ÉGLISE PAROISSIALE DE CHARONNE
au mur du chevet W; de chaque côté, deux petits autels sont également installés dans les collatéraux: celui de droite est dédié sous le titre de Saint-Biaise celui de gauche, sous le vocable de la Vierge^.
Un vieux bâtiment, en saillie sur le côté gauche des deux premières travées, forme la sacristie; une tour carrée, terminée par une pyramide quadrangulaire, qui s’élève du même côté, au-dessus de la troisième travée du collatéral, sert de clocher.
(I) Une note écrite sur parchemin par Jean Bizet, curé de Charonne, et copiée par l’abbé Lebeuf, constatait que le maître-autel, qui se trouvait primitivement au milieu du sanctuaire, avait dû être placé contre le mur du chevet, sans doute par suite du retranchement d’une travée de l’église :
trAnno 1661, die xv aprilis, hoc majus altare inslauralum, parieli appulsum, consilio et suasu magistri Joannis Bizet, curati, et præter pixidem plumbeam inventæ sunt, cum desfrueretur , liguræ S-S. Claudii et Germani. A me, de licentia vicarii generalis Des Contes, benedictæ sunt : illius quidem quia capellæ unde ecclesia inilium sumpsit fuit patronus; hujus vero quia principalis patronus parochiæ est; Sanctus aulem Blasius patronus minus principalis, ex devotione regis Karoli hujus ecclesiæ fundaloris, ut videre est ex indiciis tain intra quam extra ecclesiam. Datum Charonæ, anno et die ut supra. »
Lebeuf a fait suivre cette note de quelques observations rectificatives :
ffJean Bizet, curé de Charonne, paroit s’être trompé dans cet écrit, lorsqu’il nomme S. Claude avant S. Germain. Il est vrai qu’il ne dit pas que S. Claude soit patron de la paroisse, comme en effet il est très rare de trouver des paroisses de son nom dans la France. Mais il prétend, sans citer aucun garant ni aucun titre, qu’il y a eu une chapelle de S. Claude à l’endroit où l’église a été bâtie en l’honneur de S. Germain, tandis que ce doit être tout le contraire et que c’est dans l’église de S. Germain, église rebâtie plusieurs fois, que, vers les derniers siècles, le pèlerinage de S. Claude avoit apparemment fait ériger une confrérie. L’observation de ce curé sur S. Claude ne me semble pas mieux fondée que la tradition des paysans sur l’origine d’une chapelle de S. Biaise au même lieu et qui leur a fait choisir ce saint pour leur second patron. Us disent qu’un de nos rois, du nom de Charles , ayant gagné un grand enrouement et un mal de gorge pour avoir crié contre une cloche qui
écartoit son gibier, après en avoir été guéri par l’intercession de S. Biaise, fit bâtir une chapelle en son honneur.'» (T. III , p. 1 48. )
(2) L’abbé Lebeuf supposait que, sous le règne de Charles VI ou de Charles VII, le Cbambrier du Boi, qui était de la maison de Bourbon, avait cédé une partie du terrain nécessaire à l'agrandissement de l’église, à la condition que l’on établirait dans l’édifice un oratoire dédié à saint Biaise. Cette chapelle était considérée, dans les derniers siècles, comme celle du seigneur de Charonne.
rrLes habitans de Charonne, près Paris, ayant présenté leur requête au Conseil, au sujet des réparations qui étoient à faire à leur église, il en fut dressé un procès-verbal le 22 août 1701, dans lequel procès-verbal étoient comprises les réparations qui étoient à faire aux voûtes et piliers buttans des bas-côtés ou collatéraux qui sont au côté du chœur, quoique lesdits bas-côtés soient fermés de clôture à l'alignement de celle de l’entrée du chœur. Dans le même procès-verbal il y est dit qu’il y a la Chapelle du seigneur au bout d’un des bas-côtés, laquelle est joignante le maître-autel et que les relations qui y sont à faire, expliquées audit procèsverbal, seront faites aux dépens du seigneur seul. Toutes ces réparations ont été faites en exécution d’un arrêt du Conseil du 1 2 août 1702 , qui a confirmé ledil procès-verbal » (Les loix des batimens suivant la Coutume de Paris, par Desgodets et Goupy, p. 535, 1768, in-8°. )
(3) rrLe 27 juillet 1527, Gui de Montmirail, évêque de Megare, de la permission de François de Poncber, évêque de Paris , bénit trois autels en cette église : le premier et le principal en l’honneur de Saint Germain, évêque d’Auxerre, le second en l’honneur de la Sle Vierge et le troisième en l’honneur de S. Biaise, le tout en présence de Charles Boucher, abbé de S. Magloire, et de frère Pierre Luillier, prieur de Saint-Mandé; et, le lendemain, 2 3 juillet, il fit la bénédiction d’une pièce de terre proche le cimetière.» (Lebeuf, t. III, p. xb-j.)
Selon toute vraisemblance, l’église subsiste aujourd’hui à peu près telle quelle était au xvie siècle, si ce n’est que la porte d’entrée a été déplacée. Cette porte se trouvait autrefois au bout de la nef, dans une dernière travée qui a été supprimée à la suite de quelque incendie; on l’a placée depuis au fond du collatéral de gauche, sur la façade latérale ('b La pente naturelle du terrain, qui lui servait d’accès, a été remplacée de nos jours par un escalier à triple perron.
En vertu de la loi du 16 juin i85(), prescrivant l’annexion à la capitale des communes de la petite banlieue, cette église est devenue la propriété de la ville de Paris, tout en restant la paroisse du quartier de Charonne.
Elle a conservé l’ancien cimetière qui l’entourait sur trois côtés et qui est resté ouvert aux inhumations. L’étendue de ce cimetière, primitivement fort restreinte, a été accrue de nos jours par l’addition de terrains pris sur les dépendances de l’ancien château de Charonne, et le passage d’entrée qui se trouvait autrefois contre le liane gauche de l’église a été transféré le long du mur qui ferme le bas de la nef.
(l) Dans le premier plan de Jouvin de Rocheforl Le bâtiment en avant-corps qui paraît indiqué dans (1672), on distingue nettementla porte placée dans le plan de Jean Roussel doit être quelque reste des le bas de la nef. dernières travées de la nef, détruites par l’incendie.
Plan de l’église paroissiale et du cimetière de Charonne.
Vue de l’église paroissiale et du cimetière de Charonne W.
ÉPITAPHES DE L’ÉGLISE
ÉGLISE