‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 225 sur 442 · ÉGLISE. — MUR EXTÉRIEUR · texte numérisé non relu

ÉGLISE. — MUR EXTÉRIEUR

PIERRE GOUG1S.

A l'angle extérieur de l’église, sur le mur du quai, se trouvait encastré un basrelief de pierre , représentant une amende honorable faite par trois sergents à verge du Châtelet.

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Bas-relief funéraire de Frère Pierre Gougis.

Dans son Théâtre des Antiquitez de Paris, le P. Du Breul raconte ainsi qu’il suit les circonstances qui avaient occasionné l’érection de ce monument :

rtEn l’an îââo, Jean Bayart, Colin Feucher et Arnouiet Pasquier, sergens à verge, accompagnez de Gilet Roland, meusnier, et de Guillaume de Bezençon, faiseur de cadrans, sous pretexte de faire quelque exploit, tirèrent violentement du cloistre des Augustins, par l’allée qui tend à la rué du college de Sainct Deuns, Frere Nicolas Aymery, religieux du couvent des Augustins et maistre en théologie et tuerent Frere Pierre Gougis, aussi religieux d u cl i et couvent. Pour lesquels exces dignement punir le Recteur de l’Université avec tous les suppôts d’icelle et le procureur du Roy en Chastelet se joignirent à la complaincte des Augustins. Et par sentence du prevost de Paris, en date du i3 septembre audict

COUVENT DES GRANDS-AUGUSTINS

an, les malfaicteurs ont esté condamnez à faire trois amendes honorables, Tune au Chastelet en la Chambre du civil, y assistant le procureur du Roy, pour la satisfaction de l’immunité du lieu sainct violée. La seconde, au lieu du forfaict et occision, pour partie de l’expiation du débet envers les Augustins. Et la troisiesme à la place Maubert, ou autre lieu que delegueroit l’Université, pour son interest, rcquæ injuriam suorum affectu materno suam putatn. Et fut ordonné qu’en telles amendes honorables ils seroient en chemise, sans chaperon, nuds jambes et nuds pieds, tenans chacun en sa main une torche de quatre livres ardanteet requerans à tous mercy et pardon.

Plus furent condamnez à faire faire et édifier une croix de pierre de taille près le lieu où ladicte occision fut faicte, avec images proches, representans ladicte réparation, et telles que iesdicts Université, prieur et religieux Augustins ad visèrent. Ce qui se void encore aujourd’huy entaillé au coin de leur eglise, tenant à ladicte ruë de l’hostel Sainct Denys.

et Davantage tous leurs biens meubles et immeubles, héritages et possessions acquiz et confisquez au Roy. Prealîablement prins sur eux la somme de mil livres parisis, pour estre employée partie en messes, prières et oraisons pour l’ame du defîunct, et l’autre partie audictM. Nicolle W, à l’Université, aux prieur et religieux Augustins et à ceux qui ont poursuivi lesdictes réparations. Seront aussi subjects iceux malfaicteurs à tenir prison jusques à l’enliere persolution de ladicte somme. Et en apres bannis à jamais du royaume de France.

Dans le bas-relief commémoratif, «les trois sergents se tiennent à genoux, dans le costume et l’attitude prescrits par la sentence. Le prieur des Augustins, précédé de deux enfants revêtus d’aubes, qui portent des masses et suivi de treize religieux, préside à la cérémonie. Millin a désigné comme les exécuteurs, chargés de prêter main-forte à la justice, trois personnages aujourd’hui mutilés, debout en arrière des condamnés; il a cru leur voir entre les mains les instruments de leurs fonctions. Le premier tient une petite dague; le second un objet fruste, qui a la forme d’un globe; le troisième porte une baguette de la main droite et pose la gauche sur la poignée de son épée. La scène se complète par un groupe de deux jeunes gens et de cinq autres spectateurs n.

Cette scène est entourée d’une inscription, partie en français, partie en distiques latins, qui servait d’épitaphe au Frère Pierre Gougis1 2 3 (4) :

256. — C’est la representacion de l’amende honorable faite a l’Université

(1) Il s’agit sans doute de Frère Nicolas Aymery dont il est question ci-dessus, et qui avait été maltraité par les sergents.

(2) Le Théâtre des Antiquité z , p. 419,

(3) Guilhermy, t. I, p. 399.

(4) Ce bas-relief avait été recueilli au Dépôt des

Petits-Augustins par Lenoir, qui le catalogua dans le Musée des mon. franc, sous le n° 88. Lors de la suppression du Musée, il resta dans le local de l’École des beaux-arts , où il figure encore aujourd’hui parmi les sculptures que l’architecte Dubau a groupées dans l’hémicycle extérieur.

de || [Paris et aux religieux et convent de céans pour l’occision de feu fre[re Pierre GougJis, [frer]e et religieux profes de [céans, occ]is yci devant piteusement || ..... [l’an]nee mil ccccxl. - Dieu ait l’ame de luy. Amen. ||

Conditur hic(I) Petrus, Gougis cognomine dictus,

Hujus professor Ordinis assiduus.

Proth dolor! occubuit preventus morte neph anda , ||

Transfossus latere sacrilego gladio.

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