‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 224 sur 442 · LEGENDE DES · texte numérisé non relu

LEGENDE DES

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Vue du couvent des Grands-Augustins (l).

COUVENT

DES GRANDS-AUGUSTINS

NOTICE HISTORIQUE

Les Frères ermites de Saint-Augustin1 (2), venus d’Italie dans la seconde moitié du xme siècle, s’étaient établis à Paris, en dehors de l’enceinte fortifiée, à peu de

(1) D’après le plan de Gomboust.

(2) A défaut des titres originaux concernant le couvent des Grands-Augustins qui ont en grande partie disparu , nous avons mis à profit pour la rédaction de cette notice un précieux document conservé aux Archives nationales (LL. 1471), qui a pour titre : rr Répertoire historique, instructif et méthodique des titres et papiers contenus dans les archives du grand couvent royal et college généralissime des R. P. ermites de l’Ordre de Saint-Augustin , au bout du Pont-Neuf à Paris, par Me Pierre-Claude Poussin, avocat, 1746». C’est là que nous avons pu retrouver la distribution topographique de l’église, très incomplètement indiquée par les historiens du vieux

Paris et par Millin lui-même, qui, dans la plupart des cas, s’est borné à copier presque servilement ses devanciers, en dissimulant ses emprunts à l’aide de digressions d’un assez médiocre intérêt.

Le plan que nous publions a été dessiné par M. Hochereau, d’après un plan manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale (Coll. Clairambault, ii 46, fol. 27). Il a dû être dressé dans les premières années du xvne siècle, c’est-à-dire avant la transformation de l’église et les derniers accroissements du couvent. Ceux-ci se trouvent figurés dans un plan du xvme siècle placé en tête du Répertoire. La vue de l’église a été gravée d’après Millin (pl. 1, Ransonnette, sculp.).

distance delà porte Sainte-EustacheW. Au mois de décembre 1259, ils avaient acquis une maison et un jardin dans ce quartier presque désert et encore occupé par des terres labourables.

Après un séjour de vingt-cinq ans dans cette première résidence, ils résolurent de se transporter dans l’intérieur de la ville. En 1285 et 1 286, le Frère Juvénal de Narni, vicaire général de l’Ordre, acheta diverses maisons sises dans le quartier du Chardonnet, à proximité du mur d’enceinte et qui appartenaient à l’abbé et au chapitre de Saint-Victor. En 1288, Philippe le Bel concéda aux religieux la jouissance des murs et tournelles de la ville contigus à ces immeubles, et, l’année suivante, l’évêque de Paris, Simon Mat.ifas de Bucy, leur permit de bâtir une église et d’établir un cimetière dans leur couvent.

Mais les Augustins 11e profitèrent pas de cette autorisation, ce Voyants qu’en tel lieu ils ne pouvoient commodément vivre pour le peu d’aumosnes qu’on leur faisoit ê1 2) ri , ils allèrent s’installer dans le quartier Saint-André-des-Arcs, près de l’ancien Chemin-sur-Seine, au lieu et place des Frères de la Pénitence de Jésus- Christ, communément appelés Sachets.

Les Sachets s’étaient établis à Paris en 1287, et ils avaient bénéficié des libéralités de saint Louis, qui leur avait donné, au mois de novembre 1 261, une maison et ses dépendances, avec permission d’y établir une chapelle et un cimetière (3h Mais, après la mort du pieux monarque, ils se trouvèrent presque complètement dénués de ressources et tombèrent sous le coup du décret du concile de Lyon (127/1), supprimant tous les religieux qui n’avaient point de rentes, à l’exception des quatre Ordres mendiants. Aussi, après avoir péniblement subsisté pendant quelques années, se résignèrent-ils à quitter leur monastère^. Gilles de Rome,

(1) La date exacte de leur arrivée à Paris reste incertaine; on peut la placer entre ia5o et 12 55, puisqu’en 1259 ils étaient déjà admis dans l’Université de Paris, ainsi que le constate un décret rapporté par Du Boulay ( Hist . univ. par., t. Ht, p. 356) et que leur chapelle était bâtie, puisqu’une bulle d’Alexandre VI, en date du 6 juin 1260, concédait des indulgences à ceux qui la visiteraient le jour de la Saint-Augustin.

