PRIEURÉ DE SAINT-GUILLAUME
NOTICE HISTORIQUE
Le couvent des Blancs-Manteaux fut fondé vers l’année 12 58, à proximité du mur d’enceinte de la ville, dans le quartier du Temple, presque à l’angle des rues Vieille-du-Temple et de la Petite-Parcheminerie, par des religieux mendiants de l’Ordre de Saint-Augustin, les Serfs de la Vierge Marie, venus du diocèse de Marseille ^ . Le roi saint Louis contribua à leur établissement en achetant k une méson et vieilz places entour pour eulx heberger, delez la viex porte du Temple, assés près des Tissarans^n. Au mois de mars 1258, les religieux obtinrent d’Aimerv de La Roche, Grand-Maître du Temple, dans la censive duquel se
(1) Le plan de l’ancien couvent, démoli en 1 685, a été dressé par M. Hochereau d’après un plan manuscrit dressé en 167/1 Par Hilaire Pinet et conservé aux Archives nationales (IIIe section, n° 91 2). Un plan analogue a été publié par H. Bonnardot, dans son Appendice aux études archéologiques sur les anciens plans de Paris (pl. III), d’après un dessin qui existait à l’ancienne Bibliothèque du Louvre.
La vue perspective du couvent a été reproduite d’après un plan cavaber du Fief-aux-Flamands qui se trouve également aux Archives nationales (L. 93i). Ce document doit remonter au commencent du xvue siècle , mais il paraît être la copie d’un plan beaucoup plus ancien.
(2) Ces religieux avaient été rattachés, par une bulle du 27 octobre 1267, du pape Alexandre IV, à l’Ordre de Saint-Augustin, ainsi que le constate la bulle suivante de Clément IV :
ff Clemens , episcopus , servus servorum Dei , dilectis fïliis priori et fralribus Beate Marie de Are-
gno, Servis Beate Marie malris Christi vulgariter appellatis, Ordinis Sancti Augustini, massiliensis
diocesis . Petitio veslra nobis exhibita conti-
nebat quod felicis recordationis Alexander papa, predecessor noster, dudum venerabili fratri nostro massiliensi episcopo suis dedisset litteris in mandatis ut vobis qui eratis novella plantatio, nec tune astricti alicui observantie regulari, auctoritate ipsius predecessoris concederet aliquem de Ordinibus approbatis; idem episcopus Ordinem Beati Augustini concessit vobis , prout in litteris inde confectis, sigillatis sigillo ipsius episcopi, plenius continetur. Nos igitur vestris supplication ibus inclinati, quod a predicto episcopo super hoc provide factum est, ratum et fîrmum habentes, id ad instar ejusdem predecessoris nostri auctoritate apostolica
confirmamus . Datum Viterbii, m° idus maii,
pontificatus nostri anno 11°. * ( Félibien , t. III, p. 234.)
(3> Joinville, Histoire de saint Louis, cxliii.
IUPIUMEIWE NATI
trouvait leur résidence, la permission de bâtir une chapelle et d’avoir un cimetière Û), sous réserve, toutefois, de l’autorisation de l’évêque de Paris, Renaud de Gorbeil, qui leur fut accordée au mois d’aout 1263, ainsi que celle du curé de Saint-Jean-en-Grève, dont ils dépendaient comme paroissiens, et celle de l’abbé du Bec, qui avait droit de présentation à la cure de Saint-Jean. Saint Louis accorda aux chevaliers du Temple une rente annuelle de quarante livres parisis pour les indemniser de leurs droits de censive. Les Serfs de la Vierge, en raison de la couleur de leur vêtement, furent bientôt désignés sous le nom populaire de Blancs-Manteaux, qui devint l’appellation usuelle de leur couvent, et, par extension, le même vocable fut attribué à la rue de la Petite-Parcheminerie.
Les religieux étaient à peine installés lorsque le pape Grégoire X édicta, au second concile de Lyon, tenu en 127 ô, la suppression de tous les Ordres mendiants, à l’exception des Augustins, des Carmes, des Cordeliers et des Jacobins. Ils restèrent néanmoins en possession de leur résidence jusqu’à la fin du xiuc siècle.
Par une bulle du 18 juillet 1297, le pape Boniface VIII autorisa les frères ermites de Saint-Guillaume, de l’Ordre de Saint-Benoît^, qui étaient établis à Montrouge, dans la maison dite des Machabées, depuis une cinquantaine d’années^,
(1> Voici le texte de la concession du Grand- Maître du Temple , qui peut être considérée comme la charte de fondation du monastère : réJ ni versis présentes litteras inspecturis, frater Almaricus de Ruppe, preceptor domorum militie Templi in Francia , salutem in Domino : Notum facimus quod doinum quandam quam acquisierunt prior et conventus Ordinis Servorum Beate Marie malris Christi, Parisius, que fuit magistri Gaufredi de Mitriaco, oneratam in quinque solidos et très denarios parisienses annui capitalis census debiti
fratribus nostris et domui nostre predictis .
sitam siquidem Parisius, in vico parve Britonarie, in censiva et dominio nostro et fratrum domus nostrorum predictorum, situatam inter domum domini Galerasini Britonis, ex uno latere, et domum Vincentii de Stampis, ex alio latere, prout ex rétro se comportât usque ad muros regios parisienses, nos, de voluntale et assensu fratrum noslrorum, nostro et eorum nomine, concessimus et quittamus,
sub predicto onere censuali . Ita eciam quod
ipsi prior et conventus possint ibidem facere cimiterium, si de diocesani episcopi processerit voluntate, etcapellam babere cum hujus diocesani volunlate et otîicinas religioni aptas construere in domo
seu in loco predicto . salvo eciam domino
rege Francorum illustri. ut, si domum ipsam sive
locum aliquo tempore relinquerenl ipsi prior et conventus ita quod domus ipsa sive locus redirel ad fratres et domum nostros predictos, ipse dominus rex maneret immunis a prestalione annua 4o sol. paris, annui reditus, quos pro concessione noslra predicta , videlicet de non cogendo eosdem priorem et conventum domum eorum predictam extra manum suam ponere, idem rex illustris fratribus et domui nostre predictis assignavit et con-
cessil habendos et percipiendos annis singulis .
