PRIEURÉ DE NOTRE-DAME DE CONSOLATION
NOTICE HISTORIQUE
Par une délibération capitulaire du 3 mai 1 6 3 4 , les religieuses de la congrégation de Notre-Dame, résidant à Laont1 2), avaient décidé d’établir à Paris un monastère où elles se consacreraient à l’éducation de la jeunesse (3b Le 1 3 du
(1) D’après le plan de Turgot.
(2) Du Breul, et Lemaire après lui , ont prétendu que ces religieuses venaient de Lorraine, ce qui est absolument faux.
Lebeuf, qui indique l’année 1667 comme celle de leur établissement à Paris, a confondu la fondation
du couvent avec sa transformation en prieuré de l’Ordre de Saint-Benoît.
(3) Le préambule des lettres patentes du mois de septembre 1 63 4 insistait spécialement sur cet objet :
ffLes reverendes mere supérieure et religieuses de la Congrégation de Nostre Dame de Laon, soubs
même mois, la supérieure, sœur Madeleine des Anges, achetait au sieur Le Barbier, conseiller et maître d’hôtel du Roi (1), pour le prix de 80,000 livres, deux maisons avec jardins sises rue Cassette et rue des Vieilles-Tuileries, et le 1 h août suivant, une autre maison située dans la rue du Chasse-Midi, pour le prix de 5,ooo livres^. Ces immeubles furent définitivement adjugés aux religieuses par deux décrets de la Cour des Aides, des 17 juillet 1 6 3 6 et tA janvier 1 638.
la reigle de S1 Augustin, nous ont fait représenter que le charitable désir qu elles ont de proffiter au public en l’institution et instruction gratuite, à la pieté, bonnes moeurs et autres biens de l’esprit des jeunes filles dont la conduite leur peut estre commise, qui est l’un de leurs principaux vœux, à cause de leur Institut, leur a faict prendre resolution d’envoyer partie des plus capables et propres à cet effect d’entre elles en nostre bonne ville de Paris, pour soubs nostre bon plaisir s’y establir à la fin d’exercer cette charité, -n (Arch. nat. , S. 45qo.)
(1) Le sieur Le Barbier, par substitution des droits de Mre Charles Froger, était autorisé à établir dans Paris deux couvents :
«■Des articles et conditions accordées par le Roy en son Conseil à Mre Charles Froger, servant ordinaire de la Chambre de Sa Majesté, pour le parachèvement de la closture et adjonction à la ville de Paris des fauxbourgs Sainct Honoré, Montmartre et la Vilieneufve, dont Mre P ierre Pidou avoit cy devant traicté avec elle, lesdicts articles arrestez au Conseil d’Estat de Sadicle Majesté le 28“ jour de novembre 1 633 , signez en fin : Le Ragois, a esté exlraict ce qui suit :
«En considération du preseut traicté en faveur dudict Froger, Sa Majesté a permis et accordé, permet et accorde qu’il soit faict dans l’estendue des places comprises dans lesdictes nouvelles enceintes ou dedans l’estendue du fauxbourg Sainct Germain, en tels lieux que bon semblera audict Froger, deuz monastères de religieux ou religieuses de quelque ordre que ce soit approuvé, pourveu touteffois qu’ils soient fondez à rentes et non mendians, nonobstant aussy les deffenses portées par les déclarations et arrests sur ce faicls , auxquels
Sadicte Majesté a semblablement dérogé . »
(Ibid.)
