‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 308 sur 386 · IE N · texte numérisé non relu

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’IONALE.

Mausolée de Philippe Chabot W.

cuisse et le bras gauche appuyé sur un casque, accompagné d’un gantelet et de diverses pièces d’armes; il tenait à la main le silllet du commandement. Un lion était couché à ses pieds. Sous le sarcophage se trouvait une petite statue de femme représentant la Fortune renversée

La niche, décorée d’une double bordure semée de chabots, avec une tète de lion pour agrafe dans le bas, et soutenue par quatre grandes ancres en diagonale, était accompagnée d’un très riche encadrement architectural qui donnait à l’ensemble du monument une forme carrée. De chaque côté, un piédestal avec gaine à tête de chien portait une statuette de génie ailé. Au-dessus de ces figures, des volutes soutenaient un entablement aux angles amortis par des consoles renversées, que surmontaient, au milieu des attributs maritimes en trophée et aux

(1) Réduction d'une estompe de Millin. ( Les Célestins, pl. XII; Biosse sculp.)

Ce monument a été reproduit dans un dessin des Tombeaux de Gaignières (Clairambautt), fol. i4.

(2) Millin donne au sujet de cette figure une explication singulière et peu vraisemblable :

ff Sous le tombeau de l’amiral, écrit-il, il y a une

petite statue couchée. On dit qu’il avoil demandé que ce petil monument consacrât sa reconnaissance pour un fidelle domestique qui ne l’avoit point abandonné dans ses malheurs, même dans sa captivité. n (Les Célestins, p. 57.)

Celle attribution se trouve démentie par la roue qui accompagne la statue, et qui n aurait aucune raison d’être s’il ne s’agissait pas de la Fortune.

extrémités, deux petits génies assis tenant des torches allumées et renversées. Sous le trophée était posé un cartouche, orné d’un médaillon ovale avec les armes du défunt, timbrées de la couronne comtale et entourées du collier de l’Ordre de Saint-Michel h).

Au fond de la niche, derrière la statue de Chabot, on lisait cette épitaphe gravée en lettres dorées sur une table carrée de marbre noir ^ :

890. — D. O. M. S. || At viventi certe heroi, assidua virtute invidiam,

MORTUO VERO CONTINUA || SOSPITIS VIRTUTIS MEMORIA , MORTEM PROPEMODUM IPSAM SUPERARE ALTIUS, HOSPES, ET |j PERENNIUS DEÇUS SIET. SED QUID HOC ISTIC INQUISÎ

tl) Voici les diverses mentions du Journal de Lenoir qui constatent l’entrée de ce monument au Dépôt des Petits-Augustins :

rr8. Des Célestins. Deux génies en albâtre, tenant des torchaires, venant du tombeau de l’amiral Chabot, un lion et une figure allégorique représentant la Fortune renversée.

ff4a. Du même lieu. Statue en albâtre et couchée, représentant l’amiral Chabot, sculptée par Jean Cousin. Il est appuyé sur son casque et dans l’attitude du repos. Plus un sarcophage en marbre noir, »

Ces sculptures sont cataloguées dans la Notice succincte de 1793 sous les n°s 1 1, 58, 269 et 25o. Lenoir y signale en outre, sous le n° 56, «deux petits génies, bas-reliefs, de marbre blanc, par Jean Cousin, du tombeau de l’amiral Chabot»; et au n° 58, il observe que n- le sarcophage qui porte la statue vient des Feuillants Saint-Honoré».

Dans le Musée des monuments français , il a donné la description du mausolée tel qu'il l’avait reconstitué :

«98. Monument érigé à Philippe de Chabot. . . Cette belle figure d’albâtre de Lagny, digne du ciseau de Michel -Ange par la vérité du style, le caractère du dessin et la belle exécution, est de la main de Jean Cousin. Elle est supportée par un sarcophage de marbre noir que j’ai orné de pattes de lion en bronze et de chabots, par allusion au nom de l’amiral qui avait placé ce poisson datasses armoiries. Le tout est supporté par quatre belles colonnes de marbre (brèche verte antique), que j’ai retirées des démolitions de l’église Saint-Landry, en la Cité. Dans le milieu on voit un piédestal, orné de deux bas-reliefs, représentant saint Paul et Melchissedec, supportant une petite figure de femme, aussi d’albâtre. Jean Cousin , en donnant à la Fortune

exprimée par cette figure allégorique l’attitude de l’abattement, a voulu peindre les revers qu’ éprouva Chabot, qui fut la victime innocente d’une basse et jalouse intrigue.» (T. III, p. 55.)

Les deux génies funéraires debout furent utilisés par Lenoir, pour la décoration d’un cénotaphe élevé en l’honneur de Jean Cousin, catalogué au Musée sous le n° 253. (Cf. pl. CXV1I.)

