‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 395 sur 442 · SAINT-BARTHÉLEMY · texte numérisé non relu

SAINT-BARTHÉLEMY

NOTICE HISTORIQUE

L’église de Saint-Barthélemy, située dans la Cité, vis-à-vis du Palais, a été considérée de tout temps comme l’une des plus anciennes de Paris. Bien qu’il ne soit guère possible d’établir son origine avec certitude, il paraît assez vrai¬

semblable qu’elle avait dû être fondée

(1) D’après le plan de La Caille.

(2) Piganiol et d’autres historiens ont attribué cette fondation aux rois capétiens, sous prétexte, observe Jaillot, que (des rois de la seconde race ne demeuroient point dans la Cité, que le peu de séjour qu’ils y ont fait en passant ne leur a pas permis d’y bâtir un palais ». Telle n’est pas l’opinion de l’abbé Lebeuf : «Le texte de Fortunat de Poitiers, dans sa vie de saint Aubin, evêque d’Angers, m’a persuadé, écrit-il, que Childebert premier du nom, roi de France, avoit un Palais dans la Cité

par les rois carolingiens®, dont la réside Paris, outre celui qui étoit dehors et auprès des Thermes. De plus, Grégoire de Tours assure que Caribert, qui fut roi de Paris après Childebert, y faisoit au moins quelquefois sa résidence. » (T. I, p. 275.)

Aujourd’hui , l’existence de ce palais n’est plus contestable, puisque les vestiges en ont été retrouvés, lors de la reconstruction du Palais de Justice, sur l’emplacement où s’élève maintenant le bâtiment des chambres correctionelles. (Cf. Cocheris, Additions, t. I, p. 279.)

K N TA Pllll* U DU VIEUX PARIS.

de ace se trouvait clans le voisinage. Elle ne fut, au début, qu’un modeste oratoire desservi par des chanoines.

Vers l’an qG5, Hugues Capet, duc de France, y lit déposer les reliques de plusieurs saints et notamment de saint Magloire, que Salvator, évêque d’Aleth^, avait apportées de Bretagne, pour les mettre à l’abri des incursions des Normands. Environ dix années plus tard, il agrandit la chapelle primitive, qu’il fit dédier sous les vocables de Saint-Barthélemy et de Saint-Magloire, et il édifia dans le voisinage une abbaye. 11 y établit des religieux de l’Ordre de Saint- Benoît, auxquels il donna des terres et des revenus, pour assurer leur subsistance. De plus, il leur octroya la chapelle de Saint-Georges, hors de la Cité, sur le chemin de Saint-Denis, avec un terrain destiné à servir de cimetière, que son père Hugues le Grand avait précédemment concédé aux chanoines de Saint-Barthélemy. Sur sa demande, ces fondations et donations furent confirmées par les rois Lothaire et son fils Louis, en qyq (2h

Les religieux de Saint-Benoît ne restèrent guère qu’un demi -siècle dans leur abbaye de la Cité. Comme ils s’y trouvaient trop à I étroit, ils se transportèrent en i 1 3 8 près de la chapelle Saint-Georges qu’ils avaient reconstruite et agrandie, et ils fondèrent en ce lieu la seconde abbaye de Saint-Magloire (3b

Leur ancienne église abbatiale devint alors paroissiale et reprit son vocable primitif. La nouvelle paroisse comprenait dans ses limites tout l’enclos du Palais W et, de plus, le territoire voisin de la nouvelle résidence des Magloriens.

1) autre part, ce qui a provoqué l'erreur des historiens, c’est qu’ils ont confondu la fondation de la chapelle Saint-Barthélemy avec celle du monastère. Dans un diplôme de Louis-le-Jeune, de Tannée 1 1 5 9 , confirmatif des privilèges de l’abbaye, il est dit: ir Quidam abbas ecclesie sancti Maglorii, Pelrus nomine, nostram adiit presenciam, rogans et obnixe postulans preeeptum firmitalis fien tam de rebus que pie ab antecessoribus noslris, regibus, Hugone videlicet, ejusdem monasterii fundalore et edificalore , et aliis erant concessa, quam de bis que a nobis videhantur esse collata ; ^ ce qui s'applique exclusivement au monastère. Le roi ajoute: rrEst enim ecclesia sanctorum Bartholomei atque Maglorii ante nostrum Palatium sita, anti-

quitus regum capella . abbas sancti Maglorii

antiquitus capellanus regum constituais est. » S’il eût voulu parler des rois capétiens, il n’eût probablement pas employé l’expression antiquitus, et d’autre part il n’eût certainement pas manqué de rappeler qu’il s’agissait de ses ancêtres, antece-ssores , comme il l’avait fait à propos de l’abbaye.

De plus, un auteur anonyme, contemporain de

Hugues Capet, constate que le duc de France fit déposer les reliques des saints dans la chapelle Saint-Barthélemy rr regum antiquitus munificencia conslructa » , ce qui démontre, comme JaiHot le fait observer, que l’origine de cet oratoire est bien antérieure à la fin du x° siècle.

111 Plus tard Saint-Malo.

(2) Cf. du Breul, p. qû.

(3) Mais les Magloriens laissèrent dans la Cité quelques religieux et un prieur. «• Si retient le nom de Prioré de S. Magloire, écrit du Breul, une maison qui est joignant l’eglise de Sainct Pierre des Assis, à T opposite de la porte de derrière ladicte eglise Sainct Barthélémy.» (P. 98.)

(4) Le roi de France était le premier paroissien de Saint-Barthélemy, ce qui, joint à sa fondation par les rois mérovingiens, lui valut le titre d’église royale. Après 1787, on voyait l’écu fleurdelisé de France sculpté sur le fronton de la nouvelle façade.

rr Le Palais de nos rois, écrit Lebeuf, fut compris dans cette paroisse, avec la chapelle de S. Nicolas que le roi Robert avoit bâtie dans son enceinte, et depuis ce temps là. nonobstant tous les

Page 1