(2) «Par devant Louis Poictevin et Jean Marreau, notaires gardenottes du Roy nostre sire en son Ghaslelet de Paris soubssignez , furent presens en leurs personnes messire Louis Le Barbier, conseiller, maistre d’hostel ordinaire de Sa Majesté et de
ses finances, et dame Denise Potier, sa femme, de Iuy suffisamment auctorisée, demeurons à Sainct Germain des Prez les Paris, sur le quay de la rivière de Seyne, parroisse Sainct Sulpice, lesquels volontairement ont recognu etcoDfessé avoir vendu,
ceddé, quitté, transporté et délaissé . au con-
vent et monastère de la Congrégation Nostre Dame, establv à Laon , ce acceptant par reverende mere sœur Magdelaine des Anges, supérieure de ladicte
Congrégation . , icelle dame supérieure estant
de présent en ceste ville de Paris, logée rue Quinquempoix, parroisse Sainct Nicolas des Champs, à
ce présente et comparante . , c’est assavoir une
grande place composée de deux jardins plantez d’arbres fruictiers, distinguez de murailles, et toute ladicte place encloze de murs, contenant sept arpens et demi ou environ plus ou moings, seize audict Sainct Germain des Prez, rue Cassette, avec les deux maisons en deppendans, l'une desquelles est bastie de neuf sur ladicte rue Cassette et l’autre vieille sur la rue des Vieilles Tlmilleries, autrement dicte du Chassemidy, tenant d’une part la tolallité desdicls lieux, scavoir, sur ladicte rue Cassette à Denis Vallet, d’autre part au sieur Jolly Logent et aux heritiers du feu sieur Goult, vivant procureur en Parlement, abboulissant par devant sur ladicte rue Cassette, et, sur ladicte rue des Vieilles Tlmilleries, tenant d’une part audict sieur Le Barbier, d’autre parta Nicolas Philippe, abboutissant par devant sur ladicte rue des Vieilles Tliuilleries, ainsy que ladicte grande place et maisons se poursuivent et comportent, et que lesdicts sieur et dame Le Barbier ont droit d’en jouir pour le présent, au moyen de l’acquisition par eschange qu’ils en ont faicte avec autres héritages de messh’e Antoine de Lomenie, conseiller du Roy en son Conseil d’Estat et privé et secrétaire des commandemens de Sa Majesté, et de messire Henry Auguste de Lomenie son fils, seigneur de la Ville aux Clercs, comte de Montbron et de Cosnac, prince de Morlagne, aussy conseiller du Roy en sesdicts Conseils et secrétaire de ses commande-
COUVENT DU CHASSE-MIDI
Henri-Auguste de Loménie, seigneur de la Ville-aux-Clercs, et Louise de Béon Du Massés, sa femme, qui avaient intérêt à faciliter l’établissement du nouveau couvent, avaient assuré à la communauté, par contrat du 8 juillet 1 6 3 4 , une rente annuelle de 2,^100 livres et l’avaient gratifiée en outre d’une somme de 1,200 livres pour subvenir à ses premières dépenses W.
mens, par contract passé par devant Marreau, l’un desdicts notaires soubsignez, et Turgis, aussi notaire, le 1 8e jour de mars iG32, icelle place et maisons en la censive de messieurs les abbé et religieux de Sainct Germain des Prez . ; cesle
vente, cession et transport faicts h la charge des cens et droicls seigneuriaux seullement et outre moyennant la somme de quatre vingts mil livres tournois, sur laquelle somme ladicte reverende
mere supérieure . a promis et promet bailler
et payer auxdicts sieur et dame Le Barbier ou au porteur des présentes pour eux, en ceste ville de Paris, la somme de quarante cinq mille livres tournois, dans les derniers jours de l’année présente. , .; et, pour les trente cinq mil livres tournois restans,
icelle dame . a par ces mesmes présentes
constitué, assis et assigné deux mil cent quatre vingt sept livres dix sept sols tournois de rente
annuelle et perpétuelle . Promet icelle dame
supérieure, esdicts noms, maintenir et entretenir lesdicts héritages en bon et deub estât et faire construire et ediffier de neuf sur icelle place des maisons et bastimens pour l’establissement d’un monastère de leur Ordre , et ce le plus diligemment
que faire se pourra . Et pour faciliter l’esla-
blissement dudict monastère, lesdicts sieur et dame Le Barbier ont subrogé et subrogent par ces présentes ladicte dame supérieure au droict et pouvoir qui a esté accordé par Sa Majesté audict sieur Le Barbier, par les articles du traicté faict sous le nom
de M‘“ Charles Froger . Faict et passé en la
maison d’iceux sieur et dame Le Barbier, l’an 1 63 A , le i3e jour de may. » (Arch. nat. , S. 45ç)o.)
