même de toutes les maisons qui sont à Paris.»
Jaillot, après avoir discuté et rejeté, avec juste raison d’ailleurs, cette tradition dénuée de fondement, ajoutait en guise de conclusion:
ffll n’est pas possible d’admettre que l’emplacement de S. Denys du Pas ait été le lieu de son martyre et de sa sépulture; on n’en doit pas conclure qu’il n’y ait pas eu, dans les temps reculés, une chapelle ou oratoire dans la Cité sous son invocation; l’usage d’en construire près des grandes basiliques a pu lui en faire eriger une près de la Cathédrale.» (T. I, p. i5i-i5a.)
(1) rr 11 n’y a pas d’apparence, écrivait l’abbé Leheuf. quelle ait existé dès le ixe siècle, parce que dans les Chartres d’alors, où sont spécifiés les saints diocésains, patrons plus particuliers de la grande eglise, saint Denis n’y est aucunement nommé, et que , d’ailleurs , ce qu’on avoit de ses reliques dans l’eglise de Saint Etienne n’y etoit conservé que
affeclation et se réserva, sa vie durant, 1 l'année 1178, Simon de Saint-Denis,
depuis que le roi Philippe Auguste en eut fait présent à cette ancienne basilique , dont on les tira lorsqu’il fut question de la détruire.» (T. I, p. 29.)
Mais , ainsi que l’avait déjà remarqué Cocheris , un document du ixe siècle, intitulé : Notiliu de areis Sancti Pétri fossatensis , signale, à cette époque, l’existence de l’église de Saint -Denis -du -Pas. L’abbé Lebeuf le connaissait bien, puisqu’il l’avait publié dans ses Dissertations sur l’histoire ecclésiastique et civile de Paris. (T. If, p. xcm.)
(2) La fondation de Simon de Poissy, rappelée dans une charte du chapitre de Notre-Dame, de l’année 1178, publiée ci-après, est certainement bien antérieure à cette époque, puisque celle de son frère Osmond est de l’année 11 64. Une copie de ce document porte en marge la date de ii4o, qui a été adoptée par Dubois. ( Historia ecclesiæ paris., t. II, p. 11 4.)
Ainsi que le constate une note de l’inventaire des titres de Saint-Denis-du-Pas , les lettres patentes des années 11 64 et 1178 ne sont pas les titres constitutifs de la création des chanoines de Saint- Denis-du-Pas. rfll faut nécessairement qu’elle soit plus ancienne, puisque dans les titres du Plessis- Gassot, on a trouvé une bulle donnée par le pape Urbain en l’an 11 56, qui confirme les chanoines dans la jouissance des dixmes du Plessis Gassot, Thieux et autres. On pourrait donc avec quelque fondement croire que les titres primordiaux de leur institution ont esté perdus dans ces premiers temps et que pour se maintenir ils ont eu recours aux lesmoignages et aux attestations des officiaux du chapitre de Paris.» (Arch. nat., S. 846, p. 4.)
(3) rr . Sub hoc autem tenore hoc factum
est ut Hosmundus, quamdiu vixerit, utrumque
doyen de Saint-Germain-l’Auxerrois, constitua des revenus pour deux autres prébendes W, et, quelque temps après, le doyen du chapitre de Notre-Dame, Barbedor, donna soixante livres pour la création d’un cinquième canonicat^.
sacerdotem in predicto oratorio serviturum libéré imponat; post mortem vero ejus et eorura quos imposuerit commuais ordinatio capituli dictos imponet sacerdotes. Firmatum est aulem a capitulo ut nulli predictis beneficiis investiantur nisi prius ordine sacerdotis fungantur. Preterea sacerdotibus in sepedicta capella constitutis plenam in matrici ecclesia divini officii administrationem et inibi vice integra canonici fungi, scilicet et misse celebra-
tionem in majore altari capitulum concessit . r>
(Arch. nat., S. 84s B; — R. de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, t. 1, p. 38t.)
L’Obituaire de Notre-Dame rappelle les dons qu’Osmond de Poissy avait ajoutés à sa fondation :
tr Dédit etiam Sancto Dyonisio missaie et duo gradalia et antifonariurn et viginti et duos solidos , ad emendum breviarium, et duas casulas quarum una fui t de pallio et calicem argenteum cum thuribulo argenteo et quatuor solidos censuales apud Andresiacum, quos ipse émit, d (Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris, t. IV, p. 5i.)
