‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 239 sur 386 · BUS FUNCTO, TUM FRANCIÆ CANCELLARIO, AC DEMUM SANCTÆ ROMANÆ ECCLESIÆ · texte numérisé non relu

BUS FUNCTO, TUM FRANCIÆ CANCELLARIO, AC DEMUM SANCTÆ ROMANÆ ECCLESIÆ

(l) C’était la tille du chancelier, Françoise de Birague, et son parent, le commandeur César de Birague, qui avaient confié à Germain Pilon l’exécution de ce mausolée. M. Courajod a publié le dessin primitif du monument conçu par cet artiste. ( Alexandre Lenoir, t. III, p. 269.)

Le même archéologue, après avoir consacré à ce monument deux brochures très instructives: Le Tombeau de Birague par-devant notaire ; — Germain Pilon et les monuments de la chapelle de Birague , a résumé l’historique des deux mausolées de Valentine Balbiani et de René de Birague, dans son ouvrage sur Alexandre Lenoir. (T. 111, p. 266-279.)

Il paraît, d’après les constatations de Brice, que , lors de la restauration de l’église, le mausolée du chancelier avait déjà subi quelques atteintes : tfCe tombeau, écrivait-il, en effet, est dans une chapelle, en entrant, où les curieux vont voir les ouvrages de Germain Pilon qui n’a rien fait de plus beau que ce monument; mais, depuis quelques années, on a ôté la plupart des ornemens de bronze qui y étoient, dont on s’est servi pour le tabernacle du grand autel de cette eglise.^ (T. II, p. 200.)

Au cours du xvin' siècle, les religieux se montrèrent encore moins scrupuleux, et ils réunirent en un seul monument les deux tombeaux du clian-

PRIEURÉ DE SAINTE-CATHERINE DU VAL DES ÉCOLIERS. 299

CARDIN ALI , FRANCISCA, FILIA UNICA, ET CESAR BlRAGUS, AGNATUS, MŒSTISSIMI , NON MEMORIÆ SED DESIDERII PERPETUI MONUMENTUM HOC PONI CURAVERUNT.

VlXIT ANNOS LXXVII, MENSES IX, DIES XXVI. OBIIT VIII KALENDAS DECEMBRIS M D LXXXIII.

Aiuies. D’argent à trois fasces bretessées de gueules, chargées chacune de cinq trèjles d’or.

Ms. B2, p. 5g; — Bonfons, fol. 93 v°.

celier et de sa femme, ainsi que nous l’apprend l’abbé Mercier :

rr Le mausolée de Birague a éprouvé divers changemens. C’est ce qui est constaté par l’état où il étoit depuis plusieurs années à Sainte-Catherine, comparé avec les gravures anciennes qui en existent encore. Le mausolée de Valentine Balbiani étoit un monument à part et fort distinct de l’autre, comme on peut le voir dans les Antiquités de Paris, par P. Bonfons. Dans des temps postérieurs , on n’avoit conservé du mausolée du chancelier que sa statue avec les inscriptions, et on l’avait placée au-dessus de celle de sa femme. C’est dans ce dernier état que les Chanoines réguliers de Saint-Louis ont fait replacer ce double monument avec quatre tables de marbre noir en ovale , dont les trois premières

sont anciennes . La quatrième vient seulement

d’être faite , et elle indique l’époque de la translation et de la restauration de ce double monument. » (Notice des Tombeaux de Sainte-Catherine.)

En 1 7 9 4 , le mausolée de Birague et de sa femme fut transporté au dépôt des Petits-Augustins , mais seulement par fragments et à diverses reprises, ainsi que le constatent les mentions suivantes consignées dans le Journal de Lenoir :

ff 328. Le 8 floréal an 11, reçu du citoyen Scellier, de Saint-Louis-la-Culture , la statue à genoux et en bronze du chancelier Birague, par Germain Pilon. — Deux vases et deux enfans en marbre, venant du même tombeau.

ff 33 1 . Le 1 1 , reçu de Saint-Louis-de-la-Couture , plusieurs moyennes colonnes cassées, en marbre rance et noir.

rt- 344. Le 20, reçu de Saint-Louis-la-Cullure, deux colonnes de marbre rance, avec chapiteaux et bases, en pierre dorée.

