JEANNE DE COMMINES
La fille du célèbre historien, Jeanne, femme de René de Brosse, dit de Bretagne, comte de Penthièvre, avait été inhumée dans la chapelle de Notre-Dame de la Rive. Elle était figurée en albâtre, gisante et la tète appuyée sur un coussin, sur une tombe de marbre.
Plus tard, sa statue fut transportée dans la chapelle d’Argenton et dressée contre le mur du chevet, à coté du mausolée de ses parents t2).
(Bibl. nat., FF. 24077, f°l. Ù9.) De même on lit dans un mémoire relatif à la chapelle: crin bac nostra ecclesia, in sacello pulchro (rétro majus altare, vel potins e lalere ejusdem) vulgo Nostræ Dominæ de Riparia nuncupato, quod præfatus Comminis Argentonius erigi propriis suis expensis et sumptibus curavit.» (Arcli. nat., S. 3634.)
D’autre part, Le Laboureur écrivait^: a Entre plusieurs belles charitez que Philippe de Gommines lit à l'eglise des Augustins de Paris, il leur donna leur grand crucifix de cuivre et fonda la chapelle dite à présent du Sainct-Esprit, qui est fort belle et très grande, et voulut yestre inhumé avec dame Helene de Ghambes, sa femme. Jeanne de Gommines, leur fille, mourut avant son pere, quiluy fit eriger un tombeau de pierre, sur lequel elle est représentée gisante avec cet epitaphe en vers latins qui se lit encore à la base de son tombeau.» (Ms. A1, p. 565.)
Mais ces diverses affirmations sont inexactes : la chapelle de Notre-Dame n’avait pu être construite aux frais de Gommines puisqu’elle était aussi ancienne que l’église, et que plus d’un siècle avant lui, Jean d’Anguerant, évêque de Chartres (t en i.368) avait fait des fondations de messes «pour Jean et Burel de Riparia, ses neveux, enterrés en la chapelle Nostre-Dame, a costé du mai s Ire autel». (Répertoire, p. 74o.)
Ce qui a sans doute motivé cette tradition erronée c’est que, d’une part, l’historien avait fondé des messes et services à l’autel de la chapelle Notre-
Dame, où sa fille était inhumée, et que, d’autre part, il avait fait décorer de pilastres et de basreliefs le mur du chevet qui séparait celte chapelle de celle qu’il avait édifiée et où il avait son tombeau.
(1) Guilhermy fait observer, d’après Millin, que ff la tête de Gommines offre tous tes caractères d’un portrait d’après nature; on prétend qu’il s’était fait sculpter ainsi deux ans avant sa mort». (T. I, p. 4o6.)
(2) Le tombeau de Commines et la statue de sa fille furent transférés en 1792 , par les soins de Lenoir, au Dépôt des Petits-Augustins. (Gf. Journal, n°s i5, 23, 28, 33.) Lorsqu’il organisa le Musée des monuments français, Lenoir s’empressa d’élever à l’historien un cénotaphe factice, qui y figura sous le n° 93. rrJ’ai introduit, écrivait-il à ce sujet, dans la composition de ce monument, entièrement restauré sur mes dessins, le beau bas-relief de Saint-Georges que j’ai acheté des nouveaux propriétaires du château de Gaillon.» ( Musée des monumens français, éd. 1801, t. II, p. 187, note.) Un dessin de Percier reproduit le mausolée reconstitué par Lenoir. [Ibid., pl. 83.)
Lors de la suppression du Musée , le monument resta longtemps délaissé dans le local de l’Ecole des beaux-arts. En i832, les statues furent recueillies au musée de Versailles; on les transporta au Louvre vers 1 853 , lors de la réorganisation du musée de sculpture. Le sarcophage, qui avait été abandonné à l’École des beaux-arts, fut réclamé par M. de La-
COUVENT DES GRANDS-AUGUSTINS
Tombeau de Philippe de Commines et d’Hélène de Cliambes. Statue de Jeanne de Commines11).
L’épitaphe suivante était gravée sur son tombeau ^ :