Dalum anno Domini 1*258, mense marlio.» (Bibl. nat. mss. , F. lat. 17109; Gaignières, Titres des Blancs-Manteaux, p. 77.)
(2) Par une bulle de Clément IV, du 3t juillet 1266, les ermites de Saint-Guillaume avaient été distingués des ermites de Saint-Augustin et rattachés à l’Ordre de Saint-Benoît. (Félibien, t. III, p. 234.)
(3) Les Guillemites s'étaient établis à Montrouge au mois de juillet 1258, ainsi que le constate un vidimus de l’official de Paris, de l'an 127.3 : rrRadulphus de Paciaco, civis parisiensis, et ejus uxor vendiderant et quittaverant in perpetuum fratribus heremitis Ordinis Sancti Guillelmi, pro ducenlis libris parisiensibus, quamdam domum sitam apud Montera rubeum, prope Parisios, cum tota platea terra et vinea eidem domui adjacentibus, septem
COUVENT DES BLANCS-MANTEAUX
et qui trouvaient ce séjour trop éloigné de l’Université, à occuper le monastère des Blancs-Manteaux. Il leur imposa néanmoins la condition de conserver les anciens religieux, s’ils consentaient à entrer dans leur Ordre; le prieur et les trois derniers Serfs de la Vierge, pour ne pas être expulsés de leur demeure, durent embrasser la règle bénédictine h). Au mois de février 1298, Philippe le Bel approuva la donation du couvent, qui prit dès lors le titre de Prieuré de Saint-Guillaume, tout en conservant dans le langage populaire son surnom primitif.
Comme leurs prédécesseurs, les Guillemites ('2) étaient des religieux mendiants, et, au début, ils n’eurent que de très modestes ressources. Aussi la construction de leur église, qui avait été commencée par Eudes de Montreuil, grâce aux libéralités de saint Louis, paraît-elle s’être prolongée pendant de longues années. Cet édifice fut seulement dédié, le 3o novembre 1897 (3), par Jean de Gonesse, ancien prieur du monastère et provincial des Guillemites de France, assisté de
arpenta ut dieebanl continentes . Datum 1258,
mense julio.» (Gaignières, Titres des Blancs-Manteaux, p. 175.)
rrLe iieu où les Guillemites demeuraient auparavant à Montrouge est toujours depuis demeuré annexé au convent des Blancs-Manteaux. n (Malingre, p. 623.)
(l) Voici le texte de la bulle papale qui mettait les Guillemites en possession du monastère des Blancs-Manteaux : «Bonifacius episcopus, servus servorum Dei , dilectis filiis priori et conventui monaslerii Montis rubei per priorem soliti gubernari, Ordinis Sancti Guillelmi, parisiensis diocesis, saiutem et apostolicam benedictionem ..... Petilio vestra nobis exhibita conlinebat quod felicis recordationis Gregorius papa X , predecessor noster, in lugdunensi concilio inter cetera statuit ut Ordinum professores quibus victus questus publicus ministrabat, quibusdam ex eis exceptis, non possent domos seu loca, que hii quos hujusmodi comprehendit statutum habent, alienare sine Sedis apos-
tolice licencia speciali . Quare nobis ex parle
vestra fuit humiliter supplicatum ut cum vobis non modicum expedire noscatur, in civitate parisiensi a qua monasterium vestrum Montis rubei remotum existit, locum habere pro fratribus vestris studentibus in theologica Facultate, domum sive locum B. Marie ma tris Christi, parisiensis, in quo prior et très fratres Ordinis B. Marie de Monteviridi , qui juxta statutum hujusmodi est unus de Ordinibus revocalis , tantummodo remanserunt , vobis de benignitate Sedis apostolice concedere dignaremur,
maxime cum dicti prior et fratres ad monasterium vestrum et Ordinem transire cupiant et in eodem Ordine vestro virtutum Domino perpetuo famu-
lari ; nos itaque . dictis priori et fratribus trans-
eundi cum domo sive loco eorum predicto ac omnibus juribus et pertinentiis suis, ita quod domus ipsa sive locus dictorum prions et fratrum per fratres vestri Ordinis Sancti Guillelmi perpetuo gubernetur et deserviatur ibidem, auctoritate presenlium plenam et liberam concedimus potestatem . . . Datum apud Urbem veterem, xv kalendas augusti, pontificatus nostri anno m°. y> (Gaignières , Titres des Blancs-Manteaux, p. 45 ; — Félibien , t. III, p. 238.)
(2) On les appelait indistinctement Guiilelmites, Guillemites ou Guillemins.
(3) D’après les auteurs de Paris et ses historiens , rrla première chapelle du monastère avait été bâtie en 1 258, au moyen des libéralités de saint Louis; la seconde fut construite de 1 397 à i4o8.» (P.189, note 4.)
Cette affirmation est complètement inexacte; la chapelle dédiée en 1 397 était bien celle que saint Louis avait fait construire en 1263, ainsi que le constatait l’acte commémoratif de la dédicace : rrL’an de Nostre Seigneur mcccxcvii, le vendredi, qui fut derrenier jour de novembre et le jour sainct Andréeu, ceste eglise, laquelle a esté fondée par sainct Loys ray de France, en l’an mcclxiii, fut dediée et consacrée. v (Félibien, t. III, p. 243.)