(1) C’est à l’occasion de cette fondation que fut rédigée la charte de l’année 1178:
ff Innomme sancte et individue Trinitatis, Amen. Notum sit omnibus tam fuluris quam presentibus quia magister Symon de Pissiaco oratorium Beati Dyonisii de Passu, caritatis vigilantia, restiluere disponens, xxx libras ad reddition emendum in usum sacerdotis ibi pro anima sua et parentum suorum perpetuo servituri, per manum Hosmundi, fratrissui, habendas legavit. Hosmundus vero illas ad emendum Gileberti , vicecomitis Corboliensis, décimant de Bonoilo tali condicione tradidit ut sacerdos ille, singulis annis, duos modios purioris frumenti , quod in communi granario esset, excepto ilio quod redditibus vocatur, ad minam regis communem mensuratos oleique sextarium ad ejusdem oratorii luminare, in festo Sancti Remigii, sine ulla dilatione vel contradictione haberet; de pane vero et vino quadragesime, quoquo modo quocumque tempore distribueretur, etsi per totum annum duraret, quantmn unus ex mansionariis canonicis haberet, exceptis vu modiis ecclesiarum de quibus habere nulli non canonico licet. Pro quorum tamen recompensationue a capitulo statutum est ut duos frumenti sextarios cum duobus
predictis modiis annuatim in eodem festo eadem mina reciperet. Postmodum Hosmundus, frater predicti Symonis, ejus pia secutus vestigia, xl libras ad emendum redditum alteri sacerdoti, qui Deo in eodem oratorio deserviret assiduus, donavit. Ad hujusmodi autem incremenlum beneficii munifica nostri capituli caritas quantum concesserat priori sacerdoti tantumdem concessit alteri
. Horum pio permotus exemplo, Symon de
Sancto Dyonisio duos alios sacerdotis ibidem assensu tocius capituli constituit; ad quorum usum très partes molendini de Genesleio cum quinque arpennis vinearum et terra arabili, eidem molendino adjacentibus ordinavit. Illivero quatuor sacerdotes, omnibus missis quibus licuerit pro animabus predictorum orationem propriam dicere, ter in ebdomada, pro fidelibus defunctis, nisi festum habens octabas, vel alia competem excusatio intercesserit, celebrare et assiduitatem matrici eccle-
sie exhibere tenentur . Data publiée Parisius,
in capitulo Beate Marie, anno Incarnati Verbi m c lxxviii", Ludovici Regis xli°, Mauricii episcopi
xvini0 . y> (Arch. nat., S. 842°; — R. de
Lastevrie , Cartulaire général de Paris , t. I , p. 456.)
Cette fondation ne nous est connue que par une mention de l’Obituaire de Notre-Dame :
crxii kalendas januarii. De domo Sancte Marie, obiit Barbedaurus, decanus et sacerdos . . . , qui . . . addidit jamdictis donationibus sexaginta libras ad emendos redditus, de quibus super addita est una prebenda in ecclesia Beati Dyonisii de Passu. Et sacerdos canonice institutus est qui pro ejus anima ibidem deserviret. Donavit preterea predicte ecclesie missaie in tribus voluminibus , quod ne inde amoveatur, nisi imminente periculo, sub anathemate est interdictum. Et dédit duas casulas et albam paratam et duo candelabra. Addidit eciam ad ampliandum luminare Beati Dyonisii très quartarios vinearum apud Moncivri et centum solidos parisiensis monete. n (Guérard, Cartulaire de Notre- Dame de Paris, t. IV, p. 200.)
La fondation de Barbedor est évidemment postérieure à l’année 1178, puisqu’il n’en est pas question dans la charte de cette année , au bas de laquelle ce doyen avait apposé sa signature.
L’église de Saint-Denis se trouva ainsi pourvue d’un clergé distinct que le chapitre de Notre-Dame, auquel était dévolue la désignation des bénéficiers, associa à l’église de Paris, en les gratifiant de diverses donations et en leur accordant une part des distributions manuelles égale à celle dont jouissaient les chanoines de la cathédrale (1). Le pape Luce III, par sa bulle du 12 janvier 1 1 8 3 , prit les prêtres de Saint-Denis sous sa protection et leur confirma la propriété des biens qui constituaient leur dotation^. En 1189, Elisabeth de Courtenay, mère de Pierre de Nevers, leur donna 60 sous parisis de rente, et, au mois de juin 1219,
(1) Les préliminaires d’une transaction intervenue, le 5 février 1 585, expliquent dans quelles conditions le chapitre de Notre-Dame s’était associé ces nouveaux bénéficiers :
«•Les Doyen et chapitre de ladicte eglise matrice de Paris disoient que les chanoines et prebendes dudict Sainct Denis du Pas avoient esté fondez anciennement par aucuns particuliers chanoines d’icelle eglise de Paris pour dire et celebrer les heures canoniales et aultre service divin en l’eglise de Sainct Denis du Pas, laquelle n’estoit auparavant que ung simple oratoire ou chappelle, et que lors de ladicte fondation la collation et plaine disposition desdictes chanoinies et prebendes de Sainct Denis fut attribuée auxdicts doyen et chanoines de l’eglise de Paris, lesquels voyant que les prebendes dudict Sainct Denis estoient de fort petit revenu, ils auroient faict un bien et honneur auxdicts chanoines de Sainct Denis que de les recepvoir en icelle eglise de Paris pour y celebrer la messe au grand autel d’icelle eglise et faire dans icelle eglise de Paris en l’administration et service divin telle fonction que un grand chanoine de ladicte eglise , et en rémunération de ce lesdicts doyen et chapitre de l’eglise de Paris auroient accordé aux chanoines de Sainct Denis du Pas que oultre leurs fondations particulières de leurs prebendes de Sainct Deuis du Pas, ils auroient et recepvroient chacune distribution de pain et vin esgalle à celle d’ung chanoine prebstre de ladicte eglise de Paris résidant , excepté les gros des prebendes et chanoinies d’icelle eglise de Paris; pour recompense desquels gros ledict chapitre de Paris auroit accordé trente quatre septiers de bled froment auxdicts de Sainct Denis du Pas par an, et par ce moyen seroient tenus lesdicts de Sainct Denis du Pas eux rendre assidus en ladicte eglise matrice de Paris à dire et celebrer le service divin
en icelle, tant de jour que de nuict . ■» (Arch.
nat. , L. 601.)