Certains auteurs ont prétendu que cette chapelle était celle qui fut appelée plus tard Sainte-Mariel’Egyptienne. Jaillot conteste avec raison cette supposition; il est vraisemblable que l'oratoire primitif des Augustins ne subsista pas longtemps, et la chapelle de Sainte-Marie-l’Egyptienne (nommée la Jussienne par corruption) fut construite à sa place environ un siècle plus tard.

(2) Du Breul . p. h 1 7.

(3) Il est dit dans l’acte de donation : «-Nos, di-

vini amoris iutuitu, pro sainte anime nostre, necnon et pro remediis animarum inclyle recordationis Ludovici genitoris nostri et regine Blanche genitricis nostre, ac aliorum antecessorum nos-

trûm . in perpetuum concessimus Fratribus de

Ordine pœnitenlie Jesu-Christi domum quandam ad inhabitandum, sitam in parrocliia S. Andrea

de Arsiciis, cum ejus pertinente, ut in ea .

ecclesiam et cimiterium ædificare vellent*. Il est assez singulier que Du Breul, qui a transcrit ce document (p. h 18), prétende que saint Louis avait fait celle donation rr incité de par sa mere la l’oyne Blanche ».

(4) D’après Du Breul, fils le cédèrent et quittèrent par contract, ès mains de reverend pere et très docte personnage, Frere Gilles de Borne, prieur general de l’ordre des Hermites Augustins, allegans que sans scrupule de conscience ils ne pouvoient plus tenir ledit lieu, à cause de la pauvreté

COUVENT DES GRANDS-AUGUSTINS

général des Augustins, qui avait été précepteur de Philippe le Bel et qui était resté son confesseur, obtint du roi la cession de ce couvent pour les religieux de son Ordre, au mois d’août 1293, il en prit possession en leur nom le îA octobre suivant et y établit leur résidence définitive W.

Les bâtiments étaient sans doute de peu d’importance, étant donné la pauvreté des Sachets; aussi les Augustins se préoccupèrent-ils aussitôt de les agrandir. Pour se procurer des ressources, ils cédèrent au mois de décembre de la même année leur maison du Chardonnet au cardinal Lemoine pour y installer le collège qui porta son nom; quelques années après, ils vendirent de même leur propriété du quartier Montmartre. Le produit de ces ventes fut employé à réédifier et à agrandir l’église (2\ ainsi que le couvent, qui continua de s’accroître jusqu’au milieu du xvine siècle.

En 1607, lorsque l’on voulut établir la rue Dauphine, pour faciliter l’accès du Pont-Neuf, on prit une bande de terrain à travers les bâtiments du monastère et ses dépendances, qui se trouvèrent scindés en deux parties. Cette opération, néanmoins, fut très avantageuse pour les religieux; ils reçurent une indemnité de 3o,ooo livres qui leur permit de rétablir les constructions abattues et d’édifier de nombreuses maisons sur les deux côtés de la nouvelle voie.

Le couvent, limité extérieurement par la rue des Grands-Augustins, le quai des Augustins et les maisons de la rue Dauphine, avait sa grande entrée sur le quai, à l’extrémité de l’église. La porte, surmontée de trois statues, celle de la Vierge au milieu, celles de Philippe le Bel et de Louis XIV sur les côtés, donnait accès dans une première cour assez étroite où l’on trouvait à gauche le portail de l’église (3), et en face l’entrée des bâtiments conventuels qui conduisait à une

et que leur Ordre diminuoit de jour en autre ( p. 4 1 9 ) v. Un acte du 1 4 octobre nous apprend , en effet, que le Frère Adam de Mortemart et les sept autres religieux Sachets abandonnaient leur résidence parce qu’ils ne pouvaient plus ni recevoir de novices, ni assurer le service divin; mais, lorsque cette décision fut prise, Philippe le Bel avait disposé de leur couvent depuis déjà plusieurs mois. (Répertoire, p. 10 et 1 4 . )

Il est donc vraisemblable, comme l’a remarqué Jaillot, que la cession ne fut pas volontaire; les Sachets ne se retirèrent que contraints et forcés par les ordres du roi. Ce qui confirme cette opinion, c’est qu’ils évitèrent toute relation avec leurs successeurs; le i4 octobre 1293, en partant, ils remirent leur maison au rrThresorier de Beauvais et au Prévost de Paris au nom du Roy», et ceux-ci prirent les clefs pour les transmettre le même jour à Gilles de Rome. (Répertoire, p. i4.)