Il paraît assez probable, toutefois, que cet édifice avait dû être restauré et agrandi à diverses reprises.
Guillaume de Dormans, archevêque de Sens et de plusieurs évêques, en présence du roi Charles VI et de Charles III, roi de Navarre.
Diverses libéralités permirent aux Guillemites d’agrandir leur monastère (1). Le roi Philippe VI, pour leur faciliter les moyens de communication, les autorisa, par ses lettres patentes du mois d’août i33ô, à percer l’ancien mur de la ville V2) ; et Charles VI, par ses lettres patentes du 9 décembre îûoû, leur octroya par bail la jouissance d’une tour et d’une partie de l’enceinte fortifiée (3h Comme le Prieuré servait de noviciat pour tout l’Ordre des Guillemites, le Prévôt de Paris accorda, à cette même époque, aux religieux le bénéfice des droits attribués aux écoliers de l’Université. D’autre part, les ressources du couvent s’accrurent promptement, grâce aux fondations pieuses. C’est ainsi que, le i5 juillet 1 5 2 1 , Antoine Robert, greffier criminel au Parlement et l’un des quatre notaires secrétaires du Roi, céda aux Guillemites, par donation entre vifs, la terre et seigneurie du Plessis-Gassot, ce qui leur assura d’importants revenus et les dispensa dès lors de mendier pour leur subsistance.
Mais , avec la prospérité, le désordre et la licence paraissent s’être promptement
(1) En i3‘2o, le Grand-Maître du Temple avait cède' aux religieux «• un jardin ou place vuide séant en la rue des Blancs-Manteaux, au chevet de l’église, aboutissant aux murs le Roy et par devant sur la rue fl.
Un acte d’amortissement de l’année 1 336 constate qu’ils avaient acheté «de Jehan Villaine, le jeune, une place vuide où y eut jadis une grandie, en la rue de Paradis , aboutissan t par derrière aux murs le Roy». (Gaignières, Titres des Blancs-Manteaux, p. 80 et 81.)
(2) Il est dit dans ces lettres : «Les frères de Saint-Guillaume des Blancs-Manteaulx, à Paris, nous ont supplié plusieurs fois que de nostre congié ils peussent percier le mur de closures de Paris derrières leur cloistre et y faire une huysserie, par où le peuple peust aler et venir à leur egbse, et pour eux aiser d’aucunes maisons qu’ils ont oultre ledit mur, lesquels leur sont moult necessaires pour cause de l’estrescelé et petilesce de leur lieu qui est joignant audit mur de Paris.»
L’autorisation de percer le mur fut donnée aux religieux sous condition que rr charrette ne puisse aller ne venir» par ladite huisserie, et que <r elle soit bien gardée de bon huis et fort et fermée de nuict. » (Félibien, t. III, p. e.dq.)
(3) Dans la requête adressée à cet effet au Roi, les Guillemites observaient «que leur eglise et leurs autres habitacions ont esté et sont joignons, sans
aucun moïen, des anciens murs et fermeté de la ville de Paris et que pour ce ils prendroient volontiers, à aucun pou de rente ou à argent pour une fois, lesdilz anciens murs joignons à culx avec une tournelle desditz murs estant comme ou milieu d’iceulx par dehors, au regart de leurs édifices, s’il plaisoit à nosdites Gens des comptes de les leur bailler en la maniéré que l’on a accoustumé faire à autres personnes aiianz édifices joignons ou près d’iceulx murs». (Félibien, t. III, p. 244.)
Le Roi leur accorda la concession en ces termes : rf Nous , pour consideracion de ce qui dit est par deliberation de nosdittes Gens des comptes et trésoriers, ausdits religieulx, pour eulx et leurs successeurs en ladite eglise, avons baillé et accensé les murs et tournelle dessusditz, plus à plein declairez et spécifiez audit rapport, à les tenir et en uzer par eulx et leursditz successeurs, en la maniéré dessus declairée oudit rapport, pour le prix de 4 1. 10 s. 8 d. parisis de rente, avec 8 s. 6 d. parisis de fons de terre, que ils nous en seront tenus païer chacun an en nostre recepte de Paris, aux termes
en icelle accoustumez . Et aussi, se il avenoit
que pour la nécessité de la chose publique nous reprissions lesditz murs et tournelle ou que ils fussent tellement occupez que ils n’en pussent joyr, lesditz religieulx, en ce cas, seroient et demourreoient quittes de ladite rente et fons de terre, durant le temps de ladite occupation . » (Ibid.)
introduits dans le Prieuré, si bien que, dès les premières années du xvne siècle, les religieux eux-mêmes comprirent la nécessité de remédier au relâchement de la discipline Ù). La communauté, qui ne comprenait guère alors qu’un prieur, deux religieux et six novices, résolut, sur les conseils de l’évêque de Paris, d’embrasser la réforme de Saint-Vannes et de Saint-Hydulphe, qui, après avoir pris naissance en Lorraine, s’était rapidement étendue en France. Cette nouvelle congrégation, dont la formation avait été autorisée par lettres patentes de Louis XIII, du mois d’août 1618, cherchait précisément à s’établir à Paris (1 2b Le prieur des Blancs-Manteaux, Jean Gohier, et le procureur, Maurice de Vaubicourt, se rendirent, le 3 septembre 1 6 1 8 , au collège de Cluny, où résidait dom Martin Tesnier, prieur de Saint-Faron-les-Meaux, auquel le chapitre général de Saint-Vannes avait confié la mission d’examiner les requêtes des monastères de France qui désiraient embrasser la réforme, et ils lui proposèrent d’agréger leur Prieuré à la congrégation des Bénédictins réformés. Dom Martin Tesnier accepta leur proposition et se transporta le jour même au couvent des Blancs-Manteaux, où tous les religieux donnèrent leur adhésion à la réforme et prêtèrent serment d’obéissance. L’union du Prieuré à la congrégation de Saint-Vannes fut approuvée le 5 septembre par l’évêque de Paris, Henri de Gondi, qui voulut introduire lui-même les Bénédictins dans le couvent. Le Général des Guillemites, qui résidait à Liège, protesta contre la mesure prise par les religieux des Blancs-Manteaux; mais il 11e fut tenu aucun compte de ses réclamations^. Dans le chapitre général de la nouvelle congrégation qui eut lieu au Prieuré le 2 novembre, il fut décidé que
(1) Au mois d’août 1612 , le provincial des Guillemites, Henri Remy, avait prescrit la réforme du monastère trpro restauratione prolapsæ disciplinas et uberiori cliaritatis fomento». Un arrêt du Parlement du Si mai 1617 constate, d’autre part, que « quelques divisions estoient survenues entre aucuns religieux dudict convent et frère J. Guilleteau, naguères prieur et procureur d’iceluy, de ce que aucuns religieux estrangers s’estoient introduicts dans ledict convent et dissipoient le revenu.» (Félibien, t. V, p. 5 a et 3i4.)