(2) La bulle papale énumère en détail les biens que la communauté possédait à cette époque :
« . Dilecti in Domino filii, vestris justis
postulationibus clementer annuimus et prefatam ecclesiam Sancti Dvonisii de Passu, in qua divino mancipati eslis obsequio, sub beati Pétri et nostra protectione suscipimus et presentis scripti privi-
legio communimus . ; domum que est in
claustro juxla ecclesiam vestram et domos que sunt extra portam claustri ad posternam , que duobus canonicis sunt assignate ex domo Symonis de Sancto Dyonisio; molendinum de Genestai domos, vineas, prata, censura de Botunvileir, pastum terram et juslitiam cum omnibus appenditiis in episcopatu meldensi; decimam de Parvo Nanleolo; decimam de Vinanlis, decimam de Tuiz, feodum décimé de Sancto Maximo, quam Bulchardus de Sanci tenet in feudo a vestra ecclesia, in episcopatu parisiens!; decimam de Alneto et decimam de Dimiacho, quas de concessione Mauricii, parisiensis episcopi , possidetis ex dono Pétri, canonici ecclesie vestre, quinque solidos de censu apud Argentolium et decimam vini que pertinet ad ipsum censum; 1res solidos et quatuor denarios juxta burgum Sancti Dyonisii; terrain de Miliaco arabilem, vineas, prata, domum, molendinum in Mibreyo silum, quod dicitur quartum molendinum , cujus medietatem émit viginti libras parisiensis monete , reliquam vero partem émit sexdecim libras; ex dono Barbedauri, decani Bcate Marie parisiensis, vineas apud montera Camacum ad luminare ecclesie vestre, et ex dono Bichelidis, sororis Symonis de Sancto Dyonisio, quattuor solidos censuales apud Sanctum Medericum .
Datum Velletri, n idus januarii , indictione prima, Incarnationis domiuice anno mclxxxiP, ponlificatus vero domini Lucii,pape ni', anno secundo." (Arch. nat., LL. 76, fol. y54 ; — Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris , t. II, p. 5oi.)
le chapitre de Notre-Dame leur concéda des maisons dans le cloître moyennant une redevance de pareille somme.
Durant la seconde moitié du xinc siècle, les revenus des canonicats de Saint- Denis étaient devenus, paraît-il, suffisamment considérables pour que le chapitre de Notre-Dame jugeât nécessaire de réduire la part affectée à chaque prêtre. Au mois de juillet 1282, il profita de ce que l’une des prébendes se trouvait vacante par la mort du titulaire, le chanoine Gilbert de Châteaufort, pour ordonner quelle serait divisée en deux, dont l’une sacerdotale et l’autre sous-diaconale. Il prescrivit en même temps que les quatre autres prébendes, au fur et à mesure des vacances, seraient divisées en huit, dont quatre sacerdotales, deux
diaconales et deux sous-diaconales W, à
(1) tcUniversis présentes litteras inspecturis capi-
tulum parisiensis ecclesie salutem in Domino .
Cum una de quinque prebendis Sancti Dyonisii de Passu nobis immédiate pleno jure subjecte vacaret per mortem domini Gitberti, dicti de Castroforti, presbiteri, olim ejusdem ecclesie canonici, cujus prebende facultates sive fruclus cum duobus possint sufficere, in duas prebendas, provida deliberatione super hoc, omnium nostrumaccedentecon sensu prehabito divisimus, quarqm una erit sacerdotalis et alia subdiaconalis,pernospersonis ydoneis prout servilio expedire videbimus concedere dono conferende ; statuentes , volentes et decernentes ut facultates aüarum, cumvacaverint, in octo prebendas , cum tôt personis possint sufficere, dividantur; quarum quatuor erunt sacerdotales, due vero subdiaconales, alie vero diaconales alternative et successive. Sacerdotes vero deservient per se ipsos tam in parisiensi ecclesia quam in ecclesia Sancti Dyonisii prout ante divisionem hujusmodi tenebantur et fieri consuevit. Diaconi vero et subdiaconi in parisiensi ecclesia deservient per se ipsos et in ordine vicis sue, suas ebdomadas facient et servicio ecclesie parisiensis tam diurno quam nocturno bona fide interesse tenebuntur. Insuper predicti diaconi et subdiaconi futuriin sua institutione promittent bona fide quod pro viribus suis non sustinebunt si aliquis defeceritprecipue circa epistolam , evengelium , atque chorum; et si aliquo modo appareat, quod ilium defectum supplebunt, pro viribus suis, quam citius ad eorum noticiam poterit pervenire; quod si aliquis hoc non suppleverit et inventas in culpa fuerit, quilibet in sua institutione jurabit quod stabit ordinationi capituli de pena eidem propter hoc infligenda ac etiam persolvenda, canonico tamen qui defectum fecerit ad penam consuetam et ni.
