‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 95 sur 386 · COUVENT DES FILLES DU CALVAIRE AU MARAIS · texte numérisé non relu

COUVENT DES FILLES DU CALVAIRE AU MARAIS

ier août, elles avaient été autorisées à reporter leur clôture à l’alignement de la rue Vieille-du-Temple (1). D’autre part, le Roi, par un brevet du 7 novembre 1 G 3 5 , les avait gratifiées de tout l’espace compris entre leur jardin et le nouveau rempart^. Leur enclos occupait donc tout l’emplacement, presque triangulaire, limité par la rue Saint-Louis, le prolongement de la rue Vieille-du-Temple, le boulevard et les maisons qui bordaient la rue du Pont-aux-Choux(3b La donation du Roi fut renouvelée et confirmée par lettres patentes du mois d’août 1687, portant amortissement des biens du monastère, qui furent enregistrées en Parlement le i3 avril 1 6 3 8 et à la Chambre des Comptes le 25 mai i63q. De nouvelles lettres patentes du mois de janvier 1 6 5 5 , vérifiées au Parlement le 3i mai 1 6 5 6 et à la Chambre du Trésor le 18 février 1 6 8 3 , amortirent les propriétés acquises en 1 6 3 5 parles religieuses.

Le couvent avait son entrée à l’angle des rues Saint-Louis et Vieille-du-Temple, par une cour où se trouvait le portail de l’église, construite parallèlement à la

porter un moulin qui a esté osté dudict lieu depuis six mois». (Arch. nat. , S. 4 G A 7.)

(1) II est dit, dans la délibération du Bureau de la Ville : «Du costé de la Vieille rue du Temple, les religieuses désirent alligner leur closture à l’allignement des autres maisons de la mes me rue, et ce faisant conviendra approcher et joindre jusqu’au regard des fontaines de Belleville, ce qu’elles ne peuvent sans noslre permission , requérant bail leur estre faict à perpétuité de la terre appartenant h ladicte Ville, qui leur sera necessaire pour l’ordonnance de leur basliment, contiguë à celle qui leur appartient, entre icelle et le regard, depuis l’encoigneure de la rue Saincl-Louis jusqu’au rampart, h l’allignement de la mesme rue du Temple, sans entreprendre sur sa largeur.» (Ibid.)

Le 3o octobre i638, les religieuses achetèrent, en outre, pour 1,200 livres, à François Musnier, marchand meunier, et à Marie Brosse, sa femme, «une place ou soulloit y avoir ung moulin à vent, assise sur le rempart, d’entre la porte Sainct-Anloine et celle du Temple, au bout de la rue Vieille-

du-Temple, . avecque une autre place, aussi

assise sur ledict rempart et sur laquelle y a une maison proche celle dudict moullin.» (Ibid.)

(2) 11 est dit, dans un premier brevet du 7 novembre 1 635 , que «Sa Majesté voulant gralifïïer et favorablement traicter les religieuses Bénédictines du mont de Calvaire, en considération de leur pieté et dévotion , leur a accordé et faict don des terres qui sont au derrière de leur monastère du Marest du Temple de la ville de Paris et joignant iceluy, jus-

ques au nouveau rempart, qui sera faict sur le bord du canal que Sa Majesté faict construire depuis le bastion de l’Arcenal jusques à la porte du Temple, laissant une rue entre la closture que l’on fera dudict monastère et ledict rempart, suivant l’allignement qui en sera fait par les trésoriers generaux de France et grands voyers en la Généralité de Paris.» (Arch. nat. , S. 46/17.)

Un autre brevet du même jour constate que «les associez qui ont faict des offres [à sa Majesté] en son Conseil, pour la construction du canal depuis le bastion de l’Arsenal à Paris jusques à la porte du Temple, et d’une nouvelle closture depuis le bastion des Arbalestriers jusques à ladicte porte , sachant la bonne volonté que Sa Majesté a pour les religieuses Bénédictines du mont Calvaire , ont promis de leur ceder et délaisser la propriété des terres appartenantes auxdicls associez, à cause dudict traicté, proche et joignantes le cornent des religieuses, sis au Marest du Temple, jusques au nouveau rempart qui sera faict, et de fermer lesdictes terres de closture à leurs despens, et ce, pour convier par cet œuvre de charité Sa Majesté d’autant plus à agréer leurs dictes offres . » Le Roi ap¬

prouva la cession proposée. (Ibid.)

^ Il existe aux Archives nationales trois plans manuscrits (IIP section, 5 1 A2, 5 1 43 et 535), dressés de 1 635 à 1639, qui indiquent très exactement les terrains acquis par les religieuses et ceux que le Roi leur avait donnés, le tracé du rempart, la place du moidin de l’Ardoise et celle du regard des fontaines de Belleville.

rue qui reçut plus tard le nom des Filles-du-Calvaire W. Sur le côté gauche de l’église, au milieu de l’enclos, s’élevaient les bâtiments conventuels, édifiés sur un plan quadrilatéral, avec cloître et préau au milieu; la basse-cour et les dépenpendances se trouvaient à la suite, vers la rue du Pont-aux-Choux, et, sur le derrière, les jardins s’étendaient presque jusqu’au boulevard (2i.

L’église, bâtie en forme de rectangle allongé, était d’une extrême simplicité. Elle comprenait un chœur, avec deux petites chapelles fermées par des balustrades, une nef et un chœur spécial pour la communauté.

L’enclos comprenait en outre deux maisons particulières : l’une, à droite de la cour d’entrée, était affectée au logement des aumônier et chapelain; l’autre, au chevet de l’église, était donnée en location.

La supérieure générale de la congrégation des Filles du Calvaire résidait dans le couvent du Marais, dont les religieuses s’occupaient, comme celles de la rue de Vaugirard, de l’éducation de la jeunesse.

Les Filles du Calvaire durent quitter leur maison à la fin de l’année 1790. Le couvent fut vendu le 8 vendémiaire an v (29 septembre 1796), et en partie démoli. Dans l’un des bâtiments qui avaient subsisté, Guyard, neveu du chimiste Fourcroy, établit en 1792 une salle de spectacle, appelée d’abord le Boudoir des Muses et puis le Théâtre de la rue Vieille-du-Temple , qui fut supprimée en 1807. L’ouverture de la rue Neuve-de-Bretagne et de la rue Neuve-de-Ménilmontaut acheva de faire disparaître, vers la même époque, les derniers vestiges du monastère, dont remplacement est aujourd’hui occupé par 1 îlot des maisons compris entre le boulevard et la rue des Filles-du-Calvaire, les rues de Turenne et du Pont-aux-Choux.

ll) Le prolongement de la rue Vieille-du-Temple ne fut pendant longtemps qu’un tr Chemin allant au moulin de la Vieille rue du Templen, situé au lieu de l’Ardoise. L’établissemen t de la rue fut la conséquence de la clôture du couvent; néanmoins on la trouve tracée seulement pour la première fois dans l’édition de 1676 du plan de Bullet et Blondel. Elle fut ouverte conformément aux arrêts du Conseil des 7 août 1696 et 12 juillet 1698, et le nom de

rue des Filles-du-Calvaire ligure dans l’édition du même plan, publiée en 1710. Elle avait d’abord été appelée rue du Petit-Calvaire.

(2) Les religieuses aliénèrent sans doute une partie du terrain que le Roi leur avait donné du côté du rempart, puisque, sur les plans de Jaiilot et de Verniquet, le jardin du couvent est séparé du boulevard par une rangée de propriétés particulières.

Plan du couvent des Filles du Calvaire au Marais d.

ÉPITAPHES DE L’ÉGLISE

CHOEUR

Page 1