Par un contrat annexe, il était stipulé que , «en cas que lesdicts sieur et dame Le Barbier ne puissent rentrer en la propriété et possession de l’un et plus petit desdicts jardins et de la maison bastie en icelluy du costé de la rue Cassette, dont lesdicts sieur et dame Le Barbier ont cy devant disposé au prolïict de dame Charlotte de Pommereul Moulin Chapel , soit de gré à gré avec ladicte dame de Moulin Chapel ou par jugement que lesdicts sieur et dame Le Barbier seront tenus de poursui¬
vre, en cedict cas le susdict contract cejourd’huy faict entre les parties sera et demeurera nul et résolu sans aucuns despens, dommages ne interests à prétendre de part et d’autre. » (Arch nat.,
La première vente faite le 10 février 1 633 par le sieur Le Barbier à la dame de Pommereul fut annulée par un arrêt du Parlement du 5 juin 1 635. L’Official de Saint-Germain des Prés avait précédemment interdit h celle-ci de fonder un monastère sur le territoire de l’abbaye. (Ibid.)
Par un second contrat du i4 août i634, le sieur Le Barbier avait vendu rrau convent et monastère de la Congrégation Nostre Dame de Laon, estably audict Sainct Germain des Prez les Paris,
rue Chassemidy . une maison, court, puys
et jardin, les lieux comme ils se poursuivent et se comportent, avec l’allée servant de passage pour aller en ladicte maison, court et jardin, assis audict Sainct Germain des Prez, sortant par ladicte allée sur la rue Chassemidy, devant l’hospital dudict lieu, tenant d’une part et abboutissant par derrière aux religieux Carmes deschaussés, d’autre aux heritiers de feue Mme Bruslé, et par devant au sieur Adrien Taine et au sieur de La Planche, en la censive de messieurs de l’abbave
dudict Sainct Germain . ; ceste vente, cession
et transport moyennant la somme de cinq mil livres
que lesdictes dames ont promis de payer .
sans aucun proffict ne interest, d’huy en deux ans prochains venans . » (Ibid.)
C1) tr Par devant Claude Caron et Estienne Le Ro v, notaires et gardenottes du Roy nostre sire en son Chastelet de Paris, soubsignez, furent presens en leurs personnes messire Henry Auguste de Lomenie, chevalier, conseiller du Roy en ses conseils d’Estat et privé , secrétaire d’Estat et des commandemens de Sa Majesté, seigneur de la Ville aux Clercs, et dame Louise de Massez, son espouze, qu’il a auctorizée pour l’elfect des présentes, demeurant à Sainct Germain des Prez les Paris, sur le quay de la rivière de Seyne, parroisse Sainct Sulpice, d’une part, et reverendes meres sœurs
IMPniMCRlE NATIONALE.
Sur la recommandation de ces donateurs, l’abbé de Saint-Germain-des-Prés autorisa la fondation du couvent projeté, le 16 juillet, et, le lendemain, les
Evangéliste de Sainct Agnan et Claude de l'Incarnation , religieuses du convent des Filles de la Congrégation Nostre Dame de la ville de Laon en Laonnois, depputées et ayant charge de ladite Congrégation et convent pour l’establissement d’un convent de leur dit Ordre et Congrégation en celte ville ou faulxbourg de Paris, soubs le bon plaisir toutefois de Sadite Majesté et de l’Ordinaire, icelles meres religieuses estant de présent en cette ville de Paris, logées rue Quinquempoix , en la maison de noble homme m" Philemon Ragueneau, advocat en Parlement, parroisse Sainct Nicolas des Champs, d’autre part; lesquelles parties disoient mesmes lesdits seigneur et dame de la Ville aux Clercs que touchés de l’honneur et gloire de Dieu , augmentation de la foy et religion catholique, ils auraient, dès longtemps y a, eu intention de veoir fonder en cette ville ou faulxbourgs de Paris une maison et convent de religion de l'Ordre desdites tilles de la Congrégation Nostre Dame, comme sont celles fondées en ladite ville Laon, et pour y parvenir auraient sollicité et incité lesdites reverendes meres religieuses et convent dudit Laon de faire ledit establissement en cette ditte ville de Paris ... ; et à présent qu’elles ont traicté avec Mre Le Barbier, conseiller et maistre d’hostel ordinaire de la maison du Roy, d’une maison et jardin scis à Sainct Germain des Prez les Paris, Grande rue Cassette, dans laquelle elles esperent, moyennant la grâce de Dieu, eux y establir en bref et avec le temps y faire bastir et construire un convent de leur Ordre, lesdits sieur et dame de La Ville aux Clercs ont désiré, pour l’advancement de ladite religion et convent, faire quelque bien et charité en iceluy et de porter le nom et tiltre de premiers fondateurs et bienfacteurs de ladite maison et convent; à cette cause lesdits sieur et dame de La Ville aux Clercs ont donné, ceddé, quitté, transporté et délaissé,