tour de rôle. En vertu de ce règlement,
statutam in libro ecclesie apud nos rémanente nichilominus obligato . Presbvteri vero cano¬
nici Sancti Dyonisii qui nunc sunt et pro tempore erunt habebunt precipue domos claustri sicut ante divisionem hujus modi hactenus habuerunt. Redditus vero et possessiones predicte ecclesie Sancti Dyonisii necnon et distributiones quas dicti quinque canonici ante divisionem hujusmodi in parisiensi ecclesia percipiebant in denariis, pane, vino, et aliis quibuscumque erunt communes pro
equali portione dictis decem canonicis . Ni-
chilominus dicti canonici Sancti Dyonisii tam sacerdotes, quam diaconi et subdiaconi servitiis anniversariorum qui sunt et erunt pro tempore in ecclesia Sancti Dyonisii bona fide intererunt, si suas in redditibus et proventibus dictorum anniversariorum precipere voluerint portiones; hujusmodi vero anniversaria ita respective in ecclesia Sancti Dyonisii volumus fieri quod nichilominus ipsi canonici tam sacerdotes quam diaconi et subdiaconi, cum institut! fuerunt, jurabunt in pleno capitulo servare et adimplere pro viribus bona fide. Jurabunt etiam capitulo parisiensi, ad quem institutio et destitulio pertinet eorumdem, obedientiam et fidelitatem; retenta nobis auctoritate addendi, declarandi, interpretandi , corrigendi et ordinandi, prout alias nobis visum fuerit expedire ; non enim debent reprenhesibile id judicare , si secundum varietatem temporum varientur humana statuta. Ita statuimus ut non possint exire civitate parisiense per sex dies continue nisi de licenlia decani parisiensis aut majoris persone post ipsum que presens fuerit, vel etiam ebdomadarii, si ipsi
absentes fuerunt . Datum anno Domini
mcclxxxii, mense julio.» (Arcb. nat. , LL. 76,
IMPRIMERIE NATIONALE
le chapitre de Saint-Denis se trouva donc composé de dix chanoines, dont cinq prêtres et cinq diacres et sous-diacres qui étaient nommés par le chapitre de Notre-Dame, auquel ils prêtaient serment d’obéissance h), et relevaient exclusivement de sa juridiction^. Les prêtres étaient tenus de célébrer tous les offices de jour dans la cathédrale et d’assister aux anniversaires de l’église de Saint- Denis; les diacres et sous-cliacres faisaient seulement leur service de semaine à tour de rôle®. Les uns et les autres, outre le revenu des fondations propres à Saint-Denis, qui constituaient leur gros, recevaient du chapitre de Notre-Dame des distributions manuelles de pain, de vin et de mereaux pour leur assistance aux heures canoniales, aux obits et aux anniversaires; mais, par suite de la division des prébendes , la part de chacun d’eux n’était plus que la moitié de celle allouée aux chanoines de Notre-Dame. Les cinq chanoines prêtres conservaient la jouissance des maisons du cloître qui avaient été accordées en i2i3 à leurs prédécesseurs. En i3o3, l’évêque de Paris, Simon de Bucy, donna à la communauté de Saint-Denis /io livres parisis, qui furent employées à l’achat de 35 sous, 11 deniers de rente W; plus tard, diverses fondations pieuses vinrent augmenter notablement ses revenus.
(1) Voici la formule du serment que les chanoines devaient prêter au chapitre de Notre-Dame :
cf Ego N . , canonicus Sancti Dyonisii de
Passu, juro fidelitatem, reverentiam et obedienciam vobis, dominis meis, decano et capitulo parisiensi exhibere etimpendere ac residenciam, assiduitatem servicii in majori ecclesia me facturum bona fîde et in capella Sancti Dyonisii celebrare etministrare, in ordine meo, altérais ebdomadis, ac ad saeros ordines presbiteratus, quam citius potero, promoveri me faciam ( hochabet locum, sinon est sacerdos ) et quod comparebo singubs annis in sancta synodo vestra, nisi racionabilis excusalio impediat; quam excusationem significabo vobis, Dominis meis, infra quindenam post synodum, sub pena contra deflicientes stabilita. Et sic me Deus adjuvet et bec sancta Dei evangelia.
[Simile juramentum prestant canonici, subdiaconi et diaconi , excepto quod jurant se facere promoveri ad ordines subdiaconatus et diaconatus prout beneficium eorum requirit.] (Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris , 1. 1, p. 458.)
