‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 2)Chapitre 79 sur 421 · CL U N Y · texte numérisé non relu

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Vue du collège de Cluny W.

COLLÈGE DE CLUNY

NOTICE HISTORIQUE’21

Au cours du xme siècle, plusieurs monastères de l’Ordre de Cluny avaient pris l’habitude d’envoyer à Paris quelques religieux pour suivre les leçons de l’Université. Par suite de leur commune origine, ces étudiants se réunirent pour vivre ensemble. Dans sa réunion du 2 5 avril i 260, le Chapitre général de l’Ordre fut d’avis qu’il convenait de les doter d’une résidence qui leur appartînt en propre

sions relatives à cet établissement. (Bibl. nat. mss.; F. lat. nouv. acq. , 2263.)

Pour la période moderne, il existe une liasse de documents manuscrits aux Archives de l’Université (Bibl. de la Sorbonne, cart. XX) et quelques mémoires ou facturas imprimés, aux Archives nationales (Fonds de Saint -Martin -des- Champs et de l’Ordre de Cluny), et à la Bibliothèque nationale. (Ld16.)

(1) D’après le plan de Turgot. — Le plan du collège a été dressé par M. Hochereau , d’après un plan de Vaudover (Bibl. nat., Topographie de Paris), complété à l’aide des relevés de M. Vacquer.

’2) Les archives du collège n’existent plus aujourd’hui. Toutefois, pour le xuie et le xiv6 siècle, on trouve dans un recueil analytique des Décrets du Chapitre général de Cluny le texte des déci-

et il accepta la cession que l’évêque d’Auxerre leur avait faite de sa maison, sise rue de la Harpe (1), en lui attribuant à titre d’échange, sa vie durant, les revenus du prieuré de Vandœuvre en Champagne. Mais cette décision resta sans effet, probablement parce que la maison de l’évêque d’Auxerre fut jugée insuffisante pour l’usage auquel on la destinait, et, le i5 mai ia6i, le Chapitre autorisa l'abbé de Cluny à acquérir, si l’occasion se présentait, un immeuble qui pût servir de collège aux étudiants (2b

Ce fut peu après que l’abbé Yves de Vergy acheta à l’Hôtel-Dieu de Paris W

(J) C’est la plus ancienne décision du Chapitre général de Cluny qui constate l’existence à Paris d’une communauté d’écoliers de l’Ordre :

rr Ut dictum studium de bono in rnelius augmentetur, diffinilum est quod ornnes libri predictorum scolarium in dicto studio vel alibi, dum fuerint in dicto loco scolarium decedentium, si eisdem appropriati fuerint, in communem utilitatem omnium scolarium in dicto loco studenlium perpetuo maneant et in arcba communi a priore dictorum scolarium teneantur et secundum dispositionem ipsius prioris ad nsum ipsorum scolarium libéré concedantur.

«Item, quoniam maltus favor est cluniacensibus scolaribus Parisius studentibus, diffinierunt quod prioratus de Vendopera, in Campania, lingonensis diocesis, assignetur et conferatur episcopo altissiodorensi, ab eo quamdiu vixerit possidendus, ita (amen quod post morlem ipsius episcopi libéré cum melioracionibus omnibus et edificiis ibi per eum factis ad cluniacense monasterium revertatur, et boc precipua ilia ratione quia dictus episcopus domum quam habet Parisius cum omnibus pertinentiis domus, que pertinent ad ipsum ratione patrimonii sui, contulit liberaliter et concessit et donatione perpétua inter vivos tradidit monasterio cluniacensi, ab eodem monasterio perpetuo possidendam etbabendam, ad opus et exercitium scolarium dicte domus et membrorum studenlium Parisius. » (Décrets du Chapitre général, fol. 70 v°; — Denifle, Chartularium Universitatis paris. , t. I, p. 4 10.)

La maison de l’évêque d’Auxerre est désignée ainsi qu’il suit dans une charte du 22 mai 1279, conservée aux Archives de l'Université : rrDomum episcopi al tissiodorensis, faciente conum vici Poretarum, supra vicum Sancti Cosme, ex una parte, et ex altéra parle, in vice Poretarum, faciente conum vici Lathomorum, ab oppositis domus monachorum cluniacensium. » (Denifle, Ibid., p.575.)

(2) «Quoniam multus favor est cluniacensibus scolaribus Parisius studentibus ex eorumdem studio adhibendus et ibidem Ordo cluniacensis propriam domum non babeat studio deputatam, diffinimus quod si dominus abbas inveniat aliquem qui domum Parisius babeat studio congruentem, qui eam velit aliquo titulo concedere monasterio cluniacensi, ad opus dictorum scolarium, assignentur possessiones eidem de decanatibus et prioratibus monasterii cluniacensis, ad valorem centum librarum parisiensium annui redditus vel amplius, ab eo quod vixerit possidende, ita tamen quod post mortem illius a quo domus haberi poterit dicte possessiones libéré cum omnibus melioracionibus et edificiis ad cluniacense monasterium reverlentur. « (Décrets du Chapitre général, fol. 69; — Denille, Chartularium Universitatis paris. , t. I, p. 419.)

^ Cet achat ne nous est connu que par les lettres patentes de Philippe le Bel, publiées ciaprès. La copie du contrat devait se trouver parmi les papiers de l’Hôtel -Dieu, puisque M. Brièle a signalé une série de documents aujourd’hui détruits qui se rapportaient à une rente de 21 livres 8 sous 6 deniers parisis , dont le collège de Cluny était redevable. «D’après un ancien inventaire des titres de l’Hôtel-Dieu, ajoute cet érudit, ces pièces concernaient la donation faite en 12 34 par Jacques , clerc de saint Louis, roi de France, à l’Hôtel-Dieu de Paris, d’une maison située dans la rue qui était entre les Cordeliers et les Jacobins, à condition qu’il serait institué à l’Hôtel-Dieu un chapelain breton, sachant sa langue bretonne, qui entendrait les confessions des pauvres Bretons et qui dirait la messe, suivant les intentions du donateur, à l’autel de Saint-Thomas, élevé dans une salle que la reine de France, Blanche, femme de Louis VIII, avait fait bâtir à l’Hôtel-Dieu. n ( Inventaire sommaire des Archives hospitalières antérieures à 1790, Hôtel- Üieu, t. I, p. 64.)

COLLÈGE DE CLUNY

une maison avec un vaste terrain, en bordure sur la rue de la Harpe et contigus au couvent des Jacobins, où il installa provisoirement les étudiants, en attendant d’avoir édifié les logements qui leur étaient nécessaires. Le 3i mars 1262, il obtint du pape Urbain IV l’autorisation de bâtir un oratoire (1), et il commença aussitôt les nouvelles constructions. Comme la propriété qu’il avait acquise se trouvait divisée en deux par un terrain appartenant au roi , il fit un échange avec Philippe le Bel, en décembre 1271 (2), ce qui lui permit de réunir dans un même enclos les anciens et les nouveaux bâtiments. Lorsqu’il mourut, en 1275, le réfectoire, le dortoir et une moitié du cloître étaient terminés. Son neveu, Yves de Cbasant, qui lui avait succédé comme abbé de Cluny, acheva la construction du cloître et édifia la chapelle et le Chapitre ^ .

(1) tfUrbanus episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio abbati Cluniacensi salutem et apostolicam benedictionem. In nostra conslitutus presentia nobis huiniliter supplicasti ut cum monasterium luum in civitate parisiensi habeat quanidam domum in qua fratres cluniacensis Ordinis insudantes litterarum studio commorantur, construendi oratorium in eadem domo, ad opus fratrum ipsorum, t bi licentiam concedere dignaremur. Nos itaque tuis supplicationibus inclinati tibi licentiam concedimus postulalam, ita tamen quod per hoc venerabili fratri nostro episcopo parisiensi vel parrocbiali ecclesie nullum prejudicium generelur. Datum Viterbii, 20 kalendas aprilis, pontificatus nostri anno primo. » ( Bullarium sacri Ordinis cluniacensis , p. i3i.)

