‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 321 sur 386 · PHILIPPE DE MÉZIÈRES · texte numérisé non relu

PHILIPPE DE MÉZIÈRES

Tombe levée avec cette épitaphe gravée en bordure W :

909.- Cy gist monseigneur Philippes de Maizieres en Sainctois, chevallier,

CHANCELLIER DE CHYPRE, CONSEILLER ET BANNERET DE L’HOSTEL DU ROY DE FRANCE

(1) On lit : Vicomte de Tours, dans le texte de Gaignières; ce titre est donné sous la même forme par le P. Beurrier, le P. Anselme et Piganiol.

(S) Ou le 2 4 septembre, d'après le P. Anselme. (Histoire généalogique , t. IV, p. 177.)

(3) Ces armoiries, à peine esquissées dans l’estampe de Millin, se trouvent dessinées plus nettement dans la reproduction figurée des Tombeaux de Gaignières.

Les armes données par le P. Anselme diffèrent sensiblement de celles qui figurent sur ce dessin.

Elles sont blasonnées ainsi qu'il suit : Au 1 de France ; au 2 de Jérusalem; au 3 d’ Orléans; au à de V Empire; au 5 de Luxembourg ; au 6 de Milan- Visconti; au 7 de Montmorency-Laval ; au 8 de Craon; sur le tout de La Trémoille. (Histoire généalogique, t. IV, p. 1 77.)

w Le Registre des fondations des Célestins nous a conservé le détail des nombreux bienfaits que le couvent avait reçus de Philippe de Mézières ; rrFundatio unius missæ altæ, in anno, in ca-

pella domini Philippi deMaiseriis . . pro dicto

ntrimiF.niE nationale.

Charles, le quint de ce nom, qui trespassa de la gloire de l’hostel royal

A L’HUMILLITÉ DES CeLESTINS, l’an DE GRACE MCCCLXXX, ET RENDIT SON ESPRIT A

Dieu le xxixe jour de may, l’an de grâce m cccc v.

Armes. De sinople ù la fasce d’hermines.

Ms. B\ p. 2 AS ; — Le P. Beurrier, Histoire du monastère, p. 3gi.

domino Philippo, nobili milite et quondam canceilario regni Cvpri, in capitulo nostro sepulto, qui , inter ceteros benefactores nostros , liane religionem miro semper coluit affectu et hoc monasterium magnifiée in bonis ampliavit, unde ædificavit iterum quamdam domum, cum parvo claustro et optima cislerna. Item ibidem conslruxit quamdam capellam devotissimam in honore Beatæ Mariæ Virginis et eam optime depingi et solemniter dedicari fecit , pro quibus edificiis ultra tria millia francorum exposuit alque eamdem capellam vasis pluribus argenteis et diversis ornamentis reliquiisque pretiosis décora vit. Insuper pro dotatione eiusdem octingintos francos solvit ac pro eadem a domino Garolo, Rege v°, admortizalionem quatuor viginti librarum, etiamsi in feudo et media juslitia existant, cum vendis et quinto denario, et per Thesaurum expeditam impetravit. Item vineam nostram seu ciausum plantari fecit suis expensis et pro lapidibus murorum dicti clausi et lorcularis et pro pluribus redditibus qui supra domum Roberti Testardi erant acquirendis, pro depositoque et libraria nostris pluribusque aliis utilibus faciendis, de suis pecuniis ultra vf francos exposuit, derelictoque sæculo, in dicta domo vilain multum religiosam usque in finem vitæ suæ duxit; dimisit etiam nobis plures redditus et mulla voiumina librorum et per amicitiam et notitiam ipsius piæ mémorisé dominus Léo, quondam rex Anneniæ, fuit intus sepultus, occasione cujus tria millia francorum habuimus pro redditibus emendis. Insuper fundavit in dicta sua capella et ante majus allare duoscereos, de cera alba, quæ dicilur virginea, qui dicuntur cereipacis, et debent accendi a principio sacramenti usque ad perceptionem lotalem ejusdem, secundum quod declaratur in labulis vitro coopertis tam in prædicta capella quam in clioro prope sacristiam ; et pro horum fundatione ac domus suæ sustentatione decem libras redditus super domum dicti Roberti Testardi dédit et quatuor insulas in fluvio Sequanæ, conjunctas nostris, quas émit; item et sexaginta francos in redditibus perpetuis convertendos; et breviter maximorum bene-

ficiorum nobis liberalis largitor extilil. n (Arch. naf. , LL. 1 5o5 , p. 1 56. )

