‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 262 sur 386 · ANNE DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

ANNE DE BOURGOGNE

Le mausolée de cette princesse se trouvait sous une arcade pratiquée dans la muraille du chœur, près de la chapelle d’Orléans (2b La défunte représentée par une statue en marbre blanc, la tète couronnée, reposant sur un coussin, les

mains jointes sur la poitrine et un petit table de marbre noir. On voyait derrière figurant des saintes et des religieuses^.

(l) La plupart des historiens qui ont rapporté l’épitaphe de cette princesse l’ont appelée Jeanne, par suite d’une confusion avec sa sœur.

,2) Le P. Beurrier et les Epitaphiers mss. constatent que ce mausolée se trouvait du côté gauche de l’autel, contre la chapelle d’Orléans, tandis que le dessinateur de Gaignières et Milh’n marquent

œil à ses pieds, était coucbee sur une le tombeau six petites statues debout

sa place du côté droit, près du tombeau de Léon de Lusignan. 11 avait été déplacé dans la seconde moitié du xvnc siècle.

(3) La dalle de marbre noir et la statue furent portées au Dépôt des Petits-Augustins . ainsi que le constate le Journal de Lenoir :

rr2 1 . Une figure de femme couchée, sculptée

Sur le bord antérieur de la dalle de marbre noir était gravée celte épitaphe :

830. — CY GIST || MADAME ANNE DE BOURGONGNE, ESPOUSE DE TRES NOBLE PRINCE monsieur Jehan, duc de Bedfort et regent de France, et fille de très noble

PRINCE MONSEIGNEUR JEHAN, DUC DE BOURGOGNE, LAQUELLE TRESPASSA A PARIS, LE X1II1F || JOUR DE NOVEMBRE, L’AN M CCCC ET XXXII.

Armes. Bedford : Ecartelé, au i et â d’azur semé de jleurs de lis d’or, qui est de France ancien; au a et 3 de gueules ù trois léopards d’or, l’un sur l’autre, qui est d’ Angleterre , au lambel de cinq pendants d’argent brochant en chef sur le tout.

— Bourgogne : Ecartelé, au î et à d’azur semé de Jleurs de lis d’or à la bordure componnée de gueules et d’argent, qui est de Bourgogne moderne; au a et 3 bandé d'or et d’azur de six pièces, à la bordure de gueules, qui est de Bourgogne ancien; sur le tout d’or au lion de sable, qui est de Flandres

Texte d’après l’inscription originale; — Bonfons, fol. 128; — Guilhermv, t. f, p. 438.

Au cours du xvuc siècle, lorsque la tombe d’Anne de Bourgogne eut été transférée du côté de l’Evangile, près du tombeau de Léon de Lusignan, et décorée alors d’une ornementation identique à celle du mausolée de ce prince, on plaça au fond de l’arcade qui l’abritait, au-dessus de la statue, une plaque rectangulaire de marbre blanc, à bordure de marbre rouge, avec cette autre inscription® :

831 . — Anna, Joannis Burgundiæ ducis filia et || Joannis Bethfordiæ, ducis

ANGLI, D1LECTISSIMA j| CONSORS, INCORRUPTÆ MU LIER VIRTU||TIS, QUICQUID CORRUP- TIBILE HABUIT JJ HIC TUMULARI VOLUIT, ANNO DOMINI 1^2.

Texte d’après le dessin ci-après ; — Ms. F2,

en marbre blanc, posée sur une tombe de marbre noir, représentant Jeanne de Bourgogne, duchesse de Bedfort , morte en 1 4 3 a . n

Ce tombeau fut catalogué au Musée sous le n° 83. (Muses des monuments français , t. Il, p. 1 09.)

En 1816, il fut transporté à Versailles, d’où, plus tard, la statue revint seule au Louvre. Aujourdhui, la tombe récemment reconstituée est conservée au Musée du Louvre :

rr J’ai été assez heureux, écrit M. Courajod, pour faire rapprocher de la statue la dalle de marbre noir qui porte l'inscription et qui avait été oubliée trop longtemps à Versailles, depuis le dernier transfert de ce monument à Paris. » (Alexandre Lenoir, t. I, p. 3.)

C’est le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui avait fait exécuter le mausolée de sa sœur. Un mandement de ce prince, en date du 2 décembre i45o, constate que ce tombeau était l’œuvre d’un sculpteur nommé Guillaume Velnton :

f? Philippe, par la grâce de Dieu, duc de Bour-

. i4-j; — Piganiol, t. IV, p. 191.

gongne . Pour la partie de la vesve et heritiers

de feu Guillaume Velnton, en son vivant tailleur d’ymaiges, demourant à Paris, nous a été exposé que ledit delfunt fut de par nous commis et ordonné à parfaire la sépulture de feu nostre sœur Anne, duchesse de Bedford, dont Dieu ait famé; lequel feu Guillaume se emploia à l’acomplissement de ladite sépulture et y fist plusieurs parties d’ouvrage de son mestier, dont est deu de reste ausdils exposons, ses aians cause, six vings quatorze livres sept sols, six deniers tournois, et pour le louage d’un hostel à Paris, où ladite sépulture a esté pour huit années. » (Léon de Laborde. Les Ducs de Bourgogne, t. II, p. 21 5.)

(I) Nous avons donné les armes véritables, telles qu’elles ont été blasonnées dans la Collection de Gaignières. (Bibl. nat. mss.; F. fr. 20077, fol. 5.) Elles diffèrent de celles qui avaient été sculptées au fronton du mausolée.

t2) D’après Piganiol, cette inscription avait été rédigée par le P. Carneau.

É IM TA PHI EH J)li VIEUX PARIS.

Mausolée d’Anne de Bourgogne111.

L'inscription suivante, gravée sur une petite laine rectangulaire de plomb, était fixée au cercueil de la princesse (J) :

0) Réduction d’un dessin en noir et en couleurs delà Collection de Caignières. ( liibl. nat. mss.; F. IV. 20077, fol. 7.)

La statue d’Anne de Bourgogne a été reproduite dons une estompe de Mitlin. ( Les Celestius, pl. XXIII , lig. 2: Vangorp del., Testard sculp.)

Le Rapport sur les fouilles des Celestius nous apprend que la sépul.ure de la princesse fut retrouvée dans les derniers jours de mai 18A7 :

• On a découvert un caveau dans lequel gisaient

confondus des ossements qui ont été reconnus appartenir à une femme de vingt-huit à trente ans et qui composent la plus grande partie d un squelette; au milieu de ces ossements se trouvaient deux petites parties de planche en bois de chêne, provenant probablement d’un cercueil, ainsi qu’une plaque de plomb de 3 h centimètres de longueur sur îG centimètres de largeur, qui était pliée en deux. Cette plaque porte l’inscription funéraire d Anne de Bourgogne , duchesse de Bedford, n

832. — Cy GIST TRES HAULTE ET PUISSANTE PRINCESSE MADA||ME ANNE DE BOUR¬ GOGNE, FILUE DE FEU TRES HAULT ET PUISSANT || PRINCE JEHAN DUC DE BOURGOGNE,

conte de Flandres, d’Ar||tois et de Bourgogne, famé de très hault et puissans prince || Jehan, gouvernant et regent le royaume de France, duc de Bedfo||rd, qui trespassa en l’hostel de Bourbon, a Paris, le xiiiie || jour de novembre MIL QUATRE CENS TRENTE DEUX.

Texle d’après l’inscription originale; — Rapport sur les fouilles des Célestins ( Bulletin du Comité historique, t. III, p. 1 12); — Guilherniy, t. I, p. /1 3 8—4 4 o.

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