IMPRIMERIE
Du côté droit, trois chapelles ouvraient sur la nef primitive :
La chapelle de Saint-Denis,
— de la Conception,
— du Sépulcre.
Six ouvraient du côté gauche, sur la nef de la paroisse :
La chapelle paroissiale ou de Monsieur le Curé,
— de Saint-Louis,
— de Sainte-Geneviève,
de Saint-Jean-l’Evangéliste ,
— de Saint-Nicolas,
de Saint-Pierre ou de la Tourelle h).
Au bas du collatéral, entre les deux nefs, se trouvait la chapelle de Sainte- Geneviève ou des Fonts.
L’église Saint-Benoît paraît avoir eu, de toute ancienneté, deux cimetières. L’un, que l’on appelait le Petit cimetière, était situé dans la partie méridionale du cloître et il avait du, à l’origine, être réservé aux chanoines et aux chapelains^. Le terrain qu’il occupait, et qui avait fait partie de l’ancien cloître, était limité au nord par les murs de l’église et au midi par les galeries des charniers, au-dessus desquelles étaient bâties les maisons canoniales. Au fond, du côté du cloître, sous les arcades, existaient primitivement deux chapelles, dites des Trois-Maries et des Morts. Elles furent réunies en une seule, appelée chapelle des Morts ou de Sainte-Madeleine, lorsque l’allée du cloître, qui donnait accès au cimetière, eut été englobée dans l’église, et l’oratoire supprimé devint un passage d’entrée, que I on lit communiquer avec la nef de la paroisse par une porte pratiquée dans la chapelle de Saint-Denis. A l’autre extrémité, du côté de la rue Saint-Jacques, se trouvaient la sacristie de la paroisse et le presbytère.
Le second cimetière, nommé le Grand cimetière ou le cimetière de Cambrai, se trouvait derrière le chevet, de l’autre côté de la rue Saint-Jacques. Il fut supprimé en 1 6 1 5 , pour agrandir la place Cambrai et dégager les abords des bâti-
(1) Lebeuf indique les vocables de Saint -Marc, Saint-Pierre et Saint-Paul, Saint-Louis, Sainl- Agnan, Sainte-Geneviève; mais ils avaient dû être remplacés par ceux que nous avons empruntés aux anciens titres de l’église, conservés aux Archives nationales. Cocheris, qui a consulté ces mêmes documents, signale un nombre de chapelles beaucoup plus grand, mais il veut parler des chapellenies. ( Additions , t. II, p. 8a.)
(2) Le rapport des commissaires chargés, en
1763, de l’enquête sur les nécropoles parisiennes, constate que, dans le Petit-Cimetière, rron n’a enterré depuis dix ans qu'une seule personne; mais on enterre dans les charniers, et les ecclésiastiques qui logent au-dessus sont incommodés”. (Bihl. nat. , Collection Joly de Fleury, 1209, fol. 18.)
En 1812, on trouva dans les charniers et sur les voûtes de l’église quantité d'ossements qui furent portés aux catacombes, au commencement de 181 3. (Cf. Journal de Paris , 1" février 181 3.)
ÉGLISE COLLÉGIALE ET PAROISSIALE DE SAINT-BENOÎT. 347
ments du Collège de France, dont on avait récemment entrepris la construction sur l’emplacement du collège de Tréguier(1b La fabrique fit alors l’acquisition d’un terrain en angle, situé dans la rue Fromentel (2), entre deux îlots de maisons, vis-à-vis le collège du Plessis, et elle y établit un nouveau cimetière qui donna son nom à une partie de la rue(3).
Les deux cimetières furent supprimés par le décret du 2Ô août 1790, qui prohibait les inhumations dans l’intérieur des édifices religieux, et devinrent propriété nationale en vertu des décrets des 6 et 1 5 mai 1791.
La paroisse de Saint-Benoît, située en plein quartier universitaire, avait été le berceau de l’imprimerie parisienne, et les plus célèbres imprimeurs, libraires et graveurs de Paris, qui avaient successivement rempli pendant plus de deux siècles les fonctions de marguilliers, reçurent la sépulture dans l’église ou dans les charniers. Dès l’année 1 5 6 6 , à la requête des habitants du faubourg Saint- Jacques, on lui avait adjoint, comme succursale, en raison de son étendue, la chapelle de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, qui devint église paroissiale en 16Ô0G). La paroisse de Saint-Benoît fut supprimée par un décret de l’Assemblée nationale du i3 février 1790, et réunie à celle de Sainte-Geneviève-du-Mont; le chapitre des chanoines cessa d’exister à la fin de la même année.
