‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 132 sur 386 · FAUBOURG SAINT-JACQUES · texte numérisé non relu

FAUBOURG SAINT-JACQUES

NOTICE HISTORIQUE

Les Carmélites réformées, instituées en Espagne vers l’année i56o, et dont le pape Grégoire XIII avait formé un nouvel Ordre en i58o, furent introduites en France au commencement du xvne siècle. L’abbé de Bérulle, aumônier du Roi, M. de Marillac, maître des requêtes, M. de Brétigny et Mmc Barbe Aurillot, femme de M. Acarie, maître des comptes, qui avaient conçu le dessein de leur procurer un établissement à Paris, intéressèrent à leur projet Catherine d’Orléans-Longue-

Reproduction d’une estampe d’Israël Sylvestre. (Bibl. nat., Topographie de Paris.)

ville. La princesse oblint de Henri IV, au mois de juillet 1602W, des lettres patentes permettant la fondation d’un monastère de Carmélites réformées. Ces lettres furent enregistrées à la Chambre des vacations le 1e1' octobre suivant, sous la réserve que les religieuses jouiraient de revenus suffisants pour assurer leur entretien et 11e pourraient demander l’aumône. Pour satisfaire à cette exigence, VI1' de Longueville, qui s était déclarée fondatrice du nouveau couvent, assura à la Communauté future deux mille quatre cents livres de rente annuelle et perpétuelle, par une donation du 22 janvier tGo3(2L D’autre part, pour loger les religieuses, l’abbé de Bérulle avait obtenu du cardinal de Joyeuse, abbé commendataire de Marmoutiers, l’abandon de l’ancien Prieuré de Notre-Dame-des-Champs, situé au faubourg Saint-Jacques. Ce Prieuré, qui comprenait une église, de vieux bâtiments conventuels et un vaste enclos, ne présentait guère d’utilité pour 1 abbaye de Marmoutiers, depuis qu’elle avait fondé un collège spécial dans l’intérieur de Paris, et il n’abritait plus que quelques moines. Comme le prieur et les religieux se refusaient à quitter leur résidence, le Roi , sur les instances de la prin-

(1) rr Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France

eide Navarre . , scavoir faisons , que nous , incli¬

nons favorablement à la 1res humble supplication qui nous a esté faicte par nostre 1res chere et amée cousine la damoiselle de Longueville et ayans esté bien et deument informez de la dévotion et commodité d’aucuns de nos bons subjects qui nous ont faict entendre avoir une particulière dévotion et inclination à eriger et arrenter un monastère de religieuses Carmélites refformées, désirant favoriser en tout ce qu’il nous sera possible la pieté et les saincles intentions de nosdicts subjects qui ojit ladicte dévotion, nous leur avons, de nostre plaine puissance et autorité royale et en faveur de la Royne, nostre très chere et très amée compagne , et de nostre très cher et très amé fils le Dauphin, permis et permettons par ces présentes, signées de nostre main, d’eriger ou faire eriger, fonder, baslir et arrenter en nostre bonne ville de Paris ledict monastère de religieuses, qui seront composées d’une communauté de filles et femmes veufves, lesquelles porleteront le filtre de l’Ordre Nostre Dame du Carmel refformées. * (Arch. nat. , L. io46, n° 70“.)

(2) Voici le texte de l’acte de fondation : «Par devant Jean Le Normand et François Herbin , notaires du Roy nostre sire, en son Chastelet de Paris, soussignez, fut présente en sa personne très haute et illustre princesse mademoiselle Catherine d’Or-

leans , . laquelle , de sa bonne , pure , franche et

liberalle volonté, a reconnu et déclaré, par devant lesdicts notaires, qu’ayant pieu à Dieu luy donner

le désir de fonder en reste ville de Paris un monastère de religieuses Carmélites reformez de la

première reigle . ; de quoi ayan t obtenu du Roy

la permission pour ce requise avec les formes accoustumées en tel cas, il ne luy reste pour la perfection de ce sainct ouvrage que l’approbation et confirmation de Sa Sainteté, dont elle l’a envoyé supplier très humblement par homme exprès, et d’autant que son intention est que les religieuses dudict monastère soient rentées et ayent quelques revenus suffisons pour leur donner moien de vivre sans estre

obligées à la mendicité, ladicte damoyselle . ,

par ces présentes, a dotté, fondé et donné aux dictes religieuses , prieure et couvent Nostre Dame des Carmélites reformées de la première reigle, qui, par la grâce de Dieu, comme elle espere, doivent estre en bref establies en ladicte ville de Paris, ou proche d’icelle, et de celles qui leur succéderont à l’avenir . , deux mille quatre cens livres tournois de

