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souverain, pris au dépourvu, le fit res-
taire du Roy et de ses finauces , bailly de sou artillerie, et Baptiste Androuet du Cerceau, aussy vallet de Chambre dudict seigneur et ordonnateur general des bastimens de Sa Alajesté , à ce presens et acceptans , achepteurs et acquesteurs pour Sa Majesté , une maison contenant deux corps d’hostel estant eu ruyne et decadence, avec le jardin et terres derrière y attenans et jouste la muraille du jardin de la Royne , mere dudict sieur, tout le lieu , si comme il se comporte, contenant soixante et quatorze thoises de longueui’, sur vingt huict tboises quatre pieds et demy de largem* ou environ, assis ès faulxbourg Sainct Honnoré, sur la grande rue dudict faulxbourg, tenant d’une part à maistre Antboine Du Pré, advocat en Parlement, d’aultre au Roy, nostre dict sire, à cause de l’acquisition faicte par Sa Majesté de monseigneur le duc de Retz d’un jardin joignant le monastère des Cappussains, abboutissant d’un bout par devant sur la grande rue et chaussée dudict faulxbourg et par derrière aux murs du pallais des Tbuillel'ies. . . , moyennant la somme de trois mil trois cent trente trois escus soi et ung tiers , que ledict sieur Habert a promis et pi'omet. . . bailler et payer auxdicts vendeurs , esdicts noms , ou au porteur de ces présentes, pour euk, dedans le temps de buict jours prochainement venans et si tost qu'ils seront deslogés de ladicte maison. . . » (Arcb. nat. , S 4i 16.)
D’après le Journal de i’Estoile, au mois de décembre suivant, Baptiste Androuet du Cerceau, dont il est question dans ce contrat, préféra, en qualité de protestant, rr quitter et l’amitié du roi et ses biens que de retourner à la messe». 11 est donc
ISIPBlUETtJE 5ATIOIT1LE.
KPITAPHIKIl DU VIEUX PARIS.
taiirer et aménajjer en toute hâte, et les religieux purent s’y installer le 8 septembre iSSy. Mais ce couvent fut promptement jugé insuffisant pour les religieux, et le roi, qui désirait avoir chez eux une cliambre où il put se retirer à l’occasion, les autorisa à prendre possession des bâtiments récemment construits par lui sur une ])artie du terrain des Capucins contigu à leur enclos, les troubles de la Ligne, qui l’obligèrenl à quitter Paris après la .tournée des Barricades, ne lui permetlant pas de s’occuper d’eux plus longtemps.
Gomme les Feuillants n’avaient point de ressources propres, Heniâ 111 avait décidé, dès le 9Ç) août iBSy, qu’il leur serait attribué une moitié des revenus de. la mense abbatiale du Val, dont il confia l’administration provisoire à .lean de Vabres, avec mission de les partager entre eux et le futur abbé. Mais les Feuillants insistèrent pour jouir de la totalité, et le roi, par un brevet du 8 février i588, donna fabbaye en commende régulière à .lean de La Barrière, à la condition d’installer, dans tel couvent qu’il désignerait, deux cents religieux de sa congrégation P); après lui, elle devait passer de plein droit à ceux qui lui succéderaient en qualité d’abbés.
La réforme de .lean de La Barrière avait été appouvée, le 5 mars i .586, par une bulle de Sixte-Quint. Une autre bulle du i3 novembre 1687 érigea leur communauté en congrégation sous le titre de rr Notre-Dame des Feuillants n. Le â septembre lùqa, ils devaient être distraits, par Clément VllL de la juridiction de l’abbé de Giteaux et placés directement sous l’autoi ité du Saint-Siège.
An mois d’aoùt 1 588, .lean de La Barrière, quittant Paris pour aller visiter son abbaye de Feuillans, désigna comme prieur du couvent le P. Bernard de Montgaillard qui, en son absence, s’adressa directement au Souverain Pontife pour obtenir des statuts moins rigoureux, desquels était exclue l’obligation de marcher pieds nus, et pour être autorisé à reprendre l’iiabit de l’ordre de Giteaux. 11 prit,
peu vraiseml ilable que , deux ans ptus tard , il ait pris part à l’instaliatiou du couvent des Feuillants, comme l’a supposé Berty, en se fondant sur une assertion contestable des Mémoires du duc de Nevers.
ff Aujourd’liuy, 8“ de felivi'ier, l’an i588, le Roy estant à Paris, désirant cberclier tous moiens de faire croistre et augmenter en ce royaume l’ordre et religion de frere Jean de La Barrière , abbé de l’abbaye de Feuillans, et religieux de ladicte abbaye, pour la bonne et exemplaire vie (|u’ils font. Sa Majesté a accordé et accorde audict abbé de Feuillans, l’abbaye de Nostre Dame du Val , vacante par le decez de Gilbert Jean de Bellenave, dernier titulaii'e d’icelle, pour tenir ladicte abbaye en commande reguliere et à la charge qu’il sera tenu, comme il l’a Iny mesme requis, et pro¬
posé à Sadicte Majesté, outre les charges ordinaires, entretenir là où sadicte majesté voudra , dix decanies de religieux de sa congrégation, faisant le nombre de deux cens, observans la réglé de S' Benoist, suivant la reformation commencée eu ladicte abbaye des Feuillans, authorizée par nostre très sainct pere le Pape, désirant Sadicte Majesté requérir Sa Saincteté qu’advenant cy après vacation de ladicte abbaye de Feuillans, celuy qui sera nommé pour en estre ])ourveti en titre, conformement à ce (ju’icelle Majesté en a cy devant ordonné, soit pareillement pourveu en commande reguliere de ladicte abbaye du Val, sous les mesmes charges et conditions que dessus. n (Arcli. nat. , S fol. iqà v°.)
d’autre part, ouvertement parti dans les dissensions politiques e( , oublieux des bienfaits du roi, il n’hésita pas à se déclarer pour ses ennemis. Henri III, justement indigné, profita de ce que les bulles en faveur de La Barrière n’avaient pas été encore expédiées en cour de Rome pour enlever aux Feuillants, quelques jours avant sa mort, les revenus de l’abbaye du VaUb, et pour donner, le 96 juillet 1 bSq, l’abbaye en commende à MM. de Sancy et de Manou.
Les imprudences du prieur eurent ainsi pour résultat immédiat de priver les Feuillants de leur principale ressource, ce qui obligea la plupai-t d’entre eux à quitter le couvent.
Elles faillirent leur être plus funestes encore par le fâcheux effet qu’elles avaient produit sur l’esprit de Henri IV, qui, dès le début de son règne, se montra mal disposé à l’égard de ces religieux. Le roi, prenant prétexte de leur nombre trop restreint, leur enjoignit, le 1 1 mars ibqB, de rentrer dans leur couvent d’origine ou de se retirer aux Bernardins En présence de leurs explications, il revint d’ailleurs promptement sur sa première décision, confirma leur établissement par un brevet du 28 mars 1 BqB et ne cessa dès lors de leur témoigner une extrême bienveillance. Par des lettres patentes du mois de mars ibqy, enregis-
rrAiijouFcriiuy, 30° j OUF de juillet iSSg, le Roy estant au camp de Ponthoise , désirant gratifier les sieurs de Sancy et de Manou , eu considération de leurs services , leur a accordé et faict don de Pabbaye du Val , vaccante par la mort du dernier possesseur, pour y estre pom’veu de personne capable et à la charge de deux mil livres de pension à Jacques Beuoise , frere de Beuoise , secrétaire de Sa Majesté, sur ladicte abbaye , à les prendre par les mains du fermier ou receveur qui seront tenus les luy délivrer et eu seront deschargez . . .n (Arcli. nat., S 4307, fol. soi v°.)
