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assistance W. Mais, au bout de quelques
paraissent avoir succédé à l’office charitable qu’exerçoient autrefois à l’entrée de l’eglise cathédrale de Paris les chanoines médecins ou mires, comme on disoit alors. « (T. II, p. 467 .)
Cette tradition paraît fort contestable; rien ne prouve, en effet, que les chirurgiens aient pratiqué de tout temps le système des consultations gratuites. La plus ancienne mention de ces visites se trouve seulement dans les lettres patentes de Charles V, du 21 juillet 1870, confirmées par Charles VII, au mois d’octobre 1 4 1 1 , qui dispensaient les chirurgiens de l’obligation du guet :
rfAltento quod dicti exponentes se sponte offerunt pro nobis et remedio anime nostre nostrorumque predecessorum et in futurum successorum gratis visitaturos et preparaluros pauperes qui in hospilalibus recipi non possunt et qui eorum vis itationibus et remediis indigebunt, volumus et eis concedimus ut ipsi ad dictos vulneratos seu eorum vulnera et plagas revelandos, aliter quam superius et in suis privilegiis per nos seu nostros predecessores eis concessis, de quibus vohis licuit aut liquebit est cautum, necnon ad faciendum excubias vei custodiam januarum minime sint astricti, sed polius sint liheri et immunes, n ( Statuts , privilèges et reglemens du College de chirurgie de Paris,
D’après les termes de ce document, il semblerait que les visites gratuites n’existaient pas encore. Mais l’on peut admettre aussi que le roi avait voulu simplement transformer en une obligation professionnelle ce qui n’était d’abord qu’un usage bénévole. Dans le principe, ces visites se faisaient
EPITA PHIER DU VIEUX PARIS.
années, ceux-ci estimèrent que, puisqu’ils s’acquittaient à titre gratuit d’un service charitable, ils pourraient bien comme dédommagement se soustraire au payement de la redevance jusqu’alors exigée par la fabrique. Cette prétention, naturellement, devait être mal accueillie par les marguilliers; ils décidèrent de supprimer le banc des chirurgiens, qui, pour conserver leurs droits, soumirent le différend au Prévôt de Paris. Le Prévôt, par une sentence du 22 septembre i5ô8, renvoya les parties devant le Procureur du roi, mais en ordonnant par provision que désormais tous les deniers de la confrérie seraient enfermés dans une boîte spéciale, dont l’ouverture 11e pourrait être faite qu’en présence de ce même Procureur et de l’un des marguilliers. Les marguilliers portèrent alors l’affaire au Parlement. Un arrêt du 2 avril 1 5 5 5 prescrivit le partage par moitié, entre l’église et la confrérie, des deniers provenant de la quête faite le jour de la fête patronale dans l’église, le chœur excepté, et ordonna que la visite des malades aurait lieu désormais dans les charniers et le cimetière, en laissant aux chirurgiens la faculté de construire à leurs frais pour ce service un bâtiment spécial (1b
sans doute au domicile même des chirurgiens ; c’est seulement à dater de l’année i545 qu’elles eurent lieu dans l’e'glise de Saint- Gôme. Ce fut là une condition formelle des lettres patentes de François Ier, qui accordaient aux chirurgiens le bénéfice des privilèges de l’Université :
rr . Tous les premiers lundiz des mois de
l’an ils seront tenus d’eulx trouver en l’eglise parochiale de S. Cosme et S. Damyan, ruë de la Harpe, en nostre Université de Paris, et y demeurer depuis dix heures jusques à douze, pour visiter et donner conseil, en l’honneur de Dieu et sans rien en prendre, les pauvres malades, tant de nostre dicte ville de Paris que autres lieux et endroitz de nostre royaume, qui se présenteront à eux pour avoir ayde et secours de leur art et science
de cyrurgie . » (Arch. nat., Y 12, fol. 176 v°;
— Statuts , privilèges , etc,, p. 82.)
(l) Par cet arrêt, la Cour, tenant compte des droits réciproques des marguilliers et des chirurgiens, tt ordonne que les deniers qui procéderont de la quesle, laquelle se faict dedans le creux de l’eglise S‘ Cosme, sera partie et divisée par moictié, et en sera une moictié baillée auxdicts marguilliers pour la fabricque de ladicte eglise et l’autre moictié à la confrairie des chirurgiens, et à ceste fin sera mise la queste en une boiste qui fermera à deux clefs, dont l’une sera baillée à l’un des marguilliers et l’autre au procureur de ladicte confrairie; et, quant
au banc et bureau desdicts chirurgiens estant dans ladicte eglise , a ordonné et ordonne ladicte Court que Mes Nicolle Prévost et Jean de La Haye, conseillers du Roy en icelle, qu’elle commet quant à ce, se transporteront en ladicte eglise S‘ Cosme pour regarder et adviser du lieu en icelle eglise où l’on pourra mectre lesdicts banc et bureau, soit près celuy de la fabricque , soit en autre endroict de ladicte eglise et le plus commodément, tant pour les paroissiens que pour les chirurgiens, qu’il sera advisé ; et , quant à la visitation des malades , a ordonné et ordonne ladicte Court que doresnavant les chirurgiens la feront au cimetiere et dedans la gallerie d icelle eglise et à couvert, si tous les malades qui se présenteront pour estre visités y peuvent entrer, et, où il sera trouvé que ladicte gallerie 11e puisse recevoir tous lesdicts malades pour estre à couvert, icelle Court ordonne qu’aux despens desdicts chirurgiens il sera basty dedans ledict cimetière un petit taudy ou appantif qui soit couvert, auquel ils pourront retirer et mectre les malades et les visiter; enjoint en outre ladicte Court auxdicts chirurgiens, tant anciens que nouveaux, se trouver le premier lundv de chacun mois de l’an en ladicte eglise S1 Cosme pour aller faire 1rs visitations des malades et bailler auxdicts malades le premier appareil , ainsy qu'ils verront estre requis et necessaire, gratis et pro Deo , et leur lait delfenses de ne rien prendre ni exiger pour ledict premier appareil,
Les conseillers Jacques Viole et Guy de Longueil avaient été commis par la Cour à l’exécution de cet arrêt, qui eut lieu le 17 août. Mais les chirurgiens interjetèrent appel le 3o décembre suivant, et la fabrique, de son côté, par une requête du 1 1 mai 1 5 5 6 , réclama une somme de 3oo livres, ou toute autre qu’il plairait au Parlement de lui adjuger, à titre de dédommagement de ce quelle aurait dû recevoir depuis la sentence du 22 septembre i5ô8. Sur ce, nouvelle protestation des chirurgiens qui, le 5 juin, se déclaraient tout disposés à céder la moitié de la quête à la fabrique, si elle consentait à prendre à sa charge la moitié des frais du service religieux b). Dans leur requête du 2Ô juin, les marguilliers repoussèrent cette proposition captieuse, en demandant la confirmation de l’arrêt du 2 avril 1 5 5 5 . La Cour, par son arrêt du 19 juin 1557, reconnu! le bien-fondé de leurs réclamations, rejeta l’appel des chirurgiens et les obligea à verser à la fabrique la moitié du produit de leurs quêtes depuis l’année 1 5Ô8, déduction faite toutefois des sommes qu’ils pouvaient avoir déjà payées. Cette sentence ne fut pas exécutée dans toute sa rigueur; une transaction intervint le 7 février 1 5 5 8 (2L Le Collège des chirurgiens prit l'engagement de payer aux
soubs peine de suspension de leurs privilèges." (Arcli. nat. , S. 3320.)
(I) Les chirurgiens, pour se soustraire à l’exécution de l’arrêt, prétendaient que «tout le revenu de ladicte confrairie ne pouvoit satisfaire à entretenir moyctié des frais de ladicte confrairie et que le plus souvent ils l’entretenoient à leurs propres cousts; disans aussi que ce povoit apparoir par les comptes par chacun an à eulx rendus par leur prevost, et davantaige disoient que à l’advenir seroit grand peine et travail au prevost de leur confrairie de tenir compte par chacun an auxdicts marguilliers de ladicte eglise de la moictyé de ladicte queste, sans en prendre par eulx ni recevoir aucune commodité ne prolhct, d’autant que les deniers qui restoient de l’aultre moictyé de ladicte queste seroient moins que sufïîsans pour fournir et satisffaire aux frais de ladicte confrairie, au moyen dequoi seroit auxdicts chirurgiens plus utille et profïitable de remettre ladicte confrairie entre les mains desdicts marguilliers . » (Ibid.)
Quant aux marguilliers, ils se plaignent assez justement tf de ce que, sans grief, lesclicts chirurgiens ont appelle et preignent plaisir à travailler lesdicts marguilliers et les mectre en frais et despense des deniers de ladicte eglise, comme ils ont faict, il y a plus de vingt ans, souhs coulleur qu’ils ne payent aucuns despens. * (Ibid.)