(2) frPhilippus, Dei gratia Francorum rex, universis présentes litteras inspecturis salutem. Notum facimus quod cum viri religiosi abbas et conventus cluniacensis nos requisierint ut quemdam vicum nostrum situm Parisius , juxta domum suam quam jamdiu est Parisius edificare ceperunt, prope domum Fratrum predicatorum parisiensium , ex una parle, et aliam domum ipsorum abbatis et conventus, que fuit quondam Domus Dei parisiensis, ex altéra, per legilimam recompensationem alterius vici eque boni vel etiam melioris nobis in sua terra propria faciendam, eisdem abbati et conventui vellemus concedere, intuitu pietatis, ut predictas domos suas possint jungere, perficere et consummare in dicto vico edificando, sicut sibi expedire vidèrent, et ipsis nobis et successoribus nostris in recompensationem vici bujusmodi in predicta terra sua concesserint et deliberaverint unum vicum eque bonum seumeliorem, situm inter quandam domum fratrum Predicatorum parisiensium,

ex una parte, et predictam domum, que fuit, ut predictum est, Domus Dei parisiensis, ex altéra parte, nos, ad requisitionem predictorum abbatis et conventus, intuitu pietatis et pro redemptione ejusdem , perpeluo concessimus et donavimus dictum vicum juxta domos suas ex utraque parte situm , ut diclum est , pro suis domibus jungendis et perfîciendis, sicut voluerint et viderint expedire. Volenles tamen indempnitati ac tranquillitati Fratrum predicatorum, qui scolas suas, dormitorium et alias officinas suas habere noscuntur dicto vico vicinas, utililer providere in concessione bujus modi vici, lias conditiones duximus apponendas videlicet quod non liceat dictis abbati et conventui cluniacensi versus Fratres, in superiori parte vici predicti, coquinam seu cloactam facere seu conslruere, vel aliquid quod turbet, inquietet aut dampnifîcet diclos Fratres, aut etiam campanam erigere seu alicjuid aliud altemptare in parte predicta quod nocumentum seu dampnum inférai Fratribus antedictis, aut studium, quietem, seu o(lîcium eorum impediat aliquatenus aut perturbet . . . Acturn apud Montem Argii, die Mercurii ante Natale Domini, anno ejusdem 1871°, mense decembri. v (Bibl. nat. mss.; F. lat. , 5458 : Cartulaire de Cluny, n° 209; — Denifle, Chartularium Universitatis paris. , t. I, p. 4 g4. )

(3) En mémoire de ces deux abbés , une inscription avait été placée dans la chapelle, au-dessus de la porte qui conduisait au cloître :

Yvo, PRIMUS IIUJUS NOMINIS , ABBAS CLUNIACENSIS, AC PB1Î1IUS IIUJUS COLLEGII FUNDATOR , ANNO DoMINI DUCEN- TES1MO SEXAGESIHO NONO SUPRA MILLESIJ1UM, PLATEAM EMIT, MUROSQUE FECIT IN CIRCUITU , REFECTORIUM, CUI.I NAM, DORMI'lORIUH AC CLAUSTRI MEDIETATEM. ÆtERNA PACE FRUATUR.

En 1278, cet abbé demanda au pape Nicolas III l’autorisation de célébrer les offices à haute voix dans la chapelle du collège, d’avoir une cloche et d’établir un cimetière; mais il semble que l’opposition des Jacobins empêcha sa requête d’aboutir W. Quelques années après, de nouvelles instances furent faites par les écoliers de Cluny, et le pape Honorius IV prescrivit à son légat, Jean Gbolet, par une bulle du 18 mars 1286, de leur donner satisfaction. Cette décision, d’ailleurs, resta encore sans effet, puisque le collège, pour obtenir gain de cause, dut adresser, un demi-siècle après, une supplique à Clément VI. Le 21 mars i36/t, ce pape concéda cette fois définitivement aux écoliers le droit d’avoir une cloche

et un cimetière, mais avec cette r servé aux seuls étudiants (2b

Contrairement à l’usage, le nouveau

YVO SECONDUS, ABBAS CLUNIACERSIS , PP.XMI FURDA- TORIS REPOS, HARC ÆDEM DlVE ViRGINI SACRAM, CAPI- TÜLÜM ET ALTERAJI CLAUSTRI MEDIETATEM FECIT CUM BLBLIOTHECA. ÆtERNA PACE FRUATUR. AmER.

(Du Breul, p. £73.)

Les indications de ce texte ne paraissent pas exactes. La date de 1269 ne peut être admise pour Lacliat du terrain , puisque la bulle d’Urbain IV constate qu’il appartenait au collège en 1261. De plus, il y avait déjà une maison sur ce terrain, d’après le même document, et peut-être plusieurs bâtiments, comme Bonfons l’affirmait :

«Au reste, ne faut estimer que tout le corps de cette maison ne fut édifié par les abbez susdicts , ains y avoit des bastimens anciens et cecy dès le temps des Romains et des premiers seigneurs gaulois, ainsi que l’antiquité du lieu le demonslre. » (Fol. i48.)

Quant à la construction du collège, il paraît . vraisemblable d’admettre comme dates extrêmes les années 1261 et 1278, puisque Yves de Vergy fut abbé de 1256 à 1275, et que la requête adressée au pape Nicolas III, par son successeur Yves de Chasant, en 1278, permet de croire que l’édifice était déjà achevé à cette époque.

(l) Le pape, par sa bulle du 5 février 1279, avait demandé sur cette question l’avis du cardinal Simon de Brion, son légat, et de l’évêque de Paris : rr Dictus abbas humililer petebat a nobis ut eidem conventui celebrandi alta voce in oratorio ipso, babendi campanas ibidem et cimiterium pro corporibus fratrum ipsius Ordinis cum decedent sepeliendis decenter licentiam concedere dignaremur. Nos itaque intendenfes super hiis deliberatione

lion que le droit d’inhumation serait récollège ne fut doté ni de biens-fonds ni

qua convenit salubriter provideri , discrelioni veslre per apostolica scripta mandamus quatinus de premissis et universis eorurn circumstantiis deligentius indagatis , nobis quid inde perceperitis et quid vobis videbitur per veslras litleras barum seriem continentes fideliler rescripturi, ut, a vobis diligenter instructi, quid post modum in predictis fieri magis expédiât clarius et salubrius, dante Domino, discernere valeamus. n (Denifle, Chartularium Universitatis paris., t. I,-p. 571.)

(2) ff Significant Sanctitali vestre bumiles et devoti oratores vestri monachi et scolares cluniacenses, Parisius stridentes in tbeologica et artium Facultate, quod in domo vestra dictorum scolarium sunt et ab antiquo fuerunt degentes viginti quinque scolares ad minus, non babentes cimiterium ubi eorumdem seu aliorum decedencium corpora valeant sepeliri, quin ymo apud Sanctum Martinum de Gampis, per medium ville transitum faciendo, solita sint deportari, unde expensas multas paliuntur et labores necnon et derisiones laycorum, et sic honeste et devote funus traclari non potest. Unde supplicant quatenus eisdem concedere dignemini et velitis cimiterium et campanile cum campanis ac liberam sepulturam, non obstantibus privilegiis Ordini Fratrum predicatorum seu quibuscurnque aliis concessis, et quod diclum cimiterium per quemcumque episcopum in gralia Sedis apostolice existentem, quem dicti scolares elegerint, valeat consecrari et eorurn capella dedicari cum inbibicione . decreto et aliis clausulis opportunis. — Fiat de cimiterio pro personis scolarium degenlium in dicto

domo . Datum Avinione, xii kalendas aprilis,

anno secundo. -n (Ibid., t. II, sectio prior. p. 548.)

COLLÈGE DE CLUNY

de rentes propres à lui assurer les ressources dont il devait avoir besoin. Mais la plupart des prieurs et doyens de l’Ordre de Cluny, désireux de contribuer à son établissement, s’étaient engagés à payer la pension des religieux de leur couvent qu’ils y enverraient.