frLe Roy sachant qu’il ne reste que quatre religieux au couvent des Feuillans sis ès fauxbourgs de ceste ville, lesquels, pour leur peu de nombre , ne sont suffisans pour desservir leur eglise et que , pour ce subjet , ils ont intention de se retirer en leur couvent general , estant en Languedoc , Sa Majesté, en ce cas, a ordonné et ordonne que lesdicts religieux se retireront dudict couvent et cpi’il leur sera baillé cbascun vingt escus pour servir de leur conduitte et voiage, si ce n’est qu’ils se puissent accommoder dans le couvent des Bernardins où Sa Majesté aura agréable cpi’ils se retirent et veult qu’ils se retirent. Faict à Paris, le xi° jour de mars iSgS.s
Sur la signification à eux faite de cette ordonnance, le 17 mars suivant, les Feuillants adressent
au roi une supplicpie j)our lui faire connaître trque Sa Majesté a esté surprinse et luy a esté donné mal à entendre, d’autant en premier lieu que ça n’a jamais esté leur intention de sortir dudict couvent , ni usé d’aucuns propos contenus en ladite ordonnance; d’ailleurs ils sont en nombre de neuf ... et ce qui a esté cause qu’ils sont si peu, n’a esté que le peu de moyens qu’ils ont de se nourrir et s’il plaisoit à Sa Majesté leur donner et aumosner quelques bienfaicts, ils feroient revenir leurs freres qui estaient dudict convent en nombre de soixante profès ; suppliaus très humblement Sa Majesté de voulloir différer l’execution de ladicte ordonnance jusqu’à ce qu’elle soit plus amplement informée. . .n.
En réponse à cette supplique , le roi s’empressa de déclarer qu’il lui était ff très agréable de continuer et confirmer i’establissement dudict convent et des religieux d’iceliuy et leur octroyer et concéder les mesmes logis, appartenances et deppendances d’iceuLx, qui leur ont esté donnés et octroyés par ledict deffunct Roy, desquels ils jouissent encore à présent, ne voulant c[ue, pom’ cause ou occasion que ce soit, ils en soient ores ne pour l’advenir, en sorte cpie ce soit, dépossédés, se comportant fidellement et avec la réglé et discipline que leur institution reformée le requiert. . . -n (Arch. nat., S 4i66.)
trées au Parlement le 32 avril suivant, et aux bannières du Châtelet le 20 juin, il se déclara leur fondateur, à l’exemple de Henri 111, et leur accorda la jouissance de tous les privilèges accordés aux maisons religieuses de fondation royale.
Par un brevet du 2 5 août iSpSlP, enregistré cà la Gliambre des comptes le i5 septembre, le roi leur rendit une maison située dans l’intérieur du couvent et dont il avait gratifié par inadvertance M. de Pluvinel, écuyer de la Grande Écurie. La bienveillance du roi entraîna celle des grands seigneurs, et les Feuillants reçurent dès lors des dons importants et répétés, ce qui leur permit de songer à l’agrandissement et à la transformation de leur monastère.
Un nouveau prieur, nommé en iBqB, .lean de Saint-Malacbie, se préoccupa de faire oublier les fautes du P. de Montgaillard. Après avoir obtenu des religieux qu’ils reprissent leur premier habit, il fit installer des cellules et un réfectoire et entreprit la construction d’une église destinée à remplacer la cliapelle primitive. Les fondements furent bénits, le 19 août 1600, par l’arcbevèque d’Aucb, et, ce même jour, le Prévôt des marchands, en l’absence du Roi qui se trouvait alors à
(ïLe deffuuct Roy, iioslre |)]'edecoss(‘iir, leui' auroit donné loiiL ce qu’il avoil: faict bastir près les Capucins, avec les appartenances et dejiendances, sans aucune chose en excepter ou reserver, entre lesquelles appartenances est un corps d’iioslel ou maison en laquelle ledict delïunct nostre jtredecesseur se retii-oit lorsqu'il vonloit assister au service divin qui se huct au couvent desdicts religieux, lequel corps d’hostel est tellement enclavé an dedans dudict couvent qu’il n’en peust estre séparé que lesdicts religieux n’en receusseut une très grande incommodité, pour les veues dudict corps d’iiostel qui n'gardent dans l’enclos dudict couvent, et pour estre impossible (pi’autres ([ue ceux qui sont de la profession desdicts religieux habitent en ladiete maison, pour les divertissements et desordres qu’ils en recepvroicnt, comme ils ont es])rouvé depuis quehjue temps que le sieur Plnxinel, un de nos escuyer d’escurie, auroit habité en ladiete maison, à l’occasion du don qu’il en pouvoit avoir obtenu de nous par inadvertance et sans que nous ayons esté informez des intentions de nostre dict predecesseur et de l’incommodité que lesdicts religieiLX recepvroient à l’occasion dudict don , la- (pielle incommodité a esté recognue si grande et si importante par aidcuns des gens de nos Comptes, mesmes par nostre procureur en ladiete chambre fie nosdicts Comptes, qui se seroieut transportez sur les lieux avant que procéder à la verificatiou dudict don, qu’ils en auroient faict remonstrance
à plusieurs de imsire Conseil, et, ce pendant, sursis à ladiete verilication ; à ces causes,. . . avons de nostre certaine science et plaine puissance, coniirmé le don ([ui leur a esté faict de ladite maison par ledict delfunct nostre [)redecessenr, et eu esgard qu’elle faict part de leur couvent et monastaire, et d’abondant autant cpie besoing seroit leur en faisons don par ces présentes, déclarant nos vouloir et intention estre que ladiete maison, corps d'hostel et tout ce qui en dépend demeure perpétuellement auxdicts religieux pour en jouir comme ils font du reste de leurdict monastère, sans qu’ils puissent estre troublés ou empeschés, tant pour le passé comme pour l’advenir par quelques personnes que ce soit, mesmes par ledict sieur Phivinel, en façon quelconque, auquel nous avons assigné recompense suffisante dudict don qu’il avoit obtenu de nous de ladiete maison, nonobstant iceluy don et tous autres que nous en pourrions avoir faict à quelques personnes que ce soit, lesquels nous avons revocquez, cassez et annulez...!’ (Arch. nat. , S 4207, fol. 8 v°.)
Le roi avait alloué, à titre de dédommagement, une somme de 2,5oo écus, à M. de Pluvinel qui, en 1600, était encore créancier de 625 écus et ne se pressait pas de quitter l’immeuble. Le 1 2 février, uu arrêt du Grand Conseil décida qu’il devait rendre la maison aux Feuillants et être payé de son dû. []hi(l., S 4 169.)
C0UVI:NT des feuillants du FAUHOURG SAINT-HONORÉ. 253
Lyon, posa la première pierre du maître-autel; le i'’’’ septembre un marché fut fait pour les travaux qui devaient être exécutés sous la direction d’un religieux feuillant (’h Mais, durant plusieurs mois, l’entreprise dut être suspendue en raison d’un dilTérend soulevé par les Capucins au sujet de la possession du terrain de la maison leur appartenant qui avait été attribué aux Feuillants par Henri 111, en iBSy. Ces religieux réclamaient l’exécution des arrêts du Conseil d’Etat des 7 et i3 juin ibSq, qui leur avaient adjugé définitivement la propriété de ce terrain, tout en laissant aux Feuillants la faculté de le conserver pendant trois ans. L’affaire fut portée devant le Conseil d’Etat qui, par son arrêt du 1 5 septembre i6oi(^), confirma les droits des Capucins, et ordonna d’établir, sur le terrain en litige, entre les deux couvents, une ruelle de séparation, destinée à servir de passage au roi pour se rendre des Tuileries au faubourg Saint-Honoré. Mais, à la suite d’un accord intervenu entre les parties et approuvé par le roi, le 16 juin i6o3
Le Registre de l’argent employé pour la fabrique de l’église neuve Saint-Bernard (Arcli. nat., LL i54o) constate que ffle contract et marché pour la fabricque de ladicte église fut passé avec maistre Remy Collin, masson juré et entrepreneur des bastiments que le Roy faict à Fontainebleau, auquel ont esté promis dix escus par thoise de tout ouvraige qu’il fera selon le devis accordé . . . (fol. !2).
tfLe 20° du mois de décembre [ 1 6o3 ] , pour parfournir au masson la somme de 24,000 livres à quoi a esté prisée et estimée toute la besoigne par luy faicte, luy avons délivré la somme de 1,900 livres, . . . moyennant quoy ledict masson s’est desparti du marché par luy faict et accordé, se tenant pour quitte et content , et consentant que nous facions continuer la fabricque ainsy qu’il nous semblera estre nostre meilleur n (fol. 6).