(2) crOmnes beneficiati , seu de coro ecclesie parisiensis, Sancti Dyonisii de Passu, Sancti Jobannis Rotundi, etc. . . , et liberi servientes et hospites, circa claustrum, versus Batellos, exempli sunt in omnibus a jurisdictione parisiensis episcopi et ejus officialium , ubicumque morantur et ubicumque
delinquerent, et eorum familia, de antiqua consuetudine. Cujus memoria contrarium non existit; et de hoc usum est capitulum parisiense in casibus infmitis. « (Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris, t. III, p. 443.)
(3) ccOmnes canonici Sancti Dyonisii de Passu instituuntur a capitulo et debent esse sacerdotes, ita quod nuHum beneficium temporale recipiunt donec ordinem sacerdotalem receperint. Jm’ant etiam residentiam et assiduitatem servi tii in majori ecclesia bona fîde , ita quod quilibet eorum, in ordine vicis sue, in capella Sancti Dyonisii celebrare et ministrare tenetur ; nec sicut supradictum est ad matutinas pulsare debent donec in majori ecclesia usque ad matutinas laudes fuerit decantatum. Jurant etiam fidelitatem et obedientiam capitulo. « (Ibid., t. III, p. 4oq.)
(4) ffüniversis présentes litteras inspecturis, J., decanus, totumque capitulum parisiensis ecclesie salutem in Domino. Notum facimus quod nos habuimus et recepimus a reverendo in Gbristo pâtre ac domino, domino S., Dei gracia parisiensi episcopo, quadraginta libras parisiensium, in pecunia numerata, quas quidem predictus dominus episcopus dédit canonicis Sancti Dyonisii de Passu , in eorum augmentationem reddituum etcerlos usus pro ipso domino episcopo convertendas, per nos quoque jam conversas in emptionem centum librarum pari-
Vers le milieu du xv° siècle, le chapitre de Notre-Dame, par suite de la diminution de ses ressources, fut contraint de réduire les distributions accordées aux chanoines de Saint-Denis et décida d’attribuer à chacun d’eux une allocation fixe de 12 deniers parisis par jour qui, peu après, sur les réclamations des intéressés, fut portée à 1 6 , puis à 20 deniers. En 1/198, lorsque les revenus du chapitre furent remontés au taux normal, un règlement du 10 juillet abolit cette provision et rétablit la distribution journalière de six sortes de mereaux pour les heures de jour et de nuit; mais on négligea de restituer aux chanoines de Saint- Denis les mereaux qu’ils touchaient pour leur assistance aux obits et anniversaires W. Cette omission volontaire suscita un procès porté aux Requêtes du Pa-
siensium annui redditus, quas nuper emimus supor prepositura Corbotii a nohiti viro domino Johanne de Ginstella, milite, et Margareta, ejus uxore, pro precio duarum mille et centum librarum parisiensium, pro quibus quadraginta libris et in eorum recompensatione volumus et concedimus dictis canonicis quod ipsi percipiant de bursa nostra per manus camerarii nostri clerici qui pro tempore fuerit , singulis annis , triginta quinque solidos et un~ decim denarios parisienses terminis qui sequuntur, videlicet medietatem in Nativitate Domini et aliam medietatem in Nativitate beati Johannis Baptiste, et pro premissis adimplendis obligamus nos, successores nostros nostraque et ipsorum bona mobilia et imrnobilia, presentia etfutura.In cujus rei testimonium sigillum nostrum presentibus litteris duximus apponendum. Datum anno Domini i3o3°, die lune postfestum beati Gregorii. n (Arch. nat. , S. 8 A 2e.)
(1) Le clergé de Saint-Denis rappelait ces laits dans les préliminaires de la transaction de io85 :
rr Après ladicte partition de prebendes, lesdicts de Sainct Denis n’auroient plus receu que la moictié d’aultant que prend un chanoine d’icelle eglise de Paris esdictes distributions, suivant lequel reglement, bien qu’il fust au desadvantaige desdicts de Sainct Denis, leurs prédécesseurs auroient vescu avec lesdicts sieurs du chapitre, prenant ès distributions de pain, vin, argent et aultres distributions la moictié d’aullant que ung chanoine résidant de ladicte eglise mesme de mereaux desdicts obiits solemnels et ce jusques à l’année i44i que le revenu de ladicte eglise ayant esté grandement diminué par le moyen des guerres qui lors et auparavant avoient eu cours en ce royaulme, les sieurs doyen et chanoines de ladicte eglise de Paris par provision , jusques à ce que aultrement y eust esté pourveu, et sans préjudice des bénéfices en