(1) Ce ne fut pas la seule marque de bienveillance que Philippe le Bel donna aux Augustins. En 1 3o6 , il les reçut crpour ses chapelains spéciaux et desservans perpétuels de la Sainte-Chapelle ». De plus, c’est grâce à ses ordres réitérés que fut construit, sous la prévôté d’Étienne Barbette, le quai qui devait protéger leur couvent contre les fréquentes inondations de la Seine.

(2) Un acte du 20 août 1 893 constatait que P. de Castro, archidiacre de Soissons donna 3oott qui furent employées pour rétablir le clocher détruit par le tonnerre et pour réparer le chœur et la nef de l’église. (Rép. , p. 788.) Cette réparation ne pouvait s’appliquer qu’à l’ancienne chapelle des Sachets.

(3) C’est dans cette cour qu’avait été inhumé le connétable Raoul de Brienne décapité en 1 35o. rr Auparavant que d’entrer en l’eglise par le grand portail qui est dans la petite cour qui conduit dans le logis des Peres, l’on rencontre sous ses pieds une longue

IMPRIMERIE NATIONALE

seconde cour beaucoup plus spacieuse. H y avait aussi deux petites portes sur la rue des Grands-Augustins : par l’une, dite de Saint-François, on pénétrait dans le cloître; l’autre ouvrait sur les jardins. Les bâtiments conventuels formant le cloître s’élevaient sur le côté méridional de l’église; l’aile principale parallèle à l’église limitait les jardins, qui s’étendaient en pointe vers la rue Christine et étaient bordés par diverses constructions d).

L’église qui bornait le couvent du côté du quai, était l’ancienne chapelle des Sachets, transformée etagrandie.il paraît assez vraisemblable qu’elle fut bâtie en deux fois; Charles V fit élever le chœur dans la seconde moitié du xive siècle(2) et la nef fut édifiée postérieurement (3). Elle fut dédiée le 6 mai 1 Ô53 par Guillaume Chartier, évêque de Paris W.

Construite en forme de rectangle allongé et régulièrement orientée, elle était divisée en deux parties inégales par le chœur et la nef que séparait un jubé en maçonnerie (5). Son entrée principale dans la première cour du couvent était décorée des statues de Saint-Augustin et de Charles V; au milieu du tympan, un médaillon de marbre portait cette inscription : Templum divæ Annæ sacrum^. Une porte de moindres dimensions s’ouvrait sur le quai, entre les chapelles du chœur et celles de la nef 7'. L’église communiquait en outre avec le cloître par deux petites

pierre de taille ; c’est le tombeau deRaouldeBrienne, comte d’Eu et de Guines, connestable de France, lequel ayant eu la teste tranchée par arrest , son corps fut inhumé en ce lieu parcequ’il fut deffendu de le mettre en terre sainte.» (Ms. A1, p. 483.)

(I) Les constructions modernes du couvent avaient été édifiées entre 1608 et 17.86.

*2) Une inscription en vers latins , placée au-dessous de la statue de Charles V, sur le grand portail de l’église, rappelait la participation du roi à cette construction. (Cf. Du Breul, p. 4-20.) Le long intervalle qui sépare l’achèvement de l’église de 1 époque de sa dédicace n’indique nullement, ainsi que le suppose Du Breul, quelle ait été reconstruite en 1 453. rr II y a apparence, observet-il aussi, que ceste mesme eglise fut encores rebastie ou restahlie en l’année i5o8, car on voit encores un escrit contre le lambris d’icelle eglise contenant ces mots : L’an 1 5 0 8 fut parfaict ce lambris , le 10 de juin, ri Mais cette seconde supposition n’est pas plus admissible; l'inscription dont il s’agit constatait sans doute des travaux d’aménagement intérieur, non de reconstruction du bâtiment.

(3) rrL’eglise n’est point encore voûtée, observait Brice; tout ce qu’on en peut dire, d’ailleurs, c'est que le dessein en est fort simple, la forme grossière et mal imaginée, ce qui ne doit pas sur¬

prendre, ayant été bâtie dans un temps auquel on n’avoit pas encore le goût de la bonne architecture». (T. IV, p. 88.)

(4) L’inscription commémorative de la dédicace a été conservée par les historiens. D’après Bonfons et Du Breul, la pierre sur laquelle elle était gravée se trouvait derrière le chœur; mais elle dut être déplacée lorsque l’on agrandit le sanctuaire, puisque Millin constate quelle était à l’entrée de la nef, près de la porle.