L’église, mise en vente le 28 nivôse an v (18 décembre 179G), fut acquise par un ancien chasublier, Jérôme Watrin. Le décret de la Convention du 2 1 février 1796, qui reconnaissait en principe la liberté des cultes, sous cette réserve qu’il n’en résulterait aucune charge pour l’Etat, permit à l’acquéreur de rouvrir l’église, et les offices religieux y furent de nouveau célébrés. Après le Concordat, on fit de Saint-Benoît une succursale de Saint-Etienne-du-Mont, qui subsista jusqu’au mois d’octobre 1812. Mais, dès le 7 avril précédent, les héritiers de Watrin avaient vendu l’édifice. Le meunier J. -B. Guy l’avait acheté pour en faire
ll) «Le roi François Ier ayant dessein de bâtir le Collège Royal , ordonna aux paroissiens de Saint- Benoît de faire l’acquisition d’une place pour un cimetière; cette acquisition fut faite au bout du jardin de l’hôtel de la Coulure; et, le jeudi de la Passion, <f jour d’avril 1 6 1 5 , fut béni par M. l’évêque d’Angoulême le nouveau cimetière de Saint- Benoît, du bout du jardin de la Couture, rue Fromentel, au lieu de l’ancien cimetière qui etoit devant le cadran de l’eglise dudit S. Benoît, lequel le Roi a voulu avoir pour foire plus grand espace devant le college Royal. « (Brute, Anecdotes particulières, p. 17.)
(2' Cette partie de la rue Fromentel, qui fut depuis appelée rue du Cimetière-Saint- Benoît, correspondait probablement à celle que Guillol désignait autrefois sous le nom de l’Oseraie. Elle
paraît aussi avoir porté le nom de rue Breneuse.
(3) Le plan général de ce cimetière nous a été conservé par les commissaires enquêteurs de 1763. (Cf. Bibl. nat., Collection Joly de Fleury, 1207, fol. 281.)
(4) «La cure de Saint-Benoît, outre le tort que lui fille démembrement en faveur de Saint-Jacques, pensa alors changer de situation et de lieu. La restauration de la Maison de Sorhonne, faite par le cardinal de Richelieu, avoit engagé ce cardinal h faire abattre l’église de Saint-Benoît, pour la transférer ailleurs. » (Bruté, Clironol. historique, p. 46.) Au bout de deux siècles et demi, le projet de Richelieu a été réalisé, et la façade de la nouvelle Sorbonne, du côté de la rue Saint-Jacques, s’élève aujourd’hui sur l’emplacement de l’ancienne église paroissiale.
ËP1TAPHIER DU VIEUX PARIS.
un magasin de farines; son commerce ne prospérant pas, il résolut de se défaire à son tour de cet immeuble qui lui était inutile, et, sous la Restauration, il offrit à l’administration municipale de le lui revendre. Sa proposition 11e fut pas accueillie, et, en 1 83 2 , l’église devint le théâtre du Panthéon, sous la direction de l’acteur Eric Besnard. L’architecte Bourla fils, chargé de l’installation de la salle, avait eu le soin de conserver, sous les aménagements nouveaux, l’ancien bâtiment, avec ses nefs, ses piliers et ses divisions intérieures (‘h Mais le théâtre n’eut qu’une existence éphémère et, lorsqu’il eut été fermé, on divisa l’église en ateliers, en magasins et en boutiques; son élévation fut coupée par des étages et ses voûtes éventrées pour ajourer des cours. Cette transformation mutila complètement l’édifice En i85û, le percement de la rue des Ecoles acheva de taire disparaître les derniers vestiges de l’église Saint-Benoît, en même
temps qu’il supprimait les constructions enceinte.
111 «Les spéculateurs qui imaginèrent cet acte de vandalisme profanatoire, auraient du se rappeler qu’une sorte de fatalité semble s’être attachée à tous les établissements de ce genre introduits dans les églises de Paris. C'est ainsi qu’ont tombé successivement le théâtre dit du Marais, construit sur les ruines de la collégiale de Sainte-Catherine du Val des Ecoliers, le théâtre des Variétés ou de la Cité, bâti avec les pierres de l’église paroissiale de Saint- Barthélemy, celui pratiqué dans l’église des Théatins et enfin le Théâtre d’Elèves, de Doyen, dans l’église des Carmélites de la rue Chapon. » (Troche, Notice historique , p. 981.)
(2) «A peine les baladins avaient-ils, pour cause d’inanition, abandonné leurs tréteaux et cessé de souiller l’enceinte sacrée de l’église Saint-Benoît, qu’un nouvel exploiteur achetait l’édifice remis à l’encan, et s’empressait d’en compléter, à buisclos, la destruction architecturale; nous disons à huis-clos, pareeque les fenêtres et les portes étant murées, ces pitoyables travaux se sont exécutés, pour ainsi dire, à l'insu des hommes studieux et fidèles au culte des souvenirs. Pour pratiquer, dans la vaste capacité de l’édifice, des boutiques et des logements comme il en convient à la classe ouvrière de ce quartier laborieux, on l’a déchiqueté, dégradé et abîmé de mille manières .