Jean Grepin et Achille Le Tellier remplacèrent alors Remy Collin, comme conducteurs de la fabrique.
(fLa divine Providence inspira à un maistre masson de quitter le siecle et prendre l’habit de Feuillant convers , pour veiller à la conduite de l’edifice. 11 s’appelait frere Estienne de Saint Ignace. Le Roy prenoit plaisir à le voir travailler, et sa vertu imprimait dans le cœur de ceux qui traitoient avec lui tant de respect que le Roy ne lui parloit jamais qu’il ne se descouvrit, ce que Sa Majesté n’observoit pas à l’endi’oit de nos supérieurs. C’estoit un homme de très bon sens, d’une pieté achevée et très sçavant en l’architecture, ce qu’il a depuis fait paroitre dans la structure de six églises et de plu¬
sieurs chasteaux, dans le Bourdelois, Périgord et Limosin. . . -n (Chronique, p. 21.)
crLe Roy en son Conseil . . . , a ordonné et ordonne que le mur mettoien qui est a présent entre lesdits monastères , y demeurera et appartiendra cy après audit couvent des Gapuchins . . . Les logis et bastiments esquels résident lesdits Feuillants, tjui aboutissent sur ledit mur par ung bout, seront retranchés de fonds en combles dedans six mois , pour tous delais, de la diligence et despens des Feuillans, en prenant par eux les démolitions, et feront dresser ung autre mur, aussy à leurs frais, pour servir de closture tout le long de leur monastère. « (Arch. nat., S 4i66.) Berty fait observer que ce passage fut ouvert sous la minorité de Louis XIV et non de Louis XV, comme on le dit partout [Topographie Iiist., t. I, p. 3o6). 11 y a là une double erreur; ce passage , établi sous le règne de Henri IV, fut, durant plus d’un siècle, exclusivement réservé au service du roi; mais, après la mort de Louis XIV, il fut ouvert au public.
Dans le préambule de ses lettres, le roi déclarait que les deux parties rr ayant considéré par l’advis et entremise tant d’expers que de personnes affectionnées au bien de leurs ordres et couvens. eu quelle forme il seroit plus expédient de faire leur closture , nous auroient faict entendre , de part et d’autre, en uostredict Conseil, qu’il leur seroit fort commode et ulil qu’au lieu de ladicte rue qui debvoit séparer leurs couvents, lesdicts religieux Feuillans laissassent la largeur et espace de quatorze pieds et demy dans œuvres, depuis la rue S' Honoré jusque au troisiesme et dernier corps de
ÉPITAl’HIER DU VIEUX PARIS.
les prescriptions de cet arrêt lurent modifiées en ce qui concernait la répartition du terrain et l’établissement de la l'uelle.
Lorsque les travaux de l’église furent repris, l’évêque de Paris, à l’occasion du grand jubilé institué en iGoo par Clément Vlil, établit cliez les Feuillants mie station qui fut installée dans une chapelle provisoire en charpente, au milieu même du bâtiment que l’on était en train de construire, ce qui devint pour les religieux une source d’aumônes abondantes*'). A ce moment, il fut constaté que, d’après le plan primitif*-), les proportions du nouvel édifice seraient insuffisantes et on décida de l’agrandir par une abside circulaire élevée sur remplacement d’une propriété voisine*'^), l’ar suite, la première pierre du maître-autel dut être déplacée et le Roi et la Reine acceptèrent de la poser de nouveau, le 2 G mars 1 Go 1 . Au cours de la construction, les religieux trouvèrent de nouvelles ressources dans la concession
de chapelles*') et dans l’acceptation de
logis, proche chi jardin desdicts religieux Feuillans, sur ladicte longueur et an devant du pignon dudicl dernier corps de logis, dix pieds et demy de large, laquelle longueur et espace, contenaut en tout trente Imict thoises et ung pied de long, demeurera au couvent desdicts religieux Capucins, et que, par delà ladicte espace, lesdicls religieux Feuillans hastiront une muraille au plus tost que faire se pourra et au plus tard dans deux ans, de la haulleur qui est portée par le susdict ari’est, et que les fondemens de ladite muraille seroient commencés au premier jour, alin que les choses fussent d’aultant plus asseurées; laquelle muraille passera par dessouhs le grand corps de logis, proche la rue du liuixhourg Sainct Honoré, lequel fut au sieur Pluvinel , à pareille haulteur que le premier plancher dudict corps de logis et pareil alignement que ladicte muraille de quatorze pieds et demy de large, et en attendant que lesdicts religieux Feuillans aient moien et commodité d’ahattre le pignon dudict corps de logis, et quand au surplus de ladicte lue en long, depuis ledict dernier corps de logis proche dudict jardin jusques au bout dudict jardin ahhoutissant sur la lisse à picquer nos chevaux, contenant trente neuf thoises et quatre pieds de long, et siu- la largeur, jusques contre la muraille et séparation qui est desdicts religieux Capucins avec lesdicts religieux F euillans , demeurera aussy eu propre au couvent desdicts Feuillans, ce qui auroit ainsy esté accordé entre eux, souhs nostre bon plaisir . . . n (Arch. nat. , S /ii ÜG.)
La Chronique constate que, dans la même année 1601, le couvent reçut 26,000 livres dont
diverses fondations. Achevée en 1G08,
1 5,000 provenant des troncs du jubilé et 10,000 de quêtes faites dans les églises de Paris (p. 28).
ffLa prudence de l’architecte fit ouvrir les yeux à nos peres poui' recognoistre par la mesure des lignes tendues (pie Peglise seroit trop courte, si l’on s’arrestoit aux mesures ipii estoient déjà prises; ce fut pourquoi ou acheta une maison et le jardin (sis au lieu oi'i est à présent notre chœur) du propi'ietaire de la somme de mil escus, ce qui donna lieu de la faire plus grande et qui fil qu’on songea à la nouvelle pierre que le Roi et la nouvelle Heine, Marie de Medicis, posèrent avec toute la magnificence possible, digne d’un grand monarque; l’évêque de Lesparre la bénit et la Reine donna la somme de trois mille escus, cent vingt livres. . . n (Chronique, p. 20.)
Cette propriété fut achetée à François Belot, le 12 mars 1601, pour mille écus; elle est ainsi d(îsignée dans le contrat : trUne maison, court, estahle, servant aussi de fournil, et jardin derrière, contenant sept toises ou environ de largeur entre les deux murs, esquels lieux y a trois pieds, le tout assis esdicts fauxbourgs S‘ Honoré, tenans la totalité, d’une part, auxdicts religieux, d’autre part , audict Belot, vendeiu-, à cause de l’acquisition par luy faicle d’une autre maison, court et jardin joingnant, oii est demourant ung barbier, par decret dudict Chastellet, aboutissant d’ung bout, par derrière, au jardin des Tuileries et, par devant, ladicte rue S' Honoré. . . v (Arch. nat., S 6207, fol. 28.)