(5) trll y a vingt ans que le jubé fut bâti de pierres de taille; du costé de la nef, il est soûtenu de dix colonnes de marbre noir, lesquelles dans leurs compartimens font deux espaces fort larges, où il y a deux chapelles avec des balustres et piliers de pierres.» (Lemaire, t. I, p. 3 18.)

(6) Ce qui indique bien que l’église était consacrée sous le litre de Sainte-Anne. D’autre part, un acte du 25 juin 1608 constate que Roger Girard avait fondé deux grandes messes chaque année, «da première, le jour de Sainte- Anne, patronne de cette eglise». (Répertoire, p. 517.)

(7) Au-dessus de celle porte, écrit Millin, on voit un bas-relief gothique. rfCe bas-relief a été peint à fresque et doré comme beaucoup de ceux de ce temps; on en appercoil encore des traces. Il offre cinq figures : celle du milieu, plus grande que les

COUVENT DES GRANDS- AUGUSTINS. 155

portes, l’une au bas des degrés du sanctuaire, l’autre à l’extrémité du chœur, devant le jubé. Elle était éclairée au chevet par trois croisées en ogives, sur le cloître par huit et sur le quai par quinze W. Dans sa partie médiane elle était surmontée d’un clocher, fort élevé au début, qui fut à plusieurs reprises détruit par le tonnerre et que l’on reconstruisit pour la dernière fois en 17/17

Le sanctuaire, enfermé dans une grille de fer et séparé du chœur par un passage, était décoré d’un magnifique autel édifié en 1676, sur les dessins de Charles Le Brun, aux frais de Malon de Bercy, doyen des Maîtres des requêtes Le chœur, fermé également du côté du sanctuaire par une grille et par le jubé du côté de la nef, avait été décoré de stalles artisternent sculptées W, en vue des cérémonies et promotions de l’Ordre du Saint-Esprit que l’on y célébrait depuis Henri III. Il était orné de cinq grands tableaux représentant les faits les plus notables de l’histoire de l’Ordre.

autres, est celle de la Vierge. A sa droite est celle de Charles V, qui lui présente l’image de l’église

qu’il a fait bâtir . De l’autre côté est Saint-

Augustin; il présente aussi à cette Vierge un religieux qui est à genoux et qui lui offre le plan en relief d’une chapelle. Ce religieux est Robert de La Porte, docteur en théologie et profès de la maison. Il y avoit fait bâtir une chapelle dédiée à la Vierge pour la confrérie de la Conception. »( Couvent des Grands- Augustins , p. i3. — Cf. la planche 1 où ce bas-relief est reproduit. )

(1) Le niveau du sol de l’église étant plus bas que celui du couvent et du quai, il fallait descendre plusieurs marches pour entrer; par suite de cet état de choses, des infiltrations se produisaient à travers les murs. En 1669, les inondations causèrent de graves dommages dans l’église, ce qui décida les religieux à en faire relever le pavé. (Répertoire, p. 806.)

(2) Le clocher fut construit en 1887 r<- à la place où il y en avoit un vieil n , sans doute celui de l’ancienne église des Sachets. Il était élevé de 93 pieds (Répertoire, p. 802), et fut renversé par le tonnerre en 1 3g3 , 1/128, 1 A Ag et 1747. «La chute du tonnerre arrivée le 8 juin 17/17 sur le clocher et sur la couverture, observe Lebeuf, a occasionné de changer la tuile en ardoise; le nouveau clocher est beaucoup moins élevé que n’étoit l’ancien, *

(3) rrLe sanctuaire, écrit Lemaire, est fort grand et fort spacieux, pavé en diverses sortes de parqueteries fort agréables, selon le dessein et l’intention de M. le President de Bercy, doyen des Maistres des requestes, qui y est enterré et qui

légua par son testament une somme considérable h ce couvent, qui a esté employée pour cet effet

et pour la construction du grand autel . Cet

autel est composé de huit colonnes de marbre jaspé d’une belle hauteur, posées sur des piédestaux aussi de marbre et ornées de leurs chapiteaux. Ces colonnes soutiennent une demi-couppole , où est une Gloire en bas-relief, et aux costez deux anges en adoration; l’on voit encore à cet autel deux figures plus grandes que nature, dont l’une représente Saint-Augustin et l'autre Sainte-Monique. n (T. 1, p. 3 17.)