D'autre part, pour justifier leurs réclamations,
«■lesdicts marguilliers produisent quatre pièces attachées ensemble, qui sont exlraicts des registres et papiers journaulx desdicts chirurgiens, pour monstre de la despense et bancquels qu'ils font des deniers de ladicte eglise et confrairie, el aussi pour monstrer que leur offre est captieuse, pareeque, comme dict est, consomment et mettent en despence tous lesdicts deniers de ladicte confrérie, el les veullent ainsi faire consommer et despendre auxdicts marguilliers et leur faire rendre illusoire leurdicle sentence, jugement et arrest el sans profict, et faire en sorte que ladicte eglise, qui fournit de tous ornemens, lieu et' place, n’ayt et ne preigne aucun profict en ladicte confrairie, laquelle se faict en l’honneur de leurs patrons
S‘ Cosme et S* Damyan . , et pour monstre des
suites et delais requis par lesdicts chirurgiens pour tousjours joyr desdicts deniers et en disposer à leur plaisir et faire banquets comme ils ont accoustumé et mectre toujours en frais lesdicts marguilliers . » (Arcli. nat., S. 3320.)
(2) ffPar devant Phelippes Cothereau et Jehan Jacques, notaires du Roy nostre sire en son Chastelet de Paris, furent presens en leur personne noble homme et saige maistre Charles Anthonis, seigneur du Perreux, conseiller du Roy nostre sire et general en la Court des aides à Paris, et François Jouet, marchant et bourgeois de Paris, au nom et cdmme marguilliers de l’œuvre et fabricque de
marguilliers une redevance annuelle de 1 o livres tournois et une autre somme de 10 livres tournois pour acquitter l’arriéré dû sur le produit de leurs quêtes, de l’année i5û8 à l’année 1 5 5 7 ; par contre, la fabrique promit de leur céder un emplacement convenable pour la visite des blessés. Peu après, la fabrique sollicita à cet effet du pape Pie V l’autorisation d’édifier des constructions sur le terrain ecclésiastique, et les bulles qu’elle obtint furent enregistrées au Parle-
l’eglise Sainct Cosme et Saincl Damyen à Paris, pour eulx audict nom, d’une part, et honnorables hommes maistre Barnabe' Le Veslz, maistre juré cirurgien à Paris et prevost des maistres j urez cirurgiens en ceste ville de Paris, Germain Chenal, Robert Gaignard, François Desneux, Lois Le Brun, Sebastien Dampsy, Philippes Lievyn et Nicollas Le Bouin, aussy tous maistres jurez cirurgiens à Paris, faisans et representans la plus grande et saine partie desdicts maistres jurez cirurgiens en ceste ville de Paris, iceulx Le Vestz, Chenal, Gaignard, Desneux et Le Brun estant congregiez et assemblez ce jourd’huy, qui est le premier lundy de ce présent mois de février, en ladicte eglise Sainct Cosme et Sainct Damyen, où iceulx maistres jurez cirurgiens de Paris ont accoustumé traicter des affaires de leur confrairie les premiers lundis des mois de l’an,
aussy pour eulx , d’aultre part . , recogneurent
et confessèrent avoir sur ce que dict est et les deppendances traicté, accordé, transigé et paciffié en la forme et maniéré qui s’ensuit, c’est assavoir : lesdicts cirurgiens cy dessus nommés ont promis, seront tenus, promectent et gaigent de bailler et paier par chacun an , deux jours après le jour et leste Sainct Cosme et Sainct Damyen, auxdicts marguilliers et leurs successeurs marguilliers de ladicte eglise, ou au porteur de ces présentes pour eulx, la somme de dix livres tournois des premiers et plus clairs deniers de la queste qui se fera dedans le creux de ladicte eglise par lesdicts cirurgiens, tant et si long temps que lesdicts chirurgiens jurez à Paris se entremettront du revenu de ladicte confrairie et non aultrement, et, avant toutes aultres choses, à commencer du jour Sainct Cosme et Sainct Damyen dernier passé, et de là en avant continuer comme dict est, et où la queste qui se fera en ladicte eglise ne se pourroit monter jusques à la concurrence de ladicte somme de dix livres, en ce cas, lesdicts cirurgiens seront tenus de parfournir l’année conséquente ladicte somme de dix livres tournois, si ladicte queste ne le peut porter; de laquelle confrairie et queste lesdicts cirurgiens lors
se pourront despartir et demettre si bon leur semble, voyant ladicte queste de ladicte confrairie ne pouvoir suffire au paiement desdictes dix livres tournois entre les mains desdicts marguilliers, faisant toutesfois icelle crier et proclamer au nom desdicts cirurgiens comme aucteurs d’icelle, et entretiendront lesdicts cirurgiens ladicte confrairie catholicquement et fidellement, comme de tout temps et ancienneté ils ont faict, en païant l’escuraige et carillonerie au jour et festes dudict Sainct Cosme et Sainct Damien ou augmentant les services d’icelle selon la recepte des deniers qui se pourra faire; à ceste fin seront, suivant lesdicts arrests , les deniers de ladicte queste mis en une boueste qui fermera à deux clefs , dont l’une sera baillée à l’un desdicts marguilliers et l’autre au prevost desdicts cirurgiens et confrairie, laquelle boueste, jusques à ce que lesdicts cirurgiens aient paié ausdicts marguilliers ou à l’un d’eulx ladicte somme de dix livres tournois , sera mise en deppost et garde dedans l’un des coffres du revestiere de ladicte eglise . ; et pour les arreraiges par les¬
dicts marguilliers pretenduz jusques au jour Sainct Cosme et Sainct Damyen i556 pour la moitié desdictes questes, lesdicts cirurgiens seront tenus, promectent et gaigent bailler et païer comptant, pour une fois seullement, la somme de dix livres tournois en oultre les deniers que lesdicts marguilliers peuvent et pourront avoir receuz à cause de ladicte confrairie, lesquels aussi leur demeureront , et , moiennant les choses susdictes et déclarées , lesdicts marguilliers ont quicté et quictent auxdicts cirurgiens tous les arreraiges qui leur avoient esté adjugez par lesdicts arrests jusques audict jour Sainct Cosme 1 556 , et se sont pour la moictié desdicles questes, aussi à eulx adjugée par iceulx arrests, contentés et contentent de ladicte somme de dix livres tournois par chascun an, comme dict a
esté ci dessus . ; suivant lesdicts arrests lesdicts
marguilliers seront tenus bailler et livrer auxdicts cirurgiens, oultre la nef de leurdicte eglise, lieu et place commode pour visiter les pauvres malades
ment le 19 novembre 1 5 6 1 w. Mais le Collège des chirurgiens, probablement par suite du défaut de ressources suffisantes, ne se pressa pas d’exiger des marouilliers l’accomplissement de leur promesse.
Cette affaire était en suspens depuis une douzaine d’années, lorsque l’un des chirurgiens jurés, Nicolas Langlois, par une donation du 28 avril 1 5 7 4 , gratifia le Collège d’une rente annuelle de 3i livres, ik sous et 6 deniers, dont une partie devait être attribuée comme rémunération aux six plus anciens chirurgiens qui assisteraient aux visites mensuelles, une autre partie au clerc du Collège pour fournir tout ce qui serait nécessaire à la rédaction des ordonnances, et
le reste à la fabrique de Saint-Corne^.
qui ont accoustumé de tout temps et ancienneté les premier lundy du moys y afflcuer pour par iceulx cirurgiens estre veus et visitez, avoir leur advis et oppinions concernant la santé et guérison desdicts pauvres malades, car ainsy a esté convenu et accordé entre lesdictes parties esdicts noms, par lesdictes présentes; lesquelles présentes icelles parties esdicts noms ont consenti et accordé estre homologuées en ladicte Court de Parlement à Paris,
. Faict et passé en double, cestuy jour, l’an
1557, le lundy 7e jour de février. » (Arch. nat.,
(1) trLa Cour a permis à M. Claude Versoris , curé de S. Cosme et S. Damien à Paris et aux marguilliers et paroissiens de ladicte eglise, de jouir de l’etfet des bulles de N. S. le Pape, à eux accordées pour la construction du basliment en ladicte eglise et enclos d’icelle , pour accomoder les pauvres qui chacun lundi du mois sont par les chirurgiens et barbiers de ladicte ville visitez , pensez et médicamentez, et icelles bulles et indulgences faire publier selon la concession de ce faicte par l’evesque de Paris.» (Félibien, t. IV, p. 799.)