rente annuelle et perpétuelle . , laquelle présente

donation, promesses et obligations cy dessus ont esté slipullées et acceptées pour lesdictes religieuses , prieure et couvent, par monsieur maistre Michel de Marillac, conseiller du Roy et maistre des requestes

ordinaire de son hostel, de ce présent . Faict et

passé en la maison de noble homme Pierre Acarie, seigneur de Montbrost, conseiller du Roy et maistre ordinaire en sa Chambre des Comptes, où ladite damoiselle donatrice est à présent logée, rue des Juifs, parroisse Saint-Gervais, le mercredi 22e jour de janvier, l’an i6o3.,n (Arch. nat., S. 46/17.)

COUVENT DES CARMÉLITES-SAINT-JACQUES

cesse (le Longueville, leurintima l’ordre de céder, le 1 A février 1 6o3, et, le 2 1 avril. M. de Marillac prit possession de l'immeuble qu’ils abandonnaient aux Carmélites.

Mmc Acarie s’occupa aussitôt de faire réparer l’église et de transformer les anciennes constructions, qui durent être rebâties de fond en comble. Le 29 avril i6o3,la première pierre du nouvel édifice fut posée par la duchesse de Nemours, au nom de la reine Marie de Médicis, et la seconde par Mllcs de Longueville et d’Estouteville. On eut soin d’édifier le couvent d’après les plans usités chez les Carmélites d’Espagne. En attendant la venue des religieuses espagnoles, Mme Acarie établit dans son hôtel du Marais un noviciat, qu’elle transféra peu après dans une maison voisine de l’abbaye de Sainte-Geneviève (1). Après avoir pourvu par avance aux besoins des religieuses, Mlle de Longueville fit envoyer à Rome l’abbé de Santeuil pour demander au pape d’approuver leur établissement à Paris, et sa requête fut appuyée par saint François de Sales, coadjuteur de l’évêque de Genève. Clément VIII lui donna satisfaction par sa bulle du i3 novembre i6o3, qui transférait au collège de Marmoutiers le litre et les revenus du Prieuré de Notre-Dame-des-Champs, autorisait les Carmélites à prendre possession des locaux et à y bâtir un monastère (2), à charge de payer au collège de Marmoutiers une rente annuelle de trois cents livres, et confiait le gouvernement et l’administration de la communauté à Pierre de Bérulle, à Jacques Galemand et André Du Val, docteurs de Sorbonne^. En outre, le couvent du faubourg Saint- Jacques était déclaré chef de tous ceux du même Ordre qui, par la suite, pourraient être établis en France.

Au mois de septembre i6o3, M. de Bréligny et M. Gautier, avocat au grand Conseil, allèrent en Espagne chercher six religieuses, dont le Général des Carmes autorisa le départ, non sans difficulté. M. de Bérulle, qui était allé rejoindre ses amis au commencement de l’année 160Ô, avait seul assuré le succès de leur mission en obtenant l’intervention du Nonce du pape à Madrid. Les Carmélites arrivèrent à Paris et s’installèrent au faubourg Saint-Jacques le 17 octobre; le nouveau couvent n’étant pas encore terminé, Mme Acarie avait fait aménager l'ancienne maison du prieur^ pour leur servir de résidence provisoire. Le

;|; Cf. La Vie admirable de sœur Marie de l’Incarnation . , appelée au monde la demoiselle Acarie ,

par André Du Val, p. 1 65- 1 g5. Paris, i6-22,in-8°.

(2) Les religieux de Marmoutiers abandonnaient aux CarméliLes «la maison, eglise, jardin et terres qui formoient l’enclos de N. D. des Champs; lesdites terres consistoient en quatre arpens, desquels elles en vendirent trois à la Reyne, le 1 6 mai i6a3, qui sont renfermés dans le clos des Chartreux. n (Arch. nat. , S. 7002; Inventaire des titres du prieuré de N.-D. des Champs, p. 1 65. )

(3) La traduction française de cette huile forme une plaquette imprimée. (Arch. nat., L. io46, n° 121.) Elle a été publiée par l'abbé H. Iloussaye dans son ouvrage sur M. de Bérulle et les Carmélites de France. (P. 527-539.)