I’egl#e de Paris et de leurs bénéfices en icelle et par protestation que si le revenu d’icelle eglise venait à se réintégrer et se remettre, chascun auroit sa part et portion en icelluy, auroient en leur chapitre ordonné que chascun tant des vicaires de Sainct Aignan que les chanoines de Sainct Denis du Pas, curez et chanoines de Sainct Jehan le Rond, auroient, par chascun jour et pour toutes les heures tant de jour que de nuit, douze deniers parisis, gaignans toutes fois selon la forme prescripte par ladicte ordonnance capitulaire, et cleslors dudict temps 1 44 1 , par le moyen de ladicte ordonnance capitulaire, lesdicts de Sainct Denis auroient cessé de recepvoir ledict mereau d’obiit solemnel; lesquels douze deniers parisis auroient tost après esté augmentez aux sieurs de Sainct Denis, jusques à vingt deniers parisis par jour, et depuis qui fut environ l’an 1/197, ayant Par grâce de Dieu ladicte eglise esté reparée de ses pertes et cessant la cause de ladicte ordonnance provisionnalle dudict chapitre, les prédécesseurs desdicts sieurs de Sainct Denis se seroient constituez demandeurs à l’encontre du chapitre de ladicte eglise de Paris pour avoir distributions et paiement dudict mereau d’obiit solemnel; sur laquelle instance finallement seroit ensuivi sentence de messieurs des Requestes du Pallais, donnée contradictoirement, du 28e may i533, par laquelle les prédécesseurs desdicts de Sainct Denis auroient esté maintenus et gardez en possession et saisine que après ce que lesdicts mereaux d’obiits et anniversaires fondez en ladicte eglise de Paris leur ont estes baillez , d’estre payez d’iceulx mereaux à la valleur de la moitié des mereaux des chanoines de ladicte eglise de Paris. . . , laquelle sentence auroit esté confirmée par arrest de ladicte cour en date du 18e mars 1 5 3 5 , sur l’appel interjetté d’icelle ... » (Arch. nat. , S. 84 2r. )
lais, qui, par leur sentence du i3 août 1507, que le Parlement confirma le i3 septembre suivant, décidèrent que chaque bénéficier devait recevoir à titre de provision 20 deniers parisis par jour, outre les distributions manuelles, et le mereau des obits calculé à raison de la moitié de celui attribué aux chanoines de la cathédrale. Mais cette sentence ne fut pas régulièrement exécutée, ce qui provoqua d’interminables contestations. Le 3 février 1629, le chapitre offrit aux chanoines 20 deniers parisis pour les heures de jour et 12 deniers tournois pour les matines; ils refusèrent d’accepter et entamèrent un nouveau procès. Une sentence des Requêtes du Palais, rendue le 28 mai 1 5 3 3 et confirmée par le Parlement, sur appel du chapitre, le 18 mars 1 5 3 6 , les maintint en possession de mereaux des obits. Satisfaits d’avoir fait reconnaître leurs droits, les chanoines de Saint-Denis consentirent, le 20 avril 1 5 3 7 , à une transaction qui leur attribuait à la place des mereaux d’obits d’autres mereaux dont la valeur était uniformément fixée à 20 deniers parisis. Cette convention resta vingt ans en vigueur; mais, le 19 juillet 1557, les chanoines obtinrent des lettres de rescission pour la faire annuler et engager un nouveau procès. Toutefois, au mois de mars 1660, ils déclarèrent qu’ils se désistaient de leur poursuite, et, le 26 février i562, ils conclurent un nouvel accord avec le chapitre, aux termes duquel il était alloué à chacun d’eux, outre les 20 deniers parisis des heures du jour, i4 deniers pour les mereaux d’obits, soit au total 2 sous, 6 deniers parisis, qui devaient être distribu és chaque jour et payés à la fin de chaque mois. Le 9 décembre 1 5 8 1 , le chapitre de Saint-Denis, qui se prétendait toujours lésé, obtint des lettres de rescission pour faire casser les deux transactions et rendre exécutoire l’arrêt du 18 mars 1 5 3 6 D). Mais, cette fois encore, le différend se termina à l'amiable. Le
(1) Le chapitre de Notre-Dame repoussait ies prétentions des chanoines de Saint-Denis, en alléguant qu’ils étaient suffisamment rémunérés de leur assistance aux offices de la cathédrale, et que d’ailleurs les transactions antérieures, dont ils réclamaient l’annulation, étaient à leur avantage :
erLesdicts chanoines de Saincl Denis du Pas estoienl tenus de dire et celebrer le service divin à toutes les heures canoniales du jour et de la nuict en ladicte eglise de Paris, tant par leur fondation et association en ladicte eglise de Paris que par le serment qu’ils en ont toujours faict à leurs réceptions et par immemoriale possession dudict chapitre [de Nostre-Dame] contre eulx, comme il se voit par les statuts et par les ordonnances capitulaires antiennes de deux et trois cens ans, chose qui ne debvoit estre trouvée absurde, ni esloignée de raison, toutes choses considérées, parceque lesdicls chanoines de Sainct Denis, auparavant leur
adoption et association en ladicte eglise matrice de Paris , estoient tenuz de dire et celebrer les heures canoniales en ladicte eglise Sainct Denis du Pas , dont ils furent deschargez lors de leur association en ladicte eglise de Paris, à la charge de faire dire et celebrer le service divin aux heures canoniales en ladicte eglise de Paris, pour lesquelles heures ils sont encore en possession de leur première fondation en ladicte eglise de Sainct Denis, oultre le gros de trente quatre septiers de froment qui leur fut attribué sur le patrimoine antien de ladicte eglise de Paris, dès lors de ladicte association, de maniéré que leur demourant entièrement la première fondation de leurs heures qu'ils estoient tenus de dire et celebrer dans l’eglise Sainct Denis du Pas, et dont ils sont deschargez, ils n’ont aucune surcharge de les venir dire et célébrer dans l'eglise matrice de Paris, et si toujours ils v gaignoient ledict gros desdicts trente quatre