Les bienfaiteurs du couvent n’attendirent pas l’achèvement de l’édifice pour solliciter la concession des chap(ilies.
moins le portail, l’église fut dédiée le 5 août, sous le titre de Saint-Bernard, par le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux Le manque de ressources obligea de différer la construction du portail , qui fut exécutée seulement en i Gqû , par Büulle, architecte de la reine Marie de Médicis, sous la direction de François Mansart, qui en avait fait le dessin.
En 1697, une tribune fut établie sur la grande porte de l’église pour mettre en communication les deux galeries latérales du premier étage
D’autre part, après la destruction des anciens bâtiments, situés sur le terrain qu’il avait fallu rendre aux Capucins, les religieux avaient commencé, en 1607, la réfection de leur monastère, et, en 1609, ils avaient fait construire une infirmerie pour leurs malades logés jusque-là dans une maison
trA peine furent elles élevées jusqu’à la première plinthe, que M. Poncher, maistre des Comptes, ayant obtenu de mettre ses armes à la première chapelle , en entrant dans l’église , à gauche , dite de Sainte Urside, donna à la fabrique la somme de quinze cents livres . . .
tfLe 19 mars 1607, le Chapitre résolut de donner acte à six personnes : M”' de Sourdis , d’An-
goulesme, M°’° Du Tillet, Deslandes, M. Vivien et M. Lambert, et les déclara proprietames d’une chapelle dans l’eglise neuve, parce qu’ils avoient tous contribué pour la structure de la somme de quinze cents livres. « (Chronique, p. ai et a 9.)
A la suite du Registre des dépenses de l’église , on trouve un tfRoole de ceux à qui sont deues les chapelles de l’eglise neufve, pour en avoir paie la massonnerie» , qui indique les noms de M. de Bellegarde, grand escuyer de France, — M. le duc d’Espernon , — M”"® la duchesse d’Angoulesme , — M”' la marquise de Verneuil. — M"' Sainte Reuve, — M. du Tillet , — M'"® de Sourdis , — M. de Roquelaure , — M. Vivian , maistre des Comptes , — M. Des Landes, maistre des Comptes, — M. Lambert , — M”' de Mercœur. 11 faut ajouter à cette liste MM. de Bassompierre et de Guitrancourt qui avaient versé , pour la concession de leurs chapelles , une somme de i,5oo livres. (Arch. nat.,LL iSdq.)
^Depuisl’an i6o3,jusqu’àcetteannée(i6io), que l’on a achevé de payer les ouvriers qui ont travaillé à l’eglise , on a receu en neuf années pour la structure generale 78,651 livres, et par les comptes du monastère il paroit qu’on a dépensé (sans compter la dépense du portail) la somme de 63,825 livres, y compris le pavé de marbre du presbytère , pavez , carreaux , lambris et chaises
du chœur, la couverture , charpente et clocher, sans parler des tableaux et peintures de l’autel et des chapelles , la Royne ayant payé les tableaux de retable, tant celuy du grand autel que du petit autel du chœur, tous deux faits par le nommé Bunel.î) (Chronique, p. 57.) Le marché fait en 162A pour la construction du portail s’éleva à 2 8 , 3 0 o livres [Ibid., p. 61.)
rfEn 1627, la mere d’un religieux, M”' de La Forest, donna la somme de douze cents livres à dessein de construire une tribune snr la grande porte de l’egîise, et le 19 juillet elle donna encore 1,800 livres, mais avec engagement de dire une messe tous les premiers vendredis du mois, pendant cinquante ans , et l’argent en fut employé à l’ouvrage de la tribune, très utile pour avoir la communication des galeries et entendre la prédication. 5)
C’est en vue de cette construction que les Feuillants avaient acheté, le 10 mai 1608, de Claude Hardy, procureur au Châtelet, mari de Catherine Belot, pour 4 16 livres i3 sols 6 deniers de rente, rrune maison, appentys, court, puis, jardin clos de murs . . . assis esdicts fauxbourgs S‘ Honnoré , près ledict monastère Sainct Bernard, tenans , d’un costé, audict monastère des Feuillans, à cause de l’acquisition par eux faict de honnorable homme François Belot , bourgeois de Paiâs . . . , d’autre costé à Estienne Rozy, aboutissant, par derrière, à une place dépendant des Thuilleries , servant pour picquer les chevaux de l’escurie de Sa Majesté, et d’autre bout, par devant, à la grande rue dudict fauxbourg S‘ Honoré...» (Arch. nat., S 6207, fol. 5i.)
eu bordure sur la rue. Les divers travaux paraissent s’être prolongés jusqu'en itiao.
Si les Feuillants s’étaient toujours trouvés en état de sutïire aux dépenses nécessitées par leurs constructions, grâce aux libéralités de la lamille royale, des grands seigneui's et de quelques personnes aussi charitables que pieuses, ils n’en regrettaient pas moins la perte des revenus du Val, et attendaient, non sans impatience, une occasion favorable pour en obtenir la restitution. Heni i IV, malgré toute la bienveillance qu’il leur témoignait, n’avait rien pu faire pour eux à cet égard, puisque, dès l’année iGo i, il avait donné lui-même l’abbaye en commende à François de Gondi. Après avoir composé avec ses deux prédécesseurs, MAL de Sancy et de Alanoii, ce nouveau titulaire avait conservé son bénélice pendant quatre ou cinq ans seulement, et s’en était démis, avec l’agi-ément du roi, en laveur de son fils naturel, Henri de Gondi, qui avait déjà pris l’habit monacal et qui se trouva par suite pourvu du titre d’abbé régulier. 11 ne fallait donc pas songer à le déposséder de son vivant, mais on pouvait du moins s’assurer par avance de la succession. Les Feuillants ne manquèrent pas de le faire lorsque Alarie de Alédicis, toujours portée à leur être agréable, eut été investie de la Régence. Le h juillet 1611, ils obtinrent un brevet royal qui renouvelait la donation précédemment faite en leur faveur par Henri 111 et ordonnait que runion des revenus de l’abbaye du Val à leur monastèi-e devrait être accomplie aussitôt après le décès du titulaire (’b Le pa])e Paul 111 approuva cette décision par une bulle du 5 août ifiiû. L’abbé de Gondi étant mort en iGiG, dans les derniers jours de février, cette bulle fut vérifiée et confirmée par des lettres patentes du mois de mars, que le Parlement devait enregistrer le 2 1 mars iG 1 7, et un arrêt du Gonseil autorisa, dès le 2/1 mars iGiG, la prise de possession de la mense abbatiale du Aal, ce qui eut lieu elfectivement le 8 avril. Le 3 septembre suivant, un accord qui fut homologué au Grand Gonseil, le 20 septembre, intervint entre les Feuillants et les moines de l’abbaye, pour fixer le montant delà redevance qui devait être payée tant pour l’entretien et la dépense des moines que pour les frais du service religieux.
Après avoir joui, durant dix ans environ, de la mense abbatiale, les Feuillants firent observer au roi que ce revenu était insuffisant poui* enti’etenir dans leur couvent un grand nombre de religieux et qu’il était nécessaire d’y ajouter celui de la mense conventuelle. Pour leur donner satisfaction, Louis XIII ordonna, par un brevet du lû décembre 1G20, qu’à l’avenir, les moines du Value pourraient recevoir ni novices ni proies, et que lorsqu’ils seraient réduits au nombre de neuf, l’abbaye passerait intégralement avec tous ses revenus aux mains des Feuillants.