(4) La bulle de i6o3 avait maintenu le prieur François Choisnin en possession de sa résidence, sa vie durant; mais il renonça à cette immunité, le 28 juin 1 6o4.

rLe prieur a abandonné [aux Carmélites] la maison prieurale avec le jardin et rétention d’usufruit

a k août i6o5, les religieuses s’installèrent définitivement dans le monastère qui venait d’être achevé et que l’on désigna sous le titre de couvent de l’Incarnation ou Grand couvent des Carmélites déchaussées 6). L’établissement des Carmélites à Pa ris fut approuvé et confirmé par des lettres patentes du mois de septembre 1 63 1 , enregistrées à la Chambre des vacations le 8 octobre suivant et à la Chambre des comptes le 19 juin t63a.

Au bout de quelques années, les bâtiments étant devenus insuffisants i2), les Carmélites les prolongèrent du coté du jardin en 1 63 0 , et, en 1639, elles firent bâtir le noviciat au nord de l'église. La princesse de Coudé et sa fille, Anne-Geneviève de Bourbon, leur fournirent les sommes nécessaires pour cette dernière construction^. Les religieuses acquirent aussi la presque totalité des immeubles contigus, sur les rues du Faubourg-Saint-Jacques et de la Bourbe, de telle sorte que leur enclos, qui formait un rectangle allongé, était limité au nord par le jardin du séminaire de Saint- Magloire, à l’est et au midi par leurs maisons de la rue du Faubourg-Saint- Jacques et de la rue de la Bourbe, à l’ouest par la rue d Enfer. Il avait deux entrées, l une sur la rue d Enfer, par laquelle 011 pénétrait

pendant sa vie, lequel usufruit fut racheté par les religieuses moyennant i,3oo livres payées comptant au prieur. (Inventaire des titres, p. i65.)

(1) rr On appela d’abord ces religieuses Carmélines ou Thérésiennes ; mais on les nomme Carmélites, ce nom étant plus conforme à l’étymologie latine. » (Jaillot, t. IV, art. xvn, p. 1 58. )

(2) rLe premier plan de la maison du fauxbourg

(quant à l’estendue de sa closture en i6o4) contenoii seulement trois arpens ou environ de terre, employez au chœur, aux cloistres, aux dortoirs, au refectoir, au chapitre, à l’infirmerie, sacristie et autres lieux de communauté qui y furent édifiez et construits pour l’usage des religieuses, au lieu de quelques vieilles masures et autres bastimens caducs et ruinez , qui servoient auparavant à quatre ou cinq religieux qui les occupoient , avec le jardin joignant , qui estoit aussi de leur portion .

rEn i63o, ce premier jardin fut augmenté de quatre arpens ou environ vers le midy, par une closture de murs, d’espoisseur et hauteur convenable. En 1 63q , ce lieu a esté encore acreu, du costé du septentrion, d’un basliment entier pour servir d’infirmerie et de dortoir, dans lequel sont jusques à vingt huit cellules, outre quelques chapelles et autres lieux de communauté. Et outre

plus d’un jardin d’environ un arpent et demy .

Le tout, estant de présent sous une seule et mesme closture. au moyen d’une galerie en forme de voulte

(l’eglise entre deux et le passage réservé au public , comme auparavant, pour la liberté de l’entrée en

ladicte eglise) , contient environ neuf arpens .

De ce dernier accroissement se sont rendues fondatrices madame la princesse de Condé et mademoiselle de Bourbon, sa fille.» (Malingre, p. 002.)

(3) Par un acte capitulaire du 1 8 novembre 1 63y, les deux princesses sont déclarées « fondatrices de la nouvelle maison que les religieuses font à présent construire et prétendent joindre à leur ancienne closture». Elles avaient donné à diverses reprises, tant pour celte construction que pour l’entretien de la communauté, plus de cent vingt mille livres.

rLe bâtiment dont il est fait mention ici fut construit où était la maison de campagne de M. le garde des sceaux de Marillac, qui l’avait laissée à ce monastère pour servir de dot à mesdemoiselles ses petites-filles. Ce lieu servit depuis pour les exercices du Noviciat, le couvent ne pouvant plus contenir les novices avec la communauté , qui se vit bientôt au nombre de quatre-vingts personnes. Mais, dans ces derniers temps, ce nombre étant diminué de plus de moitié, ce bâtiment, que nous appel lions le Petit-Logis, n’étant plus habité et se dégradant beaucoup, la communauté le céda en 1751 à bail emphytéotique, pour cinquante années.» ( Chroniques de l’Ordre des Carmélites de la réforme de Saintc-Thér'ese , depuis leur établissement en France, t. I, p. 2 45.)