(î) tr . Par devant Robert Foucart et Jehan
Brigrand, notaires du Roy, nostredict seigneur, de par luv ordonnez, instituez et establis en son Chastellet de Paris , fut présent et comparant personnellement honorable homme maistre Nicolas Langlovs, chirurgien juré à Paris, lequel volontairement recongneut et confessa avoir donné, ceddé quicté et transporté et par ces présentes donne, cedde, quicte et transporte par donnation faicte entre vifs, promect garenlir ferme et taire valloir au College et communaulté des chirurgiens jurez à Paris, honnorable homme maistre Guillaume Du Bois, chirurgien ordinaire du Roy et juré à Paris et prevost dudict College et communaulté
Par une seconde donation du 19 juin
desdicts chirurgiens , à ce presens et acceptans pour ledict College el communaulté, trente une livres, quatorze sols, six deniers tournovs de rente annuelle et perpétuelle que ledict Langloys a dict luy appartenir et avoir droict de prendre par chacun an aux quatre quartiers, sur l’Hostel de ville de
Paris . , pour les deniers des arreraiges d’icelle
rente estre distribuez par ledict prevost et successeurs en la maniéré qui suit, assavoir : à six desdicts chirurgiens, les plus anciens et receus audict College qui assisteront et seront presens le premier lundy de chacun moys, heure de neuf à dix heures du matin , en l’esglise Sainct Cosme et Sainct Damyen , rue de la Harpe , à chacun d’iceulx six sols parisis pour chacune assistance, à la charge que suyvant leurs statuts et ordonnances ils assisteront à ladicte eglise depuis neuf à dix heures du matin jusques à ce que les malades ayent receu conseil desdicts chirurgiens jurez, et, en cas advenant que lesdicts six plus anciens, y comprins le prevost ou aucun d’iceulx, n’y assistassent depuis le commencement de ladicte visitation des pauvres malades jusques à la fin, les suivans, en ordre selon leur réception, qui auront assisté à ladicte visitation comme dict est, auront et recevront ladicte distribution, qui sera pour la distribution de chacun premier lundy du moys quarante cinq sols tournovs et par chacun an vingt sept livres tournoys; au clerc dudict College sera baillé par chacun an, le premier lundy de janvier, quarante quatre sols, six deniers tournoys, à la charge qu’il sera tenu fournir de papier avec plumes et trancheplumes et pouldre pour escripre et ordonner par lesdicts chirurgiens ce qu'il sera de besoing ausdicts malades qui auront esté visitez , comme dict est, et le reste desdictes deux rentes, montant cinquante sols tournoys, seront et appartiendront à
suivant, le même Langlois assura au Collège une rente annuelle de 5o livres sur laquelle devaient être prélevés les frais nécessités pendant l’hiver pour le chauffage de là salle où l'on visiterait les malades ù). Dès lors, les chirurgiens récla-
tousjours à l’œuvre et fabrique d'icelle eglise Sainct Cosme et Sainct Damyen , desquels cinquante sols tournoys ledict Langloys en faict don , cession et transport à ladicte fabrique pour estre délivrés comptant aux marguilbers de ladicte paroisse par le prevost dudict College par chacun an, ledict jour premier lundy de janvier, en considération de ladicte visitation . Ces présentes lectres faictes
et passées l’an 167/1, le mardy 28e jour d’avril. « ( Arcb. nat. , S. 3320.)
(I) ff . Par devant Martin Hemon et Jehan
Brigrand, notaires du Roy, nostredict seigneur,
. fut présent et comparant personnellement
honnorable homme maistre Nicolas Langloys, chirurgien juré à Pai'is, lequel volontairement recongnut et confessa avoir donné, ceddé, quicté, et par ces présentes donne, cedde, quicte et transporte par donnation irrevocable faicte entre vifs, à la réservation touteffois et retemption de l’usufruict des rentes cy après déclarées pour en jouyr par icel— luy donateur sa vie durant seullement, promect garantir, fournir et faire valloir au College et communaulté des chirurgiens jurez à Paris, noble homme maistre Guillaume Du Boys , aussy chirurgien et prevost dudict College et communaulté desdicts chirurgiens jurez à Paris et chirurgien ordinaire du Roy, ce acceptant pour ledict College et communaulté. cinquante livres tournois de rente par chacun an, à prendre sur PHostel de cette ville
de Paris . , pour desdictes cinquante livres
tournoys de rente en deux parties , dessus déclarées et données, joyr, tenir et posséder par lesdicts du College et communaulté après le decez dudict donateur et non plus tost, comme dict est, par la forme, maniéré et causes qui ensuivent: assavoir que les arreraiges d’icelle rente seront par ledict prevost d’icelle communaulté présent et successeurs h l’advenir prins et receus du receveur de ladicte ville [de Paris] aux termes cy devant désignez, et les deniers d’iceulx arreraiges employés et distribués par ledict prevost et successeurs à l’advenir, assavoir : au curé de l’eglise Sainct Cosme Sainct Damyen à Paris, par chacun an, le premier lundy du mois de janvier, cinquante sols tournois; à l’œuvre et fabricque de ladicte eglise Sainct Cosme, pareille somme de cinquante sols tournois par chacun an,
ledict premier lundy dudict mois de janvier; idem pour avoir ung cierge de cire blanche du pois de cinq livres à l’entour duquel le nom et surnom dudict donateur sera escript, pour servir et estre allumé tous les premiers lundys de chacun mois de l’an et jour Saint Cosme et Sainct Damyen, comme les autres cierges de ladicte eglise, et lequel cierge ledict prevost et ses successeurs seront tenus d’entretenir à tousjours, perpétuellement, au temps advenir; idem pour quérir et fournir chacun premier lundy du mois de septembre, octobre, novembre, décembre, janvier, février, mars et avril , à chacun desdicts lundys, une douzaine moictié de fagots et l’autre moictié de cotteretz pour chauffer les mallades et petits enfans principaliement qui seront venus en ladicte eglise pour estre visitez et
avoir l’ordonnance desdicts chirurgiens . Les-
dictes présentes lettres faictes et passées furent l’an i5yA, le samedi 19e jour de juing. * (Arch. nat., S. 3320.)
Félibien est le seul historien qui ait brièvement rappelé les fondations de Nicolas Langlois, mais il ne paraît pas s’être rendu compte de leur importance au point de vue de la fondation des ÉcoDs de chirurgie. (T. I, p. 439.)
Lebeuf 11e les a pas connues, et par suite il a affirmé à tort que trie petit batiment pour le pansement des pauvi'es fut fait durant l’hiver 1 5 6 1 , à la diligence de Claude Versoris, curé. « (T. 11, p. 467 )
Quant à M. Tisserand, il s’est borné à amplifier cette erreur, en observant que des marguilliers et les paroissiens de Sàint-Côme voulurent ajouter quelques aumônes aux libéralités de Nicolas Langlois et construire en leur église un bâtiment pour accommoder les pauvres »; et que l’amphitéâtre de Saint-Côme rappelle. «• malgré son changement de destination, une fondation charitable de l’un des curés de l’église n . ( Topographie historique, Région occidentale de l’Université , p. 365 et 37o.)
Or il est bien évident, d’après les documents publiés ci-après, que les curé et marguilliers de Saint-Côme n’eurent aucune part à la construction du bâtiment destiné aux visites des malades, qui fut l’origine des Ecoles de chirurgie.