Du Breul nous apprend que sur cet autel «en Lan i(3o5 a esté apposé un grand et beau tabernacle h huict faces tout doré et bien orné à la mode d’Italie, pour le très sainct Sacrement. Lequel tabernacle a esté fait par la libéralité et dévotion de très illustre dame Leonore, de l’illustrissime famille de Galigay, de Florence . Au pied du¬

quel tabernacle ladicte dame auroit choisi le lieu pour y estre inhumée, quand il plaira à Dieu disposer de ses jours. » (p. Ù2i.) Mais les circonstances devaient empêcher la réalisation de ce vœu; l’épouse infortunée du maréchal d’Ancre fut bridée vive comme sorcière.

(4) «La menuiserie où sont les chaises des religieux est un ouvrage excellemment bien fait; on la commença l’an 1666 et elle ne fut achevée que six ans après. Les deux chaises qui îaterminent du costé du jubé sont fort curieuses; elles sont distinguées par les ornemens qui y sont differens. l’une estant pour le Roy et l’autre pour Monseigneur le Dauphin. r, (Lemaire, t. I, p. 3 18.)

La nef n’avait rien de remarquable, si ce n’est la chaire du prédicateur, dont les sculptures étaient attribuées à Germain Pilon.

Les chapelles, de proportions fort restreintes et concédées pour la plupart à des particuliers, n’offraient, de même, rien de caractéristique, à part les mausolées plus ou moins somptueux que l’on y avait édifiés.

Elles étaient distribuées ainsi qu’il suit :

Au chevet, derrière le maître-autel :

La chapelle de Sainte-Monique,

— de Saint-Augustin W,

— d’Argenton ou de Connûmes.

Les deux premières chapelles furent supprimées en 1671, lorsque l’on remania la disposition du chevet pour agrandir le sanctuaire.

Sur le coté droit du sanctuaire :

La chapelle de Notre-Dame de la Rive, appelée plus tard chapelle du Roi ou du Saint-Esprit

Sur le côté droit du chœur :

Lachapelle de la Madeleine, plus tard de Saint-Thomas-de-Villeneuve,

— de Saint-Charles,

— de Sainte-Anne/

(l) Le vocable de ces deux chapelles n’esl indiqué nulle part; elles sont toujours désignées l’une sous le nom de chapelle du Légat, l’ autre sous le nom de chapelle des Spifame. 11 n’est pas admissible , néanmoins, que l'église des Augustins soit restée pendant plusieurs siècles sans avoir de chapelles dédiées à Saint-Augustin et à Sainte-Monique. Or, comme ces deux titres ne font leur apparition dans les actes qu’à la fin du wir siècle, au moment de la suppression des chapelles du chevet , il parait très vraisemblable que les vocables, nouvellement attribués aux deux chapelles du bas de la nef, étaient précisément ceux des chapelles supprimées. Et peut-être est-ce pour en conserver le souvenir que l’on avait placé sur les côtés du maître-autel les deux statues de Saint-Augustin et de Sainte-Monique, qui sans doute y figuraient antérieurement.

En ce qui concerne la chapelle du Légat, elle dut être ainsi appelée parce que Louis de Vanceman ou Vaucemain y avait sa sépulture, rc Messire Louis deVaucemain, écrit Du Breul, fut esleu evesque

de Chartres en l’an i35o et mourut l’an 1.357, apres avoir fait don au Chapitre de ladite eglise de sa maison size à Paris en la rue de l’Arondelle , non loing des Augustins, en l’eglise desquels il repose et attend sa résurrection. « Vanceman avait été délégué en 1 35 1 par le roi Jean pour reconcilier ses sujets avec ceux du roi d’Aragon. Lors de la suppression de la chapelle, son tombeau, dont l’épitaphe ne nous a pas été conservée, fut transporté dans le cloître. Millin a publié le dessin de ce mausolée. ( Couvent des Grands -Augustins , pl. 1 2 , fig. 2 ; Lemercier sculp.) Il dut être détruit à la fin du xvuf siècle, sans quoi il aurait été certainement transféré au Dépôt des Petits-Augustins.

(2) Guilhermy parait avoir confondu cette chapelle avec celle d’Argenton, puisqu’il écrit : rcCommines fonda en 1 5 0 6 , dans l’église des Grands- Augustins une chapelle du titre de Notre-Dame de Riva; c’était un oratoire de médiocre étendue, situé au fond de l’église , en arrière de la chapelle du Saint-Esprit. n (T. I, p. 4o5.)