COUVENT DES CARMÉLITES-SAINT-JACQUES

dans la grande cour qui se trouvait devant la façade de l’église , et l’autre sur la rue du Faubourg-Saint-Jacques; elles étaient reliées entre elles par un passage public qui longeait le mur septentrional de l’église. Les constructions du couvent comprenaient : un corps de logis carré formant cloître, adossé à l’église, du côté gauche, et dont l’aile méridionale se prolongeait sur les jardins, un bâtiment compris entre la rue d’Enfer et le cloître et un autre bâtiment édifié sur le côté droit de l’église, au-dessus du passage public. Les jardins, très vastes, s’étendaient presque jusqu’à la rue de la Bourbe.

L’ancienne église du Prieuré avait été conservée, avec quelques transformations au chevet pour établir une communication avec le cloître. Cet édifice, de construction gothique W et régulièrement orienté, avait sa façade sur la première cour du couvent, du côté de la rue d’Enfer. 11 comprenait sept travées, dont deux pour le chœur et cinq pour la nef, avec une seule rangée de chapelles à droite. Ces chapelles étaient dédiées sous les titres de Saint-Joseph, de Saint- Denis, de Sainte-Geneviève, de Sainte-Madeleine et de Saint-François. A gauche du sanctuaire se trouvaient le chœur des religieuses et une chapelle servant de sacristie (2h

L’église avait été restaurée et magnifiquement décorée, grâce aux libéralités de la reine Marie de Médicis; elle renfermait une admirable réunion de tableaux des plus célèbres peintres de l’époque (4b

(1) Les historiens attribuaient au Prieuré de Notre -Dame -des -Champs une origine très ancienne. Jaiilot paraît avoir établi que les religieux de Marmoutiers y vinrent seulement vers l’année io84, et que l’église fut construite à cette époque. rrBelleforest, DuBreul, Lemaire et leurs copistes, écrivait-il à ce sujet, observent que l’église Notre- Dame des Champs fut rebâtie sous le règne du roi Robert; il seroit cependant difficile de prouver qu’au commencement du siècle dernier, il y eût aucune partie de ce prieuré dont le bâtiment fût si ancien. n (T. IV, art. xvii, p. i56.)

Brice constate de même que «si l’on considère avec quelque attention la structure de cet édifice, ou n’aura pas de peine à se convaincre que ce qui subsiste aujourd’hui est d’un siècle moins reculé, quoique fort ancien. » (T. III, p. 106.)

<2) Cette chapelle avait été primitivement dédiée sous le vocable de Sainte-Thérèse.

rr L’église est d’un dessein gothique et fort grossier, mais, depuis les embellissemens qui y ont été faits dans l’intérieur, elle est devenue une des plus belles et des plus richement décorées de Paris. On aurait pu cependant éviter d’en peindre,

comme on l’a fait, tous les parois en marbre noir veiné de blanc, cette décoration devient lugubre et lait paroitre le vaisseau moins grand; la couleur toute unie de la pierre eut fait un bien meilleur effet. L’on est du reste extrêmement satisfait, en entrant dans cette eglise, d’y voirregner une propreté qu'on rencontre assez rarement ailleurs. * (Brice, t. III, p. 108.)

rcLa reine Marie de Médicis, une des bienfaitrices des Carmélites, voulant contribuer à l’embellissement de celte eglise, chargea Philippe de Champagne, son premier peintre, d’employer ses talens pour la decorer. Toutes les peintures à fresque dont les voûtes sont enrichies sont de cet artiste." (Thiéry, t. II, p. 252.)

(,J) D’Argenville, Le Rouge et Thiéry ont dressé avec soin le catalogue des richesses artistiques de l’église. Paul Lacroix a publié dans la Revue universelle des Arts (t. I, p. 43 A) le devis des peintures de Philippe de Champagne aux Carmélites, et Victor Cousin a imprimé dans les Archives de l'art français (t. III, p. 81-93) un inventaire des objets d’art existant au couvent, qui fut dressé au commencement de la Révolution.

imprimerie nationale.

Le couvent possédait encore deux chapelles isolées, l’une sous le chœur de l’église (1), l’autre à peu de distance du chevet, dans le jardin.