nièrent avec insistance la concession du terrain qui leur était nécessaire pour édifier le bâtiment destiné aux visites, et comme les marguilliers ne leur donnaient pas satisfaction immédiate, ils présentèrent, le k décembre 167/1, une requête au Parlement pour obliger la fabrique à tenir ses engagements. Le conseiller Thibaud Le Sueur, chargé par la Cour de régler cette affaire, se transporta sur les lieux avec les intéressés, le 16 février 1675 W, et il fut décidé en sa pré-
(1) tf Auquel jour, lieu et heure seroient comparus lesdicts prevost et chirurgiens, par maistre Guillaume Du Bois, prevost de ladicte communaulte', maistres Nicolas Langlois, Robert Gaignard, François Desneux, Lois Lebrun et Jehan Delisle, Jehan d’Amboise et Jehan Content, cirurgiens jurez en cesle ville de Paris, assistez dudict Longier, leur procureur, et maistre Claude Versoris , curé de ladicte eglise Sainct Gosme, et maistre François Gruget, conseiller du Roy et référendaire en la Chancellerie de France, marguillier en ladicte eglise, tant pour luy que maistre Claude Coulanges, aultre marguillier de ladicte eglise, absent :
ffPar lesquels prevost et chirurgiens, assistez comme dessus, nous auroit esté requis procedder h l'execution de nostre dicte sentence, sommé et interpellé lesdicts curé et marguilliers de bailler et livrer auxrlicts demandeurs place commode pour faire lesdictes visitations desdicts premier lundy des mois de l’an, proche de leur eglise: lesquels, assavoir ledict Versoris nous auroit remonstré et dict qu’il ne sçait lieu plus convenable que l’encoigneure du cyinetiere qui faict le coing du bastiment neuf, contenant environ vingt et un pieds de long et unze pieds de large jusques au mur des Cordelliers et de la rue, lequel il accorde estre baillé et délivré auxdicts chirurgiens, pour y bastir pour la visitation des pauvres, suivant l’arrest;
ff Et ledit Gruget, pour lesdicts marguilliers, dict et remonstre qu'il ne sçavoit lieu ne place plus commode à faire ledict bastiment que une place ou encoigneure qui est dans le cymeliere de ladicte eglise, du costé des Cordelliers, qui peult contenir en longueur trois toises et demie et de largeur unze pieds ou environ , sur laquelle place ils consentent que lesdicts chirurgiens puissent faire le bastiment mentionné par ledict arrest, à la charge de n’entreprendre aucunement sur le charnier par lequel passe la procession, mais le laisser libre et de pareille largeur que celuy qui est soubz le corps d’hostel neuf basli , joignant ladicte place, et oullre que lesdicts chirurgiens 11e pourront prétendre au¬
cun droit de proprietté ne autrement en ladicte place ne bastiment qu’ils prétendent faire, mais apartiendra le tout à ladicte eglise, sauf l’usaige d’iceulx chirurgiens pour y faire leurs visitations ordonnées par chacun premier lundy des douze mois de l’an seullemeut, auquel jour le clerc de l’œuvre de ladicte eglise qui aura les clefs dudict bastiment en sera tenu faire ouverture auxdicts chirurgiens pour y faire lesdictes visitations ; ce que lesdicts chirurgiens ont consenti et accordé;
rf Pour veoir laquelle place nous nous serions transportez en [dehors] et en dedans dudict cymemetiere, en la presence desdictes parties, et nous auroient lesdicts chirurgiens remonstré ladicte place estre fort auguste et estroicle pour la grande affluence des pauvres venans de toutes parts csdicts jours du premier lundy des mois de l’an, qu’il convenoit en temps d’hiver et aultres saisons et qualitez de leurs mallades les chauffer et traicter auparavant que partir de leurs mains, que dedans ledict cimetiere se pouvoit prendre place et plus commode; touteffuis se rapportoient à nous d’en ordonner.
tf Sur quoi, parties oyes et de leur consentement, aurions ordonné et appoincté, ordonnons et appointons que au dedans et sur ladicte place estant dedans ledict cymetiere qui nous a esté montrée par lesdicts curé et marguilliers, en la presence desdicts prevost et chirurgiens, estans derrière une encoigneure d’une maison qui est assise audict cymetiere et le mur qui faict closlure dudict cimetiere et de ladicte eglise, ladicte place contenant vingt et ung pieds, quatre poulces de longueur, et de largeur unze pieds quatre poulces, ainsi qu’d nous est apparu par l’allignement et mesure que nous aurions faict faire, en la presence et du consentement desdictes parties, par Guillaume Rousseau, maistre maçon, bachelier à Paris, par lesdictes parties accordé pour mesurer ladicte place , que lesdicts prevost et chirurgiens y pourront bastir, faire construire et ediflîer bastiment pour y veoir, visiter, panser et medicarnenter les pauvres
sence que l’on céderait aux chirurgiens un emplacement situé dans l’angle du cimetière paroissial, entre la maison qui appartenait à la fabrique et le couvent des Cordeliers. C’est là que fut installé aussitôt un modeste hangar destiné à abriter les malades durant les visites. Mais comme ces malades se présentaient en très grand nombre à chaque séance et que les chirurgiens, désireux d’user de leurs privilèges universitaires, avaient bientôt annexé aux consultations l’enseignement théorique et pratique de leur art, en vertu du droit à eux conféré par les lettres patentes du roi Henri III, en date du 10 janvier 1678 h), le local dont ils disposaient 11e tarda pas à devenir insuffisant, et ils réclamèrent la concession d’un nouvel emplacement. Par un accord du 8 février 1 6 1 5 P2), la fabrique consentit
accoustumés estre veus et visitez en tout temps qui pour l’advenir y viendront par chascun premier lundy du mois, en la maniéré accoustumée, suivant ledict arrest et transaction faicts entre les parties; et se pourront lesdicts chirurgiens aider pour ledict bastiment d’une porte ou entrée nouvellement faicte de pierre de taille, du costé de la rue des Cordelliers, et seront tenus faire tumber les eaues et esgoux dudict bastiment en et sur ladicte rue et non ailleurs, le tout aux charges cy dessus mentionne'es et de leur consentement, » (Arcb. nat. , S. 3320.)
(1) Le texte de ces lettres a été publié dans les Statuts , privilèges , etc. (P. 99.)
(2) cf . Par devant Estienne Paisant et Claude
de Troyes, notaires gardenotes du Roy nostre sire en son Chastelet de Paris , furent presens en leurs personnes monsieur maistre Jehan de Berulle, conseiller du Roy en sa cour de Parlement, seigneur de Biverges, et honnorable homme Guillaume Lespicier, bourgeois de Paris, demeurant rue des Cordeliers, au nom et comme marguilliers de l’œuvre et fabrique de l’eglise messieurs Sainct Cosme et Sainct Damien, fondée en l’Université de Paris, d’une part, et les prevost, College royal et communaulté des chirurgiens jurez de ceste ville de Paris, ci apres nommez d’autre part;
rc Disans les parties, mesme lesdicts chirurgiens <pie dès y a long temps ils avoient pourparlers avec les anciens parroissiens et marguilliers de ladicte eglise Sainct Cosme et Sainct Damien, du faict de la disposition et allienation des lieux cy après déclarés, à prendre au cimetiere de ladicte eglise, et remonstré que, pour plus commodément faire les visites des pauvres malades qui se font par lesdicts College et chirurgiens tous les premiers lundis des mois de l’année en ladicte eglise, il leur
esloil très necessaire, non seullement pour leur commodité mais pour le soullagement des pauvres malades, de croistre et agrandir le lieu ordinaire à faire lesdicles visites qu’ils ont en ladicte eglise et cimetiere Sainct Cosme, qui n’est suffisant à heberger lesdicts malades pour le grand nombre qui se trouve audict Sainct Cosme le jour desdictes visites, cause que pour le désir qu’ils ont du soullagement desdicts malades et du public ils auroient requis lesdicts paroissiens de leur délaisser quelque portion dudict cimetiere pour y faire construire et édifier à leurs despens un lieu propre pour faire lesdictes visites et panser lesdicts malades, et pour ce auroient lesdicts chirurgiens offert condition honnesle à ladicte eglise telle qu’il seroit advisé.
cc Lesdicts sieur de Berulle et Lespicier, audict nom des marguilliers de ladicte eglise et paroisse Sainct Cosme . , recogneurent et confessè¬
rent, pour l’evidenl profit faire de ladicte eglise Sainct Cosme, avoir baillé, ceddé, transporté, quicté et délaissé et par ces présentes baillent, cedent, quictent, transportent et délaissent du tout, dès maintenant à tousjours, à litre de rente annuelle et perpétuelle . , auxdicts prevost, Col¬
lege royal et communaulté desdicts chirurgiens
jurez de ceste dicte ville, ce acceptons . , trois
toises et demie dedans le cimetiere de ladicte eglise, à prendre de dehors œuvre, depuis le petit logis qu’ils tiennent à présent sur la rue des Cordeliers en tirant devers la croix dudict cimetiere, et ce par bault seulement, à commencer à l’endroit du premier plancher de la salle qu’ils prétendent faire audict endroit, en ce compris la saillie qu’ils doibvent faire sur ledict cimetiere, «pii sera de deux pieds, pour revenir auxdictes trois toises et demie, de dehors œuvre en dehors œuvre, pour continuer ledict bastiment depuis ledict premier plancher
à céder trois toises de terrain compris entre le cimetière et le mur des Cordeliers, en se réservant la nue propriété des constructions qui y seraient édifiées, et elle
jusqu’en haut sur iadicte largeur; et quant aux piliers qui porteront ledict basliment seront mis et plantez à deux pieds moins desdictes trois toises et demie, à commencer ledict bastiment [à] Iadicte maison appartenant à Iadicte fabrique et eglise et continuer jusque au mur des Cordeliers, lequel bastiment se poursuivra jusques sur le petit logis que tiennent à présent lesdicts chirurgiens sur la rue
des Cordeliers . ; en la porte dudict logis , que
lesdicts chirurgiens feront faire pour entrer audict cimeliere , y aura deux serrures fermans à clef, l’une du coslé clesdicts chirurgiens , et l’autre du costé dudict cimetière , qui demeurera entre les mains du clerc de Iadicte eglise Sainct Cosme, pour ouvrir Iadicte porte auxdicts chirurgiens tous les premiers lundis des mois et aultres jours qu’ils pourront avoir affaire audict cimetiere et charniers pour la visite charitable et gratuitte de leurs malades, pour par après estre Iadicte porte refermée, en sorte que les residens au logis desdicts chirurgiens ne puissent avoir accès dans ledict cimetiere en aultre temps; plus lesdicts chirurgiens pourront faire bastir une gallerie opposée et regardant sur Iadicte eglise Sainct Cosme, continuant depuis Iadicte salle jusques au nfur et bastiment des Cordeliers, laquelle gallerie aura neuf pieds dans œuvre, oultre lesquels pourront lesdicts chirurgiens, si bon leur semble, faire une saillie le long de Iadicte gallerie, de deux pieds seullement, laquelle dicte gallerie continuera depuis le bastiment susdict, à prendre sur ledict cimetiere, jusques à la maison appartenant auxdicts Cordeliers où il y a une fenestre regardant dans ledict cimetiere, garnie de barreaux de fer . ; et ne pourront lesdicts sieurs chirur¬
giens faire monter lesdictes galleries depuis Iadicte salle plus hault, comprins le comble, que le mur desdicts Cordeliers, qui est à présent de dix neuf pieds de hault, et feront continuer lesdicts sieurs chirurgiens le plancher qu’ils feront faire a Iadicte gallerie au niveau et haulteur de celuy de Iadicte salle dont est parlé ci dessus, pour estre semblable au charnier qui est au dessoubs de la maison appartenant à Iadicte eglise; seront tenus aussi lesdicts sieurs chirurgiens de continuer depuis Iadicte gallerie un autre charnier, de la mesme largeur que icelle gallerie et de la mesme façon, lequel sera de neuf pieds ou dedans œuvre, lequel sera sans saillie, avec plancher de sollives façonnées et masm.
