‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 5)Chapitre 242 sur 356 · CHAPELLE DE SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

CHAPELLE DE SAINT-LOUIS

La duchesse d’Angoulême, qui avait payé, en 1602, quinze cents livres pour la construction de cette chapelle, céda en 1617 avec l’agrément des Feuillants, ses droits de propriété à Louis de Rohan, prince de Guéménée et duc de Montbazon, dont la femme, après l’avoir fait décorer, l’affecta spécialement à la sépulture des personnes de la maison de Rohan qui voudraient y être inhumées En 1667, cette chapelle fut dédiée sous le titre de Saint-Louis W.

Le mot ; pudentim, que Millin avait imprimé ici, ne saurait donner un sens acceptable.

On lit à ce sujet dans la Chronique : a La chapelle de M. d’Angoulesme, qui est près de l’autel , passa entre les mains de M. de Montbazon. . . Au mois d’août 1617, on lui donna acte pour sa chapelle de Saint-Louis, pour avoir droit d’y prier Dieu, d’y entendre le service et le sermon seulement, quoique depuis on ait permis à M“' la princesse de Gueymené d’y faire une cave et mettre sa sépultures (p. iy et 53).

La duchesse de Montbazon avait formulé à ce sujet ses dernières volontés dans un codicille dn i3 mars 1679 :

trNous, Anne de Rohan, princesse de Guymené, duchesse douairière de Montbazon, ayant choisi pour ma sépulture la chappelle que j’ai fait accommoder dans l’eglise des R. P. Feuillans de la rue S‘ Honoré de Paris, ma volonté est que ladite chapelle serve de sépulture à toutes les personnes de la maison de Rohan qui désireront y estre mises après leur mort, dans la cave qui est au-dessous

de ladite chapelle, et ceux qui en seront issus, sans que mes heritiers en puissent jamais disposer par vente, échangé ou autrement; et au cas qu’il n’y ait plus personne de la maison de Rohan, je veux et ordonne que les Peres Feuillens soient en possession de ladite chapelle, à condition qu’ils n’en pourront jamais disposer en quelque sorte que ce soit, ni faire mettre dans la cave de ladite chapelle autres personnes que les nommez cy dessus et qu’ils n’y changeront rien ni à mon tombeau ni à tout le reste et qu’ils l’entretiendront en l’estât qu’elle est, et qu’après ma mort ils fassent mettre mon corps dans le tombeau de marbre que j’ai fait faire dans ladite chapelle, feront celebrer un annuel l’année apres mon deceds et feront aussy celebrer tous les ans a perpétuité un service à pareil jour que je decedderai pour le repos de mon ame et de celle de mes parents et amis ; en considération de toutes lesquelles choses je leur donne cent livres de rente par chacun an, après ma mort. (Arclî. nat., S 4208, fol. 2 48 v°.)

La chapelle cédée par M. de Rassompierre à

AlVNE DE ROHAN-GUÉAIENÉE.

La duchesse douairière de Montbazon avait fait installer, de son vivant, dans sa chapelle, le mausolée de proportions monumentales qui devait recevoir ses restes. Ce tombeau, placé en face de l’autel, dans l’encadrement d’une fausse

Toml)oau d’Anne de Rulian-Gnémenée

arcade sur lequel il faisait saillie, se composait d’un soubassement de marbre noir et d’un piédestal de marbre jaspé surmontés d’un large sarcophage formé de deux blocs de marbre blancs-h l’un, creusé en forme de cuve, était orné d’un

M. d’Achères, qui portait ce même titre, fut alors dédiée sous le vocable de Saint-Joseph.

Reproduction d’une estampe de Milliii (Les Feuillans, pi. V, fig. 2; Brion del. ; Chapuis sculp.).

Ce mausolée fut transporté par fragments au Dépôt des Petits-Augustius et Lenoir trouva tout naturel d’utiliser les morceaux de marbre pour d’autres monuments. La statue du lieutenant civil Le Camus à genoux devant un ange fut installée

par lui sur rrle cénotaphe de marbre blanc qui supportait aux Feuillans le sarcophage d’un Guéménéen. [Archives du Musée, t. II, p. 189.) Il rectifia plus tard ce dernier détail dans la Notice succincte, sous le n° 179, en indiquant le asarco pliage de la princesse Guéménén.

L’auteur de la Chronique constate que le sarcophage est rrpargodrons, à l’anliquei) (p.210). La gravure que nous reproduisons d’après Millin n’indique aucune ornementation de ce genre.

écusson aux armes de Rohan, timbré de la couronne et enveloppé du manteau ducal, l’autre, servant de couvercle, portait une urne entre deux lampes funéraires accompagnées de trois guirlandes de cyprès en bronze doré.

L’arcade, revêtue de plaques de marbre jaspé et bordée de moulures, était reliée à une corniche par deux écoinçons de marbre blanc sur lesquels avait été sculpté le chilfre de Rohan, entouré d’une couronne de feuillage que traversait une guirlande de cyprès.

L’épitaphe de la duchesse se lisait sur une table de marbre blanc qui occupait le milieu du cintre :

1849. — Cy GIST TRES HAUTE ET TRES ILLUSTRE PRINCESSE, AnNE DE ROHAN PRINCESSE DE GuEMENÉ, ESPOUSE DE TRES HAUT, TRES PUISSANT ET TRES ILLUSTRE

PRINCE Louis de Rohan, son cousin germain, prince de Guemené, duc de Montbazon, pair et grand veneur de France, aussi grande par ses vertus

QUE PAR LA SPLENDEUR DE SON ORIGINE QU’eLLE TIROIT EN LIGNE DIRECTE ET MAS¬ CULINE DES PREMIERS SOUVERAINS DE BRETAGNE. ElLE MOURUT LE XIV MARS

M Dc Lxxxv. - Priez Dieu pour son ame.

Armes. Rohan : De gueules à neuf macles accolées et appointées d’or, 3, 3 et 3.

Millia, Les Feuülans , p. 38.

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