Les Carmélites, qui, durant les luttes de la Fronde, ne s’étaient pas trouvées en sûreté dans leur faubourg, furent autorisées par l’archevêque, le 28 mars 1 656 , et par des lettres patentes de Louis XIV du mois d’avril suivant, à avoir dans l’intérieur de la ville, rue Pavée-au-Marais, une maison de refuge (2h

Après la dispersion des religieuses, les constructions et les jardins du couvent furent livrés aux enchères le 5 thermidor an v (23 juillet 1797) et revendus, peu après, en plusieurs lots par le premier acquéreur. Le couvent et l’église et la plus grande partie des bâtiments ne tardèrent pas à être démolis^. En 1802, quelques anciennes Carmélites rachetèrent une portion du terrain, en bordure sur la rue d’Enfer, et y établirent un nouveau couvent h). Le reste de l’enclos a été absorbé parle percement de la rue du Val-de-Grâce en 1811 et de la rue Ni¬

cole en 1 869, et par la construction de

(1) tr En 1 627, les religieuses désirant renouveller en quelque sorte f ancienne dévotion de ceste chapelle et la rendre plus aisée, tant pour la célébration des messes que pour les visites des fidèles, l’ont fait disposer de sorte qu’au lieu de l’obcurité et de l'humidité qui l’incommodoient grandement, elle se trouve de présent fort claire et bien saine, outre quantité de peintures et aultres enrichissements qui la rendent fort agréable.

ff Au dessous de l’eglise est aussy cette ancienne cave que l’on tient avoir servy de retraite à sainct Denys lors des persécutions, où il disoit messe, et en laquelle il n’y a plus maintenant aucune entrée que du costé des religieuses, qui y vont souvent faire leurs prières, mais non avec tel loisir qu elles le desireroient, selon la saincteté du lieu, à cause de l’impossibilité d’y pouvoir subsister longuement. » (Malingre, p. 5o3.)

(2) Le Roi rappelait dans ces lettres patentes les raisons invoquées par les Carmélites pour justifier la nécessité d’un établissement à l’intérieur de Paris : trLes mere prieure et religieuse du grand convent de Nostre Dame du Mont Carmel ou de 1 Incarnation de Nostre Seigneur, establies au fauxbourg Saint Jacques les Paris, nous ont fait remonstrer que, se voyant exposées aux périls de la guerre pendant les derniers mouvemens, à cause de la situation de leur maison dans l’extremité dudit fauxbourg qui est sans deffense, elles furent obhgées, pour se mettre en seureté, d’aller une partie auconvent de

maisons particulières.

Pontoise et de passer avec beaucoup de peine et de bazard au milieu de nostre armée; une autre partie se retira au second couvent de Paris, dans lequel elles receurent des incommoditez notables à deffaut de logement, quoi quelles fussent en petit nombre, et celles qui restèrent audit convent de l’Incarnation furent en continuelles inquiétudes de se voir en si grand danger; pour lequel prévenir et esviter, en cas de nouveaux troubles qui pourraient arriver à l’avenir, il leur est necessaire d’avoir dans l’enclos de nostre bonne ville de Paris une maison de grandeur et disposition convenables pour leur servir de refuge et pour y vivre suivant leurs constitutions. k (Arcb. nat. , S. 4667.)

Les Carmélites prirent possession de la maison du Marais à la fin de l’année 1 65 6 , mais elles l'occupèrent peu de temps. En 1662, elles transportèrent leur résidence dans la rue Coquillière.

(3) Quelques parties de l’ancien hôtel du prieur, qui furent seules conservées , se retrouvent à l’entrée de l’église actuelle. M. l’abbé Duclos a retracé en détail l’historique de la répartition des terrains du couvent, dans l’ouvrage intitulé : Mademoiselle de La Vàllière et Marie-Thérèse d’Autriche. (T. II, appendice iv.)

(,1) L’ancien portail monumental du couvent subsiste encore aujourd’hui au n° 2 5 de la rue d’Enfer, et l’impasse des Carmélites représentait la partie du passage conduisant à l’autre entrée, du côté de la rue du Faubourg-Saint-Jacques.

COUVENT DES CARMÉLITES-SAINT-JACQUES

INDEX ALPHABÉTIQUE

Andrée de Tous i.es Saints (La sœur), 667.

Bavière (Anne de), 676, 677.

Bérulle (Pierre de), 679.

Blanquier (Simon), 670.

Bobin (Catherine), 665.

Bourbon (Anne-Geneviève de), 684.

Bullion (Pierre de), 668.

Clotard (Jean-Baptiste), 671.

Harcourt (Trois princesses d’), 663.

Hecquet (Philippe), 669.

Jossivel (Bertrand), 678.

Le Camus (Edouard), 680.

Mallesec (Hugues de), 674.

Marillac (Michel de), 678.

Martinozzi (Anne-Marie), 682.

Montmorencv (Charlotte-Marguerite de), 683

Orléans (Catherine d’), 681.

— (Marguerite d’), 681.

Pelé (Jean) , 672.

— (Thomas), 672.

Rochechouart (Anne de), 675.

Tricot (Marguerite), 664.

Varillas (Antoine de), 666.

Vautier (François), 662.

Plan du couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques (1).

ÉPITAPHES DU COUVENT

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