(2) La réforme bénédictine, commence'e en 1600, à Saint-Vannes, par le P. Didier de La Cour, avait été introduite en 1 60 1 à Moyenmoutier par i’évêque de Verdun. Un bref du pape Clément V1U, du 7 avril 160 4, institua la congrégation de Saint- Vannes et Saint-Hydulphe, dont les privilèges furent confirmés par un autre bref du pape Paul V, en date du 23 juillet i6o5. Des lettres patentes de Louis XIII, du i3 septembre 1610, permirent aux monastères et abbayes de France d’embrasser la réforme, qui fut introduite en 1 G 1 3 à Saint-Au-
guslin-le. -Limoges , en 1 6 1 4 à Sainl-Pierre-de- Solignac, en 161 5 à Noaillé et à Saint-Faron-les- Meaux. De nouvelles lettres patentes, du mois d’août 1618, autorisèrent la formation de la Congrégation de France, pour éviter que ces abbayes fussent soumises à la juridiction d’une congrégation étrangère. (Cf. Origines de la congrégation de Saint- Maur, par le P. Ange Malet; Bibl. nat. , mss. , F. fr. 17669.)
(3) rr Cet establissement ne s’est point fait sans trouble et opposition de la part du General de leur Ordre, demeurant au pays de Liege, alléguant qu’il n’appartenoit qu’à luy à reformer les monastères de son Ordre et qu’en cela on anticipoit sur son autorité et sur l’ancienne coustume de l’Ordre. Mais il fut respondu que l’Ordre des Blancs-Manteaux ou Guillemins estant dépendant de l’Ordre de Sainct Benoist et de Cluny qui en est le chef, et partant de France, puisque le chef de tout l’Ordre de Sainct Benoist y est, et qu’il a son General aussi françois, par conséquent qu’il ne dépend d’aucune supériorité estrangère. » (Malingre, p. 624.)
le nom de Saint-Vannes serait remplacé par celui de Saint-Maur, en mémoire du religieux qui avait introduit le premier en Gaule la règle de saint Benoît; ceux des Guillemites qui trouvaient la réforme trop austère purent se retirer au couvent de Montrouge, où il lut pourvu à leur entretien-1). Des lettres patentes de Louis XIII, du a 9 novembre 1618, et des lettres de surannation du 20 février 1622 confirmèrent la prise de possession du Prieuré des Blancs-Manteaux par les Bénédictins l‘2), et une bulle du pape Urbain VIII, en date du 21 janvier 1628, approuva l’institution de la congrégation. Le monastère devint le noviciat général de l’Ordre et la résidence de ces savants religieux qui ont à jamais illustré la congrégation de Saint-Maur par leurs grands travaux d’érudition.
Au cours du xvme siècle, l’enclos du Prieuré était limité au nord par la rue Paradis, à l’est par les maisons de la rue Vieille-du-Temple qui étaient la propriété des religieux, à l’ouest par d’autres maisons particulières et au midi par la rue des Blancs-Manteaux I3). Le couvent comprenait deux corps de logis parallèles, l’un à l’est, l’autre à l’ouest, entre lesquels se trouvaient un cloître et un préau.
(1> D’après Sauvai, le dernier des anciens Guillemites mourut au couvent de Montrouge en 1680. (T. I, p. 622.)
(2) Fe'libien a publié les principaux documents relatifs à l’établissement des Bénédictins au Prieuré de Saint-Guillaume. (T. III, p. 247-2/19.)
(3) Parmi les bienfaiteurs du couvent qui avaient le plus contribué à l’agrandissement ou à la restauration des bâtiments conventuels , il convient de rappeler Hémon Raguier et Jean Des Plantes :
r-Honnorable homme et sage sire Hemon Raguier, trésorier des guerres du Roy nostre sire et conseillier de la Rovne, leur a departy grant partie de ses biens, tant en heritaiges comme autrement, dont ladicte eglise est grandement decorée et meliorée; et par especial a fait construire à ses despens dans laditte eglise une belle et notable chapelle en honneur de Nostre-Dame, un bel et notable sepulchre de pierre de taille , derrière l’autel d’icelle chapelle, pour honneur et en la remembrance de la Passion Nostre Seigneur, et aussi fait faire en icelle eglise à ses despens, tout de neuf, les chayres du cueur et le pupitre , avec les cloisons de bois qui sont entre le cueur et la nef, au travers d’icelle eglise, et aussi fait faire un grant pan de mur de pierre en la nef de laditte eglise, du costé de habitacion desdits religieux; avec ce, a paié de ses deniers grant partie du dortouer nouvel et du chappitre et cloistre à l’endroit d’icelui chappitre, et uns très
grand et notables aysemens tous neufs, servans audit nouvel dortouer, a fait faire à ses deniers ledict sire Hemon et plusieurs autres réparations, tant ou corps de laditte eglise comme es édifices
de l’ostel et habitacion d’iceulx religieux .