Le lion servit à la décoration du mausolée reconstitué de Claude-Catherine de Clermont-Tonnerre. (Cf. pl. CXXVIII.)

Quant aux deux petits génies assis, en basreliefs, Lenoir nous apprend dans les Notes mss. de la Notice succincte qu’ils avaient été vendus. ( Archives du Musée, t. II, p. 60.)

Après la suppression du Musée, la statue de l’amiral Chabot fut attribuée au musée du Louvre, où elle est actuellement conservée. La statue de la Fortune fut laissée à l'École des Beaux-Arts, ainsi que les deux génies funéraires; l’une a été réclamée pour le Louvre, en 1821, par le directeur des Musées royaux , et les deux autres par le marquis de Laborde, en 1 85 1 . (Cf. L. Courajod, Alexandre Lenoir, t. II, p. 1 83.)

Le lion, abandonné dans les locaux du Musée, avait été relégué dans le jardin privé de l’Ecole des Beaux-Arts, où son existence fut signalée en 1882 par M. Courajod, qui, le premier, reconnut la valeur de cette sculpture et sa véritable origine, et appela l’attention sur trce marbre abandonné et condamné à pourrir h la pluie». (Ibid., t. II, p. i84.)

t2) D’après Millin , l’épitaphe aurait été gravée à la base du mausolée. Elle est marquée à sa place véritable, au-dessus de la statue, au milieu de la niche, dans le dessin de Gaignières, aussi bien que dans la gravure du monument publiée par Piganiol. (T. IV, p. 2o4.)

Utrumque tibi fortissimi herois, Philippi || Chabotii, Galliarum thalassiarchæ,

TESTATUM ESSE, BREVIUS FORSAN || QU AM FAS FUERIT, VOLUERUNT MANES. CüM ENIM ILLE PATREM HABENS CHABOTIANA , |j MATREM LUXEMBURGÆA ST Y R PE EDITAM, FELICI¬ TER NATUS, EDUCATUS EXCULTUSQUE || FELICIUS, FACUNDI A PRÆDITUS 1NCREDIBILI ,

Francisco I, Galliarum régi augustissimo, [| domino suo, supra modum dilec-

TUS, TRIPLICI TORQUATORUM EQUITUM TORQUE A || TRIBUS INSIGNITUS REGIBUS, DUX QUOQUE GALLICORUM CENTUM GRAVIORUM ARMATORUM EQUITUM, || UTRIQUE IN

Francia mari occiduo ac eoo præfectus, in Burgundia, cujus etiam || pater

DICTUS EST, AC IN TRANSALPINA ALIQUANDIU GALLIA, QUAM REGALIBUS COPIIS || SOLUS IM PER A NS , REGIO PENE TOTAM IMPERIO ADDIXIT, PROREX, PRÆLIIS FORTITER || DEPUGNATIS , COMPOSITISQUE MAGNAN IMITER FÜEDERIBUS , TOT REBUS DENIQUE TERRA MARIQUE, || DOMI AC FORIS BENE GESTIS CLARUERIT , HUIC POTISSIMA FUIT, TUM GLORIA, TUM || REDIVIVÆ GLORIÆ CELEBRITAS , TANTUS 1PSIUS VIRTUTISQUE COM.ITIS DE INVIDIA || TR 1UM PH U S , UT SUÆ INSTAR ANCHORÆ, VEL MORE POTIUS HERCULEO, CONTRA || FLUCTUS FORTUNAM SISTERET ET EX LIVORE LAUDEM AMPLIARET. HOC VI- VUS ILLE || QUOD RELIQUUM ESSE POTEST PATRIS RELIQUIIS UT PRÆSTARET FILIUS PIENTISSIMUS, || LEONORIUS ChABOTIUS, MAGNUS FRANCIÆ ARCHIPPOCOMUS, HOC IN¬ DELEBILE | FORSITAN MONUMENTUM POSUIT(l) 2. SATISNEÎ SATIS SUPERQUE AIS; BENE ERGO PRECATUS ABI , || AC VIRTUTEM AMPLEXANS, INVIDIAM DISCE ATQUE ETIAM MOR- TEM POSSE DESPICIER. || VALE. — JODELIUS.

Armes. Ecartelé, nu 1 et h d’or à trois chabots de gueules en pal, 2 et 1 , qui est de Chabot;

au 2 d’argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d’or, chargé d’une croisette sur l’épaule, qui est de Luxembourg-Saint-Paul; au 3 de gueules à l’étoile à seize rais d’argent, qui est de Baulx.

Mss. IP. j). 2 4a; — F3, p. 345; — Bonfons-Rabel, liv. Il, fol. 82 v°; — Guilbermy, 1. 1, p. 448- 44p ‘2>.

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