et par ces présentes donnent . audit convent
des religieuses dudit Ordre de la Congrégation de Nostre Dame qui se va establir, comme dit est, et fonder par lesdites reverendes meres audit faulxbourg Sainct Germain des Prez . deux mil
quatre cens livres tournois de rente annuelle et perpétuelle et icelle avoir et prendre sur tous et chacuns les biens meubles et immeubles, presens et à venir, desdits seigneur et dame de La Ville aux Clercs
par chacun an , à deux termes et paiemens esgaulx,
qui seront Noël et Sainct Jean . Cest présent
don et fondation ainsy faicts par lesdits seigneur et
dame de La Ville aux Clercs . afin d’estre dès
maintenant et pour tousjours nommez et tenuz
pour premiers fondateurs dudit monastère .
Et outre, en faveur dudit establissement, lesdits seigneur et dame de La Ville aux Clercs ont présentement donné auxdites reverendes meres dessus nommées la somme de douze cens livres tournois de deniers d’entrée pour subvenir à partie de la nourriture et allimens desdites religieuses, en attendant leurdit establissement, de quov icelles ont très humblement remercié lesdits seigneur et dame de La Ville aux Clercs, ausquels il est permis, pour perpétuelle mémoire de la présente fondation, faire inscrire icelle dans une epitaphe de pierre, marbre ou cuivre, et ce tant dans l’esglise que revestiere dudit convent, quand bon leur semblera. . . Faict et passé double, en l’hostel desdits seigneur et dame de La Ville aux Clercs devant déclarés, l’an 1 63 4 , le 8' jour de juillet. » (Arch. nat., S. 4590.)
Jaillot fait observer à ce sujet que rr Sauvai prétend, sans le prouver, que cette donation étoit imaginaire et que les religieuses en donnèrent une contre lettre. « (T. V, xix, p. 23.)
Mais il paraît évident que Sauvai avait raison, puisque, le 17 août i64o, par une sentence du Prévôt de Paris, rtil avoit esté ordonné que lesdicts sieur et dame de Brienne demeureraient déchargés des donation et constitution par eux faictes de deux mille quatre cens livres de rente par chacun an et principal, mentionnés au conlract du B" juillet 1 634 , ensemble des arrerages escbeus et à es-
cheoir . , et pourraient, si bon leur sembloit,
faire décharger les minuties et grosses de ladicte donation, constitution et fondation et tous autres actes faicts en conséquence par les notaires et ledict jugement inséré, deffense auxdictes religieuses de s’en servir, et à elles enjoint de rendre auxdicts sieur et dame de Brienne touttes et chacunes des pièces estant en leur possession ou de leur agent concernant lesdicts contracts de fondation, constitution et donation.»
Sur appel, le Parlement, par son arrêt du 3 mars 1 663 , confirma la sentence du Prévôt,
COUVENT DU CHASSE-MIDI
religieuses s’installèrent provisoirement dans l’une des maisons quelles avaient acquises. Leur établissement fut approuvé par des lettres patentes de Louis XIII, du mois de septembre i63A, et par des lettres de surannation de Louis XIV, du 7 avril i64/t, vérifiées en Parlement le 27 du même mois.
Les religieuses firent bâtir un couvent avec une chapelle qui fut dédiée sous le titre de Saint-Joseph, et elles reçurent des pensionnaires W. Mais, en raison de la modicité de leurs revenus et peut-être aussi du défaut d’administration, elles se trouvèrent bientôt chargées de dettes^. Au bout d’une trentaine d’années,
mais en tenant compte de l’intervention des créanciers de la communauté.