rr Et oultre ce a donné, cédé, transporté et delaissié en pure aulmosne a yceulx religieux deux belles et bonnes maisons entretenons, assises en la rue et du costé de laditte eglise des Blancs Manteaulx; pour lesquelles choses faire ledit sire Hemon a frayé et despendu de sa chevance jusques à la somme de trois mille cinq cens livres tournois, et avec ce, pour haugmenlacion et accroissement de laditte eglise, a donné, cédé et transporté auxdits religieux un portail avec la court, par lesquels ledit trésorier entroit et souloit entrer en sa maison, que fist jadis ediffier maistre Guy Broichier, avec la maison et ediffices qui appartenoient aux dits portail et court, esquels lieux la porte de la première et principalle entrée de laditte eglise est de présent construite et ediffiée.» (Arch. nat., L. 915.)
«■Feu maistre Jehan Des Plantes, en son vivant conseiller de la court de Parlement à Paris, considérant que le lieu et monastère estoit de petite estendue, aisance et comprinse, leur donna et aumosna ung héritage et maison qu’il avoit près, joignant leur dictconvent, ainsi qu’il se comporte et poursuit, en plusieurs corps d’ostel, court, jardin et autres appartenances, assis en la vieille
COUVENT DES BLANCS-MANTEAUX
L’église, construite en bordure sur la rue des Blancs-Manteaux, ne se distinguait par aucune particularité architecturale. C’était un édifice très simple, régulièrement orienté, formant un rectangle allongé, et terminé par une abside semi-circulaire; il avait sa principale entrée sur la première cour du couvent et communiquait avec le cloître par deux passages. Le chœur et la nef étaient à peu près de même grandeur; un jubé les séparait; le chevet avait été longtemps occupé par la chapelle de la Vierge V).
Sur le côté droit de la nef était installée la chapelle de Notre-Dame; sur le côté gauche, la chapelle de Saint-Michel^, appelée aussi du Saint-Sacrement, et celle de la Visitation Notre-Dame, qui reçut plus tard le titre de Sainte-Anne (3L Ces chapelles consistaient simplement en un autel adossé au mur de l’église et entouré d’une balustrade.
A droite du chœur se trouvait la sacristie et au delà la salle du Chapitre W.
En 1 6 3 5 , le président de Bercy fit refaire à ses frais le pavé du chœur en marbre blanc et noir. A cette occasion , diverses transformations furent opérées dans l’aménagement antérieur de l’église; on supprima notamment le jubé.
A la fin du xvne siècle, les Bénédictins furent obligés de faire reconstruire le monastère en raison de son état de vétusté. La première pierre du nouvel édifice fut posée, le 26 avril 1 685 , par le chancelier Le Tellier et par sa femme Elisabeth Turpin qui, à cette occasion, firent don aux religieux d’une somme de mille écus. Le plan général du couvent fut complètement transformé; l’on édifia deux grands corps de bâtiments, l’un au nord, sur la rue Paradis, l’autre à l’est, parallèle à la rue Vieille-du-Temple, et l’église fut placée à l’ouest. Le monastère eut deux
rue du Temple, joignant l’ancienne porte Barbette, tenant d’une part au dortouer desdicts religieux et aux anciens murs de ladicte ville, d’autre part à une maison faisant le coing de la rue de Paradis qui fut à feu maistre Jehan Malingre, aussi en son vivant conseiller en ladicte court, et à ladicte rue de Paradis, aboutissant d’un bout au jardin d’iceulx religieux et d’autre bout à ladicte rue Vieille du Temple, estant en la censive des religieux du Temple de Paris, moïennant certain service que ledict Des Plantes a fonde en ladicte eglise et convent, que lesdicts religieux sont tenuz dire et celebrer par chacun jour et aussi en conlemplacion que d’ancienneté ladicte maison avoit esté des appartenances deleurdict monastère, ainsi que encore peut apparoir par les clostures et anciens repaires d’icelle. » (Arch. nat. , L. g 1 5. )
(1) Un acte de i53i cite «la chapelle et autel Nostre Dame estant derrière le maistre-autel de ladicte eglise. » (Ibid., LL. 1 4 2 3 , Registre des fondations, fol. 70 v°.)
(2) «La chapelle Sainct Michel, en laquelle et au dessus de l’autel d’icelle sont les ymaiges de monsieur sainct Michel , de la benoiste Trinité, de Marie Magdelaine, et à costé, contre le mur sur la rue, du reng des voirrieres est l’ymaige de la glorieuse Vierge Marie, tenant son glorieux enfant. * (Arch. nat., LL. 1^23, Registre des fondations, fol. 8 v°.)
(3) La chapelle de Sainte-Anne fut concédée le i5 juillet 1602 à Jean de Ligny, trésorier des parties casuelles, et à sa femme Anne Dugué. (ML, fol. 86.)
(4) Cette salle servait aussi de chapelle. «Dedans le cloistre, à main droite, se void une chapelle peinte en azur et couverte de fleurs de lys d’or, avec les armes de France et de Navarre et de monsieur le Dauphin , que les Secrétaires du Roy ont ainsy faict parer et peindre l’année dernière 1 607. n (Du Breul, p. 667.)
