DES BONS-ENFANTS
NOTICE HISTORIQUE
Au mois de février 1209, Etienne Bérot, bourgeois de Paris, en instituant par son testament un canonicat dans l'église Saint-Honoré, avait prescrit la fondation d’un hospice destiné à recevoir treize pauvres écoliers (2).
(1> D’après le plan de François Quesnel.
(2) Les dispositions testamentaires du fondateur, constatées par un acte de l’évêque de Paris et du Chapitre de Saint-Germain-l’Auxerrois, nous sont connues par un vidimus de l’Ofïicial de Paris, de l’année 1 2 éi 5 : ctPetrus, Deigratia parisiensis episcopus, et G., totumque Capitulum S. Germani autissiodoriensis Parisius, omnibus Christi fidelibus présentes lifteras inspecturis salutem et pacem. Notum fieri volumus quod Slepbanus Berot bone memorie legavit quandam portionem de bonis suis, ut post suum obitum inde prebenda fleret in honore Domini nostri J. C. et S. Marie Virginis, Sanctique Martini, onmiumque amicorum suorum. Quod si predictum canonicum mori contigerit vel prebendam resigna verit , Ada, uxor predicta predicti Stephani, et M. Stephanus, fdius cjus, et alter eorum qui superstes fuerit, habebunt potestatem, quamdiu viverint, loco illius presentandi, sed post
eorum obitum donalio et investitura predicte ad decanum S. Germani autissiodoriensis et ad Capitulum permanebit. Adjunxit eciam quod de bonis predictis quedam domus fieret , que leclis 1 3 ad opus pauperum scholarium inuniretur, ila quod nullo modo predicta domus in alios usus verterelur, et quod ab uno predicte ecclesie S. Honora ti canonico custodiretur, tali conditione manente quod, si predictus canonicus injuriosus velit existere pauperibus clericis ibi manentibus, ila quod inde a predictis scholaribus querela justa perveniat, predicta Ada et M. Stephanus predictus, vel aller eorum qui superstes fuerit, potestatem habebit, quandiu vixerit, dictum canonicum a provisione
domus removendi . , sed post eorum obitum
totn provisio et justilia ad parisiensem episcopum in perpetuum pertinebit. Præterea Renoldus Clierey et Sibilla, ejus uxor, et dicti canonici S. Honora li pro remedio animarum suarum ad
Renold Cherey et sa femme Svbille, qui avaient fait bâtir quelques années auparavant l’église Saint-Honoré, et les chanoines de l’église donnèrent le terrain nécessaire à la construction de cette maison, qui fut édifiée près du cimetière, avec le consentement des chapitres de Saint-Germain-l’Auxerrois et de Saint- Honoré, et reçut d’abord le litre d Hôpital des pauvres écoliers. On l’appela plus tard le collège des Bons-Enfants (1).
Aux' termes de la fondation d’Etienne Bérot, le collège devait être administré par un chanoine de Saint-Honoré^; la nomination de ce chanoine et la collation des bourses étaient attribuées à l’évêque de Paris (3).
Le collège avait été doté d’une chapelle dédiée sous le titre de la Sainte- Vierge. Dès la fin du xve siècle, elle fut communément désignée sous le nom de Saint-Clair des Bons-Enfants, après l’érection d’une confrérie qui eut lieu le •2Q octobre 1A8 G.
Au commencement du xvc siècle, le collège se trouvait dans une situation peu prospère, puisqu’il ne comptait plus qu’un maître, un chapelain et quatre boursiers. Sur la requête du chapitre de Saint-Honoré, qui se plaignait de l’exiguïté de ses ressources, l’évêque de Paris, Jacques Du Châtelier, crut devoir prescrire, le 1 h août 1 6 3 a , la réunion au chapitre de la chapelle et du collège (4), qui fut effectivement réalisée le 5 octobre suivant. Mais sur les repré-
constructionem domus predicte et sustenlationem pauperum scholarium ibidem manentium, unum arpentum terre, qui est juxta cimiterium predicte ecclesie S. Honorati, dederunt et concesserunt. Hoc autem ïactmn fuit publiée de consensu canonicorum omnium S. Honorati et locius Capituli S. Germani autissiodorensis. Datum anno grade 1208, mense februario. n (Arcli. nat. , L. 56p, n° 35.)
Cet acte a été antérieurement publié par Du Boulay, d’après un Cartuiaire de Saint-Honoré. ( Historia Universitatis par. , t. III, j). 45.)
11 résulte de ce document que la tradition rapportée par Corrozet, d’après laquelle la fondation du collège devrait être attribuée à Jacques Cœur, ne repose sur aucun fondement. rrDe son temps, Jacques Cœur de Bourges, marchant et depuis argentier de France, fonda le college des Bons- Enfans et la chapelle Sainct-Cler, en la rue Sainct- Honoré; en laquelle gist messire Geoffroy Cœur, chevalier, son fils, qui trespassa l’an mil quatre cens vingt huict.n ( Fol. i43 v°.)
Du Boulay suppose que dans le voisinage de l’église Saint-Honoré se trouvaient sans doute les pauvres écoliers que le roi Robert entretenait. Cette hypothèse, rejetée par Jaillot, 11’est pas inac¬
ceptable. Dans ce cas, la fondation d’Étienne Bérot aurait eu pour objet d’assurer un asile à des écoliers vivant jusqu'alors de la charité publique.
(1) «Dans plusieurs villes du royaume, les plus anciens collèges ont eu le surnom des Bons-Enfans ; celle de Paris en a eu deux ainsi surnommés. Le plus ancien des deux est celui qui a donné son nom à la rue proche Saint-Honoré. » (Lebeuf,t. I , p. 89. ) L’autre était situé dans le quartier Saint-Victor, à proximité des collèges du Cardinal Le Moine et des Bernardins.
!2) D'après Lebeuf, le proviseur devait être le chanoine de Saint-Honoré pourvu de la prébende instituée par Etienne Bérot. Mais cette obligation n’est pas inscrite dans l’acte de fondation du collège.
(3) Guillaume de Beaulieu nous apprend que saint Louis employait les écoliers de ce collège (symphoniaci pueri) pour chanter les offices dans sa chapelle aux grandes fêles de l’année. ( Historiens des Gaules, t. XX, p. 32.)
Voici les considérants et le dispositif de la mesure prise à ce sujet par l’évêque de Paris :
crCum nuper informatione mandato nostro facta didicimus quod ecclesia collegiata S. Honorati pari-