sonnées comme les aultres, et sera ledict dernier charnier continué sur pilliers de pierre de taille avec appuis, comme celui qui est au dessoubs de la maison appartenant à Iadicte eglise, et lesdicts pilliers de la mesme distance, et le plancher de la haulteur desdicts aultres planchers, et sera continué depuis Iadicte gallerie jusques audict jambage et premier pillier de pierre de taille du revesliere de Iadicte eglise; lequel charnier sera couvert en comble, le plus bas que commodément faire se pourra pour gangner la veue sur icelluv; seront faictes deux lucarnes en damoiselle pour y entasser des os des trespassez , sans que lesdicts chirurgiens puissent prétendre aulcune chose au dessus d’icelluy dernier charnier; tous lesquels charniers en dessoubs de salle seront faicls par pilliers de pierre de taille espacez sur la mesme distance de ceulx
faicts , appartenant à Iadicte eglise . ; et , pour le
regard de ce qui reste à couvrir, depuis ledict jambage de pillier dudict revestiere jusques au bout de la muraille du logis de monsieur le curé de Sainct Cosme, lesdicts sieurs chirurgiens feront continuer un charnier couvert soit de thuilles ou ardoises, en façon d’auvent, comme lesdicts marguilliers désireront estre faict pour la plus grande commodité de Iadicte eglise, pour ne point perdre
les veues qui sont audict revesliere . ; tous
lesquels bastimens et ouvrages , ci dessus déclarez et spécifiiez, lesdicts sieurs chirurgiens feront faire et bastir entièrement à leurs frais et despens, suivant le devis cy dessus, bien et deuement et sur bonnes fondations, et faire couvrir le tout de thuilles du grand mousle, à rendre lesdicts lieux faicts et parfaicts et place nette dedans ledict cimetiere , au jour de Sainct Cosme prochainement venant, le tout au dire de gens à ce cognoissans , et par après entretenir iceulx lieux à perpétuité de toutes grosses et menues réparations, tant par hault que par bas, pour jouir desdicts lieux cy dessus déclarez par lesdicts sieurs chirurgiens à tousjours à perpétuité, assavoir dudict principal bastiment, ensemble de la gallerie qui se fera le long dudict mur des Cordeliers, pour le dessus seullement, sinon que lesdicts sieurs chirurgiens s’ayderont desdicts charniers tous les premiers lundis des mois pour la visitation de leurs malades, comme ils ont accouslumé de faire , et lesdicts sieurs marguilliers et paroissiens demeureront seigneurs et proprietaires
IMPRIMERIE XATIOM ALE.
permettait aux chirurgiens de continuer à se servir des charniers pour les visites, en leur imposant l’obligation d’achever la construction des galeries et de lui payer une rente annuelle de 100 livres. Les chirurgiens élevèrent alors sur le charnier, contre le mur des Cordeliers, un bâtiment qui servit de bureau pour leurs assemblées et de salle des archives. Le 2 septembre 168Û, comme cette salle menaçait ruine, ils furent autorisés à la reconstruire en payant à la paroisse une indemnité de 35o livres, et, le 22 mai 1 68 5 , ils prirent l’engagement de faire peindre les charniers et de réparer le passage du côté de la sacristie. Par deux contrats des 28 août 1 6 1 5 et 19 juin 1691, ils obtinrent aussi des Cordeliers, moyennant une redevance annuelle de G5o livres, la jouissance d’un assez vaste
emplacement sur lequel ils installèrent bâtir, dans les dernières années du xvue
desdicts bastiment et gallerie de ladicte eglise et fonds sur lequel lesdicts baslimens et gallerie seront bastis, pour desdicles choses ainsi baillées, ceddées et transportées, jouir, faire et disposer par lesdicts sieurs preneurs et leurs successeurs à l’advenir, comme ils verront bon estre . , et oultre
moyennant cent livres tournois de rente annuelle et perpétuelle que lesdicts sieurs chirurgiens preneurs en ont promis et promectent esdicts noms, tant pour eulx que pour leurs successeurs à l’advenir, bailler et païer doresnavant, par chascun an, à ladicte œuvre Sainct Cosme et Sainct Damien , marguilliers d’icelle ou au porteur des présentes lectres, pour eux, aux quatre quartiers de l’an, à Paris. . . ; au paiement de laquelle rente demeureront les aultres biens et revenus dudict College et communaulté des chirurgiens spécialement affectez , obligez et ypotecqués; a esté accordé qu’advenant que lesdicts chirurgiens fussent defaillans par quatre années consecutives a païer lesdictes cent livres tournois de rente, en ce cas y aura contre eulx peine commise et déperdition de leur droict esdicts
bastimens et editlices . Cesdicles présentes
faictes et passées furent en l’hoslel dudict sieur de Diverges , l’an 1 6 1 5 , le dimanche avant midy 8ejour de février. r> (Arch. nat. , S. 332 0.)
(1) Jean de Launay, chirurgien du roi, rappelait dans un contrat de dotation de deux places de professeurs, qu’il fit le 9 août 1622 , les dépenses que ses confrères s’étaient imposées pour la construction de leurs écoles :
cr Ayant apris, mesme veu, sceu et considéré que ce n’estoit sans grand subject la bonne affection que les Roys de France ont jusques à huy tesmoignée à ladicte Faculté et College de chirurgie,
d’abord leurs écoles h), el où ils firent siècle, l’amphithéâtre de Saint-Corne ('2K
en ladicte Université de Paris . à la charge de
continuer par eulx , tous les lundis de chacun mois , les visitations pieuses et gratuites, donner advis, conseils et ordonnances sur toutes sortes de maladies aux pauvres et autres gens qui leur sont amenez et qui affluent de toutes parts et en si grand nombre en leur College Sainct Cosme que, les lieulx n’estant assez grands, lesdicts prevost et College, meuz de charité et bonne volonté envers le publicq, auraient faict augmenter lesdicts lieux de leurdiet College, en y contribuant la plus part de leurs deniers, jusques à chacun 3oo livres tournois et plus, tant pour la commodité de ladicte visitation que pour y faire par eulx leurs lectures , anatomies et autres actes, leçons el operations de chirurgie, où ils enseignent tant en théorique que pratique leurs escolliers et autres qui y veullent aller, publicquement et en particulier s’il est besoing; et sçaehant aussi que pour ce subjet ils auraient acquis bien chèrement des places tant du cimetiere Sainct Cosme que du convenl des Cordeliers, comme il appert par les contracts omologuez, à la charge comme dessus, là où expressément est dict que lesdicts bastimens et édifices serviront tant à ladicte visitation que pour y faire eulx lesdictes lectures, anatomyes et aultres actes et operations de chirurgie, tellement que ce sont aujourd’huy des plus belles et profitables escolles de ladicte Université, tant à cause, comme dict est, desdictes visitations et des leçons el enseignemens de la chirurgie aux jeunes escolliers chirurgiens. n ( Statuls , privilèges, etc., p. 107-1 11.)
(2) On trouvera ci-après le détail des aliénations de terrains faites par les Cordeliers en 1 6 1 5 et 1 697. (Cf. p. 220.)