D’après les constitutions du Chapitre général de 1278, qui sur ce point avaient été fort peu modifiées par la suite, les prieurés de Saint-Martin des Champs et de Notre-Dame de la Charité devaient entretenir chacun deux boursiers; les monastères de Sauxillanges, Souvigny, Coincy, Crépy, Lihons, Abbeville, Marcigny, Longpont, Saint-Leu d’Esserent, Nogent-le-Rotrou, Notre-Dame de Montdidier, Sainte-Marguerite d’Hélincourt, Gaye, Paray, Sainte-Marguerite en Champagne, Vergy, Saint-Eutrope-lès-Saintes, l’Ile-d’Aix, La Rochelle, Saint-Orens d’Auch, Romain-Moutier, Pont-Saint-Esprit, La Youlte et Saint- Saulve de Valenciennes W devaient en entretenir chacun un, ce qui portait à vingt-huit le nombre des boursiers (2h L’abbé de- Cluny avait pris à sa charge la pension du prieur qui administrait la maison (3h

(1) Cette nomenclature est donnée par l’arrêt du Conseil du 22 mars 1629, relatif au collège de Cluny. Du Breul l’a reproduite avec quelques variantes qui paraissent être simplement des fautes d’impression, et en indiquant le couvent de Rueil, à la place de celui de la Rochelle. (P. 475.) On la retrouve dans un mémoire manuscrit sur les bourses du collège. (Arch. nat. , L. 869.) Ce document constate que le collège perdit deux de ses boursiers lorsque les prieurés de Romain-Moutier et de Saint-Saulve de Valenciennes furent détachés de l’Ordre de Cluny.

(2) L’abbé de Cluny payait en outre la pension du médecin du collège, et lorsque la manse de Paray eut été réunie à son abbaye, il dut acquitter aussi la bourse de ce prieuré.

(3) Le préambule d’un arrêt du Parlement de Paris , rendu le 7 septembre 1 4 1 1 pour régler les contestations des écoliers avec l’abbé de Cluny, nous fournit d’intéressants détails sur l’histoire et l’organisation administrative du collège :

» . Collegium cluniacense, pulcrum et no-

tabile, ab antiquo in dicta Universitale parisiensi incorporatum fuerat, in quo, retroactis temporibus, quamplures notabiles persone magne auctoritatis et preminencie, videlicet defunctus papa Urbanus V et aliqui cardinales, arcbiepiscopi , episcopi, abbates, priores et alii notabiles magistri in theologia, lacius in processu nominati, ibidem degentes et residentes, quorum aliqui adhuc de presenti in rerum natura existebant, facta ni.

sua in dicta Universitale parisiensi successive notabiliter fecerant, a quibus Dei ecclesia, regnum nostrum , totusque Ordo cluniacensis decorali fuerant et multa bona in dicto Ordine et republica provenerant; quod quidem Collegium cluniacense a sua fundatione continue verum corpus et Collegium nominatum et reputatum fuerat et in signum hujus ibidem studentes predicti Collegii priorem, suppriorem, claustrum, capitulum, dormitorium, archam communem, campanam, sigillum et aba signa Collegii, a fundatione ipsius seu a tali tempore cujus memoria hominum in contrarium non existebat, habuerant et habebant, et ab antiquo pro prioratu conventuali viginti septem religiosorum super pensionibus infra declarandis fundato et in dicta Universitate incorporato lenebalur et reputabatur; in quo Collegio scolares seu religiosi ibidem manentes divinum servicium facere, insimul bibere, comedere et dormire, prout alii religiosi facere consueverant , tenebantur et astringebantur. Quod quidem Collegium ab antiquo per duos prudentes viros, dicti monasterii cluniacensis abbates, Yvones nominatos, videlicet avunculum et nepotem, fundatum extiterat, quorum avunculus pîateam seu domos antiquitus ibidem existentes acquisierat, seu ad censum viginti librarum parisiensium acceperat, et eas mediante dicto censu admortiz averat, dictusque ejus nepos. post mortem dicti sui avunculi, dictum Collegium pluribus nolabilibus edificiis, prout est de presenti, decoraverat seu construxerat , et in signum

IMPRIMERIE NATION Al

Depuis la fondation du collège, le Chapitre général de l’Ordre, dans ses réunions annuelles, avait pris soin de réglementer, par des décisions spéciales, les conditions d’admission des boursiers, leur genre de vie et la durée de leurs études. En i3o8, ces prescriptions furent coordonnées, complétées et réunies en un corps de statuts par l’abbé Henry de Fautrières W.

dicte fundationis reb'giosi qui in dicto Collegio manserant et manebant plura anniversaria et potissime qualibet hebdomada certum officiuru solempne ob remedium animarum dictorum fundatorum facere consueverant et faciebant; post cujus Collegii edificationem et dictorum fundatorum decessum per abbatem cluniacensem , qui pro [tempore] tune erat, Capitulo generali dicti Ordinis solempniter cum eo congregato, pensatis commodo et utilitate dicti Ordinis, quod in eodem Collegio viginti septem scolares qui in Facultate artium et tlieologie studerent sub quodam priore et suppriore dictorum scolarium , qui de eisdem administrationem seu regimen baberent, et quod pro eorum sustentatione, videlicet victu et vestitu babendis, a xxve prioribus et decanis dicti Ordinis cluniacensis ditioribus cuilibet dictorum scolarium certa pensio annua quindecim librarum parisiensium , videlicet a priore Sancti Martini de Campis, Parisius, neenou a priore Caritalis super Ligerim , a quolibet eorumdem due pensiones, a priore de Saussilengiis una, a priore de Paredo, qui a longo tempore citra et adhuc de présent! jrmetus est mense dicti defensoris , una , ab aliis quoque in processu lacius declaratis a quolibet una, ab abbate vero qui tune erat et ejus successoribus , quia ditiores erant, due pensiones duobus aliis scolaribus et una viginti librarum parisiensium priori dicti Collegii ratione dicti sui officii solverentur, statutum elordinatum fuerat; que pensiones quindecim librarum post alicujus temporis spaliuin, eo quod dicti scolares de eisdem vivere et sustentari non poterant, per certos commissarios , auctoritate papali deputatos , ad summam viginti librarum parisiensium cuilibet simplici scolari, baccalario vero in theologia ad triginta et magistro in theologia ad quadraginla librarum parisiensium summas augmentale fuerant; pro quibus summis annualim in futurum solvendis prioratus et decanatus predicti onerati fuerant ac tenentes eosdem certis terminis sub pena trium solidorum parisiensium, qualibet die defectus solutionis ipsarum, a dictis prioribus solvendorum seu exigendorum, sive scolares in dicto collegio priores et decani baberent sive non baberent, obügati extiterant, prout

bec perlitteras decretorum commissariorum super hoc c.onfectas plenius dicti actores apparere dicebant ; qui priores et decani ab antiquo suos scolares dicto Collegio mittere cum suis litteris quando tempus affuerat consueverant, quorum receptiones et examinationes ad priorem dumtaxat dicti Collegii seu suppriorem , in absencia dicti prioris , spectaverant et spectabant, ac ab ipsis juramentum consuetum super libertatibus et statutis dicti Collegii per ipsos conservandas recipere consueverant, post quorum receptiones dicti scolares de cetero a dicto Collegio quousque facta sua in dictis Facultatibus fecissent, nisi causa rationabili, vel si collatum eisdem beneficium fuerat, expelli non poterant; quo casu dicti scolares beneficium eisdem collatum retinere et bursas dicti Collegü, c[ue bénéficia intitulata reputabantur, dimitlere, vel e contra beneficium eisdem collatum dimittere et bursas retinere pro eorum iibito voluntatis poterant; pro quibus bursis contra non solventes exigendis dicti scolares a nobis litteras de debitis generales pro predictis eorum debitoribus coram genlibus Requestas in Palatio nostro Parisius tenentibus adjoruandis, et aliis casibus iicitis et permissis, a nobis obtinere consueverant, coram quibus seu in nostra Parlamenti curia arresta et sentenlias contra eorum clebitores, tam pro arreragiis diclarum pensionum quam pro pénis eisdem debitis, pluries obtinuerant. Dicebant ulterius quod a fundatione dicti Collegii , seu a tali tempore cujus in contrarium memoria hominum non extabat , dictus abbas et sui predecessores potissime in processu nominati seu eorum vicarii, dura casus occurrerant, reparationes dicti Collegii eorum sumptibus et expensis absque eo quod dicti scolares in predictis reparalionibus aliquid exposuissent fieri fecerant et in compotis suorum vicarioruin absque diüicultate allocaverant . « (Arch. nat. , Xu 58, fol. 269;

— Arch. de l’Université, cari. XX, pièce impr.)