C’est là sans doute que se trouvait cet autel que Lebeuf signale comme ayant été béni en 1 535 , sous le titre de Saint-Paul. (T. 1, p. i48.)
entrées, l’une sur la rue de Paradis, l’autre sur la rue des Blancs-Manteaux; l'emplacement de l’ancienne église fut annexé au jardin primitif ce qui permit de rectifier l’alignement de la rue des Blanc-Manteaux^.
L’ensemble des bâtiments conventuels se trouvait limité à l’est et à l’ouest par seize maisons qui étaient la propriété des religieux et qu’ils donnaient à loyer. En 1786, les bâtiments du Mont-de-Piété furent édifiés sur le côté droit de l’église.
La nouvelle église, orientée au nord, était construite sur un plan rectangulaire et divisée en deux parties à peu près égales par le cbœur et la nef. Elle avait sa grande porte sur la rue des Blancs-Manteaux, et elle communiquait avec la rue Paradis par une petite porte au bout du collatéral, du côté gauche. Dans la nef, aux piliers de l’entrée du chœur, étaient adossés deux autels enfermés dans une balustrade; celui de droite dédié à saint Maur, celui de gauche à saint Benoît; la cliapelle de la Vierge était placée sur le côté droit de la nef, dans une arcade. Derrière le chevet se trouvait la sacristie, au-dessus de laquelle l’on avait installé une tribune qui avait vue sur le chœur. La façade de l’église n’avait pas été complètement achevée.
fl) Dans une vue perspective du couvent de 1706, insérée dans tes Icônes monasteriorum Saucti Mauri et qui a été reproduite dans tes Anciennes bibliothèques de Paris (l. II, p. 3Ü2), on voit un corps de bâtiment élevé en bordure sur la rue des Blancs-Manteaux. On retrouve ce bâtiment dans un plan géométral, qui correspond à la vue précédente et qui fut dressé à la même date. (Bibl. nat. , Topographie de Paris.)
Or, h cette époque, il n’existait aucune construction sur la rue des Blancs-Manteaux. Dans une requête de cette année, adressée au Bureau de la Ville à l’occasion de l’alignement de la rue, il est simplement question du mur «sur lequel seront elevées les maisons qu’un jour lesdits religieux prétendent bastir sur l’emplacement de ladite ancienne église--. De même, la Déclaration des biens du 7 mars 1789 ne signale l’existence que de «deux grands corps de bâtimens, chacun de deux étages, avec greniersn. (Arch. nat., S. 8678.)
Le dessin dont il s’agit doit être considéré comme un projet qui ne fut pas intégralement exécuté. Jusqu’à la fin du xvme siècle, l'emplacement de l’église primitive resta annexé au jardin qui s’étendait jusqu’à la rue des Blancs-Manteaux, ainsi qu’il est marqué sur les plans de Jaillot et de Vei-niquet.
(2) Celte opération de voirie fut effectuée en 1706, après que l’on eut transféré dans la rue des Blancs-Manteaux la fontaine publique qui se trouvait précédemment dans la rue Paradis.
L’arrêt du Conseil rendu à cet effet, le 3 août 1706, constatait que «la fontaine de la rue des Blancs-Manteaux estant plus fréquentée par les porteurs d’eau , les habitans et les artisans du quartier, il est nécessaire delà rendre plus commode et plus praticable, en élargissant ladite rue en cet endroit où elle fait un coude fort avancé, très désagréable à la veiie et qui incommode considérablement le passage des carrosses et des voitures, à commencer depuis l’encoignure de ladite maison joignant le regard de ladite fontaine, jusqu’à l'endroit ou se trouve le mur de l’ancienne egtise du couvent des Blancs -Manteaux, ou esloit l’entrée de ladite eglise à présent démolie dans toute son eslendue,"
L’architecte Jean Beausire, maître général des bâtiments du Roi, après avoir visité «le mur d’un des cotés de l’ancienne eglise des Blancs-Manteaux, qui fait un coude considérable sur ladite rüe, lequel mur sert à présent de closture à leur dit jardin qu’ils ont fait et augmenté de l’espace d’une partie de leur ancienne eglise s, déclarait, dans son rapport du 3 septembre 1706, que ce mur «doit estre demoly pour estre reconstruit en ligne droites. Le mur dut être rebâti aux frais de la Ville. (Arch. nat., S. 3678.)
L’encadrement architectural de la fondaine subsiste encore aujourd’hui dans la rue des Blancs- Manteaux, près de l’angle de la rue des Guillemites.
COUVENT DES BLANCS-MANTEAUX
La Révolution vint interrompre le cours des savants travaux auxquels se livraient les Bénédictins des Blancs-Manteaux. Dès le mois d’août 1789, la Municipalité du District réclama l’abandon d’une partie des bâtiments pour y loger la compagnie de cent soldats qu’elle avait organisée à ses frais W, et les Bénédictins furent obligés de subir ses exigences. Mais, le 5 mai 1790, ils protestèrent énergiquement contre le décret de l’Assemblée nationale, qui prescrivait la suppression des Ordres religieux; ils durent néanmoins se transporter à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, le 1 1 septembre 1790, emportant avec eux, pour continuer leurs études, quelques-unes des grandes collections de leur bibliothèque , que les commissaires de la Municipalité les avaient autorisés à conserver.