Vers cette même époque, diverses contestations surgirent entre les chirurgiens et la fabrique de Saint-Gôme, au sujet de la reconstruction de leur bâtiment et des travaux de réfection aux chapelles de l’église et aux charniers , que le Collège se refusait à exécuter malgré ses engagements antérieurs. Il en résulta un long procès aux Requêtes du Palais, qui se termina seulement en 1716 par une transaction. Le 3 octobre de cette année, les chirurgiens reconnurent que, conformément à leurs obligations antérieures, ils devaient au curé de Saint-Gôme une rente annuelle de 2 livres 1 0 sous et à la fabrique une autre rente de 1 1 5 livres 5 sous, et qu’ils étaient tenus en outre de faire diverses réparations aux deux dernières chapelles de l’église et aux galeries des charniers.
La confrérie de Saint-Gôme jouissait, dans l’église paroissiale, de deux bancs, dont un seul pouvait être pourvu d’un bureau; de plus, elle avait établi de sa propre autorité, au cours du xvne siècle, un placard entre le banc de l’œuvre et la grande porte de l’église. Vers l’année 1690, les chirurgiens se plaignirent vivement de ce que la confrérie du Saint-Sacrement occupait un de leurs bancs, et comme la fabrique, au lieu de leur donner satisfaction, avait fait enlever le placard, ils portèrent plainte au Châtelet. L’affaire se termina, le 18 mars 1691, par une transaction aux termes de laquelle ils étaient autorisés à conserver leur placard et à installer devant leur second banc un bureau qui pourrait être momentanément déplacé, suivant les nécessités du service religieux; ils s’obligeaient par contre à payer à la fabrique une rente annuelle de cinq sous.
La confrérie de Saint-Gôme n’était pas la seule érigée dans l’église; celle du Saint-Sacrement y faisait aussi célébrer ses offices à la chapelle du même nom, ainsi que celle des compagnons charpentiers, placée sous le patronage de saint Joseph, à laquelle fut concédée la chapelle de la Vierge, le 2 février i65ô(1) 2.
L’église de Saint-Corne et Saint-Damien, hâtivement construite, ne formait dans le principe qu’un édifice peu important, qui dut être restauré au commencement du xve siècle et agrandi dans les dernières années du xvic. Elle s’élevait sur un
(1) Le 29 février 1728, les marguilliers considérant que la confrérie de Saint-Joseph, qui ne payait, depuis plusieurs années, ni les messes ni les redevances du banc, était à charge à l’église et aux pauvres malades de la paroisse, décident de déclarer verbalement aux compagnons charpentiers : rr qu’ils ayent à retirer leurs effets dans huitaine qu’ils ont sous les charniers, sinon passé ledit temps il y sera pourveu , ne voulant plus à l’advenir les souffrir dans l’exercicc de leurdite confrérie, et à eux de se pourveoir ailleurs , ainsi qu’ils adviseront.î) (Arch. nat. , LL. 694, fol. 289.)
(2) C’est du moins ce que semble indiquer l’inscription commémorative delà consécration, actuel¬
lement conservée au Musée de Cluny et publiée par Guilhermy :
L’an mil cccc et xxvii , le dymenche |j prochain
APRES LA FESTE SAINT LlJC , |[ EVANGELISTE , FUT CESTE PRESENTE EGLISE || CONSACREE DES AL'MOSNES DES BONNES || GENS. GüAGNIES LES PARDONS ET || PRIEZ POUR LES TRES-
passez. Pater noster.
11 paraît, d’autre part, que la construction de l’aile gauche de l’église datait de la seconde moitié du xvf siècle , et quelle avait nécessité la démolition partielle de l’ancien presbytère, d’après une signification faite au curé, Claude Versoris, le 27 sep-
plan presque rectangulaire, à l’angle des rues des Cordeliers et de la Harpe, et était régulièrement orientée. Deux rangées de piliers formant quatre travées la divisaient en une nef et deux bas côtés. La travée du chevet était occupée par le sanctuaire, que fermait une grille de fer, et par deux chapelles, celle de droite dédiée sous le vocable de la Vierge, celle de gauche sous le titre du Saint-Sacrement. Entre les deux premiers piliers de la nef, du côté droit, était placé le banc de l’œuvre, et vis-à-vis, du côté gauche, le banc primitif des chirurgiens, en menuiserie gothique, surmonté des armes et de la devise du Collège. Dans la troisième travée du collatéral de droite, se trouvait un petit oratoire, clôturé par une balustrade, qui porta d’abord le titre de Sainte-Croix et reçut, au xvme siècle, celui de Saint-Côme et Saint-Damien W; dans le collatéral de gauche étaient installées les trois chapelles dites «des Bouthillier, des Talon et Pont-
chartrain et des Fonts».
tembre 1 5 7 4 , les marguilliers rf attendu que le presbvtere est en grande ruine et decadence, et qu’ils avoient besoin d’en prendre partie pour accroistre leur eglise, ont offert de bailler et délivrer audit sieur curé une maison nouvellement bastie, joignant laditte eglise et icelle accommoder pour sa demeure et habitation et faire une entrée pour entrer dans l’eglise , sans sortir dans la rue, quand bon luy sembleroit , et laditte maison entretenir de réparations necessaires pour luy et ses successeurs curés, en quittant et délaissant auxdits paroissiens ledit presbytère ancien, pour s’en aider par eux comme dessus. « (Arch. nat., L. 634.)
Lors de cet agrandissement, l’on avait laissé subsister en partie l’ancien mur extérieur de l’édifice, qui formait par suite une séparation entre la nef et le bas côté , ainsi que cela résulte de l’accord intervenu, en 1689, entre la Nation d’Allemagne et les marguilliers, que nous avons déjà cité, et où il est dit : rrAperiantur fenestræ inter ipsa scamna et summum altare, ut possint commode et sine ullo impedimento magistri dictæ Nationis e suis sedibus videre divina e manibus sacerdotis célébra ri.»
La présence des fenêtres dont il est ici question s’expliquerait difficilement si, à celte époque, le sanctuaire n’avait pas été séparé par un mur de la chapelle du Saint-Sacrement.
M. Tisserand ne paraît avoir prêté aucune attention à ces détails, puisqu’il affirme que l’église subsista toujours telle qu’elle avait été primitivement construite.
«L'architecte auquel s’adressa l’abbé de Saint-
Germain, écrit-il, lui édifia, dans les étroites limites où il était obligé de se mouvoir, une petite chapelle gothique, peu élevée, à une seule nef, et par conséquent sans bas côtés, sans chapelles collatérales-,» et il ajoute : «au xvme siècle, l’église était restée telle que l’architecte constructeur l’avait livrée à l’abbé Jean deVernon». (Topographie historique, Région occidentale de l’université , p. 358. )
Cette assertion est absolument contredite par les faits et par les indications des historiens. Ainsi, d’après le témoignage de Millin, que M. Tisserand a fréquemment invoqué d’ailleurs sur d’autres points, l’église possédait dans les derniers siècles des chapelles latérales qui n’existaient certainement pas à l’origine.
(1) On lit dans les délibérations de la fabrique des 9 mai et 18 juillet 1728 :
« La chapelle de S" Croix, que Ton met sous le vocable de S' Cosme et S‘ Damien, placée au mur de la rue des Cordeliers , est entièrement en mauvais estât . Tous les premiers lundis des mois ,
messieurs les chirurgiens sont obligés de faire faire un service où ils doivent se trouver suivant la fondation qui en a été faitte, ensuite duquel les malades sont par eux visitez, ce qui attire audit service un très grand nombre de malades . , il
est nécessaire d’y faire mettre une grille de fer à deux portes, d’environ un pied et demy chacune, faisant trois pieds pour empêcher l’entrée en yceluy et éviter l’indecence de ceux qui viennent s’appuyer sur l’autel et remplir tout l’espace de la chapelle, et la tenir toujours fermée.» ( Arch. nat. , LL. 69 4 , fol. 251-259.)
L’église avait sa grande porte d’entrée sur la rue des Cordeliers, dans la dernière travée du côté droit W. Le portail extérieur se composait d’une simple arcade ogivale à moulures que surmontait un fronton surbaissé, abritant trois niches en tiers point; celle du milieu était ornée d’une statue de la Vierge. A gauche de ce portail, la fontaine dite «des Cordeliers n était adossée au mur de l’église (2). Une petite porte pratiquée dans la seconde travée du collatéral de gauche ouvrait sur un passage qui aboutissait à la rue de la Harpe (3b Dans les deux travées suivantes, du même côté, deux passages mettaient l’église en communication avec le presbytère et la sacristie. Au bout de ce collatéral, un bâtiment carré, en saillie sur le mur du fond de la nef, formait le clocher.