5 février 1 5 8 5 , le chapitre consentit à accorder aux chanoines, en sus des 2 sous,
6 deniers parisis dont ils bénéficiaient déjà, des mereaux de matines valant moitié de ceux des chanoines de la cathédrale, un second pain du poids de 16 onces, et à chaque obit solennel des mereaux qui seraient payés sur le pied de 12 écus-sol pour l’assistance à tous les obits de l’année, de 6 écus pour l’assistance à la moitié, et ainsi de suite. Le chapitre stipula que, si le clergé de Saint-Denis soulevait encore à ce sujet de nouvelles difficultés, on lui retirerait le payement du mereau de matines et la distribution du second pain. Cette transaction, qui fut homologuée en Parlement le 18 novembre 1 5 8 5 , paraît avoir définitivement mis un terme aux querelles financières, et lorsque, dans la suite,
septiers de froment distribuables entre eulx; mais après qu’ils auroient esté surchargez de dire et d’assister aux matines de ladicle eglise de Paris qui se disent à minuict et qu’ils eussent dict les leurs possible de plain jour et qu’ils sont aussi surchargez des obits et fondations particulières de ladicte eglise de Paris, les sieurs doyen et chapitre d’icelle eglise de Paris leur auroient accordé et baillé le mereau des matines et pain du chapitre, le mereau solempnel pour les obits solempnels et la distribution d’argent blanc distribué au cœur de ladicte eglise pour les obits manuels et autres fondations particulières, et par ce moyen lesdicts de Sainct Denis auroient esté salariez et recompensez par lesdicts du chapitre pro modo laboris et oneris , partant n’avoit esté faict tort auxdicts de Sainct Denis par lesdictes transactions , quand pour les rendre plus assidus aux heures canoniales du jour en ladicte eglise de Paris on leur avoit egallé ledict mereau d’obit sur tous les jours de l’année
et sur toutes les heures du jour .
tfLes doyen et chapitre n’auroient jamais eu l’intention d’oster auxdicts de Sainct Denis ledict mereau d’obiit, mais au lieu de leur distribuer ès jours desdicts obiits qui n’estoient que soixante ou soixante dix au plus , ils leur avoient par lesdictes transactions egallé ledict mereau à eulx adjugé sur tous les jours de l’année et sur toutes les heures canoniales de chacun jour pour les rendre plus assidus à la célébration du service divin de ladicte eglise, en quoi faisant ils n’auroient imposé nouvelle charge auxdicts de Sainct Denis ni retenu aucune chose dudict mereau, au contraire auroient melioré leur condition et leur auroient beaucoup plus egallé que ne montoit la moitié d’iceluy mereau adjugé à chacun chanoine dudict Sainct Denis; car combien que icelle moitié de mereau d’obiit so-
lemnel n’eust pu valloir à chacun chanoine dudict Sainct Denis que quarante cinq livres tournois au plus par an, neantmoins ils auroient accordé à chacun chanoine de Sainct Denis la somme de soixante six livres, trois sols, un denier tournois par an, egallé et distribué sur toutes les heures canoniales du jour et sur tous les jours de l'année à raison de trois sols, six deniers obolle tournois par chacun jour, en les gaignans , celebrans et assistons au service divin de ladicte eglise, et oultre ce auroient délaissé ausdicts de Sainct Denis à chacun ung pain de chapitre du poids de seize onces par jour, le mereau de matines de vallêur de soixante livres et plus par an, les distributions des obiits manuels et aultres fondations que avoient accoustumé de recevoir lesdicts de Sainct Denis du Pas en icelle eglise de Paris avec les trente quatre septiers de froment qu’ils reçoivent par an d’icelle eglise de Paris et encores avec le revenu particulier des fondations de leurs prebendes en l’eglise de Sainct Denis du Pas et des quelques obiits et anniversaires fondez en l’eglise dudict Sainct Denis, dont ils avoient tousjours jouy sans en faire part auxdicts doyen et chanoines de l’eglise de Paris, et avec les cinq maisons affectées aux cinq chanoines prebstres dudict Sainct Denis, tellement qu’ils avoient tort de eulx plaindre desdictes transactions, mesme d’autant que par la fondation desdictes prebendes de Sainct Denis et par ledict arresl de l’an i53o il appartenoit auxdicts doyen et chapitre de faire statuts pour l’entretenement du service divin de l’eglise de Paris, auxquels lesdicts de Sainct Denis estoient tenus d’obeir; conséquemment lesdicts de Sainct Denis debvoient estre debouttez de leursdictes lettres de l’an 1 58 1 , à quoi lesdietz sieurs doyen et chapitre auroient conclud. . . . n (Arch. nat. , S. 842e.)
les chanoines de Saint-Denis adressèrent de nouvelles réclamations au chapitre de Notre-Dame, ce fut pour obtenir de sa libéralité des subsides justifiés par les nécessités du temps et l’exiguïté de leurs revenus W.
