‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 320 sur 386 · LOUIS DE LA TRÉMOILLE · texte numérisé non relu

LOUIS DE LA TRÉMOILLE

Dans la troisième chapelle dite de la Madeleine ou de Noirmoutier, contre le mur, vis-à-vis de l’autel, s’élevait le mausolée de Louis de La Trémoille (2).

Le défunt, représenté par une statue de marbre blanc, était armé de toutes pièces, à genoux, les mains jointes, devant un prie-Dieu, portant un livre ouvert et accompagné d’un heaume et de gantelets.

(1) D’après Millin, cette singulière inscription était gravée sur deux tables de marbre blanc d’une énorme longueur, placées sur les côtés de la table de marbre noir: rr Si je voulois copier l’inscription, en entier, ajoutait-il , douze pages ne suffiraient pas; il suffira de dire que le récit des trois batailles contre les Maroquins y est rapporté tout au long, v ( Les Célestins, p. 2 5.)

Millin s’est borné h transcrire le second des deux fragments ci-dessus; le premier a été publié par Guilhermy, d’après un débris de l’inscription originale, conservé autrefois dans les magasins de l’église de Saint-Denis et qui ne subsiste plus.

(2) Le mausolée avait été élevé par les soins de Louis de La Trémoille, marquis de Noirmoutier, fils du défunt, qui avait fait une fondation dans

l’église des Célestins, au prix d’une rente de cinq cents livres.

Dans le contrat de cette fondation, en date du 27 janvier i642 , il est dit : rr II sera loisible audit seigneur marquis de faire de la chapelle de la Madeleine et de Saint Rocli une seule chapelle, et en icelle faire ediüer à ses frais et despens tel autel, tombeau et monument que bon lui semblera, mesme de croislre la cave et la rendre aussi grande que toute l’etendue desdites chapelles pour y enterrer son corps et ceux de sa famille, sans payer autre chose ny que doresenavant lesdits sieurs Celestins puissent enterrer aucun corps dans lesdites deux chapelles, sinon du consentement dudit seigneur marquis de Noirmoustier ou de sesdits hoirs.» (Arch. nat. , LL. i5o5, p. 427-432.)

Mausolée de Louis de La Trémoille O).

Sa statue était abritée sous un dais soutenu par quatre colonnes ioniques, en marbre jaspé, avec bases et chapiteaux en bronze doré et socles en marbre noir, dont l’entablement en marbre blanc avec une frise de marbre veiné était orné d’un écusson en marbre blanc timbré de la couronne de marquis et portait aux extrémités deux vases fumants en bronze doré.

La statue et le dais reposaient sur un massif carré, en marbre blanc à base de marbre noir, flanqué aux quatre angles de pilastres en marbre veiné qui soutenaient une corniche de marbre rouge ornée d’une tête d’ange ailée en bronze doré et surmontée d’une plate-forme en marbre blanc (2h

L’épitaphe du défunt était gravée en lettres dorées sur une plaque de marbre noir fixée à la face antérieure de ce soubassement :

(1) Réduction d’une estampe de Millin. (Les Célestins, pl. IV; Charpentier sculp.)

Le monument se trouve reproduit dans un dessin en noir et en couleurs des Tombeaux de Gaignières (Clairambault), fol. 18.

(i) Le Journal de Lenoir constate l’entrée de la statue au Dépôt des Petits- A ugustins :

tr 54. Des Célestins. Louis de La Tremouille,

statue en marbre et à genoux devant un prie-Dieu; socle et débris de marbre provenant dudit monument. T>

Dans la Notice succincte de 1 790 , où cette statue est mentionnée sous le n° 73, Lenoir ajoute qu’elle avait été sculptée par Michel Anguier.

Elle fut classée au Musée sous le n° 1 63. (Muscc des monuments français, t. IV, p. 193.)

908. — D. O. M. || ICY REPOSE LE CORPS DE TRES HAULT || ET TRES PUISSANT SEI¬ GNEUR messire || Louis de la Trimoille, marquis de || Noirmoustier, vicomte DE ThOUARS(1), || BARON DE CHASTEAUNEUF ET || DE SAMBLANCAY, SEIGNEUR DE La Carte, || de La Roche d’Iré et de La Ferté Milon, || qui estoit lieutenant

GENERAL || POUR LE ROY EN PoiCTOU, QUI DECEDA || LE 4® SEPTEMBRE 1 6 1 3 (2), A AGÉ DE

27 ans. || Priez Dieu pour son ame.

Armes. Parti de trois traits et coupé d’un, qui font huit quartiers : au 1 de France au larnbcl d’argent, qui est d’ Orléans; au 2 d’argent à la guivre d’azur ondoyante en pal, engloutissant un enfant de carnation en fasce, qui est de Milan-Visconti ; au 3 d’or « la croix de gueules chargée de cinq coquilles d’argent et cantonnée de seize alénons d’azur, qui est de Montmorency-Laval ; au à écartelé en sautoir d’or à quatre pals de gueules et d’argent à l’aigle éployée de sable, celle à dextre contournée, qui est d’ Aragon-Sicile ; au 5 d’or semé de feurs de lis d’azur, au canton de gueules plein , qui est de Tiiovars ; au 6 de gueules à neuf macles d’or, qui est de Rohan; au 7 d’azur à trois feurs de lis d’or, au bâton de gueules péri en bande, qui est de Bourbon-Condé ; au 8 palé d’or et de gueules, qui est d’A m boise ; sur le tout d’or au chevron de gueules accompagné de trois aiglettes d’azur becquées et membrées de gueules, qui est de La Trémoille '3*.

Tombeaux de Gaignières (Clairambault), fol. 18 (reproduction figure'e); — Ms. A2, p. 2o3; — Piganiol, t. IV, p. 243.

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