Les divers documents relatifs à runion de cartons L gà/i et S /n66 et dans les registi’es
t abbaye du Val aux Feuillants, qui sont résumés S àaoy et LL iSSg.
ici, se trouvent aux Archives nationales dans les
à charge pour eux de payer aux derniers survivants une pension viagère. Les moines du Val, que celte décision n’était pas de nature à satisfaire, portèrent leurs revendications devant le Parlement, et obtinrent, le 2/1 janvier 1G16, un arrêt par défaut contre les Feuillants. Mais le roi, par divers ordres, interdit au Parlement de continuer la procédure, chargea le Grand Conseil d’assurer l’exécution de son brevet et décida qu’en cas de contravention les moines du Val seraient privés de la pension qui leur était servie. Le 28 mai i638, il dut ordonner le transfert dans un autre couvent de trois religieux qui s’étaient livrés à des actes de violence à l’égard du procureur des Feuillants. Enfin, pour mettre un terme à des contestations sans cesse renouvelées, il décida, par un arrêt du Conseil du 3 o janvier 1689, que les moines du Val auraient la faculté soit de rester à l’abbaye , soit de se retirer à Ghampignoles, près Beauvais, en conservant un revenu global de liuit mille livres. Le 19 avril, une transaction intervint entre les deux parties; les moines acceptèrent pour résidence l’ancien logis abbatial de Ghampignoles et ses dépendances avec une rente viagère de quatre cents livres pour chacun d’eux; le i5 juillet suivant, l’abbaye de Val fut définitivement réunie au monastère de Saint-Bernard.
Durant le premier quart du xvii'^ siècle les Feuillants avaient utilisé pour la construction de l’église et de leurs nouveaux bâtiments presque tout le terrain qu’ils occupaient et ils se trouvaient par suite fort gênés dans leurs limites primitives. Grâce aux revenus de l’abbaye du Val, ils furent en état d’acheter successivement les diverses propriétés comprises entre leur fonds et l’hôtel Pussort, devenu plus tard l’hôtel de Noailles, qui formaient depuis le faubourg Saint-Honoré jusqu’au jardin des Tuileries des bandes de terrain parallèles et à peu près égales. Après avoir annexé les jardins à leur enclos, ils firent rebâtir les immeubles en bordure sur la rue, pour les donner en location W.
Ainsi qu’ii a été rappelé ci-dessus, pour construire le chœur de l’église et leur infirmerie, les Feuillants avaient été obligés d’acheter la maison de François Belot et celle de son gendre, Claude Hardy.
Le Î2 2 janvier 1620, leur procureur Jean Le Comte, devint adjudicatah-e, au prix de 4,620 livres, par décret du Châtelet, d’une propriété dépendant de la succession d’Etienne Rozy, rrconsistant en court, jardin, puits, cellier, salle basse et chambre haute et grenier au dessus, le tout couvert de thuilles . . . , tenant , d’une part , auxdicts religieux Feuillans, d’autre part, à Estieime Prudhomme et à Jean Boireault, aboutissant d’un bout, par devant, sur la rue desdicts fauxbougs S* Honoré et d’autre bout, par derrière , à l’Academie du Roy. . . r, (Arch. nat., S 4207, fol. 120).
Mais la moitié de la maison suivante , (jui faisait
partie du même héritage , avait été vendue , le 1 0 décembre 1 6 1 9 , à Anne Cartier, veuve de Guillaume Le Masson, devenue également propriétaire de l’autre moitié, le 12 janvier 1628.
Le 21 janvier i63o, les Feuillants achetèrent aux héritiers Mousset, pour 4oo livres de rente et une soulte de 3, 100 livres, rmne maison seize audict faulxbourg S* Honoré, en la grande rue, au dessus dudict monastère, consistant en ung corps d’hostel sur rue et un petit sur le derrière , court et puits entre deux et un jardin au delà. . ., tenant, d’une part, à la maison de l’Image Geneviefve, qui appartient à Jean Richer, d’aultre, à Jehanne Collet, veufve de Eustache du Verger, d’un bout, sur ladicte rue, et d’autre bout, par derrière, au manege^i (ihid., p. 182).
De i633 à 16 38, ils acquirent de diverses personnes quatre portions de la maison voisine, cjui
IMPRIMERIE NATIONALE
Pendant la seconde moitié du xviU siècle, il n’y a plus à signaler, en fait de travaux neufs, que quelques transformations dans raménagement des locaux. En iG5i, le sanctuaire de l’église, tout à fait insuffisant lorsque le roi et la famille royale assistaient aux offices, dut être agrandi W. Il en fut de même, en 166/1, pour la sacristie et la chapelle de Saint-Thomas, qui absorbèrent le passage du cloître au jardin avec la première arcade du cloître; l’entrée du chapiti-e et du jardin furent alors transportés à l’extrémité opposée du cloître, et on remplaça par un escalier de pierre d’une seule rampe l’ancien escalier à double rampe qui donnait accès au clocher. En 16G6, par suite de l’annexion des nouveaux terrains, le jardin, com})lètement transformé et replanté, fut pourvu d’allées ombragées et de bosquets, d’après les dessins de Le Nôtre. Le ih juillet 1677, les grands voyers de la Généralité de Paris autorisèrent les Eeuillants à faire construire sur la rue un portail en avant-corps, dont l’exécution, confiée à l’architecte .lean Piicher, s’acheva f année suivante. En 1680, la porte intérieure du couvent, qui avail conservé jusqu’alors sa simplicité primitive, fut entièrement refaite avec un certain luxe de décoration '-h Un siècle plus tard, les maisons de location, devenues
avait appartenu à Eustaclie du Verger, et pour compléter leur acquisition, ils cédèrent la propriété Mousset. le 16 décembre 1609, à Jean Poupart, en échange de la cinquième partie de cette maison, ffou souloit pendre pour enseigne le Fer à Moulin, contenant un corps d’hoslel sur le devant, ayant île face huict (boises environ, un autre petit corps de logis a coslé et autres ediffices dedans la court de ladicte maison en laquelle il y a un puits et jardin deixière . . . , tenant, d’une part, à ladicte maison cydessus baillée en échangé , d’auti’e part , aux heritiers de feue dame Anne Cartier, aboutissant par derrière au manege de la grande Fscurie. . . (ibid. , fol. i36).
Le 17 août iGA5. Charles de Jouy, héritier d'Anne Cartier, leur vendit, pour i,Aoo livres, l’immeuhle qui les séparait de la maison du Fer à Moulin, et qui consistait en rame court, puits et jardin s'estendant jusques au manege de la grande Fscurie de Sa Majesté, un petit jiassage de trois [lieds ou environ entre ledict manege et jardin donné audict monastère par feue dame Anne Cartier, le tout ainsi ([ ne ladicte dell'uncte en jouissoit, pour faciliter leur entrée par ledict monastère aux autres jardins qu’ils ont joignant iceluy, selon que de ce est faict mention par le testament et ordonnance de derniere volonté d’icelle defuncte, . . . tenant des deux costés et aboutissant d’un bout audict monastère S‘ Bernard , par devant, sur ladite rue S‘ Honorée. (Arcb. nat. , S. A 1 66. )
Le i5 octobre 1676, ils rachetèrent à Jean de Jouy, mari de Marguerite du Verger, la maison Mousset qui formait alors l’un des trois corps de logis de la maison dite de nLa Croix de Lorraine 15; et enfin, par deux contrats des 129 juin 1679 et aS mars 1680, ils acquirent de MM. de Malescot et Duval les deux autres tiers de cet immeuble dont le prix total leur revint à 37,000 livres. ( Ibid.)
La Chrouicpie nous apprend que : rrLes visites frequentes de la Cour firent que la Royne s’aperçut du peu d’espace qu’il y avoit dedans nostre balustre, quand le Roy y venoit, et on vit bien qu’il falloit l’accroistre du costé de la nef, ce qui fut résolu dans nostre Chapitre et mis en estât poui' 4oo livres, scavoir est aoo liv. pour l’augmentation des quarreaux de marbre qu’il fallut adjouster, 100 livres pour le menuisier qui augmenta aussi le balustre, les autres 100 livres pour le serrurier el pour le fondeur qui fournirent quelques balustres de cuivrer) ( p. 117 ).