Entre l’église et les Ecoles de chirurgie se trouvait le cimetière de la paroisse, bordé sur les quatre côtés par les galeries des charniers et fermé, sur la rue des Cordeliers, par une maison appartenant à la fabrique et par le bâtiment affecté à la visite des malades. Dans les galeries, qui servaient d’école et de salle de catéchisme, était installé un autel dit «du Crucifix nW. Un passage ménagé
(1) Sur les plans de Paris antérieurs au milieu du xvne siècle, on voit que la grande porte de Saint-Côme se trouvait au bas de la nef, vis-à-vis du sanctuaire. La façade de l’église était bordée alors par une petite place qui la séparait du cimetière. A la date du i5 novembre r656, le censier de Saint-Germain-des-Prés signalait en effet l’existence d’une maison ttatlenante au presbytère et aux Cordeliers, qui est l’etable, qui anciennement etoit une place , laquelle aboulissoit sur la rue des Cordeliers ». (Arch. nat., L. 63 A . )
(2) Dans l’assemblée des marguilliers du g juin 1 6 2 A , «■ il a esté arresté de donner acte portant consentement à messieurs les Prévost des marchands et eschevins de ces le ville de Paris de faire et ediffier ung bassin et fontayne au lieu et place où est la première bouticque tirant vers l’hostel de
la cbappelle Nostre Dame . , à la charge de ne
rien endommager du gros mur de ladicte eglise et fondement, ny d’oster le jour d’icelle eglise et de restablir tout ce qui sera pour ce faire par eux desmoly; seront neantmoings lesdicts sieur prevost des marchands et eschevins priez de recompenser ladicte eglise de la somme de douze livres tournois par an à laquelle se loue ladicte boutique par chacun an ou de faire en sorte que ladicte eglise en soit recompensée par les habitans du quartier qui reçoipvent l’utilité de ladicte fontaine, autres que ceux de ladicte paroisse de Sainct Cosme. v ( Ibid. , S. 33i9.)
(3) La porte de la rue de la Harpe fut déplacée
à la fin du xvne siècle. Un relevé sommaire des titres concernant les maisons de la paroisse signale, à la date du 5 juillet 1682, «-les devis et marché des ouvrages à faire à S* Cosme, entre les sieurs marguilliers de S' Cosme et le nommé Lamy, maistre maçon, lesdits ouvrages consistons entre autres choses à boucher la porte de l’egîise du costé
de la rue de la Harpe . , à faire une autre
porte dans le mur de l’eglise qui sépare l’allée de la maison du presbylere, laquelle porte aurait dix pieds et demy de hauteur sur cinq pieds de large
. , pour faciliter une entrée plus commode
dans ladite eglise, de sorte qu’il n’y ait cpi’une marche à descendre. » (Arch. nat., L. 63 A.)
A la date du 21 février 1734, le registre des délibérations de la fabrique nous apprend que «M. de Chamousset ayant fait faire à un benistier en marbre un ange au dessus, à la porte de l’eglise, du coté de la rue de la Harpe , demande la permission de faire la mesme chose au benistier de la grande porte attenant celle du charnier, en faisant servir la coquille qu’il y a, le tout à ses frais et dépens, pour l’ornement de l’eglise n . (Ibid., LL. 696, fol. 162.)
(4) D’après une délibération de la fabrique, du 16 mai 1 683 , ces galeries étaient même utilisées pour certains offices :
rrSur ce qu’il a esté représenté qu’il est necessaire de faire clorre et fermer tant les charniers que le cimetiere de l’eglise, pour empeseber qu’ils ne demeurent pas exposez à estre propbanez comme
entre le mur de l'église et la fabrique et dont l’entrée se trouvait à droite de la grande porte de l’église conduisait au cimetière W; l’escalier qui occupait le fond de ce couloir permettait d’accéder aux logements des ecclésiastiques et des officiers, édifiés sur les voûtes de l’église. Le presbytère était mitoyen avec le mur méridional de l’église, du côté gauche; la partie de l’ancien presbytère en bordure sur la rue de la Harpe était louée aux Dames de charité de la paroisse, qui y avaient installé l’école des filles pauvres^. Trois échoppes se trouvaient adossées à l’église, l’une dans la rue des Cordeliers, entre la grande porte et la fontaine,
les deux aulres dans la rue de la Harpe En raison de son ancienneté, l’église quentes réparations^, si bien qu’en 17
ils le pourroient estre s’ils demenroient ouverts comme ils sont, et que, les charniers et cimetiere estant clos et fermez, on y pourroit administrer la communion aux testes solenmelles plus decemment, il a esté arreté qu’on feroit travailler incessamment à la closture et fermeture des charniers et du cimetiere, pour mettre lesdicts lieux en estât d’y administrer la communion avec plus de decence.» (Arch. nat., LL. G 9 A , fol. 44 v°.)
(1) «Le cimetiere de la paroisse S‘ Gosme est scitué au devant du mur de face du portail de l’eglise, n’y aïant qu’un passage entre deux pour conduire à l’escallier servant à monter au bureau des marguilliers et des logements pour messieurs les ecclesiastiques. Ce passage a son entrée sur la rue des Cordeliers, à coté de la porte principale de l’eglise.
«Le cimetiere est entouré de trois aulres cotés par des batimens, scavoir : un batiment sur la rue des Cordelliers , de vingt un pieds d’epaisseur, élevé de trois etages quarrés au dessus du rez de chaussée et d’un comble au dessus. Ce batiment consiste au rez de chaussée en de petites boutiques sur laditte rue, au derrière desquelles est un des cotés des charniers éclairé sur le cimetiere. Les etages au dessus sont occupés par des locataires de la fabrique qui ont leur entrée par la rue; lesdits etages supérieurs ont des jours tant sur la rue que sur le cimetiere. Ce corps de logis contient trente-un pieds trois quarts sur le cimetiere, de face.
«Le corps de logis en retour, opposé à l’eglise, consiste au rez de chaussée en un second coté des charniers et en un etage au dessus couvert d’un comble; cet etage sert d’ecole aux chirurgiens pour donner les leçons aux sages femmes; ce second batiment ne lire son jour que sur le cimetiere.
:, contre le chevet.
exigea, au xvne et au xvinc siècle, de fré- 78, il fut un moment question de l’aban-
«Dans l’angle que forme le second corps de logis avec le premier est une partie de charnier formant hache dans le cimetiere, et au dessus est la salle d’assemblée des chirurgiens.
«Au fond du cimetiere est le troisième coté du charnier, au dessus duquel est un grenier.
«Le cimetiere contient environ vingt six toises de superficie et tire de l’air des deux cotés sur un grand terrain dépendant des Cordeliers, lequel terrain est terminé par un batiment comprenant
une. grande salle appartenant aux Cordeliers .
«Il faut observer qu’il se fait sur la paroisse S‘ Cosme, année commune, cinquante enterremens dont vingt corps sont enterrés dans l’cglise et sous les charniers et les aulres dans le cimetiere, dont l'existence paroit aussy ancienne que la paroisse. » (Bibl. nat. mss.; Collection Joly de Fleury, 1208, fol. i3.)
(2) Dans leur délibération du 19 juin 172g, les
marguilliers constataient que «M. le curé tire i,45ott par année des loyers des presbytères ou maisons, dont quelques uns d’iceux ne doivent pas lui appartenir; il loue la maison de son presbytère à un aubergiste la somme de goott par an; celle de l’ancien presbytère, qu’il a louée aux Dames de charité de la paroisse pour y faire l’école des pauvres filles et y loger les deux sœurs de Charité qui lui payent par année i3ott . Depuis l’ab¬
sence de M. Godeau, curé, le feu s’est mis deux fois à la maison presbiterale qui a manqué à incendier l’eglise et tout ce qui s’en suit.» (Arch. nat., LL. 6 9 4 , fol. 289-290.)
(3) Le procès-verbal de l’assemblée des marguilliers, tenue le 18 juillet 1728, donne le détail des réparations nécessaires à l’église et dont l’exécution lut décidée le 22 août suivant :
donner et de transformer en église paroissiale le chœur de l’église des Cordeliers; mais ce projet ne fut pas mis à exécution.