Le texte de ces statuts a été publié intégralement par Dom Marrier. ( Bibliotlieca cluniacensis, col. 1578-1 586; — Cf. Félibicn, t. 111, 280-285;

— Denifie, Chartularium Universitatis paris. , t. Il, sectio prier, p. 687-691.)

COLLÈGE DE CLUNY

Aux termes de ces statuts, le collège était spécialement destiné aux moines de l’Ordre pour l’étude de la théologie, et aucun d’eux ne pouvait aller étudier ailleurs, si ce n’est le droit canon, avec permission expresse de l’abbé, dans les Universités d’Orléans, de Toulouse, de Montpellier et d’Avignon.

Avant leur admission, les boursiers étaient astreints à un examen préalable, qui permettait de s’assurer s’ils possédaient des connaissances suffisantes pour profiter de l’enseignement. Ils avaient la faculté de prendre des leçons soit dans le collège, soit au dehors, mais il leur était recommandé de suivre quelquefois celles des professeurs du collège. Pour s’assurer de leur degré d’instruction et de leurs progrès, on leur avait imposé des exercices périodiques, tels que des prédications, des conférences et des controverses de logique, de philosophie et de théologie. Chaque année, l’un des anciens était désigné pour servir de professeur à ses collègues.

Deux années devaient être consacrées à la logique et trois à la physique et à la philosophie naturelle; la durée des études théologiques n’était pas limitée. Les boursiers ne pouvaient subir les examens pour le grade de licencié ou de maître ès arts qu’avec l’autorisation de l’abbé de Cluny et d’après le rang qu’il avait fixé.

Les étudiants n’étaient autorisés à circuler dans la ville que pour assister à des leçons ou à des sermons, et celui que quelque affaire appelait au dehors devait toujours sortir accompagné d’un condisciple plus âgé que lui. Il leur était interdit de passer la nuit hors du collège sans la permission du prieur, justifiée par une nécessité urgente. Ils pouvaient avoir avec eux un clerc ou serviteur, à la condition de payer les frais de son entretien.

Les bourses devaient être réservées aux simples moines et non attribuées à des prieurs ou à des bénéficiers. Les monastères de l’Ordre étaient tenus d’acquitter régulièrement, chaque année, en un seul terme, la contribution qui leur avait été imposée de ce chef, et ceux mêmes qui négligeaient d’envoyer leur religieux étaient astreints au payement intégral de sa pension. Chaque étudiant devait bénéficier de sa bourse pendant cinq ans; après ce laps de temps, elle ne pouvait lui être retirée que s’il n’avait fait preuve d’aucune capacité dans ses études.

L’un des écoliers était spécialement chargé de la garde des livres du collège qu’il prêtait à ses confrères, suivant la nature de leurs études, en inscrivant les prêts sur un registre. L’inventaire général de ces livres et leur distribution devaient se faire chaque année, le jour des Cendres. Le collège était dirigé par un prieur, assisté d’un sous-prieur; un procureur était chargé de l’administration temporelle et du soin des provisions.

La valeur des bourses avait été tout d’abord de i5 livres parisis. Mais cette somme jugée suffisante pour la nourriture et l’entretien d’un religieux ne

le fut pas longtemps, et il arriva fréquemment que la pension permit à peine aux écoliers de subsister durant une partie de l’année. Dès 129Û, il fallut accorder au prieur une bourse double pour qu’il pût tenir convenablement son rang. En i3o2, la cherté des vivres obligea le Chapitre général à imposer jusqu’à nouvel ordre une contribution au profit du collège, qui fut fixée à 10 sous tournois pour les prieurés conventuels et à 5 sous pour les autres. Quatre ans plus tard, comme la situation ne s’était pas améliorée, une mesure plus radicale s’imposa, celle de supprimer provisoirement la moitié des étudiants W. Le pape Jean XXII, auquel les écoliers s’étaient plaints de l’insuffisance de leurs ressources, intervint en leur faveur auprès du Chapitre (2), et, sur ses observations, il fut décidé, par un nouveau règlement du 2 5 avril i32o, que les bourses seraient portées à 20 livres pour les écoliers, à 3o pour les bacheliers en théologie et à ûo pour les docteurs. Malgré cette augmentation, le collège 11e pouvait guère subvenir à ses dépenses qu’autant que les monastères payaient régulièrement les pensions des boursiers qu’ils n’envoyaient pas; aussi le Chapitre général renouvelait-il fréquemment l’obligation d’observer ce statut. Mais, en 1 3 3 7 , il fallut encore attribuer aux écoliers, à titre de secours, une somme de 120 livres tournois prélevée sur la contribution du vingtième que l’Ordre de Cluny venait de décréter, et, en 1Û01, le Chapitre invita l’abbé à unir au collège quelques bénéfices pour lui assurer un revenu annuel de 2Û0 livres tournois, qui pouvait seul permettre

(1) ttCum scolares Parisius in studio domus cluniacensis commorantes, propler delerioracionem monete nequeant sustentari et sua necessaria habere de redditibus sibi hactenus assignais, diligenli tractatu prebabito et magna debberatione premissa, diffiniunt diffinitores quod medietas scolarium dicti studii removeatur et quod aba medietas in diclo studio remaneat, que medietas remanens de bonis de quibus omnes consueverunt vivere nunc in suis necessariis sustentetur, proviso quod per venerabiles et rebgiosos viros priores Sancti Lupi et de Longo Ponte et Hostellarii Sancti Martini Parisius provisione diligenli habita, dicta medietas scolarium removeatur et de aptioribus et meboribus ibidem remanentibus aba medietas compleatur donec per dominum abbatem vel diffinitores Capitub generabs aliud aliquid melius ordinetur, nisi aliquis prior suo scolari vellet de omnibus sufficienter de omnibus providere, et boc intelbgendum est de amolis, et quamdiu durabit vilis moneta; et nichilominus priores qui consueverunt solvere pensiones, licet scolaris ipsorum sit amotus de studio, ipsas pensiones solvere leneanlur. « (Décrets du Chapitre général, fol. 88.)

(2) Par sa bulle du 17 juillet 1819, le pape avait en quelque sorte prescrit à l’Ordre de Cluny d’augmenter les pensions des écoliers :

ffPro parte dilectorum fiborum scolarium Ordinis vestri Parisius studentium in theologica Facultate fuit nuper expositum coram nobis quod. . . deputala ipsis pensio non suffecit hactenus nec sufficit ad ipsorum victum annuum quantumbbet moderatum, nec etiam de ipsis eisdem quindecim libris eis satisfactio lit ad plénum quatinus idem

Ordo plurimum babundare noscalur . Nos

ilaque, ipsorum supplicationibus inclinali, discretioni vestre per apostolica scripta commictimus et mandamus quatinus vos vel duo aut unus vestrum circa ipsorum studentium penuriam relevandam sollicite intendentes ac ipsis pensiones easdem facientes ex integro exhiberi, considerala presentis temporis qualitate, sic eas auctoritate apostolica prout et in quantum discretioni vestre videbilur adaugere, quod studentibus ipsis studendi et proficiendi non subtrabatur materia , nec ipsos oporteat super biis ad nos iterato habere recursum.» (Arcb. nat. , L. 299; — Bullarium sacri Ordinis clumacensis, p. 171.)

COLLÈGE DE CLUNY. 125

de payer la rente due à l’Hôtel-Dieu et de pourvoir aux réparations de l’immeuble W.

