‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 84 sur 386 · COLLÈGE DES B O NS- EN FA NT S · texte numérisé non relu

COLLÈGE DES B O NS- EN FA NT S

sentations de rUniversité, celle mesure fut rapportée en iA3 h. Au commencement du xviie siècle, la décadence dans laquelle le collège était tombé rendit cette union de nouveau nécessaire. Le proviseur et le chapelain l’acceptèrent, le 8 octobre 1601, et elle fut prononcée, le 29 mars 1602, par l’évêque de Paris, Henri de Gondi, après que les conditions en eurent été arrêtées par le vicaire général et l’Ofïicial, le ier mars 9). Les chanoines prirent possession du collège le 2 avril f2b Le pape Clément YHI approuva cette mesure par sa bulle du 1 h octobre 1602^, sanctionnée

sius prebendarum cujus collacio ad nos allernis vicibus pleno jure spécial, fuerit a sua primaria fundatione modicis redditibus seu revenulis dotala et succedenlilms guerris el pestdenciis plurimum diminuta, sitque, juxta eamdera ecclesiam et in fundo seu territorio suo , quoddam collegium , de Bonis Pueris Sancti lionorati vulgariter appeilatum , a fundatoribusmet ipsius ecclesie vel successoribus suis immédiate institutum, in quo unus magister canonicus semper dicte ecclesie, unus capeUanus et quatuor pauperes scolares esse et studere consueverunt, bursarum quorum collatio et compotorum regiminis et administrationis dicli magistri ipsius collegii auditio et examinatio ad nos eciam pieno jure speetare noscuntur; quod quidem collegium, seu collatio bursarum, el adminislratio totalis ipsius si dicte ecclesie a nobis, cui idnec episcopatui nostro ullum aut saltem modicum fructum affert, dimitterentur et unirentur, inde posset ipsi ecclesie aliqualiter suffragari , cum canonici et alii ministri ejusdem ecclesie valerent residuum fructumn et emolumentorum dicti collegii capere et capelle ipsius deservire ac ibidem Domino famulari in di-

vinis . Nos, supplicationi dictoruin cantoris

et Capituli inclinati et annuentes . collegium

predictum et omnimodam dispositionem et administrationem , quas in et de ipso collegio ac fructibus et pertinenciis suis quibuscumque babebamus , dimisimus et dicte ecclesie Sancti Honorati univimus et annexiviinns, unimus et annectimus ac incorporamus in perpetuum, mediante congrua reeompensatione pro interesse nostri episcopatus predicli a modo danda , quam de proborum consilio arbitrati sumus et arbitramur de summa quadraginta solidorum parisiensium nobis et successoribus nostris parisiensibus episcopis per dictam ecclesiam Sancti Honorati annis singulis in festo Beati Bemigii, in capite octobris, persolvenda. Et boc pacto et adjecto quod dicti cantor et Capitulum edificia dicti collegii sustinere et ibidem de cetero unum magistrum de

suis canonicis . tenere perpetuo et bursas con-

suelas de fructibus et revenulis dicti collegii solvere lenebuntur . » (Arcli. nat. , L. 56g, n°36.)

(1) La sentence de l'Ofïicial réglait les conditions de cette union : r? Dicti cantor et Capitulum ecclesiæ Sanct illonorati, inlra sex menses proximos, omnes et singulas reparationes utiles et necessarias nunc in dictis capella, slructuris, ædificiis et domibus ejusdem collegii faciendas, et in rapportu visitationis eorumdem contentas et designatas, fieri et perfici curare suis expensis et sumptibus tenebuntur, easdemque capellas , domus et edificia, sic reparata et restaurata, in bono et debito statu sarla atque tecta, in perpetuum tenere et conservare; ad onus eciam duos præceptores, personas ecclesiasticas, qui pueros ebori dictæ ecclesiæ juventutemque vicinam tam in principiis religionis catbolicæ apostolicæ et romanæ, qnam bonis litteris et moribus, doceant et erudiant, in dicto collegio Bonorum Puerorum , vel infra limites claustri ecclesiæ collegiatæ Sancti Honorati, committendi et instituendi , eisdemque stipendia requisita persolvendi, nec non divinum officium in dicta capella liactenus et juxta fundationem ejusdem celebrandi seu celebrari et decanlari faciendi, tractatumque concord iæ inter dictos cantorem, canonicos et Capitulum et magistrum Johannem Du Vau , nuper capellanum seu magistrum præfati collegii, ad effectum unionis hujusmodi inituin observandi . « ( Ibid n° 43.)

(2) Lebeuf a rapporté très exactement ces deux dates, et c’est à tort que Cocheris prétend le rectifier en indiquant le 26 juillet ifio3. ( Additions , t. I, p. 23o.)