La circonscription paroissiale de Saint-Côme était fort restreinte; aussi le curé et les marguiîliers firent-ils, pour l’agrandir, diverses tentatives qui, d’ailleurs, n’aboutirent pas. A la suite du développement que la ville avait pris du côté du Luxembourg, l’évêque de Paris avait annexé à la paroisse, par un bref du 17 octobre 1616, que l’Officialité confirma le 22 avril 1617, les maisons de la rue d’Enfer, depuis le clos des Chartreux jusqu’à la porte Saint-Michel, et celles qui avaient été édifiées sur l’emplacement des fossés, dans l’ancien Clos aux Bourgeois. Mais la paroisse de Saint-Sulpice interjeta appel du bref de l’évêque et de la sentence de l’Ofïicialité ; le procès qu’elle engagea à ce sujet dura plus d’un demi-siècle, pour aboutir à une transaction. Le 2 A décembre 1676, le curé de Saint-Côme, renonçant en majeure partie à ses prétentions, se contenta de l’annexion à la paroisse des maisons occupant l’emplacement de l’ancien fossé, sur le côté oriental de la rue Monsieur-le-Prince, jusqu’à la rue
n-M. Gallois, marguillier en charge et comptable, a représenté qu’il y avoit quantité de réparations urgentes et necessaires à faire dans l’eglise, et qu’ayant fait visiter principallement les voustes du costé de la chapelle du S. Sacrement jusqu’à la sacristie avec le sieur Macret, maislre masson et architecte, il a esté observé que lesdites voûtes s’estoient entrouvertes en differens endroits, que les pierres de taille qui formoient les cintres estoient en danger de tomber; qu’à cet effet il falloit nécessairement les retenir par des liens de fer et faire les échafaudages necessaires pour combler et maçonner lesdites fentes , après que les liens y auraient esté encastrés ; puisqu’il estoit indispensable de faire ce travail, on ne pourrait s’empêcher de faire re- Dlanchir toute I’eglise qui est déjà défigurée par sa noirceur et malpropreté, cet article ayant déjà été arresté à l’assemblée du 9° may dernier; et depuis on a observé que les fip,ures des douze Apostres, mis a costé des cintres du chœur et de la nef, couleraient beaucoup de les faire peindre , s’il n’est pas plus à propos d’y mettre des panneaux en grisaille
qui coûteront peu de chose . ; du costé de la
chapelle de la Stc Vierge, que le mur estoit extrêmement gasté tout le long des bancs, et partie des tumbes estoient en plusieurs pièces et hors de leurs niveaux, enfoncées en telle sorte que les prestres qui alloient y cellebrer craignoient de s’y laisser tomber, surtout en portant le viatique aux malades . ; que le pavé de la grande porte ne
se trouvant que de vieux carreaux de four, qui
estoient pourris et usés, les marches estant dégradées, et l’ouverture de la petite porte, rue des Cordeliers, en entrant sur les charniers, estant à moitié démolie et trop etroitte, il falloit la reparer
. ; que la grande porte de l’eglise estoit toute
pourrie par le bas , que les plateaux dont elle est composée sont si antiques et si ruinés , qu’elle ressemble plutost à une porte de ferme de campagne qu’à celle d’une église; qu’estant entré sous le charnier, il serait à propos de faire blanchir les murs et les entrées des portes de l’eglise avec l’escalier de la communauté, et qu’il faudrait aussi faire mettre du fil de fer à la grille du cimetiere pour empocher que les chiens et autres bestes n'entrent dans ledit cimetiere , et que , en mesme temps , on ferait faire des petits châssis grillés pour mettre sous le charnier où l’on fait l’ecolle pour empecher
de casser les vitres qui y sont par les enfans . »
(Areh. nat., LL. 696, fol. 255ÏO-259.)
Il est dit d’autre part, dans le procès-verbal de l’assemblée du 2 mars 1782 :
rcOn a observé depuis environ un au que les pierres des tombes depuis la chapelle du S1 Sacrement jusqu'au bas de la chapelle de M" de Chavigny sont enfoncées, dont la pluspart sont rompues en plusieurs morceaux; l’on a remarqué même en portant le S1 Sacrement aux processions, que le célébrant s’est trouvé en danger par des faux pas qu’il y a du côté de la porte au même lieu; qu’il est absolument necessaire de les rétablir. * ( Ibid LL. 696, fol. 66 v°.)
de Touraine et les deux côtés de la rue de l’Observance. Les paroissiens et les marguilliers , qui tentèrent de s’opposer à l’homologation de cet accord, furent déboutés par deux arrêts du Parlement des 8 mai 1677 et 2 3 août 1680 P). Quelques années avant, le curé avait voulu exercer les droits paroissiaux sur le collège d’Harcourt; la fabrique de Saint-Hilaire protesta et obtint gain de cause par un arrêt du Parlement du 2 septembre 1670.
La loi du U janvier 1791 supprima la paroisse de Saint-Gôme et Saint-Damien, que l’on réunit à celle de Saint-An dré-des-Arcs. L’église, fermée en 1798, fut aliénée, ainsi que le presbytère, le cimetière et les maisons de la fabrique, le i 2 nivôse an v (ier janvier 1797). Aux termes de l’adjudication, l’acquéreur était tenu de fournir gratuitement le terrain nécessaire au percement d’une voie publique, qui devait relier la rue de la Harpe à la place du nouveau Théâtre- Français. Deux ordonnances royales des 3 janvier 1822 et 11 mai i83ô prescrivirent l’achèvement de cette rue , à laquelle on donna le nom du poète Racine, et par suite l’église Saint-Gôme, qui avait longtemps servi d’atelier de menuiserie, fut démolie vers 1 8 3 6 .
Le bâtiment affecté aux visites des malades et le bureau d’assemblée des chirurgiens avaient été annexés, depuis la fin du xvnc siècle, aux Ecoles de chirurgie édifiées dans leur voisinage et que le Collège des chirurgiens occupa jusqu’en l’année 1 77.5. A cette époque, il prit possession de l’édifice que le roi lui avait fait construire par l’architecte Gondoin, sur l’emplacement de l’ancien collège de Bourgogne, de l’autre côté de la rue des Cordeliers. Par des lettres patentes
du 7 mai 1775, les locaux qu’il abandonnait furent attribués à l’Ecole gratuite de dessin, installée lors de sa fondation, en 1767, dans l’ancien collège d’Autun, rue Saint-André-des-Arcs. L’immeuble, depuis la fin du xvmc siècle, a toujours été affecté à cet établissement, qui est devenu de nos jours l’Ecole nationale des arts décoratifs.
(1) Par deux délibérations des 2 5 mars 1 683 et 29 juin 1692, la fabrique avait encore résolu de demander l’annulation de ta transaction, sous prétexte que le curé et les marguilliers en charge l’avaient conclue sans consulter les paroissiens. ( Arcli. nat. . LL. 69/1, fol. 39 et 65.)
(2) La première partie de cette rue, depuis le nouveau Théâtre -Français jusqu'à l’enclos des Cordeliers, avait été ouverte sur l’emplacement de l’hôtel de Condé, en vertu de lettres patentes du 10 août 1779, enregistrées au Parlement le 7 septembre suivant.
INDEX ALPHABÉTIQUE
Bazin (Claude), 1 1 3o.
Bazin de Bezons (Armand), 1 1 3A.
— (Jacques), 1 i3i.
— (Jacques-Etienne), 1 1 33.
— (Louis-Gabriel), 1 1 3a.
Bertrand (Jean), 1126.
Bèze (Nicolas de), 1101, 1102, no3, no4, 1 io5.
Bossdyt (Guillaume de), 1127.
Boucher (Catherine), 1106.
Boüthillier (Denis), 1128.
Carle (Marthe), in5.
Cartelier (Gabrielle), 1119.
Cartier (Louise), 1122.
Chapelier (Catherine), 1111.
Choart (Susanne), 11 34, 1137.
Dautruy (Jean), 1129.
Doujat (Françoise), 1137, 11 38.
— (Nicolas), 1 137.
Dupuy (Jacques), 1 1 2 4 .
— (Pierre), 1 123.
Espence (Claude d’), 1112.
Faye d’Espeisses (Charles), 1110.
Gouvernain (François de), 1111.
Griveau ( Anseaume) , 1119.
— (Françoise), 1120, 1121.
Gron ( Madeleine) , 111/1.
Gueffier (Catherine), 1 1 36.
Julien (Aimd), 1 100.
La Peyronie (François de), 1107, 1108.
Lavergne (Jacques de), 1117.
Léonard de Malpeine (Marc-Antoine), 11 25 Loyseau (Charles), 1122.
Moy (Quentin de), 1116.
Piarron de Chamousset (Humhert), 1 109.
— (Martial),. 1 109.
Ranchicouiît (François de), 11 13.
Saget (Jeanne), 1106.
Saint-Clair (David de), 1 1 1 5 .
Talon (Jacques), 11 36.
— (Orner), 11 35, 11 38.
— (Orner), 1137, n38.
Trévegat (Jean-François de), 1 1 18.
Viole (Aignan), 1106.
ni.
Chapelle I a du S -Sacrement
■ Chapelle des
'Bouthi/Her
Chapelle
des
Talon
Chapelle
des
Fonts
Sacristie
)Ch armer
Sanctuaire
Chapelle de la Vierge
Oratoire i de
S^- Corne
Maison de la paroisse
j Salie \des visites
Jardin au presbytère RevesLiàire
Cimebere