Au cours du xvie siècle, les bourses des étudiants furent élevées à /io et 6 o livres, et le Chapitre général du 2 5 avril 1600 les porta uniformément à îoo livres, en autorisant tous les monastères de l’Ordre à envoyer des boursiers au collège. Un arrêt du Grand-Conseil, en date du 22 mars 1629, décida que les prieurs et doyens payeraient désormais la pension annuelle au taux de 3 00 livres si leur religieux était au collège, et seulement une redevance de 100 livres s’il n’y était pas. Le même arrêt confirma à la charge de l’abbé de Cluny les dépenses provenant des restaurations ou réfections du bâtiment. En i6â6, les règlements établis par le prince de Conti fixèrent d’une façon uniforme la valeur des bourses à k 00 livres, payables par quartiers.

Si 1’insuffisance des ressources contribua dans une large mesure à l’administration défectueuse du collège, le mépris constant des règlements provoqua, d’autre part, des abus et des désordres de tout genre. Les écoliers, vivant éloignés de leur couvent, avaient bientôt considéré leurs bourses comme de simples bénéfices , modestes il est vrai, mais qui du moins leur permettaient de résider à Paris sans être rigoureusement assujettis à la discipline monacale; ils en jouissaient le plus longtemps possible, en éludant fréquemment l’obligation d’étudier. Us étaient ainsi arrivés à former en quelque sorte une communauté indépendante qui ne tenait aucun compte ni des décrets du Chapitre général ni des injonctions de l’abbé de Cluny.

Au cours du xive siècle, le Chapitre qui constatait combien les résultats obtenus dans le collège, au point de vue de l’instruction des religieux, étaient peu en rapport avec ceux que l’on avait espérés, se préoccupa à diverses reprises, dans ses réunions annuelles, de cette fâcheuse situation et des moyens d’y remédier. En i3â2, à la suite des dissensions survenues entre les anciens écoliers et les nouveaux W, il ordonna que les visiteurs de la province de France se rendraient

(1) ffCum nedum Ordo cluniacensis quin ymo universalis Ecclesia viris litteratis permaxime nos* catur indigere , qui in eadem fulgeantsicut splendor firmamenti in eternitate mansuri, et ea propter Collegium nostri Ordinis scolarium Parisius deliberatione provida ab antiquo fundatum extiterit, cumque pensiones eisdem scolaribus annuatim solvi solite , experientia oculata docente , pro necessariis non suffisant, et indigentia nonnunquam a bono retrahat, quin ymo difficile sit indigentem bene operari, idcirco et inconvenentiis notoriis que inde de die in diem sequi perspicientur sufficienter provideatur, diffiniunt diffinitores quod , pro reparalionibus et aliis omnibus supportandis pensioneque

débita Hospilali Beate Marie persolvenda, per dominum cluniacensem constitui , quomodo fieri poterit, unum, duo, tria vel quatuor bénéficia , et non conventualia, quorum fructus, redditus et proventus, aliis omnibus beneficiorum ipsorum supportatis, usque ad valorem ducentarum quadraginta librarum turonensium ascendant, uniantur antedicto

Collegio . » (Décrets du Chapitre général,

fol. 90 v°.)

!i) ffRefferunt visitatores quod novi scolares missi Parisius ad domum scolarium cluniacensium de antiquis scolaribus multipliciter conqueruntur. Primo quod priores qui ab antiquo consueverunl tenere scolares in dicta domo, licet non mittant

désormais une fois par an au collège pour faire une enquête sur son administration, sur l’observation des statuts et sur les progrès des études. Le rapport qui lui fut soumis l’année suivante n’étant guère satisfaisant, il décida que plusieurs boursiers seraient privés de leurs pensions et renvoyés dans leurs couvents. En i3û6, comme cette mesure n’avait pas été mise à exécution, il fixa des limites rigoureuses pour la durée des études b). Mais ses prescriptions restèrent à peu près sans effet; nombre de boursiers continuèrent, comme par le passé, à ne pas étudier, à mener une vie déréglée et à prolonger indéfiniment leur séjour au collège. Aussi, en 1 3 8 3 , le Chapitre jugeait-il nécessaire de promulguer un nouveau règlement pour les études; en même temps il interdisait aux étudiants d’avoir des domestiques pour leur usage personnel , et il prescrivait le renouvellement annuel du prieur et du sous-prieur (2b

scolares, nichilominus compelluntur ipsi priores ad solvendum et mittendum pensionem integram ipsis scolaribus, et ilîud quod est de residuo nolunt communicare predictis no vis scolaribus et maxime arreragia dictarum pensionum. Illud idem faciunt de salario cujusdam domus sue extra clausuram loci conducte. Item pvefatis scolaribus contemptis, ipsi antiqui eligunt procuratores et ponunt de antiquis, et non de novis, et minus ydoneos, et nolunt admittere ipsos ad compota reddenda de expensis pensionum et provisionum factis ; et licet provisiones victualium fuerint facte de communi pecunia et adhuc habeant de quo possint vivere usque ad festum beati Jobannis Baptiste, nichilominus ipsi antiqui privaverunt ipsos victu suo, scilicet pane, vino et pictancia, in ipsorum grande prejudicium et iacturam. Item non permittunt quod famuli dicte domus qui vivunt de communi serviant ipsis scolaribus, nec préparent cibaria sua in coquina communi. Multa alia gravamina pretendunt predicli novi scolares contra antiquos que facta sunt et in facto consistant.» (Décrets du Chapitre général, fol. 91; — Denifle, Chartulariurn Universitalia paris., t. II, sectio prior, p. 3 2 5.)

(1) rrQuoniam in studio parisiensi fuisse Parisius et non bene studuisse minime est laudandum, et in domo scolarium cluniacensium Parisius aviginti annis citra nullus doctor sacre scientie sive pauci bacallarii fuerunt ibidem creati, quod cedit in vituperium dictorum scolarium et Ordinis opprobrium et jacturam, qui indiget permaxime viris litteratis, idcirco ut amodo de dictis scolaribus aliquis sequatur fructus, statuendo diffiniunt diflinitores quod si de cetera aliquis scolaris fuerit in dicta domo qui Parisius in eadem domo pensionem scolaris accepe-

rit per septennium studens in logica et philosophia , et dicto septennio eiapso non sit ydoneus pro lectura logice juxta x’elationem prioris et subprioris dictorum scolarium, sit privatus sua pensione ipso jure. Et ubi post dictum septennium studuerit in theologia Facultate per aliud septennium , sive pensionem scolaris acceperit per idem septennium et, dicto septennio eiapso, non inceperit suos cursus cum effectu in eadem theologicà Facultate sit eciam pensione scolarium privatus ipso jure. Illi autem scolares qui mine habent pensionem scolarium in dicta domo, qui tenuerunt pensionem scolarium per duodecim annos, si infra annum présentera non inceperint cum effectu lecturam in ilia scienlia pro qua dictam pensionem per duodecim annos jam elapsos receperunt , anno presenti eiapso sint privati ipso facto sua pensione et predicti sicut privati revertant ad suam mansionem et ad hoc compellantur per censuram ecclesiasticam , per suppriorem scolarium predictorum. Et ubi continget in futurum aliquos vel aliquem, ut premillilur, fore privatos vel privatum, prior scolarium privati, ut premittitur, cum consilio suorum sociorum alium ydoneum et docilem fundatum in grammaticalibus subroget privalo scolari et eum subrogatum prior major cluniacensis per censuram ecclesiasticam et aliis remediis recipi faciat Parisius in dictorum scolarium domo.» (Décrets du Chapitre général, fol. 69; — Denifle, Chartulariurn Universitatis paris. , t. II, sectio prior, p. 5 A 9.)

(2) C’était par les bruits publics que le Chapitre avait été mis d’abord au courant de la situation :

rrFama publica refferente et demum super hoc légitima informatione facta, ad nostrum auditum pervenit quod in Collegio cluniacensium sco-

COLLÈGE DE CLUNY

Pour échapper à tout contrôle, les boursiers refusèrent, en i 3 8 8 , de recevoir les visiteurs de l’Ordre dont les rapports avaient provoqué ces mesures. La

larium parisiensium studentium fuerunt et suut nonnulli religiosi indoctibiles seu adiscere non curantes, qui bona religiosorum ibidem consumunt ac loca iilorum qui vellent et possent in scientia proficere impediunt, sivetenent et occupant, in non modicum dampnum et dedecus nostri Ordinis. » (Décrets du Chapitre général, fol. 71.)