Cet arrêt rfdeclare le contract de fondation du 8e juillet i634, faict par lesdicts de Lomenie et Beon du Massez , sa femme , au profit des religieuses de Saint-Joseph, de deux mille quatre cens livres de rente rachetable de quarante huit mille livres, contre lettres desdictes religieuses de Laon du mesme jour et de celles de Saint-Joseph du i4 juillet 1 636 , et ratifications d’icelles, nulles et de nul eflet , et neantmoins pour dommages et interests condamne lesdicts de Lomenie et sa femme en la somme de vingt mille livres , du jour et date dudict contract de 1 63 4 , laquelle sera payée dudict jour, sur les deniers provenans de la vente de la maison dudict de Lomenie, sise au faubourg Saint Germain, faicte au prince de Conty». (Arch. nat. , S. 4590.)
Nous trouvons, d’autre part, une preuve décisive de la nullité de celte donation dans ce fait que le compte de la recette du couvent, publié ci-après, ne constate aucun payement de rente effectué aux religieuses par M. et Mme de Lomenie.
Quant au motif qui avait inspiré cet acte, il faut le chercher, croyons-nous, dans les relations des prétendus fondateurs avec le sieur Le Barbier.
M. de Loménie, après avoir cédé à celui-ci, en échange d’un hôtel sis au quai Malaquais, ses terrains et maisons du faubourg Saint-Germain, voulut lui faciliter les moyens de les vendre à la congrégation de Laon, et ce fut dans ce but qu’il constitua une rente à la maison de Paris. Gomme, aux termes mêmes de l’autorisation royale, le nouveau couvent ne devait être établi qu’à la condition expresse d'être rrfondé à rente et non mendiant*, la donation simulée de M. de Loménie pouvait seule régulariser la situation de la communauté à cet égard et permettre par suite au sieur Le Barbier de lui vendre sa propriété.
(1) En 1639, Du Breul note que les religieuses
front fait bastir une belle eglise couverte d’ardoize et une fort agréable maison où elles demeurent à présent*. ( Supplément , p. 44.)
Le 8 août 1 63 6 , l’Offîcial de Saint-Germain des Prés leur avait prescrit d’élever un mur de clôture pour séparer leur propriété de celle des Carmes déchaussés. (Arcb. nat., L. 1 o4 4. )
(2) Durant les dix premières années, les religieuses n’eurent que des ressources à peine suffisantes pour leur entretien et la dépense des bâtiments , ainsi que le prouve le compte suivant :
Sommaire de la recepte depuis le mois d’avril de l’an 1 635 jusques au 10 septembre 1 644 :
Premier, toutes les dotz des reli¬
gieuses montent à . 75,083**
La recepte des pensions . 43,295*+ ios 2d
La recepte des rentes et pensions
viagères des religieuses . 1,7 a 5*+
La recepte des aumosnes et
Lienfaitz . 9,894+^
L’emprunt de madame Dareyne. 6,000++
Une autre partie de . 8,700+*
Somme . 1 89,697** 1 os 2d
Sommaire de la dépense :
Premier, employé en payement d’une partie de l’achapt de nostre enclos, interest d’icelle
et autres petites rentes . 4 6, 4 3 3** 1 o5
En baslimens . 32,o33**io5 4d
L’eglise . 2,022** 3S
En gages des domestiques et offi-
ciersetautrespartiescasuelles. 4,786** 55
Pour fraix en procez . 3 7 5** 1 6S
En dépense de bouche et autres pour l’entretenemenl de la
communauté . . 56,296** 19’ 6d
Somme . 139,966** 2S 7d
La mise excede la recepte de la
somme de . 2^7** 1 as 5J
Mais le déficit ne tarda pas à s’aggraver, puisque dans un état des revenus du mois de janvier
leur situation financière était telle, que le Parlement, afin de désintéresser les créanciers, dut ordonner la vente de la maison, par un arrêt du 3 mars 1 6 6 3 .