(3) La bulle de Clément VIII insistait sur la situation déplorable du collège : rr Ab aliquot annis citra , tam propter bellicos tumultus ac seditiones civiles, quibus hoc regnum Franciæ varie et misere agitatum fuit, quam etiam negligentia et incuria magistrorum et capellanorum dicti collegii exercitium ev'anuisse , domus structuras et edificia ipsius collegii a personis laicis et aulicis ac depravatæ vilæ hominibus occupari et inhabitari et paulalim ob defec-

iMrnnjF.niE nationai.e.

par des lettres patentes d’Henri IV, du y G juillet i0o3, enregistrées à la Chambre des vacations le i o septembre 1606 et au Parlement le 3o juillet iGo5. Le principal du collège, Jean Du Vau h), avait accepté celte union U), sur la promesse d’un canonicat qui lui fut effectivement accordé par le pape, le 8 mars 1G0/4, à la requête des chanoines de Saint-Honoré.

Dès l’année 161 1, le Chapitre lit restaurer les bâtiments et tenta de rétablir dans le collège l’exercice des classes, mais sans grand succès. Aussi se décida-t-il

bientôt à le fermer, et les bâtiments furen Les chanoines continuèrent néanmoins à pelle de Saint-Clair, qui subsista jusqu’à cet édifice fut, peu après, complètement

(11m necessariæ reparationis cornière et ruinam ininari; frac tus vero et redditus lam ejusdem collegii quam capellæ Sancti Cleri, juxta claustrum prædiclum sitæ et dicto collegio prædicto unitæ seu annexai, sensira deperire, et ex hoc non solum inlentionem fundalorum ipsius collegii defraudari, sed etiara juventulem vicinam in religionis etlitterarum hujusmodi elementis ediscendis grave damnum et detrimentuni pâli, ac in reparationi domorum slruclurarura etedificiorum hujusmodi impensa mille et oclingentorum scutorum vel circiter opus esse, ipsamque impensam ex ipsius collegii redditibus qui pro majori parte in locatione illius domorum etedificiorum, ruinam ut præfertur minantium, consistunt, ac valde tenues et exigui sunl,

nullo modo subministrari posse . * (Arch. nat.,

h. 56g, n° Aa.)

Ces considérations paraissent avoir surtout contribué à décider Henri IV à approuver l’union du collège au Chapitre. Il est dit, en effet, dans ses lettres patentes : rrNos chers et bien amez les chantre, chanoine et Chappitre de l’esglise Sainct Honoré de ceste ville de Paris nous ont faict dire et remonstrer que le college des Bons Enfans, près et joignant leur cloistre, 0 esté par eulx anciennement administré et depuis quelques années ladicte administration commise par nostre amé et féal i’evesque de Paris à autres personnes n’estant de leur corps et communauté, lesquelles ont non seul- Ismenl délaissé l’exercice et instruction de la jeunesse es bonnes lettres, mais tellement négligé d’entretenir les bastimens dudict college qu’ils sont

t transformés en maisons particulières (3h assurer le service religieux dans la chala Révolution. Vendu le 17 avril 179-2, détruit.

tombés en ruyne, au grand regret desdicts supplians, qui en auraient faict remonstrances au-

dictevesque de Paris . » (Arch. nat., L. 56q,

■ 11 est appelé Du Vau dans les titres concernant le collège et Le Vau dans son épitaphe.

(2) Ainsi c’est à tort que Du Breul parle d’un achat : rrLe college a esté longtemps sans exercice, jusques en l’an 1609 ou 1610 que messieurs de S. Honoré font achepté des proprietaires: et, à cause qu’il estoit presque en ruine, estant vieil et caduc, y ont fait rebastir trois ou quatre beaux corps d’hostel et de plus ont stipendié deux hommes doctes qui , en ceste année 161 1, à la S. Remy, ont mis affiches par les rues de la Ville et ont commencé à faire leçon, comme l’on fait ès colleges de l’Université, l’un en la première classe et l’autre en la troisiesme. » (P. 600.)

(,) Le collège occupait, sur la rue de la Croixdes-Pelils-Champs, l’emplacement compris aujourd'hui entre le passage qui conduit du cloitre Saint- Honoré dans cette rue, et la rue Montesquieu. La chapelle de Saint-Clair, située à l’extrémité opposée du cloître, avait sa façade sur la rue des Bons- Enfants.

On peut reporter la suppression du collège au premier quart du xvn° siècle. Lemaitre écrit, en effet, en 1 685 : «• Il y avoit autrefois un college nommé des Bons Enfans dans la rue mes me» (T. IL p. 4 9 4 ) , et Jaillot constate, en 1779, qu’il a été supprimé rr dépuis plus de cent cinquante ans». (T. II. art. vn, p. 21.)

Plan de la chapelle Saint-Clair des Bons-Enfants (l).

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