JEAN + BERNARD + RENAUD DE DORMANS
Les statues de ces trois personnages étaient placées clans un petit oratoire, creusé dans le mur du chevet, au côté droit du maître-autel (2L
(1) Réduction d'un dessin des Tombeaux de Gaignières. (Original; fol. 25.)
(2) Ces statues ne sont indiquées nulle part comme placées dans le petit oratoire. Bonfons, qui donne à ce sujet les indications les plus précises, constate que, dans la chapelle du collège, rrAux deux costés sont six effigies en pierre, c’est à sçavoir du coslé du septentrion trois effigies de nobles et illustres hommes de la maison et surnom de Dormans, et du coslé de midy trois effigies de dames alliées à
ladicte maison et de la lignée desdicts Dormans n. f Fol. 126 v°.)
Guilhermy parle de rrdeux tombeaux de pierre placés sur les parois du chœur r, (t. I, p. 589); mais il ne paraît pas supposer qu’ils fussent enfermés dans les deux chapelles. rrCe double retrait, formant un petit oratoire de chaque côté du sanctuaire, écrivait- il, pouvait servir, comme à la Sainte-Chapelle, de place réservée pour la famille du fondateur. » ( Itinéraire archéol. de Paris , p. 338. )
COLLÈGE DE BEAUVAIS
A leurs pieds était gravée sur une lame de pierre cette épitaphe latine :
472. — Hl III GERMANI FRATRES SUNT GENITI DOMINI GüILLELMI, DOMINI DE DORMANO, MILITIS, GERMANI || POSTGENITI BONE MEMORIE DOMINI JoHANNIS DE DORMANO, DeI ET APOSTOLICE SEDIS GRACIA CARDINALIS, PRESENTIS || COLLEGII FUNDATORUM, QUONDAM ALTERIUS POST ALTERUM CANCELLA RIORUM FrANCIE, QUI ANTE PRESENTIS CAPELLE || COMPLEMENTUM DECESSERUNT, VIDELICET DICTUS MILES XI DIE JULII, ANNO M° CCC° SEPTUAGESIMO TERCIO, || ET DICTUS CARDINALIS DIE VII NOVEMBRIS EJUSDEM ANNI; QUI EORUM SEPULTURAM IN CARTUSIA JUXTA PARI- SIUS |] ELEGERUNT, UBI DUOS CARTUSIENSES PEPPETUOS FUNDAVERUNT.
Celte hypothèse semble peu vraisemblable, étant donné que les oratoires n’avaient environ qu’un mètre de profondeur. Le P. Chapotin nous paraît s’être rapproché davantage de la vérité lorsqu’il les considère comme des lieux de sépulture, en s’appuyant sur un document des Archives nationales, où il est question de cr tombeaux qui sont placés des deux côtés du maître autels. Toutefois il estime qu’il serait difficile de désigner avec certitude les deux personnages qui y avaient été inhumés. rf Les deux statues sépulchrales de Jean de Dormans et de Renaud de Dormans, chanoines de Paris, qui se conservent au musée de Versailles, ajoute-t-il, n’élaient-eiles point enfermées primitivement dans ces deux petites chapelles? Il serait téméraire de l’affirmer. n [Le Collège Saint-Jean de Beauvais, p. 99.)
Nous ne saurions partager ses hésitations sur ce point. Si l’on tient compte de ce fait que les statues des personnages de la famille de Dormans devaient occuper dans la chapelle du collège une place d’honneur, il paraît évident qu’elles ornaient les tombeaux indiqués ci-dessus comme étant aux côtés du maître-autel. Ce qui confirme celte supposition, c’est que les deux oratoires, tels qu’ils sont figurés sur le plan de la chapelle, paraissent très exactement disposés pour abriter chacun, non pas une seule statue, comme l’a pensé le P. Chapotin, mais un groupe de trois statues, d’un côté celles des hommes, de l’autre celles des dames.
Cocheris ne s’était pas exactement rendu compte de la disposition de ces sépultures, et croyait qu'elles ne formaient qu’une seule tombe. ffOn remarquait, écrit-il , au milieu du chœur, le tombeau de la famille de Dormans. Ce mausolée, en marbre noir, était orné de deux statues de cuivre et de six statues de pierre. « ( Additions , t. II, p. 697.)
En 1793, après la fermeture du collège, cinq de ces statues furent portées au Dépôt des Petits-
Augustins. Lenoir notait, en effet, dans son Journal , sous le n° 38o, que le 25 prairial an n (i3 juin 1794), il avait reçu du Comité révolutionnaire de la section du Panthéon rr quatre statues en pierre de la famille des Dormans, plus plusieurs épitaphes, aussi en pierre, le tout venant du collège de Lisieux r. Mais l’Etat des objets entrés dans le Dépôt constate qu’elles étaient au nombre de cinq, rr exécutées en pierre de Tonnerre, avec les masques et les mains de marbre blancs. ( Archives du musée , t. II, n° CXXXII.) Une seule de ces statues, celle du chanoine Jean de Dormans, a été cataloguée dans le Musée des monumens français , sous le n° 56, mais avec une attribution inexacte; Lenoir a cru qu’elle représentait le cardinal de Dormans, fondateur du collège , inhumé aux Chartreux.
Deux d’entre elles furent détruites ou utilisées par Lenoir pour diverses restitutions, puisque l’on n’en trouve plus que deux mentionnées en 1816 dans le Rapport au comte de Vaublanc : rrN° 56. — Deux statues en pierre de la famille de Jean de Dormans, évêque de Beauvais et chancelier de France, fondateur du collège de ce nom en 1370.55 C’étaient les statues de Renaud et Yde de Dormans qui passèrent au Musée de Versailles, ainsi que celle du chanoine Jean. Celles de Renaud et de Jean ont été transférées naguère au Louvre.