M. Albert Lenoir a publié, dans la Statistique monumentale de Paris, une planche en chromolithographie offrant la reproduction d'un monument en cuivre doré, qui était, d’après lui, une tombe de l’église des Céleslins. C’est une sorte de tableau composé de trois lames de cuivre superposées, d’inégale grandeur, réunies par un cadre de fer. Dans la partie supérieure, la Vierge est figurée assise sur un trône et tenant l’enfant Jésus; devant elle est un religieux à genoux qui tient une banderolie avec ces mots : Spes mea, miserere mei. Dans la partie médiane on voit le Christ en croix, entre les deux larrons, avec des soldats groupés autour d'eux, et à droite, la mère du Christ entourée îles saintes femmes, qui s’évanouit. Sur la lame inférieure est gravée cette inscription :

O BEATI PATRES ET ELECTI CeLESTINI,

DlVINI SACERDOTES DOJIIM ALTISS1MI ,

Mementote, OBSECRO, MEI, ZEI.ATORIS VESTRI, Philippi condam cancellarii Cipri VOCATI.

M. Lenoir ne parait pas avoir lu très exactement ce texte, puisqu’il prétend que le religieux dont il est ici question se nommait Philippe Adam et qu’il supplie les pères Célestins de se souvenir de lui, leur zélé chancelier. ( Statistique monumentale de Paris, Texte, p. 182.)

Or l'inscription de la plaque et le blason que l'on voit au-dessus du personnage agenouillé devant la Vierge indiquent très nettement que c’est Philippe de Mézières, chancelier de Chypre, qui avait fait graver ce monument, sans doute pour rappeler la fondation faite par lui de la chapelle de la Vierge dans le petit cloître des Célestins.

M. Albert Lenoir n’a pas indiqué le document original d’après lequel il a reproduit ce curieux monument. 11 est probable que ce devait être un dessin trouvé dans les papiers de son père. Alexandre Lenoir avait du dessiuer sur place ce monument, qui , plus tard , comme les autres lames de cuivre du couvent, fut livré à la fonte.

Au milieu de la tombe, on lisait cette autre inscription :

910. — Ledict chevallier fut faict chancellier de Chypre au temps de très

VAILLANT ROY PlERRE DE LUSIGNAN , QUINT ROY LATIN DE HlERUSALEM APRES Go- DEFFROY DE BOUILLON, ROY DE CHYPRE; LEQUEL, PAR SA GRANDE PROUESSE ET HAULTE ENTREPRINSE, PRINT PAR BATAILLE ET A SES FRAIS LES CITEZ D’ALEXANDRIE EN

Egypte, Tripoly en Syrie, Layas en Arménie, Sathalie en Turquie et plusieurs AULTRES CITEZ ET CHASTEAUX SUR LES ENNEMIS DE LA FOY DE JESUS CHRIST; ET, APRES LA PITEUSE MORT DU TRES EXCELLENT ROY, LEDICT SON CHANCELLIER FUT APPELLE AU SERVICE DU PAPE GREGOIRE XIe ET FINALLEMENT AU SERVICE DE SON DROICT SEIGNEUR NATUREL, LETTRÉ, SAGE, DEBONNAIRE, CATHOLICQUE ET BIEN FOR¬ TUNÉ Roy de France, Charles, le quint de son nom, desquels Pape et Roy LES BONNES MEMOIRES SOIENT PRESENTES DEVANT DlEU.

Ms. B2, p. t2 48 ; — Le P. Beurrier, Histoire du monastère, p. 3ya.

Sur les flancs de la tombe étaient encore gravés les vers suivants, composés par le défunt :

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