‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 380 sur 386 · CLAUDE ARNAULD · texte numérisé non relu

CLAUDE ARNAULD

Dans l’ancien cimetière de Saint-Père, la sépulture de Claude Arnauld était marquée par une tombe levée de marbre noir, dont la table supérieure portait cette épitaphe surmontée des armoiries du défunt W :

977. — Cy gist noble homme maistre Claude Arnauld, vivant conseiller,

NOTTAIRE ET SECRETAIRE DU ROY, MAISON ET COURONNE DE FRANCE, ET DES FI¬ NANCES de Sa Majesté, thresorier general de France en la Généralité de Paris et ordonné par le Roy près la personne de monsieur le marquis de Rosni, pour l’administration des finances de Sa Majesté, soubs le commandement DUDICT SEIGNEUR.

Passant, tu ne liras point icy les louanges de celuy qui est soubs ce tombeau. Sa vie les a comme immortelles gravées dans le ciel, jugeant

INDIGNE QU’ELLES TRAISNASSENT EN TERRE. QUANT A CE QU’lL A ESTÉ, TU LE POURRAS APPRENDRE DE SA FORTUNE, MAIS DE SA VERTU SEULE CE QU’lL MERITOIT d’estre — Mœstissimo FRATRI PLURA NON PERMISIT DOLOR.

Armes. D’azur à la croix raccourcie ((argent.

P. de Lestoile, Mémoires-Journaux du résine (le Henri IV, t. VIII. u. i o.k.

(l) On lit dans les Mémoires-Journaux de Pierre de Lesloile, du mois de mai i6o3: trLe trésorier Arnaud, commis de M. de Rosni, jeune homme de bon esprit et de grande espérance, fort aimé de son maistre, aagé de vingt neuf ans seulement, moins neuf jours, mourust en ce mois, à Paris, et

le 21e d’icelui . Il fut enterré le jour mesme

à dix heures du soir, au cimetière Saint-Père, où il fnst porté depuis sa maison, près l’Arsenal, par quatre crocheteux. n (Edit. Jouaust, t. VIII, p. 8o.)

Le même chroniqueur ajoutait, au mois de mars i6où : «Le dimanche 1 4' de ce mois, je me fus prou mener par curiosi té au cimetière de ceux de la Religion, derrière S. Supplice, qu’on appelle S. Père, pour y voir la belle tumbe du feu trésorier Arnaud, dont chacun parloit comme de

chose nouvelle et inusitée entre ceux de la Religion , principalement en ce pays-ci.

«Elle estoit d’ung fort beau marbre noir, tout d’une pièce; estimée à deux cens escus ou environ, eslevée d’ung demi-pied de terre et couchée de plat .

«•Quinze jours ou trois semaines après, on couvrit de piastre ce beau tombeau, de peur que la populasse, envieuse de tels monumens, n’achevast de le gaster, comme elle avoit déjà commencé et qu’enfin elle ne le brisât et ne le rompist du tout, comme aussi on fast adverli qu’on avoit délibéré de le faire en une nuicl.

«Et voilà comme d’ung tombeau de marbre en fust fait ung de piastre, et quelle est la durée de nos ambitions, qui se réduisent enfin en boue et en piastre." (T, VIII, p. 125.)

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