L’auteur de la Chronique a pris soin de noter à quelle occasion cette réfection avait été entreprise ; rrLa justice, qui veut qu’on reconnaisse tous les bienfaits, m’engage à remarquer la lilieralité de M. Tallemant et de quatre de ses amis qu'il emmenoit souvent en ce monastère, et comme l’entrée ne lui en sembioit pas agréable, ils se résolurent de contribuer chacun pour la faire plus belle , donnant , pour cet efi’et, la somme de i,5oo livres. Ou en fit un dessin qu’ils approuvèrent; mais Dieu ayant
COUVENT DES FEUILLANTS DU FAUJ50UKG SAINT-IIONOHÉ. “259
presque inhabitables par suite de leur état de vétusté, durent être reconstruites; des lettres du a8 mai 177^, enregistrées au Parlement le 7 septembre suivant, autorisèrent, à cet effet, un emprunt de 5o,ooo livres ('b Le couvent des Feuillants était promptement devenu le plus important et le plus riche de tous ceux que la Congrégation possédait en France, et il lui arriva souvent d’assister les autres, soit par des dons et des secours, soit par des prêts d’argent. Les religieux portaient le titre de chapelains du roi pour les jours du jeudi et du vendredi saint seulement, mais, en réalité, par suite du voisinage des Tuileries et de l’existence du passage qui facilitait la communication, ils comptèrent, durant tout le xvii® siècle, les rois et les grands seigneurs parmi leurs paroissiens les plus assidus. Louis XIV se rendait fréquemment dans leur église, en grand apparat, accompagné des j)rinces et des chevaliers du Saint-Esprit revêtus de leur costume, et escorté des Cent-Suisses de sa garde; il y faisait chanter la grand’messe par sa musique. Les nonces du pape, lors de leur arrivée à Paris, s’installèrent chez les Feuillants, où les galeries des Hôtes et leurs dépendances leur étaient réservées
Le couvent occupait un vaste emplacement en forme de trapèze régulier, limité au nord par des maisons en bordure sur la rue Neuve Saint Honoré appartenant aux Feuillants, à l’est par l’hôtel de Noailles, au midi par le jardin des Tuileries et le manège, et à l’ouest par l’enclos des Capucins. 11 avait son entrée dans l’axe de la place Vendôme, vis-à-vis la statue équestre de Louis XIV et la façade de l’église des Capucins. Le portail extérieur, d’aspect monumental, était formé de C|uatre colonnes corinthiennes, accouplées deux par deux, qui soutenaient un
disposé du s‘ Tallemant, ils execiiterent leur projet, ayant choisi un vendredi pour poser la première pierre où on avait gravé ces mots : MM. de Lagny, Coulon, Hubert de S* Orens et Tallemant ont fait bastir cette porte, le 19 de juillet i68on (p. 260).
Les Feuillants avaientsouscrit , le à juin 1717, à la Compagnie d’assurances contre l’incendie une police de six ans , moyennant une prime annuelle de 945^. La valeur des bâtiments du couvent avait été évaluée à 600,000^ et celle des maisons de location à 1,290,000^. (Arch. nat., S ii68.)
Après que l’on eut établi , à proximité de leur entrée , la fontaine publique dite des Capucins , les FeuiUlants avaient adressé, le 2 mai 1719, au prévôt des marchands une requête pour lui remontrer frque le voisinage de cette fontaine diminuera considérablement le loyer de leur maison par le bruit continuel que font les porteurs d’eau pendant tout le jour; que sous ce prétexté leurs locataires les ont menacés d’abandonner ladite maison . . .
(Arch. nat., S /1210, fol. 264.) Le prévôt leur accorda, à titre de dédommagement, six lignes d’eau de la fontaine.
La propriété donnée aux Feuillants par Henri 111, en 1687, ne comprenait que 74 toises de long sur 36 de large; par le fait des acquisitions signalées ci-dessus, l’enclos du couvent avait été porté à 3,871 toises, défalcation faite de la bande de terrain qu’il avait fallu restituer aux Capucins.
D’après la déclaration des biens du 2 mars 1790, le couvent abritait trente religieux, et ses revenus s’élevaient au total de 182, 4 62^ 7 sous 1 denier, dont 51,900^ pour les loyers des maisons, 76,680^^ pour les fermes et biens divers, et 3,872^^ 7 s. 1 d. pour les rentes sur le roi, le clergé et les particuliers. Les charges représentaient 52,i27^i2s.4d., dont 16,890^ 2 s. 4 d. , pour rentes perpétuelles et viagères et 35,247^ 10 s. pour les dépenses casuelles, réparations, etc. Les religieux avaient donc tous les ans un reliquat disponible d’environ 80,000^. (Arch. nat., S 4 166.)
entablement avec fronton surbaissé dont les armes de France et de Navarre décoraient le tympan. Entre l’architrave et l’encadrement de la porte, un basrelief sculpté par Le Gros, d’après les dessins de Le Brun, représentait Jean de La Barrière, entouré de ses religieux, montrant à Henri III le plan du couvent qui allait être construit sur le terrain donné par lui. Le passage d’entrée donnait accès dans une grande cour où se trouvaient, à gauche, l’église, en face, les bâtiments du couvent et, au fond, à droite, un long passage qui conduisait aux Tuileries, en longeant le mui- du couvent des Capucins, et que l’on appelait communément l’Allée du Roi. Les constructions du monastère comprenaient les trois corps de bâtiment du cloître, et le vaisseau de la Bibliothèque, chacun de deux étages, l’infirmerie, avec un étage seulement et des mansardes au-dessus, et diverses dépendances.
La porte intérieure du couvent, en voussures, joignant la loge du portier, était décorée d’un médaillon de saint Bernard. Elle ouvrait sur un vestibule, dénommé le Parloir, auquel faisaient suite deux grandes salles dont l’une était dite la salle du Roi, que décoraient les portraits des souverains, depuis Henri IH jusqu’à Louis XV, et ceux des Reines de France et des princes de la famille royale; elles précédaient une salle à manger ornée de tableaux représentant les généraux de la Congrégation, et les galeries de la salle des Hôtes. Le réfectoire des religieux terminait ce corps de logis, dont la dépense, la cuisine et l’office , avec la bassecour, le lavoir, les logements des domestiques et diverses dépendances formaient le prolongement. Tout au bout, contre le manège des Tuileries, se trouvait un petit bâtiment isolé que Caston d’Orléans, frère de Louis XIII, avait fait construire en c’était une grotte rustique de rocailles et de coquillages, avec une cba-
I telle au rez-de-chaussée.
A droite de la porte d’entrée, ouvrait un couloir qui longeait l’église et prenait jour par des baies ovales sur les galeries du cloître; il reliait le vestibule à la sacristie, au Chapitre et aux deux chapelles intérieures de Saint-Tliomas et de Saint- Benoît qui occupaient l’aile opposée.
L’aile transversale , qui formait le côté méridional du cloître, était occupée au rez-de-cliaussée par la salle du prédicateur et ])ar l’apotliicairerie, dont l’installation artistique et presque luxueuse était citée comme un modèle. Le mur, le cabinet des drogues annexé au laboratoire, étaient pourvus de tablettes à châssis vitrés et d’armoires que séparaient des cariatides en forme de termes soutenant un la rge entablement. Sur les volets de chaque armoire , des bas-reliefs, sculptés par Pierre Dionyse et Sarrasin le jeune, représentaient les guérisons miraculeuses rappoi’tées dans le Nouveau Testament. Aux étages su])érieurs des trois corps de bâtiment qui entouraient le cloître, étaient installés des dortoirs. Les quatre galeries (lu cloître avaient été décorées par Aubin Vouet de peintures à iTes(|ue, représentant riiistoire de saint Bernard, et sur les vitraux qui fermaient les arcades, l’on
avait reproduit, dans des carreaux encadrés de bordures de fleurs et d’ornements, les principales scènes de la vie de Jean de La Barrière.
