‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 309 sur 386 · HENRI CHABOT · texte numérisé non relu

HENRI CHABOT

S011 mausolée, sculpté par François Anguier, se trouvait placé vers le fond de la chapelle, sous la troisième fenêtre.

Une statue de marbre blanc le représentait mourant, couché sur un sarcophage de marbre noir et à demi enveloppé d’un linceul flottant. Un génie ailé soutenait sa tête, tandis qu’un autre agenouillé à ses pieds le recouvrait du manteau ducal.

(1) Philippe Chabot, t le 1" juin 1 543, avait été inhumé au pied de son mausolée. On lit, en effet, dans le Nécrologe des Célestins : rrjacet in sacello aurelianense, sub tumba authentica, quæ parieti inhæret, in mausolæoplumbeo reconditus. n (P. 19.)

(2) Cette épitaphe avait été recueillie et conservée au Musée des monuments français.

rr Elle s’est rencontrée sous nos pas, il y a quel¬

ques années, écrivait Guilbermy, au milieu des fragments abandonnés de l’ancien Musée des monuments français; nous en avons alors soigneusement relevé le texte dont nous ne trouvons de reproduction complètement exacte dans aucune des anciennes descriptions des monuments de Paris. Ce marbre, qui avait bien son prix, a disparu maintenant pour toujours. n (T. I, p. 4 4 9.)

Mausolée de Henri Chabot (1).

Le sarcophage était placé sur deux socles bas, ornés de triglyphes, qui reposaient sur un large soubassement de marbre à deux degrés, portant des trophées d’armes.

Ce monument était encadré par deux pilastres que décoraient des faisceaux de branches d’olivier reliées par des bandelettes, soutenant un entablement décoré de triglyphes alternant avec des chabots et des écussons^ et surmonté, aux extrémités, de deux autels portant des vases fumants, ornés de guirlandes et de têtes de béliers.

Au-dessous de l’entablement, au milieu du cintre de la fausse arcade à laquelle

(1) Rédaction d’une estampe de Millin. ( Les Célestins, pl. XI; Charpentier sculp.)

Ce monument a été dessiné dans les Tombeaux de Gaignières (Oxford), t. IV, fol. 81 bis. Il a été aussi gravé par J. Marot, dont l’estampe a été in¬

sérée dans les Tombeaux de Gaignières (Original Mss.), fol. i5.

(2) Les deux écussons sculptés au-dessus des pilastres sont partis au 1 de Chabot, au 2 de Roiiap, , qui est : De gueules à neuf macles d’or 3 , 3 et 3.

était adossé le sarcophage, se détachait un cartouche armorié, timbré de la couronne et enveloppé du manteau ducal, avec deux sauvages armés de massues pour supports h); le tout sculpté en marbre blanc.

L’épitaphe du défunt était gravée sur une longue table de marbre blanc, qui formait le premier degré du soubassement du mausolée :

891. — SlSTE, VIATOR, ET SORTIS HUMANÆ VICES ATTENDE. || SuB PHILIPPI ChA- BOTII MAGNI MAUSOLEO, USQUEDUM UNIVERSÆ CARNIS IMMUTATIO FIAT, OSSA RE- PONI STATUIT TANTI HEROIS AGNATUS , ILLUSTRISSIMUS HeNRICUS, || ANTIQUISSIMA ChABOTIORUM APUD AqüITANOS STIRPE PER JARNACENSES REGULOS FAMILIÆ PRIMO- GENITOS ORTUS, ET PER AVIARUM GENUS AUGUSTO LUXEMBU RGENSI U M |] ET LUSI- GN AN EN SIUM STEMMATE CLARUS , DUX ROHANNI , PRINCEPS LEONIENSIS &c. , PAR