COUVENT DES GRANDS-AUGUSTINS

La chapelle de la Pitié,

— de la Transfiguration,

— de Saint-Jean et Saint-Jacques.

Ces chapelles étaient séparées du chœur par un collatéral.

A l’entrée de la nef, des deux côtés de la porte du jubé :

La chapelle de Notre-Dame ou de la Conception(1) 2,

— de Saint-Nicolas de Tolentin.

Ces deux chapelles n’étaient que de petits oratoires adossés au jubé et enfermés dans une balustrade.

Sur le côté droit de la nef, le long du quai :

Une chapelle non dénommée^,

La chapelle des Robertet,

— de Saint-Martin,

— de Saint-Augustin (3),

— de Notre-Dame de Boulogne et plus tard de Sainte-Monique.

Le roi Henri III avait choisi l’église des Augustins pour les cérémonies annuelles et les promotions de l’Ordre du Saint-Esprit, et nombre de confréries et de corps de métiers y faisaient célébrer leurs services religieux et leurs fêtes patronales W.

En 1731, le roi et les chevaliers du Saint-Esprit avaient eu le dessein d’opérer dans sa disposition intérieure d’importantes transformations, en vue de faciliter

les processions de l’Ordre; mais aucune

(1) ffL’an 1 A Ao , Frere Robert de la Porte, religieux profez de cette maison , docteur en théologie , prieur de ce couvent et provincial de la province de France fit faire la chapelle de Notre Dame dans la nef, à main gauche de la porte du chœur; ensuite Frere Louis Cliantereau, docteur et religieux dudit Ordre, la fit orner et clore d’ornemens somptueux en cuivre, de figures et chandeliers. -n (Répertoire, p. 454.)

(2) Les deux premières chapelles avaient dû perdre de bonne heure leur affectation , parce quelles servaient de passage pour entrer dans la nef, par la porte du quai. Elles n’étaient plus considérées comme des chapelles au xvne siècle, puisqu’il est dit dans l’acte de concession fait à Jacques de Poyenne, le 23 décembre 1606, que le couvent lui accorde tria chapelle de Saint-Martin, la première en entrant dans l’eglise à main droite ». (Répertoire, p. 5 1 A . )

suite 11e fut donnée à ce projet^.

(3) Cette chapelle était la seule de l’église qui se composât de deux travées.

(4) Ce fut dans cette église , observe l’abbé Lebeuf, crqu’Henri III établit la confrérie des Pénitens blancs. En 1 65 6 , les musiciens du Roy obtinrent de l’archevêque de Paris d’y établir une confrérie de Sainte-Cécile, dont les statuts furent enregistrés en Parlement. » On trouve dans le Répertoire (p. 486) le relevé des autres confréries et corps de métiers qui célébraient leurs fêtes aux Augustins. Cf. le Calendrier de toutes les confréries de Paris, par J.-B. Lemasson, forezien, 1621, réimprimé par l’abbé Valentin Dufour, Paris, Willem, 1 875.

(5) Cf. Répertoire, p. 3 06. Piganiol écrit h ce sujet: rf L’église se ressent du mauvais goût du siècle où elle a été bâtie. On a formé plusieurs fois le dessein d’en faire bâtir une en sa place qui fût

Près de l’église, sur le côté oriental du cloître, se trouvait la salle du Chapitre qui formait aussi un oratoire, et que l’on appelait la chapelle du préau ou du clergé; elle renfermait deux autels, dédiés l’un à saint Pierre, l’autre à saint Jean.

Le couvent des Grands-Augustins servait par sa destination première de collège j tour les religieux des quatre provinces de l’Ordre qui venaient y faire leurs études de théologie et de philosophie. Mais en raison même de l’étendue de ses bâtiments, il avait pu être affecté en même temps à d’autres usages. L’Ordre du Saint-Esprit y tenait ses séances et y avait installé ses collections de portraits et de manuscrits.