Un corps de logis distinct, édifié au milieu même du jardin, était alîecté à l’infirmerie, qui comprenait un réfectoire, une cuisine et une chapelle, au rezde-chaussée, et, au-dessus, des chambres et des cabinets affectés au service des malades et des chambres pour les hôtes du couvent et pour quelques religieux.
Les salles de la Bibliothèque étaient décorées d’une ordonnance de menuiserie à pilastres corinthiens qui encadrait les armoires, au-dessus desquelles avaient été placés les portraits de tous les généraux de la Congrégation. Dans un petit grenier, dénommé l’Enfer, étaient déposés les ouvrages des hérétiques.
Les bâtiments du couvent étaient vastes et commodes, mais, comme ils avaient été construits à des époques différentes, ils ne se trouvaient pas sur le même niveau. Tout l’espace disponible qui les entourait avait été converti en jardins
L’église, qui bordait le cloître du côté du nord, devait être bâtie tout d’abord sur un plan rectangulaire qui fut étendu et modifié par l’addition d’une longue abside terminée en hémicycle, et on lui donna ainsi extérieurement l’aspect d’une croix latine. La partie primitive de la construction comprenait huit travées dont les deux premières formaient une sorte de transept et les six autres la nef; l’abside, affectée au chœur des religieux, était pourvue d’un autel qui se trouvait adossé au maîtreautel de l’église, et d’une galerie à mi-hauteur. Le sanctuaire exhaussé de trois marches et fermé par une balustrade de fer avec ornements de cuivre, occupait le milieu du transept, entre deux chapelles; six autres chapelles avaient été installées des deux côtés de la nef^^L A la hauteur du premier étage, deux galeries latérales, ménagées au-dessus des chapelles, se reliaient à la tribune placée au-dessus de la porte d’entrée, qui formait un second chœur garni de stalles et dans laquelle se trouvait une petite chapelle de la Vierge.
Les deux chapelles du transept étaient dédiées, celle de droite sous le titre de saint Philippe, celle de gauche sous le titre de saint Louis.
Sur le plan de Verniquet, on voit marquée une porte de communication entre le jardin des Feuillants et l’hôtel de Noailles, qui avait été établie en 1677. La Chronique constate qu’à cette époque «on accorda à M. Pussort de faire une porte dans le mur qui le séparé de nostre jardin, pour venir entendre céans la sainte messe, à condition que personne n’en auroit la clef que luy seul, qu’elle serait bouchée s’il changeoit de logis et même après sa mortn (p. 147). Le pas¬
sage avait subsisté néanmoins après la mort de Pussort.
Nous avons déjà cité les noms des personnes auxquelles ces chapelles avaient été concédées au moment de la construction de l’église; les concessions primitives subirent, par la suite, diverses transformations que nous indiquerons ici seulement poulies chapelles dans lesquelles il n’y avait pas d’épitaphes , et dont nous n’aurons pas , en raison de ce fait, à reparler ultérieurement.
Les douze chapelles de la nef étaient désignées sous les vocables suivants :
A droite :
La chapelle de Saint-Jérôme;
— de Notre-Dame ou de la Vierge;
— de Saint-Bernard;
— de Sainte-AIadeleine ;
— de Saint-Louis et Saint-Joseph (0;
— de Sainte-Ursule 1-L
A gauche:
l^a chapelle de Sainte-Anne
— de Saint-Jean et
l'' En l’année iGio, M. de Bassonipierre avait donné mille écns pour la concession de la cliapelle de saint Louis, qui fut dite plus tard de saint Josepli. Il la céda, par contrat du 9 juin 1606, ra messire Michel de Beauclerc, chevalier, seigneur et baron d’Acheres, Esteaux et autres lieux, prevost et maislre des ceremonies des Ordres de Sa Majesté , demeurant h Paris, rue Matignon, parroisse S' Germain de l’Auxerrois, à ce présent et acceptant, pour Iny, ses hoirs et ayans cause, le fonds et propriété, droicts, noms, raisons et actions appartenant audict seigneiu' mareschal de Bassompierre , en une chappelle qu’il a en l’eglise et monasteie des Fenillans, fondé au Fauxbourg S‘ Honoré, suila concession qui lui en a esté faicte par les religieux, prieur et couvent dudict monastère des Feuillaus, qui est la seconde chapelle à main gauche, en entrant en ladite eglise, appelée la Chapelle de S' Louis, à laquelle ledit seigneur ma- ]-esehal a fait faire l’autel, lambris et autres emhellissemens qui y sont a présent; . .ce délaissement, cession et transport faicts moyennant la somme de o,3oo livres tournois de prix convenu entre lesdites parties. 5) (Arch. nat., S 42io, fol. lyi.)
Cette chapelle paraît être toujours restée la propriété de la famille Bûcher.
Par acte capitulaire du 5 août 1610, la chapelle de Anne, rrqui est la seconde de l’ eglise dudit monastère à compter depuis le grand autel en descendant à la porte de l’eglise, du oosté du midy, à main droite, en entrant dans icelle, et attenant et joignant la chapelle de M"’' la princesse de Guemenéen , avait été concédée à Louise-Marguerite de
Saitit-Séhastieii('B;
Lorraine, princesse de Bourbon -Gonti. Marie de Lorraine, duchesse de Guise et de Joyeuse, qui avait hérité des droits de propriété, en fit abandon aux Feuillants pour 3, 000 livres, le 29 avril 1676. Elle fut rétrocédée, par contrat du 1" mai suivant, à M. de Beringlien, premier écuyer du Roi et Anne du Blé d’Uxeiles, sa femme, pour une somme de 3,3oo livres, avec le droit ffd’y faire mettre lem's armes et telles autres décorations quand et ainsy qu’ils adviseront, à leurs frais et despens. . . et pourront poser tels épitaphes, mausolées et inscriptions qu’ils adviseront convenables à la sainteté du lieu en tels endroits de ladite chapelle, mesme sur faire d’icelle, qu’ils voudjunt choisir. . . n (Arch. nat., S 4208, foi. 21-28.)
Le 3o d’août 1607, M”' de Mercœur, princesse de Luxembourg, avait payé i,5oo livres pour la possession de la chapelle; on y ajouta, en 1617, le droit de sépulture. Ses droits furent cédés plus tard à M”' Louise de Prie, veuve de Philippe de La Mothe-Houdancourt, duc de Cardonne, pair et maréchal de France, puisqu'il est établi, par un contrat du 1 2 octobre 1708, quelle avait fondé une messe basse quotidienne rrpourestre celebrée chaque jour de l’année en la chapelle appartenant à la dame mareschalle, dans feglise des R. P. Feuillans, pour luy avoir esté concédée par monseigneur le duc de Vendosme, oii elle desire estre inhumée.’) (Ibid. , S 4209, fol. 218 v°.)
M. le duc d’Epernon avait payé, en 1608, quinze cents livres pour la concession de cette chapelle; par un codicille du 19 juillet 1661, le duc d’Epernon léguait mille livres de rente annuelle
La chapelle des Saints-Anges(^);
— de Saint-Charles;
— de Saint-Benoît;
— de Sainte-Marguerite et Sainte-Geneviève.
Der rière la nef, à droite du chœur des religieux se trouvait l’escalier du clocher; tout à côté, l’on avait édifié deux chapelles, l’une dédiée à saint Benoît et l’autre désignée successivement sous les vocables de Sainte-Marguerite et de Saint-Thomas à la suite, la sacristie, qui avait une issue sur le cloître, complétait les dépendances de l’église.
