‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 124 sur 386 · DU FAUBOURG SAINT-JACQUES · texte numérisé non relu

DU FAUBOURG SAINT-JACQUES

NOTICE HISTORIQUE

Le couvent des Capucins du faubourg Saint-Honoré, où l’on donnait libéralement l’hospitalité à tous les religieux de l’Ordre cpii venaient à Paris, était devenu, en quelques années, tout à fait insuffisant. Aussi les Capucins se préoccupèrent-ils de former un second établissement, d’autant qu’ils tenaient à avoir une maison assez rapprochée de l’Université pour leur servir de noviciat.

En 1602, le prieur de Notre-Dame-des-Champs leur avait offert l’église et les bâtiments de son monastère, avec certains revenus qui devaient servir à édifier un couvent. Mais le Chapitre provincial ne jugea pas à propos d’accepter cette proposition. En 16 1 3 , messire François Godefroy leur légua, par son

(1) D’après le plan de Turgot. — Le plan du couvent reproduit ci-après est un extrait du plan annexé aux Recherches critiques de Jaillot. (T. IV, art. xvu.)

testament en date du 27 avril, la maison dite et de La Tour n W, qu’il habitait dans la grande rue du Faubourg-Saint-Jacques et qui comprenait dans ses dépendances une vaste étendue de terrain Le 12 novembre suivant, le président Molé alla prendre possession de 1 immeuble, en qualité de syndic honoraire des Capucins, <>t ceux-ci vinrent s y installer peu après. Cet établissement fut approuvé par des lettres patentes du mois d octobre de la même année, qui autorisaient les religieux à bâtir un couvent en ce lieu. Par d’autres lettres patentes du 8 juin 161 5, le Loi gratifia les Capucins de trois mille livres, pour contribuer à cette construction. Des lettres de surannation, du 16 février 1688, confirmatives de celles de 1 6 1 3 , leur lurent accordées et enregistrées en Parlement le 3o avril.

Les Capucins, qui avaient approprié une grange pour leur servir de chapelle, commencèrent , dès I année 1 6 1 3 , grâce aux libéralités du cardinal Pierre de Gondi , la construction de leur eghse et des bâtiments conventuels, qui furent achevés en 1616 ( L Jean-François de Gondi, grand-doyen de Notre-Dame et plus tard premier archevêque de Paris, avait posé au lieu et place de son oncle M la première pierre de l’église, dont la dédicace fut célébrée, sous le titre de l’Annonciation de la Sainte-Vierge, par Harlay de Ghampvallon, alors archevêque de Rouen.

Le vaste enclos du couvent était limité au nord par la rue et le champ des

{l> rr Celle maison consisloit en un corps d’hostel, une grange, une court, un jardin à fruit, un autre jardin proche ledit corps d’hoslel, et le grand clos, le tout fermé de murs . ; ladite maison appe¬

lée La Tour, issant du costé vers les Cordellieres de Saint-Marcel, aboutissant par devant sur les Tranchées de la ville, d’autre sur une rue qui conduit dudit faubourg Saint Jacques auxdites Cordellieres Saint Marcel, d’un costé, le long des murailles dudit clos, à un autre chemin qui conduit auxdites Cordellieres, d’autre costé, le long des maisons et jardins dudit fauxbourg Saint Jacques.» (Arch. nat., S. 7001; Etablissement du convent des Capucins au fauxbourg Saint-Jacques.)

[1> Il leur légua rr de plus, par aumosne, la somme de 1 5,ooo livres à ladite communauté, et tous ses meubles et immeubles qui restoient, ses debtes payées; messieurs ses heritiers trouvons des difficultés à cet article et pour la resolution desquelles il eut fallu plaider, les peres Capucins, qui ne desiroient mescontenter les heritiers de monsieur de La Tour, se contentèrent de la seiüe place et des logis qui s’y trouvoient. » (Malingre, p. 5o6.)

(3) rr Le cardinal Pierre de Gondy qui etoil evesque de Paris, ministre et surintendant des finances en la réception des Capucins a Paris, auxquels il avoit esté grandement opposé et contraire, quoy

qu’en suitte, se relâchant un peu, il leur accorda ses lettres patentes pour leur etablissement, ayant veii auparavant celles du Roy; mais depuis, ayant commencé à connoistre leurs mérités et leurs vertus, il commença aussi à les estimer, a les considérer et à les aymer, disant qu’autant qu’il leur avoit été contraire et s’estoit employé à empescher leur establissement, qu’autant il les protegeroit et assisteroit; ce qu’il a bien fait paroistre en les deffendant et les soustenant contre ceux qui cherchoient encor à leur nuire. » Après leur avoir acheté, en ifio3, un emplacement pour leur couvent de Pontoise et avoir fait bâtir à ses frais, en 1607, le couvent de Joigny, le cardinal t? s’employa , en l'année 161 3, pour le basliment du second convent de Paris, situé au faubourg de Saint Jacques, où il a fait bastir l’eglise elle premier dortoir, en sorte qu’il peut etre appelé le fondateur des trois convens de la Province». (Bibl. nat. mss., F. fr. nouv. acq. 4 1 3 5 ; Journal tenu aux Capucins du Marais, fol. 25-26.)

rrSur l’entrée de ce monastère est un logement que le defunct eminentissime cardinal Pierre de Gondy y fit bastir pour s’y venir quelquefois retirer, que monseigneur son neveu Jean François de Gondy, premier archevesque de Paris, a fait augmenter, s’y retirant souvent. » (Malingre, p. 5o6.)

COUVENT DES CAPUCINS-SAINT-JACQUES

Page 1