Le clergé de France y tint régulièrement ses assemblées générales depuis l’année i6o5, ainsique le dépôt de ses archives. La Chambre des comptes s’y installa provisoirement de 1787 à 17Ô7 après l’incendie de son local ordinaire W. A la fin du xvuie siècle, les religieux louaient même leurs salles inoccupées pour des ventes publiques. Les trente-deux maisons dont ils étaient propriétaires^ étaient données en location à des particuliers, ainsi que les boutiques établies sur le quai, entre les contreforts de l’église, et dans la première cour du couvent; elles étaient presque toutes occupées par des libraires

Lorsque les Augustins abandonnèrent leur monastère (9 mars 1790), les bâtiments conventuels devenus propriété nationale reçurent diverses destinations ; l’on \ installa notamment les bureaux de recettes des contributions, et peu après l’imprimerie des petits assignats. La plupart des monuments et des statues qui décoraient l’église furent transférés, à la fin de l’année 1792, au Dépôt des Petits-Augnstins^. En 1797 le couvent fut vendu et démoli presque aussitôt. Sur une partie

de meilleur goût et [dus magnifique. Tout ce qu'il y a aujourd’hui d’habiles architectes en France ont donné, à l’envi, des dessins; mais jusqu’ici tous ces projets n’ont point eu d’exécution. « (T. VIII, p. 121.)

Il existe à la Bibliothèque Nationale (Topographie de Paris, Pièces exceptionnelles), 'divers plans manuscrits de l’église et du couvent, par le Frère Antoine Bourgeois, religieux Augustin (1781) qui se rapportent à ces projets de reconstruction.

(1) La Chambre de justice créée en 1716 pour la poursuite des traitants y tint aussi ses séances, ainsi que la Chambre des vacations formée en 1720. Les secrétaires du Roi y avaient tenu leurs assemblées et déposé leurs ti 1 res de 1697 à 1 655. Le Grand Conseil y avait établi le dépôt de ses minutes et de ses registres de i65o à 1711.

Ces maisons étaient ainsi réparties : deux sur la rue des Grands-Augustins, trois à l’angle du quai et de la rue Dauphine, treize dans la rue

Dauphine, contre le couvent, neuf du côté opposé, une sur le quai Conti et quatre rue de Nevers. Les boutiques adossées à l’église étaient au nombre de quatorze , et il y avait six échoppes dans la cour d’entrée du couvent. Le libraire Jaillot, le savant auteur des Recherches critiques , était locataire de la maison du quai, contiguë à la grande porte du couvent, dans laquelle sa famille était établie dès 1671. Miliin nous apprend que les maisons des Augustins furent les premières propriétés nationales vendues à Paris.

(3; Les religieux se trouvaient par suite en possession de revenus fort importants , qui , d’après leur déclaration , en 1790, s’élevaient à 67,092 livres 6 sous 10 deniers, tandis que les charges du couvent se réduisaient à 9,163 livres 6 sous 7 deniers. (Arch. nat. , S. 3632.)

(4) D’après un Etat des meubles et effets dépendant de la maison des ci-devant Grands-Augustins, rédigé par Alexandre Lenoir rr l’argenterie

COUVENT DES GRANDS-AUGUSTINS

de son emplacement, l’on ouvrit en l’an x une voie transversale, allant de la rue Dauphine à la rue des Grands-Augustins, qui reçut le nom du Pont-de-Lodi en mémoire de la victoire du général Bonaparte. Le marché à la volaille et au gibier, qui depuis 1679 se tenait sur le quai, fut installé dans des hangars élevés en 1809 à la place primitivement occupée par l’église (d, et il y resta jusqu’à la construction des Halles centrales.

fut déposée à l'Hôtel des monnaies, le cuivre aux ci-devant Barnabites, les ornemens et tableaux, les meubles et partie des boiseries aux ci-devant Petits-Auguslins de la Reine Marguerite; l’autre partie de la boiserie, les grilles de fer, l’orgue, l’horloge furent vendus dans l’église du couvent. « ( Arch. nat. , S. 3632.) Cet Etat comprend la liste des marbres qui furent transportés au Dépôt des Petits-Auguslins, le 7 octobre 1792 et jours suivants;

nous aurons à revenir ci-après sur les principaux monuments conservés par Lenoir, mais nous devons faire observer dès maintenant qu'il signale comme provenant du couvent une épitaphe en marbre noir de M. Blin, dont il n’est fait mention nulle part ailleurs.

(1) Une partie de ces hangars, sur la rue des Grands-Augustins, sert maintenant de remise à la Compagnie des omnibus.

INDEX ALPHABÉTIQUE

Alligret (Jean), 3i6.

André (Claude), 3 2 3.

— (Guillaume), 3 1 8.

Anjou-Mézières (Nicolas d’), 267.

Antoine (Pierre), 266.

Arbaleste (Guy), 283.

Barentin (Achille), 286.

— (Achille), 293.

— (Honoré), 285.