Un passage couvert, compris entre le mur méridional de l’église et le cloître, que l’on appelait le Couloir des chapelles, permettait, en sortant de la sacristie, d’entrer directement dans la nef par deux portes pratiquées dans les chapelles latérales, et dispensait ainsi de passer par le chœur des religieux et de traverser le sanctuaire. Ce couloir était réservé à la sépulture des personnes de modeste condition. Un escalier installé à l’extrémité, contre la chapelle de Sainte-Marguerite, donnait accès à la tribune et aux galeries latérales.
La façade de l’église comprenait deux ordres d’architecture superposés, l’un ionique, l’autre corinthien. Le premier, de huit colonnes engagées et accouplées
aux Feuillauts rren i’eglise desquels ledit testateur a une chapelle qu’il veut et entend qu’il soit dit à perpétuité une messe basse à son intention « (Arcli. nat., S 4208, fol. 286). Le 9 février 1676, le droit de propriété de cette chapelle fut adjugé pour mille écus à M. Pussort, qui fit placer ses armes sur la balustrade, le 9 septembre suivant (Chronique, p. 233 et 24i).
A la date du 28 novembre 1697, Marguerite Bossuet , veuve de M. de Fercourt, et Elisabeth Bossuet , veuve de M. Bouthillier de Chavigny, abandonnèrent à Antoine Bossuet, leur frère, tria propriété, possession et jouissance d’une chapelle appelée des Anges, en l’eglise des R. P. Feuillans, laquelle est la quatriesme en entrant dans ladite eglise, du costé de l’epistre, qui appartient auxdictes dames indivis en commun, par droit de famille,. . . pour par ledit seigneur en jouir, faire et disposer, ainsy que ses hoirs et ayans cause, comme bon leur semblera . , . , ceste présente cession faicte par lesdites dames par considération particulière pour ledit seigneur Bossuet, comme chef des noms et armes de messieurs Bossuet , et pour autres causes , mesmes de ce que ledit seigneur Bossuet y veut bien faire faire quelque décoration et erabelbssemens , lequel
il fera neanmoins comme il le jugera à propos et sous la condition que lesdites dames am’ont la liberté d’entrer en ladite chapelle toutes fois et quant qu’ elles voudront pendant leur vie , mesme qu’elles pourront ainsy que messieurs leurs enfans du premier degré y ordonner de leur sepultm’e. . . . « (Arch. nat,, S 42o8, fol. 260.)
D’après le témoignage de la Chronique, il paraîtrait que cette chapelle avait déjà été concédée à M. de Bellegarde , en 1 65 4 , par M. Bossuet , le père de M”” de Fercourt et de Chavigny.
D’après la Chronique , ce fut eu 1 6 1 9 , que rrl’on fit la structure de la chapelle Sainte Marguerite, que l’on avoit déjà elevée jusqu’à la retombée de la voûte et ce tout proche de la chapeUe de Saint- Benoît. Elle debvoit être en tout semblable à la sacristie n (p. 48). D’après cette dernière indication, il est bien évident qu’il ne s’agit pas ici de chapelles de l’église, terminées alors depuis plus de dix ans, mais de deux chapelles neuves situées à proximité de la sacristie. Lorsque l’on attribua le vocable de sainte Marguerite à la 6' chapelle de féglise, du côté droit, celle qui devait cesser de porter ce titre fut dite de saint Thomas.
deux ])ar deux, qui encadraient la grande porte, et deux niclies décorées de statue sculptées par Guillain. Le second ordre, de Cjuatre colonnes, avec un grajid vitrail au milieu, llanciué de consoles et d’ailerons et terminé aux extrémités |)ar deux pyramides rustiques , soutenait un fronton circulaire portant deux statues de femmes à demi couchées. Au-dessus, un atti(|ue, surmonté d’un autre petit fronton accompagné d’acrotères avec des vases fumants, était décoré d’un écusson aux armes du couvent timbré de la couronne royale; une grande croix formait le couronnement de l’édifice.
En 1790, lorsque le monastère eut été fermé, les religieux qui avaient décidé de continuer à suivre leur règle furent autorisés à se trans])ortei‘ au couvent de la Alerci, où ils continuèrent le service religieux jusqu’à la fermeture définitive des églises. L’Assemblée nationale, après avoir siégé quelques jours à l’arcbevêcbé, vint s’installer, à la fin de cette meme année, dans le manège des Tuileries dont 011 avait fait une salle de séances. Gomme les locaux de l’ancien couvent étaient inoccupés, elle eu profita pour établir les bui'eaux de ses comités et le dépôt de ses archives dans l’ancien bâtiment de la Bibliothèque. Le cloîtiu devint |)eu après un passage pidfiic , ce qui provoqua promjRement la destruction des vitraux. Le réfectoire et la cuisine de l’infirmerie furent occupés par la milice nationale, et nu restaurateur de l’Assemblée s’installa dans l’apotbicairerie. La salle du Roi servit aux assemblées du district et plus tard aux réunions du fameux club des Eeuillants. On transporta à cette même époque dans l’ancien couvent un important dé])ôt d’armes trouvé à la Bastille, qui devint plus tard le premier noyau du Musée d’artillerie. Sous le Consulat, l’arrêté du 17 vendémiaire an x, ordonnant le percement des rues de Rivoli et de ('iastiglione, entraîna la disparilion de l’église et du monastère, qui furent complètement démolis en iSoù. et dont rien ne rap- ])e]le plus aujourd’bui le souvenir, si ce n’est le nom des Eenillants donné à la terrasse installée sur la partie du jardin des Tuileries qui bordait jadis, du côté du midi, l’enclos des religieux.
INDEX ALPHABÉTIQUE
Ardier (Paul), 1845-18/17.
— (Paul), i848.
Bacqdet (Hélène), 1866.
— (Marguerite), 1866.
Bauge (Galheriae), 1862.
Beaüclerc (Charles de), i856.
— (Michel de), 1857.
Beaulieu (Aune de), 1861.
Bonnaire (Marc de), i864.
Daillon du Lude (Charlotte-Marie de), i863.
Du Châtelet (Gabrielle), i85o, i85i.
Du Prat (Louise), i853.
Foucault (Marie), 1881.
Gaillard (Michelle), 1879.
Geoffrin (Claude), i885.
Gestart (René), 1889.
Goulu (Jean), i883.
Hurault (Jacqueline), 1879.
Hurault de Gheverny (Anne), 1871, 1872, 1876,
JouLET (François), 1882.
La Châtre (Jeanne de), 1878.
Lambert (François), 1866.
— (Louis), 1866.
Lange (Catherine), 1862.
Langlée (Claude de), i854.
Laubespine (Claude de), 1880.
Le Jeune de Contay (Benoît), i858.
Le Vasseur (Alexandre), i865.
Lorraine (Alphonse-Louis de), 1860.
— (Henri de), 1860.
Marillac (Louis de), 1868.
Mauroy (Radegonde de), 1869.
Médicis (Catherine de), 1868.
Montholon (Guillaume de), 1867.
Pariset (Jacques), 1882.
Phélypeaux (Raymond), i844.
— (Salomon), i843.
— (Suzanne), i846.
Pradillon (Jean- Baptiste), 1886.
Robertet (Florimond), 1879.
— (François), 1879.
— (Françoise), 1878, 1879.
Rochechouart (Catherine de), i855.
Roger (Pierre), 1887.
Rohan-Gueménée (Anne de), 1849.
Rose (Catherine), 180 4.
Rostaing ç Anne de), 1879.
— (Charles de), 1871-1873, 1878, 1876,
— ( Ghai’lotte DE ) , 1878.
— (Jean de) , 1878.
— (Marguerite de), 1879.
— (Tristan de), 1869, 1873, 1874 1878,
Turqüois (Louis), i884.
tUPBlSlEBIE ÜATIOKiLE.
Église des Feuillants du faubourg Saint-Honoré
ÉPITAPHES DE L’ÉGLISE