Pour éviter d’être expulsée, la communauté intéressa en sa faveur l’abbesse de Malnoue, Marie-Eléonore de Rohan, et à la suite d’un accord avec elle, les religieuses firent racheter 1 immeuble pour leur propre compte, au prix de 55,ioo livres, le 3 juillet 1669, lorsqu’il fut vendu par décret aux Requêtes du Palais W, et, le 22 juillet suivant, un arrêt du Conseil les maintint en possession de leur couvent 2). Le 7 du même mois, elles avaient conclu avec l’abbé Charles de Longaunay de Franqueville, doyen de l’église cathédrale de Bayeux, agissant au nom de l’abbesse de Malnoue, sous réserve de l’approbation de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, un concordat qui réglait définitivement leur situation et que l’abbesse ratifia le lendemain (3).
Il était stipulé par cet acte que le monastère serait rattaché à l’Ordre de Saint- Benoît et placé sous la dépendance de l’abbaye de Malnoue. Il aurait pour supérieure majeure, sa vie durant, la princesse de Rohan, qui nommerait elle-même la supérieure. Après la mort de la prieure désignée par elle qui lui aurait succédé, le chapitre conventuel procéderait aux élections suivant les règles canoniques, et les abbesses de Malnoue devraient se borner à confirmer son choix sans pouvoir y rien changer ou y faire aucune opposition. La communauté de Laon était tenue de contribuer au payement du prix de rachat de la maison pour 23,000 liv res; le complément de la somme et les frais restaient à la charge de l’abbé de Franqueville. Les religieuses conservaient la pension annuelle de 600 livres que le couvent de Laon était tenu de fournir pour leur entretien, et Mme de Rohan s’engageait, de son côté, à payer une rente annuelle de 2,000 livres. Celles des anciennes religieuses qui ne voulaient pas prendre l’habit de Saint- Benoît avaient la faculté de continuer à vivre dans la maison en suivant leur règle primitive.
Ce concordat, à l’exécution duquel la communauté de Laon tenta vainement de s’opposer, fut homologué le 2 3 août 1669, par l’archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, qui érigea le couvent en Prieuré de l’Ordre de Saint-Benoît, sous le
1 655 , les religieuses observent que rr depuis dix ans environ, elles n’ont pas pu payer les arrerages des rentes constituées pour l’achat de leur maison ». (Arcli. nat. , L. 1 o44.)
(1) L’adjudicataire, le sieur Georges Le Prince, procureur en Parlement, constatait, le 10 juillet, par une déclaration au greffe de la cour, que l’achat avait été fait pour le compte de la communauté. (lbicl., S. 4590.)
(2) Le Conseil reconnaît d’ailleurs dans son arrêt que les religieuses c:par leur bonne conduite ont mérité l’approbation de ceux qui pra¬
tiquent la vie reguliere et qu’il n’y a que le deffault de biens et les rigoureuses poursuites de leurs créanciers qui aient troublé une si sainte compagnies. (Arch. nat., S. 4590.)
(3) M. Bournon fait observer à ce sujet que rrJaillot a connu des documents disparus aujourd’hui, qui attestent qu’en 1669 , l’administration de la maison ayant périclité, un concordat permit à l’abbaye de Malnoue de s’en rendre propriétaire ». (Additions , t. I, p. 269.) Ces documents, qui sont précisément ceux que nous avons analysés ici, existent aux Archives nationales. (S. 4590.)
COUVENT DU CHASSE-MIDI
titre de Notre-Dame de Consolation, et confirmé par lettres patentes du mois de septembre suivant, que le Parlement enregistra le 5 septembre 1671.
Le 1 1 novembre 1669, Mme de Rohan prit la direction effective du monastère, sans quitter sa résidence de Malnoue. Les Bénédictines continuèrent à s’occuper de l’instruction de la jeunesse, en même temps qu’elles recevaient dans la maison des dames pensionnaires. Leur communauté comprenait d’ordinaire une vingtaine de religieuses de chœur, quelques novices et sœurs converses et deux tourières; elle était assistée par deux chapelains, un sacristain et un organiste,
En 1737, 011 procéda à la reconstruction de la chapelle. Le 2 mars, le cardinal Armand-Gaston de Rohan, grand aumônier de France, posa la première pierre de la nouvelle construction, et la duchesse de Mortemart la seconde, le jour suivant. Le nouvel édifice fut promptement achevé et dédié le 20 mars 1738, par le chapelain du couvent; l’office divin y fut célébré le lendemain par Languet de Gergy, curé de Saint-Sulpice W.