Franciæ, Andium prorex, vir ad maxima quæque natus, erga Deum |] reli-

GIOSUS , IN PATRIAM PIUS, IN ARMIS STRENUUS, IN AULA SAGAX , IN MAGNIS SOLERS, QUIBUS PRÆERAT ACCEPTISSIMUS , ET, QUOD SINGULARE EST IN AULICO, PROBATIS- SIMÆ FIDEI AMICUS. || LlCET SUORUM NATU PENE MINIMUS, INTER REGIÆ PROCERES SEMPER ENITUIT, OMNIBUS NATURÆ DOTIBUS CUMULATISSIMUS , SICQUE VIRTUTIS PO- TISSIMUM VIA GRASSATUS EST AD || GLORIAM, DONEC ÆQUO CCELO CONNUBIUM LONGE PRÆCELLENTISSIMUM, RELUCTANTE INVIDIA, PROMERITUS EST, ASSUMPTUS IN SPON- SUM SERENISSIMÆ MARGARETÆ, || ROHANNENS1UM DYNASTARUM, NAVARRÆ, SCOTIÆ, ET ArMORICÆ PRINCIPUM HÆREDIS, MAGNI HENRICI RoHANNÆI, HEROIS CELEBER- RIMI, F1LIÆ UNICÆ ET OMNIUM || CHRISTIANORUM ReGUM AFFINIS, QUÆ HENRICUM

ChABOTIUjM propinquum suum plurimis Europæ magnatibus anteposuit. Fran-

CORUM INTER PRIMATES ILLE || PROVECTUS, IN ARDUIS IMPERII REBUS SIC EMICUIT UT COMMUNI AULICORUM ETIAM INVIDENTIUM VOCE DIGNISSIMUS OMNIUM HONO- RUM TITULIS CENSERETUR. SED MORS IMMATURA, || PROH DOLOR ! POST CÆSOS IN BELLO HISPANICO HENRICI FRATRES, CAROLUM ET GUIDONEM, DUCES FORTISSIMOS, IPSUM HENRICUM, VIRUM EXCELLENTISSIMUM, IN || ÆTATIS FLORE, REGI , PATRIÆ, UXORI, LIBERIS ET AMICIS RAPUIT, DeO ET HOMINUM MEMORIÆ NON PRÆRIPUIT. SAT HOC TIBI, VIATOR, ET HUMANÆ CONDITION1S MEMOR PROGREDERE. || VlXIT ANNOS XXXIX ; DEVIXIT ANNO GRATIÆ MDCLV(2). DULCISSIMA CONJUX, NON MCERENS TANTUM SED FERE MORIENS, ET CARISSIMI LIBERI POSUERE.

Texte d'après l’inscription originale; — Guilhermy, t. I, p. h-]h-hr]h.

(1) Ce monument fut porté au Dépôt des Petits- Augustins , ainsi que le constate h Journal de Lenoir :

«52. Des Célestins. Un groupe de marbre blanc, représentant Henri de Chabot, duc de Rohan , mourant, soutenu par deux petits génies, exécuté par François Anguier; le tout accompagné d’une table de marbre noir et d’un soubassement en marbre blanc. *

Ce groupe est décrit dans le Musée des monuments français, sous le n° 1 83. (T. V, p. 78). 11 est reproduit dans la planche CLXXXI (Guyot sculp.), tel qu’il avait été reconstitué.

Dans le Rapport au comte de Vaublanc, il est dit que Hes marbres qui ont servi h restaurer ce monument viennent du Musée.»

Le groupe et l’épitaphe sont conservés maintenant au Musée de Versailles. Les pilastres qui avaient été portés au Musée, bien que Lenoir n’ait pas constaté leur présence , sont restés à l’Ecole des Beaux-Arts, où ils ont été utilisés pour la décoration du premier et du cinquième panneau (côté gauche) de la seconde cour.

(2) Henri de Rohan -Chabot, t le 27 février 1 655. (Le P. Anselme, Hist. généal. , t. IV, p. 569.)

CHAPELLE DE GËVRES.

Page 1