«Le propriétaire actuel de l’église Saint-Benoît, usant d’ailleurs de son droit incontestable, s’est livré à bas bruit à des mutilations et à des travestissements inimaginables; la bacbe et la truelle ont
parasites récemment installées dans son
passé généralement sur les murs , les piliers, les moulures et les pendentifs qu’une première transformation avait épargnés; l’une des contre-allées du collatéral-nord est convertie en boutiques et entresols pratiqués dans chaque travée ogivale; l’autre aile, dont les voûtes ont été démolies, forme faire d’une longue cour assez triste, dans laquelle on pénétré en passant sous les formerets et les arcs-
boutants qui ont été conservés . Quant à la
grande nef, faire forme un grand magasin occupé par un satineur. Des planchers verticaux divisent son élévation en deux étages de chambres éclairées par les grandes baies à ogives des anciennes fenêtres latérales et par celle de la rosace occidentale, dont les meneaux flamboyants ont été coupés.
«Pour ce qui est des pierres tumulaires, des gargouilles, des pinacles, de la majeure partie des clefs pendantes et des portes de l’église Saint-Benoît, tous ces débris sont devenus la propriété du maître maçon qui a opéré la démolition.
«Telle est aujourd’hui la condition hideuse d’une des plus belles églises de Paris qui, dans sa simplicité, offrait un caractère beaucoup plus religieux que celles dont on vient de doter à grands frais
cette capitale . Saint-Benoît 11e présente plus
aujourd’hui qu'une masse informe et sans toiture, que le percement projeté de la rue devant aller de la place Cambrai à l'Ecole de médecine, et l’agrandissement des bâtiments de la Sorbonne, feront bientôt disparaître, ainsi qu’il y a lieu de Pespérer.n (Troche, Notice historique, p. 2i5 et 282.)
ÉGLISE COLLÉGIALE ET PAROISSIALE DE SAINT-BENOÎT
INDEX ALPHABÉTIQUE
Adrien (Louise), 487.
Alexandre (Henri), 499.
Arnouviller (Jean), 52 1.
Badius (Josse), 5 16.
Baron (André), 5io.
— (Marie), 5 1 1 .
Binois (Germain), Agô.
Boocher (François), 48 1 .
Boudant (Marguerite), 488.
Bruche (Panlaléon), 523.
Brülart (Nicolas), 5 1 3.
— (Pierre), 5 12.
Bruneau (Marguerite), 5 10.
Brute (Jean), 4g5.
Burgauld (Gilles), 5oo.
Canechères (Jean de), 5o6.
Cerisiers (Sébastien de), 484.
Champy (Olive de), 52 3.
Charbonnier (Charles de), 520.
Ciiefdor (Benoît) , 489.
Chopin (Augustin), 509.
— (Bené), 507, 5o8,5it. Ciiouzay (Bobert de), 5o5.
Cotton (Richard), 4g4.
Daurat (Jean), 482.
— (Madeleine), 482.
Dénery ( Jean) , Soi .
Des Essarts (Marie-Anne), 4 90.
Des Portes (Dreux), 498.
Du Champ (Roger), 496.
Elbène (Thomazzini b’), 5 18.
Espagnet (Etienne d’), 48o.
Fiot (François), 486.
Goulu (Jérôme), 482.
— (Nicolas), 482.
— (Nicolas), 482.
Granmer (Henri de), 4 g3.
Harsi (Olivier de), 517.
Héricart (Jacques-Louis), 52 4.
La Barre (Jacques de), 483.
La Marche (Marguerite de), 491 .
— (Thomas), 4g 1 .
Lile (Jean de), 479.
Lenoir (Michel), 5 1 5.
Marcèse (Jeanne), 482.
Mauger (Pernelle), 497.
Monantheuil (Catherine), 482.
— (Charlotte), 482.
— (Henri), 482.
— (Thierry), 482.
Morel (Frédéric), 5 16.
Nivelle (Sébastien), 5o2.
Poutrel, 499.
Pucelle (René), 5i4.
Régnault (Claire) ,484.
Remefof.t (Léonor de), 492.
Roguena rd (Nicolas), 4g5.
Roussel (Geneviève), 5 1 9.
Ruelle (Jean), 5 1 9.
Saint-Mesme (Marie Croisettes de), 522.
Thienin de Rameray (Wolfang-Thierry), 5o4. Tullou (André), 4g5.
Vaillant (Jean-Foy), 487.
— (Jean-François), 487.
Vascosan (Michel), 5i6.
Viellon (Etienne), 5o3.
Vienne de Vallière (Pierre de), 4g5.
Viron (Hélène), 5o3.
Winslow (Jacques-Bénigne), 485.
ÉPITAPHES DE L’ÉGLISE