Le couvent, après avoir servi pendant plusieurs années de caserne, fut vendu, ainsi que 1 église, les 1 2 vendémiaire et 8 prairial an v (3 octobre 1 796 et 27 mai 1797). L’église, rachetée par la Ville de Paris, fut rendue au culte catholique en 1801, après le Concordat, et devint église paroissiale, comme première succursale de Saint-Merry, sous son ancien titre de Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux. En 1 863, cet édifice fut agrandi par l’addition d’une travée et d’une chapelle latérale et par l’élargissement de l’un des bas côtés; 011 le décora, en même temps,
(l) Les religieux avaient protesté contre celle obligation par une délibération capitulaire du h septembre 1789. Ils faisaient valoir n-que tous les principes et les lois s’opposent à ce qu’on se rende maitre d'une partie de la Maison pour y établir une cazerne; . . . que les sentimens de l’équité 11e permettenlpas de mettre ainsi le trouble et la confusion dans une communauté religieuse qui n’a pas démérité de la société, mais qui a pour elle le témoignage de tous ceux qui l’ont connue et qui savent combien d’hommes respectables elle a renfermés dans son sein , qui successivement ont été appliqués à édifier la société par leurs vertus et à l’éclairer par leurs ouvrages estimables; que, cette Maison étant liée à un Ordre aussi ancien que la Monarchie, qui a toujours été occupé à maintenir les vraies maximes de la liberté française, tant pour le soin qu’il a eu de conserver les anciens monumens de notre histoire que par le zèle avec lequel il a publié et continue de publier et d’éclaircir ces monumens pretieux, ce seroit oublier tous les devoirs et tout confondre à son egard que de signaler les prémices de la liberté acquise par une oppression éclatante envers une Maison distinguée de cet Ordre, loin de lui faire ressentir les effets d’un avantage qui doit être commun et qui ne doit servir qu'à assurer les droits de chaque citoyen.
ff Considérant encore que la manière dont elle
s’est conduite à l’égard du District depuis le mouvement delà Révolution arrivé dans la nation, a dù lui en confirmer la bienveillance; que, plus les religieux de celte Maison ont à celle époque montré de bonne volonté, plus ils ont consenti à se gêner en toutes les manières pour la chose publique, plus il est juste de les décharger en leur montrant la vérité de tous les témoignages qu’on n’a pu s’empêcher de rendre à la sincérité de leur zèle; que, s’emparer aujourd’hui de la majeure partie de leur Maison, ce seroit les punir comme s’ils se fussent rendus coupables envers la Patrie et qu’ils ne pourraient être traités plus durement si un ennemi eût envahi leur territoire. « (Arch. nat. , LL. 1 A 2 5 , p. 7.5.)
Il convient de rappeler, à l’honneur de la Municipalité, quelle fit droit aux protestations des religieux. Par un acte du i3 septembre 1790, elle prit l’engagement de leur payer tous les ans une somme de 3,ooo livres pour les dédommager, friant pour les locations particulières qu’ils tiraient des différentes parties de la Maison, que pour la non-jouissance des objets cédés. * (Ibid., S. 3G70.)
Une estampe de Millin (Les Blancs-Manteaux , pl. I; Garnerev del., Michel sculp.) nous montre le portail du corps de garde construit sur la rue des Blancs-Manteaux au début de la Révolution et qui disparut lors du percement de la rue des Guillemites.
de la façade de l’ancienne église des Barnabites qui venait detre détruite (1b
Une partie des bâtiments conventuels qui bordaient la rue de Paradis fut démolie^, lors du percement de la rue des Guillemites, en i8i3^; le reste a subsisté; quant au jardin du couvent, il a été presque complètement absorbé par la rue des Guillemites W et par les constructions ajoutées à l’église.
L’ancienne église des Blancs-Manteaux avait renfermé un grand nombre de sépultures, et surtout de pierres tombales, qui furent laissées pour la plupart à leur place primitive lorsque le terrain eut été annexé au jardin, après la destruction du bâtiment^. Dans la nouvelle église, les tombes étaient moins nombreuses et, à l’exception d’une seule, celle du Lieutenant civil Le Camus, ne présentaient aucun caractère artistique; elles disparurent toutes après la vente de l’édifice.
(1) Dans l’église actuelle, deux, inscriptions de l’année 1 863 , l’une gravée en lettres rouges sur marbre blanc, l’autre en lettres dorées sur marbre noir, rappellent ces diverses restaurations; la première est fixée à l’avant-dernier pilier de la nef, du côté droit, la seconde au dernier pilier, du côté gauche, au-dessous des orgues.
(2) On répète généralement que les bâtiments conventuels ont été complètement démolis, ce qui est inexact. La partie de l’édifice attenante à l’église est devenue le presbytère; l’autre partie au delà de la rue des Guillemites et l’aile en retour, parallèle à l’église, ont subsisté intégralement, ainsi qu’il est facile de le constater par une simple inspection des lieux, bien que les anciens bâtiments soient masqués, jusqu’à la hauteur du premier étage, par les constructions élevées en bordure sur la rue des Guillemites. Ou retrouve encore aujourd’hui, dans la maison portant le n° 5i de la rue des Francs-Bourgeois, l’ancienne basse-cour du couvent, qui ne paraît avoir subi aucune modification.
(3) Guilhermy et Gocheris ont prétendu que : «les bâtiments claustraux sont maintenant affectés au service du Mont-de-Piété». ( Additions , t. I, p. 371.) Cette assertion est complètement inexacte, ainsi que l’examen des anciens plans de Paris permet de le constater aisément. L’église formait, en effet, la limite du couvent à l’ouest, et c’est sur le côté droit de 1 église que le premier bâtiment du Mont-de-Piété fut édifié en 1786. Les religieux avaient même protesté, le 18 novembre 1784, par une délibération capitulaire contre le projet rr d’éle¬
ver ces bâtiments à une hauteur préjudiciable à tous les voisins et qui devoit intercepter les jours du chœur et de l’endroit destiné à faire la bibliothèque ». (Arcli. nat. , LL. i4e5, p. 59.)
Le sieur Freneau, acquéreur du bâtiment de la rue Paradis et du jardin, avait du s’engager à fournir le terrain nécessaire pour la rue projetée. (Bib. liist. de la Ville de Paris, 25q85, n° 34.)