— (Jacques-Honoré), 286.

Bazin (Claude), 343.

Beauyau (René de), 298.

Belleau (Remi), 273.

Beloisel (Martin), 3i3.

Betz (Benoît), 343.

— (Isabelle), 343.

Bourdon (Louis), 329.

Bourgogne (Isabeau de), 262.

Bridoül (Henri), 309.

Brisson (Bérault), 3 10.

Broé (Bon de), 270.

— (Bon-François de), 347.

— (François de), 347.

Brosset (Marie), 3e 1.

Brousselée (Guillaume de), 291.

Bruyères (Anne de), 347.

Brulart (Charles), 284.

Cambrai (Isabelle de), 3o2.

— (Jeanne de) , 3o3.

Canigiani (Liénard), 322.

Capponi ( Ameretti), 342.

Ciiantereaü (Louis), 258, 33 1.

Charpaignes (Jean de), 3i4.

Chauvin (Jean), 34o.

Chefderoy (Jean), 29.5.

Chérin (Bernard), 338.

Clèves (Engilbert de), 257.

Commines (Jeanne de), 282.

Custos de Tarabel (Jeanne de), 274, 277.

Dreux (Élisabeth), 287.

Du Caurroy (Eustache), 3o4.

Du Châtel (Louis), 3o8.

Du Deré (Thomas), 294.

Du Hamel (Anne), 286.

Du Lyon (Antoine), 281.

— (François), 281.

— (Marguerite), 279, 281.

Du pré (Elisabeth), 271.

Elbène (Albizzo d’), 3i5.

Este (Anne d’), 269.

Gilbert (Françoise), 319.

Girault (René), 297.

Gondi (Jean-Baptiste de), 345, 346.

Gosselin (Pérette), 317.

Goügis (Pierre), 2 56.

Grimonville (Nicolas de), 336, 33y.

Hacqüeville (Madeleine de), 347.

IIonfleur (Jacqueline de), 279.

Jouan (Louis), 3 1 1 .

Juillet (Noël), 317.

La Faurie (Guillaume de), 3o5, 3o6. La Fontaine (Jacques de), 299.

La Salle (Jacques de), 3oo.

Laval (René de), 34g.

Le Clerc de Lesseville (Joseph), 33g.

Le Gras (Daniel), 307.

Le Jay (Thomasse), 294.

Le Maire (Catherine), 329.

Le Sain (Pérette), 328.

Liiullier (Guillemette), 3 16.

— (Jérôme), 287.

Malon (Charles-Henri de), 260.

Mar affin (Louis de), 292.

Margon (Jean), 264.

Marle (Anne de), 280.

— (Charlotte de), 283.

COUVENT DES GRANDS-AUGUSTINS

Marle (Marguerite de), 3 2 il.

Mesmes (Claude de), 289.

— (Henri de), 288.

— (Henri de), 290.

Montchal (Catherine de), 271.

— (Charles de), 271.

— (Charles-Louis de), 271 .

— (Françoise de), 269, 271.

— (Jean de), 271.

— (Jean-Pierre de) , 27 1 .

— (Pierre de), 271 .

Montberon ( . de), 272.

Pérault (Claude), 296.

Petit (Denise), 2 65.

— (Madeleine), 265.

Pibrac (Guy Do Faur de), 2 7 4 , 276, 277.

— (Michel Do Faur de), 276.

Pigray (Marie) , 807.

Podolin (Jeanne de), 279.

Poyenne (Jacques de), 334, 335.

Raimondi (Raimondo de), 34 1 .

Ribeyre (Françoise), 286.

Rinaldi (Raniero), 324.

Rohan (Diane de), 268.

— (François de), 268.

Rouie (Gilles de), 278.

Rostaing (Antoine), 348.

Ruspide (Benoît de), 3oi .

Sainte-Beuve (Jacques de), 261.

Sapin (Jean-Baptiste), 826, 327.

Savoie (Henri de), 259.

Spifame (Augustin), 279.

— (Barthélemy), 279.

— (Gilles), 281.

— (Jean), 281.

(Jssayez (Pierre d’), 33q.

Valois (Jeanne de), 268.

Vauboulon (Alix de), 3 10.

Voisin (Pierre), 32 0.

Quiqueran (Pierre de), 332, 333.

Ysbarre (Augustin), 3i2, 32 5.

IMPRIMERIE NATIONALE

ÉPITAPHES DU COUVENT

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