Le procès-verbal d’une visite faite en 1 386 justifie pleinement les doléances du Chapitre :

crAnno Domini i386°, xxx° die aprilis et diebus sequentibus, venerabilis et religiosus vir dominus Mauricius de Monteclaro, prior de Yolta, visitator in partibus Francie pro reverendissimo in Cbristo pâtre ac domino J. , Dei gratia abbate cluniacensi , se informavit super statu et gubernatione scolarium Collegii cluniacensis Parisius, per modum qui sequitur :

Primo quot sunt scolares de presenti et quot debent esse in dicto Collegio et qui priores debent eos tenere et eorum pensiones solvere;

In quid addiscunt et quanto tempore ibi steterunt ;

Item de fama dicti Collegii : si se gubernant ut boni religiosi vel non ;

Item si dicti scolares sint pacifici vel brigosi;

Item si sint dociles et disciplinabiles vel non;

Item si sunt obedientes priori scolarium Collegii cluniacensis predicti;

Item si vadunt per villam soli et sine licencia;

Item si studio vacant vel sunt vagabundi ;

Item qualiter est pro videndum ad reformalionem dicti Collegii contra predicta.

«Dominus Jacobus Heraudi, qui modo régit prioratum scolarium predictorum, testis productus juratus et interrogatus , xxx° die aprilis, anno supradicto respondet; super primo et secundo articulo dicit quod prior de Caritate debet tenere duos scolares in dicto Collegio et de facto tenet, quorum unus vocatur Michaël Gontier, qui fuit scolaris quasi per duo annos cum dimidio et audit Summulas, et socius suus vocatur Stephanus Comitis , qui stetit in dicto Collegio per dimidium annum et audit Cathonem.

Item prior Sancti Martini de Campis Parisius debet tenere duos et non tenet nisi unus qui vocatur Ludovicus Episeopi , qui stetit in dicto Collegio quasi per duodecim annos et audit Doctrinale.

Item prior de Conseaco debet tenere unum et habet eum, sed non est receptus in Collegio.

Item prior Sancti Lupi tenet unum qui vocatur Johannes de Murato et stetit in dicto Collegio quasi per octo annos et audit Summulas.

Item prior de Crispeyo tenet unum qui vocatur Bartholomeus de Matiscone, qui stetit in dicto Collegio quasi per quatuordecim annos et legit actu Sententias.

Item prior Sancte Marguerite in Elincuria habet unum qui est noviter receptus et audit Doctrinale.

Item prior Montis Desiderii debet tenere unum et non tenet aliquem.

Item decanus de Lehinio tenet unum qui vocatur Peti’us de Morcort, qui fuit in dicto Collegio quasi per duodecim annos et audit Logicam.

Item prioratus Abbatisville tenet unum qui vocatur Petrus Rambaut, qui stetit quasi per très annos et audit Summulas.

Decanus de Nogento Rotrodi tenet unum qui vocatur Robertus parisiensis, qui stetit scolaris quasi pertredecim annos et est bacallariusin theologia.

Item prior Longipontis tenet unum qui vocatur Guillelmus de Costa, qui stetit in dicto Collegio quasi per octo uecem annos et est in proximo licenciandus in theologia.

Item decanus de Gaya tenet unum qui vocatur Jacobus Heraudi , qui stetit scolaris quasi per quindecim annos et est baccallarius in theologia.

Item prior Sancte Marguerite in Campania tenet unum qui vocatur Johannes Brieti, qui stetit in Collegio quasi per viginti annos et est baccalarius in theologia.

Item decanus de Vergeyo debet tenere unum et non tenet.

Item prior de Marciniaco debet tenere unum et non tenet.

Item decanus de Paredo tenet unum qui vocatur Johannes Canonicus et stetit scolaris per duos annos et audit Summulas.

Item prior de Silviniaco tenet unum qui vocatur Bardo de Bas, qui stetit scolaris quasi per quatuordecim annos et est bacallarius in theologia.

Item prior Romani monasterii tenet unum qui vocatur P. de Melduno, qui stetit scolaris quasi per tredecim annos et est bacallarius in theologia.

réforme du collège devenait indispensable; en 1892, les prieurs de Saint-Martin des Champs et de Crépy furent chargés de la prescrire, mais leur intervention

Item prior de Volta tenet unum qui vocatur Baudon de Cise, qui anno isto fuit receptus in dicto Coilegio.

Item prior Faiciniarum debet tenere unum et non tenet.

Item prior Sancti Spiritus debet tenere unum et non tenet.

Item prior Sancti Orientis debet tenere unum et non tenet.

Item prioratus de lnsula d’Aix debet tenere [unum] et non tenet.

Item interrogatus super tertio articulo quod Collegium non est regulatum secundum statuta Ordinis , et dicit causam quod cum sint triginta annivel circiter quod non fuerunt servata statuta secundum regularia Ordinis.

Item super quarto articulo dicit quod sunt brigosi; interrogatus quare sit, dicit quod, quando deberent studere vel in consolatione esse, ipsi faciuntbrigas ab’quando verbis et aliquando de facto, et quando deberent loqui de lectionibus , ipsi querunt opportunitatem recordandi preterita, unde proveniunt plura inconvenientia , et quando prohibetur eis ne sic loquantur, ipsi non obediunt priori nec alicui alios eos reprebendenti; qui testis dixit priori de Volta ista verba in substantia ut deponit : rr Domine prior de Volta, vos bene scitis quomodo - vos monuistis dictos scolares et quomodo vobis tfcrediderunt.» Eciam dominus prior de Mouciaco eos coram se propter hoc fecit vocari et nicbil fecerunt pro ipso : ex qua inhobedientia et rebellione quasi totum Collegium destruitur.

Item interrogatus super quinto et sexto articulo, dicit quod palet per predictum articuium, quod non sint dociles nec disciplinabiles nec priori obedientes. Item interrogatus super septimo articulo dicit testis qui loquitur quod inhibuit ipsis scolaribus ne irent soli per villam, et noluerunt sibi obedire et sine licencia vadunt.

Item super octavo articulo respondet quod mufti sunt vagabundi , et interrogatus qualiter esset providendum, scilicet videre suum dicit quod hoc est defectum priorum qui ibi non mittunt dociles et habiles ad addicendum tbeologiam, immo mittunt pueros non fundatos ad addicendum pbilosophiam , et eciam quod priores non solvunt pensiones secundum statuta, et sic recedunt et stant per très

vel per quatuor annos vel per plures , et quum revertuntur sunt imbuti ma b s moribus; eciam dicit quod, dato quod priores solverent pensiones, hoc non sufficeret hodiernis temporibus pro victualibus unius religiosi regularis pro tôto anno , quare minus sine comparatione profficiunt ; item plus dicit quod si dicti scolares haberent unde viverent plus proficerent in quinque annis quod modo fecerunt in

viginti , et hoc audivit dici a pluribus .

rrVenerabilis et religiosus vir dominus prior de

Mouciaco, testis . respondet quod bene scit

quod sunt dilfamati et quod male se gubernant ... ; quod si quinque vel sex qui in dicto Coilegio morantur essent amoti , quod alii essent satis pacifici et se bene gubernarent.

tfDepositio venerabilis et religiosi viri domini prioris Sancti Arnulpbi de Crispeyo super statu Collegii est talis : ..... Ab aliquibus temporibus citra . , [scolares] per dispensationem do-

minorum abbatum cluniacensium vel vicariorum eorum fuerunt multi recepti insufficientes et inhabiles ad docendum, ut per evidentiam apparet.