L’enclos du Prieuré formait, au xvnie siècle, une sorte de trapèze irrégulier, limité par les rues du Chasse-Midi, les couvent des Carmes déchaussés et des Filles du Saint-Sacrement, et diverses propriétés. L’immeuble, qui se composait de neuf maisons ou corps de logis distincts, avait son entrée par une porte cochère dans la rue du Chasse-Midi. C’était une grande construction quadrangulaire avec une cour au milieu, dont le bâtiment antérieur se prolongeait jusqu’à la rue des Vieilles-Tuileries, fermant une seconde cour dans laquelle se trouvait la chapelle reliée au couvent par le chœur des religieuses. La connnu-
(1) Dans un Mémoire présenté en 1772 à la Commission instituée pour le soulagement des Communautés religieuses , la situation fâcheuse du Prieuré est expliquée par ce fait que tria construction, il y plus de trente ans, et la décoration d’une eglise et d’un chœur dont le besoin etoit pressant, ont été la cause et les occasions necessaires de la partie la plus considérable de la masse des dettes ; ce qui a été payé des bâtiments a été pris sur des emprunts».
Depuis cette époque, le déficit annuel du budget delà communauté avait été d’environ 2,000 livres, et par suite, en 26 ans, les religieuses s’étaient endettées de 71,810 livres.
Par une délibération du 3 mars 1773, la Commission leur accorda un subside de 4 2,5 00 livres, payable en sept annuités successives de 6,000 livres. De son côté , pour achever de les tirer d’embarras , l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, leur avait promis une somme de 3 2,000 livres,
payable à raison de 4, 000 livres durant sept années consécutives. Mais, dans un nouveau Mémoire de l’année 1785, les religieuses déclarent que Mes charités trop abondantes qu’il a faites à d’autres l’ont empêché de remplir ses engagements , de maniéré que les suppliantes n’ont reçu que 16,000 livres pendant les quatre premières années ; il leur reste dû 12,000 livres sur cet objet, ce qui leur fait un grand préjudice. »
Néanmoins la Commission décida, le 7 mars 1786, qu’il n’y avait pas lieu de les gratifier d’un nouveau secours. (Arch. nat. , G9 65o.)
D’après la Déclaration des biens du 22 juin 1790, les revenus annuels du Prieuré sont évalués à 25,899 üvres 2 sols, dont 799 livres 2 sols pour les rentes, ig,4oo livres pour les loyers de maisons et 7,500 livres pour les pensions des demoiselles et autres recettes; les charges s’élèvent, par contre, à 36,721 livres, d’où un déficit constant d’environ 11,000 livres. {Ibid., S. 4590. )
nauté n’occupait que trois maisons, dont une réservée aux gens de service (1); le reste était loué à des particuliers.
Les Bénédictines quittèrent leur couvent au mois de septembre 1792, et l’immeuble, devenu propriété nationale, fut vendu en sept lots, du 9 fructidor an iv (27 août 179b) au 8 fructidor an vm (26 août 1800). Le contrat du i5 brumaire an v (5 novembre 1796) imposait à l’acquéreur l’obligation de fournir gratuitement le terrain nécessaire au percement d’une nouvelle voie. Cette rue, qui fut ouverte en 1806 et dénommée rue d’Assas, fit disparaître une partie des constructions à l’angle occidental; les autres, qui subsistaient encore vers 1820, ont été détruites depuis pour faire place à des maisons particulières.
(,> Dans un décret du 18 avril 1671, confirmatif de celui de son prédécesseur, l’archevêque de Paris, Harlay de Champvallon, signalait, d’après l’enquête faite par le grand vicaire du diocèse, M. de La Brunetière, tria commodité des battimens, leur scituation, disposition et construction propres h une communauté régulière, lesdits bastimens com¬
prenant une chapelle extérieure, avec le chœur intérieur, deux dortoirs, un réfectoire, des parloirs et des chambres commodes pour les novices, les infirmes et les petites pensionnaires, n’y en ayant poinct d’autres dans ledit monastère, avec un jardin spacieux, le tout en bon ordre.» (Arch. nat., S. 45oo.)
ÉPITAPHES DE LA CHAPELLE