Ci gissent, dignes de record
Messire Guillaume de Rochefort (1>
Et madame Guy de Vourry (2);
Naguieres séparés par mort;
Maintenant sont en mesme sort,
Et leur fils qu’ils avoient nourry.
Jasoit que leur corps soit pourri
SoUBS CETTE SA1NCTE REMEMBRANCE (1) .
En tems qu’ils vivoient,
Recourrf. ils souloient Par devotte esperance.
Il mourut chancelier de France,
Mil quatre cent quatre vingt douze,
Le douziesme d’aoust, au dimanche,
ÜÙ REPOSE AVEC SON ESPOUSp(4).
Dieu les veuille prendre a mercy Les trf.spassez et nous aussy.
Amen (5).
Armes. Hociie tout ; D’azur semé de billellcs d’or ; au chef d'argent charge d’un lion léopardé de gueules.
— Voeu il)’ . De gueules à trois roues d’argent.
Mss. A2, |>. 160; — B\ p. 286; — Du Breul, p. 692.
[) Il convient d'observer ici, une fois pour (ouïes, que, dans les anciennes inscriptions rimées, le prénom des personnages est souvent représenté par sa lettre initiale , qui ne compte par suite que pour une syllabe.
(2) La forme primitive de ce nom devait être Vouvry; les copistes et le P. Beurrier écrivent : Vouniry.
(3) Il doit manquer un ou plusieurs vers. Cette inscription, transcrite sous une forme à la fois inexacte et incomplète dans les mss. A2 et B2, n’a pas été publiée par Du Breul d’une façon beaucoup plus correcte.
(4) Duchesne, qui n’a pas connu ce texte, prétend que Guillaume de Rocheforl n’avait pas d’épitaphe dans l’église des Célestins. Il affirme aussi à tort que Guye de Vourry était la première femme de Guy de Rochefort. ( Histoire des chanceliers, p. 545.) La même erreur a été commise par Le Laboureur : rrGuy de Rochefort, écrit-il, eut de sa première femme un fils qui mourut jeune et gist aux Célestins, sous un tombeau de marbre sur
lequel il est représenté avec une Passion. Quant à lui , il mourut l’an 1 5o8 et gist en la même église. * ( Les Tombeaux des personnes illustres, p. 1 5 6. ) Les indications très précises du Nécrologe, d’accord avec l'épitaphe infirment ces assertions : ftMagnanimus Guillelmus de Rochefort , cancellarius Francise, et domina Guidonia Vourry cum filio suo quiescunt sub tumba marmorea, ad genua usque sublevata, quæ est ad lævum sacelli domini Burelli.» (P. 45. — Cf. Le P. Anselme, Hist. génial., t. VI, p. 4 1 4 . )
Le chancelier Guy de Rochefort ne fut pas inhumé dans l’église des Célestins, comme le dit Le Laboureur, mais dans celle de Citeaux, ainsi que nous l’apprend Duchesne, qui a publié la longue épitaphe gravée près de sa tombe. ( Histoire des chanceliers, p. 543.)
(5) Millin constate que, lorsque la statue de Charles de Magny fut transportée du chœur dans la nef, on la mit à la place de cette inscription. C’est alors sans doute qu’on lui substitua celle qui figure ci-après sous le n° 848.
Monument funéraire de Guillaume de Rochefort et de Guye de Vourry O.
Plus tard, l’on ajouta au monument cette autre inscription :
844. — Guillelmi et Guidonis de Rochefort, fratrum, Franciæ cancella-
RIORUM, NECNON MULTORUM UTRIUSQUE SEXUS EX EADEM FAMILIA MORTALES EXU- VIÆ DIVERSIS TEMPORIBUS HIC DEPOSITÆ FUERUNT, AB ANNO M CCCC LXXVIII l'2) USQUE AD ANNUM M DC XXX.
Tombeaux de Gaignières (Clairambault), (ol. i3; — Duchesne, Histoire des chanceliers et gardes des sceaux de France , p. 546.
Réduction d’un dessin des Tombeaux de Gaignières (Clairambault), fol. i3.
Ce mausolée se trouve reproduit dans une estampe de Millin, avec la statue de Charles de Magny. ( Les Célestins , pl. V; Cbapuis del.)
f2) Le fils de Guillaume et de Guye de Vourry avait été le premier de la famille inhumé aux Célestins, en 1478. (Le P. Beurrier, Histoire du monastère, p. 3g3.) La mention faite ici de Guy de Rochefort est erronée.
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