ffTempore quo dictum Collegium fuit fundatum victualia, tam in vestibus quarn in alimentis, erant ad bonum forum, et poterant vivere dicti scolares congrue et absque penuria per totum annum de pensionibus sibi lune ordinatis; diebus hodiernis dicta victualia, prout per rei evidentiam apparet cuicunque, sunt cariora et in tantum quod vix dicti scolares vivere possint per dimidium annum de pensionibus suis, et quum vinum etbladum carum est, aliquociens non possunt vivere per quartam partem anni, et sepe conlingit quod deficienlibus bursis opportet ipsos dictum Collegium dimittere et per mundum evagari et ad patrem et parentes vel prioratus unde venerunt accedere et tempus suum perdere, nom scientia intercisa periit et continuala viget; et eciam eundo ad prioratus suos, stando et redeundo, aliquociens committunt dissolutiones et inboneste incedunt in habitibus dissolutis-, ex quibus procedit dilfamatio non solum eorumdem sed totius Ordinis cluniacensis.

rr Super premissis deffeetibus bonum esset rernediare, ne deterius contingat, quod fieriposset, ut inhabiles ad docendum ad prioratus unde venerunt remitlerentur et loco ipsorum suflîcientes ponerentur, qui secundum statutum examinarentur, et si

COLLÈGE DE CLUN

resta infructueuse et les désordres continuèrent W. Bien plus, les étudiants ne tardèrent pas à entrer ouvertement en lutte avec l’abbé de Giuny, Raimond de Cadoën, qu’ils accusaient de violer leurs privilèges et de se soustraire à ses obligations à l’égard du collège (2b L’Université soutint encore leurs réclamations, qui

essenl sufficientes reciperentur el (juod dominus abbas vicariis sais inhiberet ne contra dicla statuta liaberent dispensais; super provisione victualium posset sic provideri quod priores qui sunt prope Parisins, qui habent scolares in Collegio, prout est prier Sancti Martini de Campis Parisins et Sancti Lupi et aliqui alii , loco pensionis deb te per eosdem solverent scolaribus de Collegio supradicto certain quantitatem bladi et vini , nam si dictum Collegium esset fondatum de blado et vino, que aliquociens care venduntur, faciliter alia victualia procurarunt.

rr Posset eciam aliter provideri ut pensiones unirentur et quod nullus scoiarium de dimidia vel tertia parle diminueretur prout fil hodie, et est necesse per omnia collegia et nionasteria Ordinis quorumcumque et eciam quod priores pensiones scolaribus debentes viriliter compeilerentur per dictum abbatem cluniacensem vel gentes suas, et omnibus aliis viis opportunis, ad solvendum predictas pensiones ad finem ne predicti scolares occasionem liaberent evagandi pro dictis pensionibus

procurandis . » (Bibl. nat. mss. ; F. lat. nouv.

acq. 2377, pièce 3.)

(1) Voici le texte de la décision prise en 1892 :

ffDiffiniunt diffinitores super reffbrmatione Collegii scoiarium parisiensium quod dominus prior Sancti Martini de Campis vadat supra locum et prior de Crispeyo , quibus cominictunt quod visitent, corrigant et in omnibus refforment dictum Collegium, inutiles et in moribus dissolutos scolares, secundum statuta Ordinis et dicti Collegii, remittant ad suos prioratus; ponant bonos procuratores qui redditus Collegii recipiant et computum reddant tociens el quociens erunt requisiti illis qui ordinabuntur per dictos dominos priores. Verum quia secundum antiquas ordinationes dicti Collegii cuilibet scolari priores non tenentur solvere nisi xx“ libras turonenses pro expensis, et biis diebus unus scolaris non potest vivere per annum, ex quo inlercisa scientia périt, et multa alia scandala et dissolutiones [oriuntur], ex quo totus Ordo vituperatur maxime in tali villa parisiensi, ordinant quod dicti domini priores , consideratis expensis et receptis, ipsi ordinent certum numerum scoiarium

ni.

et priores Ordinis qui consueverunt solvere expensas scoiarium solvent ut consueverunt pecunias. . . « (Décrets du Chapitre général, fol. 80 v°.)

Le rapport fait par les visiteurs au Chapitre de îfio'd constate l'insuffisance de ces mesures :

-■ Refferunt aliqui probi viri quod ibi sunt aliqui de dictis scolaribus qui neque prof iciunt neque student ut deberunt, et quod deterius est, inlioneste vivunt et per villam arma dederunt et habitus

indécentes et prohibitos . ; inter quos sunt

specialiter Robertus de Ardosio, Romani monasleri scolaris, Rostagnus de Castellione, scolaris Montis Desiderii , Humbertus dictus li Papa, scolaris Conseaci , Peraudus de Chamboranto , scolaris de Paredo, Mauricius, scolaris de Voila , de quibus dictum et protestatum extitit quod, quadam die anni presentis, cum armis apparentibus in hospitio dictorum scoiarium se armaverunt et armati contra prohibitionem expressam prioris dicti loci, ipso priore vidente et présente, dictum hospitium exiverunt et in villa hospitium cujusdam clerici invaserunt, eo animo, ut apparebat, quod dictum dericum verbererent, nec per eos stetit quin eorum maleficium fuerit executum, y trio veraciter si fuissent predicto clerico forliores pugnavissent ad invicem, sed dictus clericus fortior eos eu» bonis ictibus remisit ad hospitium supradictum; sunt etiam predicti quinque taies quod non student neque proficiunt. « (Décrets du Chapitre général, fol. 92.)

(â) D’après les assertions des écoliers, leur adversaire, alors qu’il n’était encore que prieur, avait incité l’abbé Jacques de Caussans à transférer au collège d’Avignon la moitié des boursiers de Cluny:

cr . Dictus defensor, antequam ad dictam

abbatiam promotus fuisset, per longa tempora prior dicti monasterii t’uerat, et in odium dictorum scoiarium, tempore abbalis Jacobi, certain ordinationem seu diffinitionem quod medietas dictorum scoiarium a dicto Collegio removerelur et in Collegio eorum avinionensi mitteretur et quod de cetero burse dictorum scoiarium non dicto Collegio cluniacensi sed avinionensi solverentur procurari fecerat. Quam ordinalionem seu diffinitionem papa

IMPRIMERIE NATIONALE

furent portées devant le Parlement. L’arrêt du 7 septembre 1/111, en leur donnant gain de ganse, les encouragea à persister dans leurs sentiments d’indépendance à l’égard de l’abbé et du Chapitre. Ce fut en vain qu’au cours du xvc siècle, l’abbé Jacques de Bourbon tenta de les rappeler à l’observation des anciens statuts.

Au commencement du xvue siècle, le relâchement de la discipline, qui s’était introduit dans presque tous les Ordres monastiques, avait rendu nécessaire la réforme de l’Ordre de Gluny. Le 12 mai 1621, le cardinal de Guise édicta à cet effet des ordonnances et règlements approuvés par îles lettres patentes du mois de juin et vérfiés en Parlement le 3 juillet, qui n’eurent pas d’effet immédiat. En 1627, son successeur, l’abbé Jacques de Veyni d’Arbouze, tenta de les mettre à exécution, mais sans grand résultat. Lorsque le cardinal de Richelieu devint abbé général de Cluny, il voulut procéder avec plus de décision et, au mois d’octobre 1 6 3 o , il choisit, pour le seconder dans sa tâche, des religieux de la congrégation de Saint-Vannes, qui réussirent à opérer la réforme d’une douzaine de monastères; les autres conservèrent leur règle primitive. Puis il prescrivit la réunion en un seul Ordre de Saint-Benoît des moines de Cluny et de Saint-Maur. Un concordat conclu à cet effet les 22 et 29 décembre 1 6 3 4 fut approuvé par lettres patentes du mois de janvier 1 63 5, enregistrées au Grand Conseille 9 février 1 636. Mais, après la mort du Cardinal, un arrêt du Conseil du 29 octobre 1 644 annula cette union Quant à l’Ordre de Cluny, il resta divisé en deux groupes dont l’un, dit «l’Ancienne observance», comprenait les monastères qui avaient gardé leur règle, et l’autre, dit rrl’Etroite observance», ceux qui avaient adopté la réforme de Saint-Vannes.