L’église de Saint-I)enis-du-Pas(2i s’élevait à la pointe occidentale de la Cité, derrière l’abside de Notre-Dame, dont la séparait une étroite ruelle; elle était bornée au nord par le petit cloître et le chapitre, à l’est par les jardins du grand cloître et au midi par un petit cimetière. C’était un édifice régulièrement orienté, de forme rectangulaire, de proportions modestes et de structure très simple, comprenant un maître-autel adossé au mur du chevet et deux oratoires installés
des deux côtés de l’entrée du chœur, l’un dédié à saint Jean l’Évangéliste, l’autre à sainte Catherine^. II avait sa porte principale vis-à-vis l’abside de la cathé-
Toutefois, en 1702 et 1703, le chapitre de Notre-Dame refusa de fournir les trente-quatre setiers de blé dont il était redevable. Les chanoines de Saint-Denis, invoquant la transaction de 1 5 8 5 , l’assignèrent en Parlement, et obtinrent, le 2 4 avril 1704, un arrêt qui l’obligeait à payer le prix de ce blé, d’après les mercuriales des deux années. (Arcb. nat. , S. 84o.)
La Déclaration des biens du 28 février 1790 expose ainsi qu’il suit la situation des chanoines :
«•Le chapitre de Saint Denis du Haut Pas dans ' l’eglise de Paris est composé de cinq prêtres , trois diacres et deux sous-diacres.
«Les biens appartenant audit chapitre montent à 3,i37tt 1 1 s. 9 d., savoir : i,265tt i5 s. 9 d. , pour les dixmes que perçoit ledit chapitre; qSo1' 7 s. pour les rentes et redevances, et 9oott pour les loyers de deux maisons qui appartiennent audit chapitre; puisque le chapitre de Notre Dame paye au chapitre la somme de 1 6,873^ 3 s. 3 d. pour les assistances de l’année, ledit chapitre est grevé de 2Ôott de charges annuelles, tant pour rentes que pour dépenses et frais annuels pour l’office divin.
«•La portion dont jouit chaque chanoine prêtre est de 2,255 livres i5 s. tant pour assistances qui leur sont payées par le chapitre de Notre Dame, que pour ce qui leur revient dans les biens appartenants audit chapitre de S‘ Denis du Pas.
ffLa portion des diacres et sous-diacres de ce chapitre est la même et se monte année commune à 1 , 7 47^, compris les assistances aux offices de Notre Dame et les portions qui leur reviennent dans les biens du chapitre.^ (Ibid.)
I•~, Le surnom de cette église, qui lui avait été évidemment donné pour la distinguer de Saint-
Denis-de-ia-Chartre , a été expliqué de différentes façons. Du Breul, toujours préoccupé de trouver une étymologie hagiographique, prétendait que l’église avait été ainsi désignée parce que saint Denis avait souffert le martyre en ce lieu, trab ejus passionen. (P. 62.)
D’après l’abbé Lebeuf, «• il a pu se faire que la première eglise ou chapelle de Saint Denis ait été surnommée du Pas , à cause de son peu de distance de la basilique de Notre Dame ou de celle de Saint Etienne et qu’on ait commencé à lui donner ce surnom que pour la distinguer d’une autre eglise de Saint Denis, bâtie dans la Cité, proche la prison de Paris. On voit par les auteurs de ce temps là, cités dans Du Cange, que les passages resserrés s’appelloient vulgairement Passas .» (T. I, p. 29.)
Jaillot, qui n’admettait pas ces deux explications, en a fourni une autre beaucoup plus rationnelle et plus vraisemblable :
rrA l’égard du surnom qu’on lui a donné, je n’estime pas qu’il vienne à Passione, puisqu’il n’y a nulle preuve que S. Denys ait souffert aucun tourment, encore moins qu’il ait été décapité; je crois qu’il vient de la situation de cette église qui , d’un côté, n’est séparée de la cathédrale que par un chemin étroit appelé Pus, et qui, de l’autre, é toit située sur un petit bras de la rivière, qu’on passoit en cet endroit pour aller dans l’isle Sainte-Marie, aujourd’hui l’isle Saint-Louis. Il faut donc chercher l’étymologie de ce surnom seulement dans la situation à l’endroit du passage delà rivière, puisqu’on appelle Pas tout détroit qui est entre deux terres et que, dans notre ancien langage françois, Pds et Passage sont synonimes. » (T. I, art. 1, p. j 52 . )
(3) rrCeste eglise est fort petite, ne contenant en
ÉPITAPHIER DV VIEVX PARIS
20 Mètres
wm/Æ
'Par terré:
Cour
Salle de dessin
Vestibu le
Cuisine
Chambre
Chapelle
Grand Escalier
Bibliothèque
Ch ambre
Réfectoire