‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 287 sur 442 · FA DONT EN DIVERS SORTS L’AME EST TOUJOURS TOUTE UNE · texte numérisé non relu

FA DONT EN DIVERS SORTS L’AME EST TOUJOURS TOUTE UNE

Sans qu’aucuns accidens le puissent desmouvoir De l’eternelle amour qu’il porte a son debvoir.

Et si jamais esprit abhorrant la feintise Fit en tous ses discours reluire sa franchise,

Résista constamment aux assauts du malheur.

Eut le courage armé de force et de valeur,

Fut FIDELE A SON PRINCE ET ü’UN CŒUR MAGNANIME

Haït l’ingratitude et la tint pour un crime,

Les astres ont voulu que c’ait esté celuy De qui le corps sommeille en ce funeste estuy; Tesmoins les accidens dont le cours de son aage, Passé tantost en calme et tantost en orage,

A VU LA DESTINÉE exercer sa vertu,

Sans voir d’aulcun malheur son courage abattu; Tesmoins les champs de Dreux ou sa jeune vaillance Offrit ses premiers fruits sur l’autel de la France; Tesmoins ceulx de Hongrie ou le brave Germain Rougit du sang des Turcs sa valeureuse main;

Puis ceulx de Sainct-Denis, puis ceulx que la Charente Près de Jarnac arrouse, et la plaine sanglante

Ou SE SIED MüNCONTOUR, ET LES ROUGES SILLONS

Que le combat d’Ivry couvrit de bataillons ;

Autr’ infinis assaults dont nos guerres civiles Ont saccagé l’orgueil des plus superbes villes,

Et qui dedans la tumbe a la fin l’ont mené,

Le malheur ayant faict qu’au siégé infortuné,

Qui pressoit de Rouen la muraille rebelle,

L’effort d’une sortie et la meurtrière gresle Des balles que lancoient les mousquets ennemys Lui foudroya le pied d’un coup, qui s’est permis Sur son estre mortel ce qu’un trait homicide

COUVENT DES GRANDS-AUGUSTINS

Entreprit sur celui du vaillant Eacide,

Le ciel les égalant par un semblable sort Aussy bien qu’en valeur en espece de mort.

Or quiconque tu es, que vers sa sépulture A CONDUIT le destin ou la seule adventure,

Et qui dedans ce marbre esclairant a l’entour Vois luire les effects de la constante amour, Que sa chere moitié, ranimant sa mémoire, Porte encore a son nom, a ses os, a sa gloire, Avec quelques regrets déploré son malheur10,

Ou BIEN, s’il t’est PERMIS D’iMITER DE TES PAS La TRACE DE VERTU QUE SON AME A SUIVIE,

Ne PLEURE POINT SA MORT, MAIS IMITE SA VIE.

Armes. Gkimonville : Ecartelé, au 1 et A de gueules à trois étoiles d’argent; au 2 et 3 d’azur au lion d’or tenant dans sa patte dextre une masse du même.

Ms. A1, p. 608.

Épitaphe de Bernard Chérin. — Tombeau de Nicolas de Grimonville '•-K

(1) Il y a ici, dans le texte, une lacune qu’aucun autre manuscrit ne nous a permis de compléter.

(2) Réduction d’une planche de Millin ( Couvent des Grands-Augustins, n° 5; Desmaisons sculp.). Il existe deux dessins à la plume du monument de Grimonville, l’un dans les Tombeaux de Gaignières (Original Mss.) , fol 85 , l’autre dans la Coll. Clairambault , 1116, fol. 95 ; celui-ci est accompagné

de la note suivante : «Il estoit dans le milieu de la chapelle et a esté tronqué et mis en un coing pour agrandir la chapelle. Dans la face postérieure qui est à présent dans la chapelle derrière celle de Saint- Augustin estaient les vers françois.n L’inscription en vers disparut au XVIIIe siècle, puisque Millin observe que les Auguslins n’avaient pas jugé à propos de la conserver.

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