Au collège de Cluny, le bon ordre et la discipline avaient été rétablis, durant le premier quart du xvuc siècle, par dom Bénard et dom Le Grand. Dom Philibert Lempériere leur avait succédé comme prieur depuis 1626, lorsque Bichelieu, par ses statuts du 1“' septembre 1 6 3 1 , tenta d’abord de remplacer les clunistes par des religieux de Saint-Vannes. Après le concordat de i63Zi , le card inal se borna à confier l’administration du collège aux moines de Saint-Benoît. Mais

Clemens VIl"\ ad recjuestam carissimi progenitoris nostri et dicte Universitalis, Olie nostre, adnullaverat, seu revocari fecerat. In odium cujns dictas defensor plura dampuaet impedimenta dictis Collegio et scolaribns et potissime tempore Johannis de Causanlo, predecessoris sui immediati, et maxime super dictis reparationibus in dicto Collegio

non Rendis . procura verat etpublicari facerat,

neenon edificia dicti GoIIegii suo tempore in magna ruina cadere dimiserat et pensiones tam illam que a dicto decanatu de Paredo, quam etiam illas que priori dicli Collegii et medico scolarium ipsius.

a tempore fundationis dicli collegii ab ejus predecessoribus exsolvi consueverant, solvere, videlicet predictam de Paredo a viginti quinque annis citra, illam dicti prioris ab uno anno citra cum dimidio ante inchoationem hujus processus, illam dicti 111edici a sexdecim annis citra solvere cessa verat. n (Arch. liât., Xla 28, fol. 270: — Bibl. de f Université.)

(l) Par un autre concordat du 7 avril i65q. les religieux de Cluny s’unirent à ceux de Saint- Vannes, mais cette nouvelle union lut encore rompue le 1 6 décembre 1 06 1 .

COLLÈGE DE CLUNY

Lempériere, qu’ils avaient dépossédé de ses fonctions, leur intenta un procès en 1662. Ce fut en vain que ses adversaires, pour ie débouter de ses prétentions, l’accusèrent de vouloir supprimer la communauté des boursiers et l’exercice des classes et accaparer les revenus du collège à titre de simple bénéfice. Ses droits furent reconnus par une sentence arbitrale qu’un arrêt du Conseil homologua le 19 avril 1 643. H reprit alors ses fonctions, et l’organisation primitive fut remise en vigueur.

Lorsque le prince de Conti fut devenu abbé commendataire de l’Ordre, il promulga, le h septembre 1 6 4 6 , de nouveaux règlements, dont l’exécution fut ordonnée, le 2/1, par des lettres du roi enregistrées au Grand Conseil, le 8 novembre suivant. Ces règlements prescrivaient aux prieurs et doyens d’envoyer des étudiants au Collège, soit dans les conditions prévues pa*r les statuts, soit d après l’autorisation donnée par le Chapitre général de 1O00. En cas d’abstention de leur part, l’abbé se réservait le droit de choisir de jeunes séculiers qui feraient leur noviciat dans l’établissement. Mais les troubles du royaume empêchèrent le recrutement des boursiers, et, en 1 6 5 6 , l’enseignement de la philosophie et de la théologie dut être supprimé.

En 1 6 y G et 1678, le Chapitre général de Gluny reconnut les réformés comme faisant partie de l’Ordre; il les admit à ses délibérations et les autorisa à envoyer leurs religieux au collège, où il décida que, sans porter préjudice aux études, l’on établirait un noviciat pour les provinces de France, de Bourgogne et d’Auvergne W. Ces décisions furent confirmées par des lettres patentes; mais comme aucune mesure n’avait été prise relativement à la réforme du collège, réclamée par les commissaires du roi au Chapitre de 1676, il y fut pourvu par un arrêt du Conseil du \U juillet 1681, qui obligea les étudiants à vivre en commun, sous la direction d’un prieur claustral qui aurait pour mission de veiller au maintien de la discipline, et leur reconnut le droit d’élire un procureur spécialement chargé de l’administration des pensions et revenus de la maison, avec obligation de rendre compte de leur emploi. D’autre part, en 1693, le Chapitre général décida que personne ne pourrait, à un titre quelconque, résider clans le collège, en dehors du prieur, du sous-prieur, du procureur et des étudiants, et, en 1 697, il approuva le rétablissement des anciens statuts, que le cardinal de Bouillon, alors abbé de Cluny, venait de décréter. Conformément à l’accord de 1676, la diète des réformés désigna, le 8 août 1698, six religieux qui devaient étudier au collège en qualité de boursiers; néanmoins, comme l’exercice des classes 11’était pas encore rétabli, le ier août 1699, trois religieux de Saint-Martin-des- Cliamps préférèrent se faire inscrire aux collèges de Sainte-Barbe et de Lisieux. Le procureur général de l’étroite observance protesta contre cette irrégularité, et,

(l) L’arrêt du Conseil du 1 k juillet 1681 constate que Létal des bâtiments n’avait pas permis de donner suite à ce projet.

le 29 août, le prieur de Ciuuy, dom Louis Moreau, pour en prévenir le retour, demanda à l’Université l’autorisation de rétablir renseignement de la philosophie et de la théologie. Le 2 mars 1702, la Faculté de théologie fit droit à sa requête, mais en laissant aux religieux de Saint-Martin des Champs et de Saint-Denis de la Chartre et aux Bénédictins anglais la latitude de suivie les cours sans résider au collège.

Néanmoins les religieux de l’étroite observance rentrèrent dans la maison et voulurent de nouveau s’emparer de l’administration temporelle; ils obtinrent du prieur, dom Moreau, vieillard de quatre-vingts ans, qu’il se démît de ses droits en leur faveur, promettant entre autres choses de lui servir une pension viagère de 1,200 livres. Mais comme ils 11e tenaient pas leurs engagements, le prieur leur lit imposer la résiliation du „raité, et, en 170/1, à la suite de longues contestations, ils furent une fois de plus expulsés. -Après la mort de dom Moreau, deux arrêts du Conseil des 6 juin 1712 et û avril j 7 1 3 attribuèrent provisoirement à des régisseurs l’administration temporelle du collège, qui se trouvait dans une situation déplorable, puisqu’il faillit être vendu à la requête de ses créanciers. Quelques années après, les religieux réformés, qui continuaient toujours à payer leur contribution sans aucun profit pour eux, revendiquèrent de nouveau le droit d’envoyer les boursiers dont ils acquittaient les pensions et de leur donner un supérieur de leur observance. En attendant le résultat de ces réclamations, le prieuré de Saint-Martin des Champs, auquel une sentence du tribunal de l’Université, en date du 19 juin 1728, avait reconnu et confirmé le titre et les droits de maison académique, émit la prétention de servir lui-même de collège et d’organiser des classes de philosophie et de théologie. Mais, le 3o septembre suivant, dom Martin Delavigne, procureur de l'ancienne observance, s’opposa à ce qu’il fût donné suite à ce projet, dont la réalisation risquait de compromettre gravement l’avenir du collège de Cluny.

Sur ces entrefaites, l’archevêque de Vienne, Henri-Oswald de la Tour d’Auvergne. abbé commendataire de Cluny, voulant profiter de ces contestations pour réorganiser le collège et sans doute aussi pour conserver définitivement l’administration des revenus û), dont la gestion était confiée depuis 1720 à un de ses délégués, renouvela, le ib septembre 1728, les règlements des années 169Û et 1697, mais en les modifiant sur certains points au profit de son autorité. 11 avait prescrit notamment que les étudiants ne seraient admis qu’avec son obédience; il s’était attribué la nomination des professeurs de philosophie et fie théologie; en attendant le rétablissement fie l’exercice des classes, il s’était réservé le droit de

1 D'après un mémoire de la communauté des boursiers, imprimé en 1790, -il y a quatre sortes de revenus qui composent la temporalité du college de Cluny : les bourses qui produisent environ

trois mille livres, les manses reunies de Grand Champ et de Gournay. les loyers des appartenions intérieurs et les loyers des maisons extérieures et dépendantes du college^. (Audi, nat., L. 873.)

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