AU FAUBOURG SAINT-GERMAIN
NOTICE HISTORIQUE
Le P. Joseph Le Clerc du Tremblay, qui avait institué les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire, de concert avec la princesse Antoinette d’Orléans- Longueville, veuve d’Henri de Gondi, marquis de Belle-lsle, et qui avait fondé à Poitiers, en 1617, le premier couvent de cet Ordre, tenait à doter la nouvelle
congrégation d’une résidence à Paris. Après s’être assuré le concours d’Elisabeth Damours, veuve de M. de Lauzon, conseiller au Parlement, il fit venir, au commencement du mois d’octobre 1620, six religieuses du monastère de Poitiers. Madame de Lauzon les installa au faubourg Saint-Germain, dans la maison dite te de Beauregardn^, sise à l’extrémité de la rue des Francs-Bourgeois, près la porte Saint-Michel , et se chargea de pourvoir à leur subsistance. Le 22 mars
(l) D’après le plan de Turgot.
(!) Le 10 octobre, le vicaire général de Paris, S. de Pierrevive , après avoir fait visiter la maison destinée aux religieuses, avait approuvé le choix
du local préparé pour elles et autorisé l’installation d’un oratoire. (Bibl. nat. ms., F. fr. 10571; Histoire de l’établissement de la congrégation du Calvaire, p. 69.)
1621, cet établissement fut approuvé par une bulle du pape Grégoire XV è), confirmée au mois de juin suivant par lettres patentes de Louis XIII, enregistrées en Parlement le 29 mai 1626, en même temps que les lettres de surannation du 12 mars 1 G 2 à ^ .
La reine Marie de Médicis, qui s’était déclarée protectrice et fondatrice du second couvent des Bénédictines établi à Angers en j 6 1 8 , voulut placer leur monastère dans le voisinage du palais du Luxembourg, qu elle venait de faire construire^. Elle leur donna à cet elïet cinq arpens de terre attenants à son parc et leur assura une rente de mille livres sur son domaine du comté de Dourdan, le 16 juin 1621. Le 27 juillet 1G21, l’évêque Henri de Gondi autorisa la communauté à se transporter près du palais de la Reine, ainsi que l’avait déjà fait l’abbé de Saint-Germain-des-Prés. Mais, comme le terrain assigné était insuffisant, les religieuses, aidées des libéralités de madame de Lauzon qui leur avait donné vingt mille écus et les avait dotées d’une rente de douze cents livres, acquirent, le 1 1 avril 1622, de Michel Renouait!, contrôleur général de la chancellerie de France, Pliôtel de Montherbu, situé sur le côté méridional de la rue de Vau girarcl. Dès le 28 juillet 1622, les Bénédictines avaient pris possession de cet immeuble et y avaient établi leur résidence. Leur couvent reçut le titre de Compassion de la Vierge. Le 28 septembre suivant, elles achetèrent à Jean Beaudoin, valet de chambre de la feue reine Marguerite, la maison de 1 Image Saint-Nicolas, située entre le palais du Luxembourg et l'hôtel de Montherbu, au prix de neuf mille livres; cette maison leur fut adjugée, après saisie, par sentence des Requêtes du Palais, le i5 mars 1628.
1 L'institution de la congrégation fut approuvée de nouveau, à la demande du Roi, par une bulle du 28 juillet 1622. (Histoire de l’établissement de la congrégation du Calvaire, p. 79.)
(2) L'arrêt d’enregistrement a été publié par Félil lien. (T. V, p. 70.)
(i) Au commencement du mois de juin , Marie de Médicis avait fait part aux religieuses de ses intentions par les lettres suivantes : rrLa Royne mere du Roy estant au chasteau de Matta, près Saint-Jeand’Angely, considérant le dessein quelle a eu, en faisant bastir et construire son bostel au fauxbourg Sainct-Germain lez Paris, d’attirer près de soy pour sa consolation des personnes religieuses, a résolu d’y fonder un monastère de religieuses Bénédictines de la première rcigle, sous le litre de congrégation de Nostre-Damc-du-Calvaire , pour la consti action etbastimens duquel monastère Sa Majesté a donné et donne auxdicles religieuses les pièces de terre par elle acquises de Nicollas Chalumeau, de Pierre Veillet, des marguilliers de l’église Saint-
Sulpice, des heritiers La Postorière et de Denis Baudet, lesdicles pièces de terre revenant ensemble ;i cinq arpens de terre ou environ, situées et assises proche le parc dudict hostel, réservé touteslois sur icelle ce qui sera besoing pour la continuation d’une allée et passage qui sera marqué; comme aussy Sa Majesté a donné et donne auxdictes religieuses mille livres de rente annuelle et perpétuelle à prendre sur son domaine du comté de Dourdan à elle appartenant, pour partie du remplacement de ses deniers dotaux : à la charge de faire par lesdictes religieuses les services et prières qui seront spécifiées par le contract de donation des choses susdictes qui sera passé au premier jour par Sa Majesté, comme fondatrice et protectrice dudit monastère. v (Arcli. nat., S. 46/19.)
Les lettres de donation furent expédiées dans ces conditions le 16 juin 1621, insinuées au Châtelet le 18 mai 1 63 3 et enregistrées à la Chambre des Comptes le icr décembre suivant. (Arcli. nat., S. 464q.)