ff 34y. Ledit, reçu de Saint-Louis-la-Culture, la statue couchée et en marbre de Balbiani, femme du chancelier Birague. La main et le nez de cette statue ont été cassés. Plus un bas-relief en marbre représentant la même femme en état de mort , le tout par Germain Pilon.

rr 3 5 4 . Le 29 dudit, reçu de Saint-Louis-la-Culture , deux anges de bronze et plusieurs débris de cuivre, comme vases et autres ornemens aussi en cuivre, »

Lenoir avait du recevoir aussi les inscriptions du mausolée, bien qu’il n’en fasse aucune mention dans son Journal et qu’il ne les ait pas cataloguées.

Les ornements de cuivre qui étaient entrés au dépôt furent livrés à la fonte, ainsi que le constatent les nc‘ 371 et 42 4 du Journal. Quant aux statues, elles servirent à la reconstitution d’un mausolée unique , qui est décrit en ces termes dans le Musée des monuments français :

rfio8. De la Culture-Sainte-Catherine. Monument érigé à Birague, chancelier en 1573 et depuis cardinal. On voit la statue à genoux de Birague, fondue en bronze; Balbiani, sa femme, vêtue à la manière du temps, à demi couchée sur un lit, est représentée tenant un livre et dans la position de la lecture. Au-dessous, on voit un basrelief d’une beauté rare , représentant celte femme en état de mort; deux génies qui éteignent le flambeau de la vie terminent la composition de ce beau monument, qui fut exécuté en marbre et en bronze , par Germain Pilon.» (T. III, p. 126.)

Le Rapport au comte de Vaublanc complète cette description : tt 108, note 6. — Ce beau mausolée a été entièrement restauré. Le sarcophage plaqué en vert antique vient de Saint-Sulpice , du mausolée du curé [Languet de Gergy], ainsi que les marbres brèche d’Alep qui forment l’arrièrecorps ; les marbres noirs ont été pris dans le Musée. » La planche CXXI du Musée des monuments franc. (Lenoir del. , Guyot sculp. ) présente, sous forme de dessin au trait, le monument reconstitué par Lenoir; elle a été reproduite par M. Courajod dans son ouvrage sur A lexandre Lenoir. (T. III, p. 277.)

La statue en bronze de Birague, la statue en marbre de Valentine Balbiani, le bas-relief en marbre représentant la femme du chancelier et les deux petits génies de bronze sont actuellement conservés au Musée du Louvre.

Sur I un des côtés de ce mausolée, contre le mur de la chapelle, on voyait un monument funéraire formé de deux tables rectangulaires de marbre noir, superposées et encadrées par une large bordure en marbre rouge veiné de blanc, avec quatre appliques en bronze doré formées par deux <I> entrelacés. La table supérieure, cintrée dans le haut, était ornée de deux écussons, l’un aux armes de Birague, timbré du chapeau de cardinal et entouré du cordon de l’Ordre du Saint-Esprit, l’autre aux armes de Huraultde Chiverny, avec les colliers des Ordres du roi. La table inférieure portait cette inscription, gravée en lettres dorées :

803. — Hunc Renati Biraghii, sanctæ romanæ Ecclesiæ || cardinalis (1), Gal-

UÆ CANCELLARII, TUMULUM PHILIPPUS || HURALTUS CHEVERNIUS, GALLIÆ || CANCEL- LARIUS, OB CONSORTIUM SUMMI |j MAGISTRATUS ET AMICITI AM || ADFINITATE SAN- CIT'AM , AUXIT || HOC TITULO, ULTIMO IN || DEFFUNCTUM MUNERE, ET || DECESSORI SUCCESSOR, SANCTISSIMO || SENI HOC QUIDQUID EST INFERI ARUM || DARE PIETATI AD- JUNCTUM || EX I STI MA VIT, ADEO QUOS NON || FORS SED JUDICIUM MAGNI REGIS || ET RES PUBLICA CONJUNXIT, NULLA VIS || FATI SEPARARE POTIS EST ('2).

Mss. D, fol. i54 (reproduction figurée); — A2, p. 7; — B\ p. Ci ; — Bonfons-Babel , livre II, fol. io5.

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