(5) La plupart de ces anciennes tombes ne nous sont aujourd’hui connues que par des dessins de Gaignières. Millin avait déjà mis à contribution , pour illustrer sa notice historique des Blancs-Manteaux , les portefeuilles du célèbre collectionneur :
ff Avant que l’on eût rétabli l’église à la moderne, observe-t-il à ce sujet, et qu’on relevât les tombes, il y en avoit de curieuses et d’anciennes qui n’existent plus. M. de Gaignières les avoit fait copier dans le temps, et je les publie aujourd’hui d'après ses dessins.» (P. 12.) Et ailleurs il ajoute : rr Celte suite de figures offre une série de costumes pour différons états et différens sexes, depuis 1 353 jusqu’en i5g4 ; il ne faut pas oublier que ces figures devraient avoir les mains jointes. Nous avons déjà dit que les artistes employés par Gaignières s’étoient amusés à leur donner des attitudes. » (P. 19.)
Cette réflexion, qui paraît étrange au premier abord, s’explique par ce fait, que Millin avait consulté la série des Costumes et n’avait pas connu les dessins originaux des Tombeaux qui avaient servi de modèles pour ceux des Costumes. La plupart, en effet, ne se trouvaient plus à la Bibliothèque, par suite du vol commis en 1760.
COUVENT DES BLANCS-MANTEAUX
INDEX ALPHABÉTIQUE
Ali.egp.ain (Jeanne), 584.
— (Louis), 563.
Amelot (Denis), 606.
— (Marie-Jacqueiine), 606.
Aoijst (Barbe d’), 621.
Arsonval (Marguerite d’), 59A.
Beaovarlet (Mathieu de), 579.
Bénard (Jean), 601 .
Blanchet (Jean), 611.
Bochard (Catherine), 607.
Boucher (Marguerite), 687.
Bourbon (Catherine de), 552.
— (Charlotte de), 553.
Bourdin (Marguerite), 598.
Briçonnet (Jeanne), 557.
— (Louise), 563.
Brochier (Guy), 578.
Brulard (Pierre), 555.
Bury (Miles de), 6o3.
Cartigny (Charlotte de), 699.
— (Godefroy de), 599.
Chambellan (Madeleine de), 56o.
Champagne (Cie'rambault de), 564.
— (Jacquette de) , 565.
Charmolue (Marguerite), 602.
Creil (Denise de), 567.
Daurat (Pierre), 874.
Des Plantes (Adam), 617.
— (Jean), 617.
— (Philippe), 55q, 617.
Du Jardin (Marie-Catherine), 619.
Dd Museau (Morelet), 554.
Fleury (Antoine de), 61 3.
Fontaine (Michelle de), 590.
Gamin (Élisabeth), 568, 569.
— (Henri), 567.
— (Pierre), 567.
Genoud (Claude), 592, 5g3.
Gicourt (Charles de), 5g 1.
Girard (Hélène), 585, 586.
Guillard (Louis), 548, 54g.
Guillaume (Gillette), 578.
Hacqueville (Jérôme de), 568, 56g.
Halewin (Bernard) , 6o5.
Hennequin (Charlotte de), 583.
Hurault (Jean), 556.
— (Philippe), 609.
Jassaud (Louis de), 61 4, 61 5.
La Fontaine (Gillette de), 58o.
La Garde (Jacques de), 621.
La Haye (Samson de), 612.
Langlois (Jean), 618.
La Vied ( Madeleine ) , 571.
Le Blanc (Catherine), 588, 5go.
Le Camus (Jean), 619.
Le Clerc (Anne), 576.
Le Folmarié (Jacquette), 579.
— (Jeanne), 564.
Le Perdrier (Guillaume), 578.
— (Jean), 577.
— (Jeanne), 577 .
— (Jeanne), 578.
Le Picart (Jean), 565.
Le Prévost (Jean), 576.
— (Jeanne), 55g, 617.
Longuejoüe (Guillaume de), 56o.
Mahieu (Catherine), 601.
Malon (Bernard de), 547.
— (Charles de), 547.
— (Claude de), 547.
— (Élisabeth de), 547.
— (Jacques de), 547.
— (Marie de), 547.
— (Nicolas de), 547.
Marin (Denis), 575.
Marle (Christophe de), 55o.
Marmion (Guillaume), 570.
Mii.et (Euslache), 5g6, 597.
— (Jean), 694, 5g5.
— (Jeanne), 6o5.
Minard (Antoine), 608.
Miséricorde (Compagnie Je la) , 6o4.
Neveu (Jean), 67 2.
O (François d’), 558.
Paris (Jean de), 566.
Pétremol (Adrien de), 58a.
Quiîdarne (Marie), 599, 600.
R agui er (He'mon), 58 1.
Raimond (Pierre), 628.
Rapin (Maximin), 61 6.
— (Nicolas), 61 A, 61 5.
Refuge (Bernard de), 585, 586.
— (François de), 584.
Ribevrette (Antoine de), 099. 600.
Rolland (Blanche de), 572.
Roosset (Jean), 618.
Rczé (Catherine), 56q.
Savalette (Henriette-Geneviève), 6 Ségujer (Catherine), 547 .
— (Françoise), 5 90.
— (Jean), 5go.
— (Marie), 589 , 5go.
— (Martin), 5 90.
— (Nicolas), 588, 5go.
— (Nicolas), 5go.
— (Pierre), 690.
Sel ve (Françoise de), 56 1.
Sollfour (Denis de), 55 1.
Tuibert Des Martrais (Jacques- Ennemond), 622.
Trotant (Catherine), 628.
Vallangelier (Hugues de), 610.
— (Léonard de), 610.
— (Nicolas de), 610.
Volant (Marie), 6o3.
Plan du nouveau couvent des Blancs-Manteaux (l).
ÉPITAPHES DU COUVENT