D’autre part, d’après Guilhermy, ?<■ il paraît certain que c’est une des trois statues de la chapelle du collège de Beauvais qui ligure sous le nom d’Héloïse, à côté d’Abélard, sur le tombeau de fantaisie transféré au cimetière du Père La Chaise, à l’époque de la dispersion des monuments recueillis ou composés par Alexandre Lenoii'55. (T. I , p. 589.) Sur ce point, Lenoir ne nous a fourni aucun détail précis. rrLa statue d'Héloïse, que l’on voit sur le tombeau, observe-t-il, est une figure sculptée de ce temps là, à laquelle j’ai fait mettre le masque d’Héloïse. 55 (T. V, p. 224.)
ÉPITAPHIEIt DU VIEUX PARIS.
Trium vero fratrum presencium primus, scilicet magister Johannes de Dor-
MANO, LICENCEATUS IN LEGIBUS, Il ET ATI S XXTI ANNORUM, PARISIENSIS ET CARNOTEN- SIS CANONICUS, AC BELVACENSIS ECCLESIE CANCELLARIUS , OBIIT SENONIS, || ANNO M° CCC LXXX ° MENSE NOVEMBRI ; CUJUS OSSA ET CADAYER DEINDE SUNT ALLATA ET HIC INHUMATA.
Secundus, videlicet dominus Bernardus, dominus de Dormano, miles, il-
LUSTRISSIMI PRINCIPIS REGIS KAROLI QUINTI || CAMBELLANUS, OBIIT PARISIUS MENSE JANUARII, ANNO M° CCC LXXXI°; QUI SEPELIRI VOLUIT CUM || PAUPERIBUS IN CIMITERIO Sancti Innocentis PARISIUS ET HANC REPRESENTACIONEM HIC, IN SUI MEMORIAM , FIERI ORDIN A VIT.
TERCIUS FRATER, VIDELICET MAGISTER ReGINALDUS DE ÜORMANO, ARCHIDIACONUS CATHALAUNENSIS , PARISIENSIS, CARNOTENSIS ET || SUESSIONENSIS CANONICUS, REQUES- TARUM HOSPICII REGIS FrANCORUM MAGISTER, HIC JACET, QUI OBIIT PARISIUS, || MENSE M A 1 1 , ANNO M° CCC° OTTOGESIMO SEXTO. Hll AUTEM PRESENTI COLLEGIO ET CAPELLE, PRO || SALUTE EORUM BONA ET REDDITUS PLURIMOS LEGAVERUNT. ANIME EORUM REQUIESCANT IN PACE.
Texte d’après l’inscription originale; — du Breul, p. 53g; — Guilhermy, t. I, p. 585.
Au-dessus de leurs têtes on lisait la traduction française de l’inscription précédente :
473. — Ces m freres germains sont enfans de feu monsieur Guillaume,
SEGNEUR DE ÜORMANS, || CHEVALIER, FRERE PUISNÉ DE BONNE MEMOIRE FEU MONSIEUR
Jehan de Dormans, cardinal du Saint Siege de || Rome, fondeurs de ce présent COLLEGE, QUI FURENT CHANCELLIERS DE FRANCE L’UN APRES L’AUTRE || ET TRES- PASSERENT AVANT L’ACOMPLISSEMENT DE CESTE CHAPELLE, C’EST ASSAVOIR LEDIT CHEVALIER LE XIe JOUR || DE JUILLET MCCCLXXIII, || ET LEDIT CARDINAL LE VIIe JOUR DE NOVEMBRE L’AN DESSUS DIT, ET ELLEURENT LEUR SEPULTURE || AUX CHARTREUX
lez Paris, ou il[s] ont fondé deux chartreux perpétues.
Le premier des m freres presens, c’est assavoir maistre Jehan de Dormans,
LICENCE EN LOYS , DE L’AAGE || DE XX ANS, CHANOINE DE PARIS ET DE CHARTRES ET CHANCELLIER DE BEAUVES, TRESPASSA || A SENS, L’AN MIL CCC IIIXX, LE IIe JOUR DE NOVEMBRE, ET DEPUIS FURENT SES OS CY || APPORTEZ ET SEPEL1S.
Le II FRERE, C’EST ASSAVOIR MESSIRE BERNARD, SEGNEUR DE ÜORMANS, CHEVA¬ LIER, CHAMBELLANT DU ROY CHARLES LE || QUINT, TRESPASSA A PARIS, EN JANVIER M CCC III I xx ET UN, MIS ET ENTERRÉS DE SON |] COMMANDEMENT AVECQUES LES POVRES AU CIMETIERE SAINT INNOCENT A PARIS, ET ORDENA CY CESTE || MEMOIRE POUR LU Y.
Le IIIe FRERE, C’EST ASSAVOIR MAISTRE REGNAULT DE DORMANS, ARCEDIACRE DE CHAALONS, CHANOINE DE PARIS, || DE CHARTRES ET DE SOISSONS, CONSEILLIER ET MAISTRE DES REQUESTES DE L’OSTEL DU ROY, GIST CY, || QUI TRESPASSA A PARIS, OU MOYS DE MAY M CCC IIIIXX ET SIX; ET ONT LES FRERES DESSUS DIS || PLUSIEURS BIENS ET RENTES DONNÉ A CEST PRESENT COLLEGE POUR LEUR SALUT. En REPOST GISENT LEURS AMES.
Texte d’après l'inscription originale; — du Breul, p. 53g; — Guilhermy, t. I, p. 586.
COLLÈGE DE BEAUVAIS